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La mort aurait-elle eu le dernier mot ? Homélie de L’abbé Job KOUDORHOT

LA MORT AURAIT-ELLE EU LE DERNIER MOT ?

Comme une traînée de poudre, la nouvelle du décès de Monseigneur René-Marie EHOUZOU en cette fin de matinée du Mercredi 17 Octobre a fait le tour de notre diocèse et de tout le Bénin avant d’être confirmée au journal de 20H par le secrétaire de la Conférence Episcopale du Bénin, le Père Pascal GUEZODJE. Stupeur, effroi, tristesse, déception et désarroi dans le rang des fidèles comme dans celui du clergé. Beaucoup d’interrogations sur diverses bouches ayant eu le courage de s’exprimer. Dieu n’a donc pu rien faire ? N’a-t-il pas échoué alors ? A quoi ont servi nos prières ? Que reste t-il de notre foi dans l’épreuve face à une telle issue ? Chacun y va de son interrogation face à l’énigme et au mystère de la mort qui semble avoir eu raison de nous qui croyons que Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable et qu’il ne peut abandonner ses fidèles serviteurs dans le sépulcre, ni permettre que son saint voit la corruption (cf. Ps 15, 190). La mort de Monseigneur s’ajoute à toutes ces morts face auxquelles l’homme est impuissant et s’incline cherchant refuge auprès de Dieu pour s’y soustraire, convaincu que celui-ci n’a pas fait la mort et ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants (cf. Sg 1, 13). Et pourtant ! Oui ! Pourtant, Monseigneur est mort, broyé par la souffrance d’une longue maladie qui aura été tout le temps comme une écharde dans son corps. D’Abomey à Porto-Novo, il aura connu un épiscopat dont on retient sa grande foi dans l’épreuve et son courage pour porter sa croix pas seulement à son cou mais aussi dans la réalité de la maladie jusqu’à ce mercredi où il a rendu son dernier souffle au Maître de la vie. Il ne faut pas s’en cacher ni être embêté de l’avouer. Humainement, nous pouvons crier notre amertume et libérer les sentiments de déception que nous avons éprouvés à l’annonce de la nouvelle de cette mort. Pour les uns, elle sonne comme une libération alors que les autres y voient l’expression de notre impuissance face à la mort, de la victoire du prince des ténèbres qui aura comme poursuivi le serviteur de Dieu qui a lutté jusqu’au bout. En définitive, on peut affirmer avec le Concile qu’ « en face de la mort l’énigme de la condition humaine atteint son sommet » (Gaudium et spes, n. 18). Face au drame de la mort, nous croyons que Dieu, pour ne l’avoir pas voulue dans son projet originel, éclaire l’horizon d’une espérance nouvelle qui nous guérit de la simple résignation devant la mort pour y entrevoir la semence d’une éternité de vie que nous a obtenue Jésus par sa mort à Lui-même et sa résurrection. L’homme et le pasteur que nous pleurons est un grand apôtre de l’amour miséricordieux par lequel Dieu pardonne et réhabilite ses enfants égarés en ne faisant économie d’aucun sacrifice même celui de sa vie. Il a montré l’exemple du serviteur souffrant qui accepte d’être l’holocauste de l’unité d’une église dont il faut concilier la vie avec les convictions, la réalité avec l’idéal. Irrésistible cœur de miséricorde et de douceur, il avait beaucoup de mal à prendre les décisions rationnellement évidentes qui emportaient l’adhésion de tous, mais contrariaient la brebis dont il était aussi le berger et qu’il avait la responsabilité morale et spirituelle de conduire à la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ. Et pour cela, il savait individualiser et personnaliser la pastorale qui devenait pour lui chemin de vérité et d’amour avec chacun vers sa rencontre avec le Pasteur par excellence, le Rédempteur, Jésus-Christ. On ne peut que pleurer un tel pasteur et se désoler de la mort qui l’emporte en l’arrachant à notre affection. Mais la meilleure façon de lui rendre témoignage serait pour nous de saisir le sens de cette mort et l’appel que Dieu nous y lance à parvenir à une maturité spirituelle et à nous laisser affranchir de trop grandes considérations humaines et personnelles. « Alors, nous ne serons plus comme des enfants, nous laissant secouer et mener à la dérive par tous les courants d’idées, au gré des hommes, eux qui emploient leur astuce à nous entraîner dans l’erreur. » (Cf. Ep 4, 14). Saint Paul a parlé ! Mieux, Dieu a parlé dans ce texte de Saint Paul et surtout dans l’événement de la mort de Monseigneur. Qu’attendrions-nous encore pour nous convertir à la vérité de l’amour et de la foi pour une vie chrétienne et sacerdotale authentique ? La mort de Monseigneur nous affecte beaucoup et nous sommes inconsolables aujourd’hui, mais Dieu sème dans nos cœurs l’espérance avec l’annonce par Isaïe de la résurrection des morts : « Tes morts revivront, tes cadavres ressusciteront… » (Is 26, 19) et essuiera « les pleurs sur tous les visages. » (Is 25, 8). Jésus porte cette espérance de la résurrection à son achèvement ; grâce à sa mort et sa résurrection, il a vaincu le péché et la mort qui en est la conséquence. Grâce à cette victoire, le chrétien n’a plus rien à craindre de la mort qui lui ouvre le chemin vers Dieu afin qu’il reçoive l’héritage promis au serviteur bon et fidèle appelé à entrer dans la joie de son Maître. Quelque soit la nature de la mort, le chrétien, mieux, le prêtre doit l’accueillir comme accomplissement de sa vie, couronnement de son oblation totale à Dieu. Monseigneur s’en est allé, guéri de la corruptibilité de l’être et revêtu de l’incorruptibilité, débarrassé de l’être mortel et revêtu de l’immortalité (Cf. 1 Co 15, 54) pour communier à l’éternité de la vie en Dieu. Pourrait-on encore penser que la mort a eu le dernier mot ? Non ! « La mort a été engloutie dans la victoire » (Ibid.) et Monseigneur peut enfin se reposer. « Heureux, les morts qui meurent dans le Seigneur ; dès maintenant – oui, dit l’Esprit-, qu’ils se reposent de leurs fatigues, car leurs œuvres les accompagnent » (Ap 14, 13). Monseigneur ! Nous vous laissons aller dans la joie vers la maison de Dieu. Ce diocèse, vous le connaissez bien. Obtenez-nous les qualités de cœur et les grâces dont nous avons besoin pour véritablement le servir afin de continuer à porter le flambeau de votre devise « Tibi autem omnis honor et gloria » (À Toi seul l’honneur et la gloire). Amen !

Père Job KOUDORHOT, Curé de la paroisse Saint Pierre et Saint Paul de Porto-Novo

Trois choses sont requises à la miséricorde : Homélie du Pères Jules AMAGNON, Prêtre eudiste

Chers confrères, Parents et amis, Et vous diocésains de Porto-Novo, Fils et filles bien-aimés de Dieu,

Au nom de la famille des Pères Eudistes, à laquelle appartient notre cher et regretté Père Mgr René-Marie, qui a rejoint la maison du Père éternel, le 17 dernier, je vous salue affectueusement et vous présente encore nos condoléances. Je voudrais, avant d’entrer pleinement dans cette méditation, exprimer à chacun de vous nos sincères remerciements. Merci d’être là de nouveau ce soir pour communier à la douleur de la famille Ehouzou, à la peine de tous et prier pour notre cher Père Evêque. Votre présence est un témoignage de proximité qui réconforte et soulage. Que le Seigneur lui-même assure nos cœurs dans sa paix. De cœur avec nous dans cette célébration, je vous porte aussi les salutations et sentiments de notre Père Supérieur Général, Camilo Bernal, actuellement à Rome, qui garde toujours un vif et émouvant souvenir de sa rencontre avec Monseigneur, ici même dans cet évêché, en avril passé, et plus récemment à San Giovanni Rotondo, pendant sa maladie.

Chers amis, c’est avec émotion, grand respect et vénération que je me tiens près des précieux restes de celui que notre communauté pleure en ce moment. Pasteur plein de zèle apostolique et très attentif, d’une bonté de cœur et d’une simplicité exemplaires, soucieux du bien de l’homme et surtout de ses diocésains, le Peuple de Dieu qui lui a été confié, Mgr aura été pour beaucoup, pour ne pas dire pour tous ceux qui l’ont côtoyé en vérité et de façon sincère, un « bon compagnon » et j’en suis sûr, il le demeure aujourd’hui encore plus que jamais dans le cœur de plus d’un. Monseigneur René-Marie nous a montré, à sa manière, le visage du Christ qu’il a aimé et servi. De la Cathédrale de Cotonou à ce siège épiscopal de Porto-Novo, dont il a pris possession le 4 février 2007, passant par Abomey, je ne puis m’empêcher, devant sa dépouille mortelle, de me souvenir des multiples occasions de rencontre et d’échange connues avec lui et de saluer la mémoire de l’homme, du croyant et du serviteur, plein de douceur.

A l’aube de cette année 2012, Monseigneur partageait ceci avec nous, pour exprimer ses vœux de nouvel an : « C’est l’amour de la vérité… qui trace le chemin que toute justice humaine doit emprunter pour aboutir à la restauration des liens de fraternité dans ‘’la Famille humaine, communauté de paix’’, réconciliée avec Dieu par le Christ. » (Africae Munus n. 18). Il invitait ainsi ses frères et sœurs dans la foi et en humanité à se faire, à la suite du Christ, serviteurs et servantes de l’amour et de la vérité, profondément convaincu que ces valeurs restent le véritable bouclier de la justice et le socle inébranlable d’une existence heureuse, d’une communauté paisible, fut-elle ecclésiale.

Chers amis, Monseigneur s’en est allé, après une longue maladie, une très longue maladie de six ans marquée par des hauts et des bas, des moments d’espérance et des jours de crainte, d’angoisse. Son départ nous plonge dans l’amertume et la douleur, mais la foi qui nous anime et notre espérance en la résurrection de la chair que nous confessons nous font crier, avec l’auteur du livre de la Sagesse et le psalmiste, vers Dieu pour le supplier en sa faveur. « La vie des justes est dans la main de Dieu. Aucun tourment n’a de prise sur eux… Quand ils nous ont quittés, on les croyait anéantis, alors qu’ils étaient dans la paix. Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance, ils avaient déjà l’immortalité. Ce qu’ils ont eu à souffrir était peu de choses auprès du bonheur dont ils seront comblés. » (Sg 3, 1ss)

« Des profondeurs, je crie vers toi Seigneur, Seigneur, écoute mon appel, que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière. Je mets mon espoir dans le Seigneur, je suis sûr de sa parole. » (Ps. 129).

Oui, chers frères et sœurs, s’il est vrai qu’au nom des liens qui nous unissent à Monseigneur et selon la qualité des relations que nous avons tissées avec lui, chacun pourrait dire quelque chose de la vie de notre cher père évêque, je voudrais, dans la suite de cette méditation, partager avec vous ce qui me semble une caractéristique de sa personne de baptisé, de prêtre, de pasteur. Entre autres qualités de Monseigneur, je voudrais retenir la vertu de la miséricorde.

Le Seigneur, par la bouche de son prophète Jérémie (Jr 3, 15), à une époque bien tumultueuse de son histoire, rassure et réconforte son peuple souffrant et dispersé, en ces termes : « Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur ». Voilà ce qu’a été Mgr René-Marie. Pasteur selon le cœur de Dieu. Le mystère du cœur de Dieu dont nous pouvons explorer les qualités, nous situe dans la réalité pastorale et apostolique de celui que nous pleurons en ce moment. Le cœur de Dieu est un cœur rempli de miséricorde, et dans ce cœur miséricordieux, l’on peut aisément reconnaître et expérimenter la sollicitude et l’attention dont l’humanité bénéficie. Le cœur de Dieu rempli de miséricorde est donc un cœur attentif au bien des hommes et particulièrement des petits et des pauvres. Le cœur de Dieu rempli de miséricorde est aussi un cœur bon et généreux envers tous. Mais il convient de rappeler également que le cœur de Dieu rempli de miséricorde est un cœur qui saigne ; qui saigne de la haine, du refus de repentir et de conversion, de l’intolérance, de la division, du manque de charité et des maux du genre de son peuple. C’est un cœur qui souffre du refus de l’homme d’accueillir son amour gratuit.

Le Père Eudes, notre fondateur, nous apprend que « Trois choses sont requises à la miséricorde : la première est qu’elle ait compassion de la misère d’autrui car celui-là est miséricordieux qui porte dans son cœur, par compassion, les misères des misérables. La seconde, qu’elle ait une grande volonté de les secourir dans leurs misères. La troisième, qu’elle passe de la volonté à l’effet. Or notre très bénin Rédempteur s’est incarné pour exercer ainsi vers nous sa grande miséricorde » (O.C. VIII 52.53).

A l’exemple du Christ Rédempteur, Mgr René-Marie, s’est employé, de tout son être, avec zèle et dévouement, dans un renoncement acétique, non seulement à cultiver mais aussi à pratiquer cette vertu. En témoigne sa proximité avec les pauvres, les marginalisés, les petits, les prisonniers et tous ceux que le monde regarde comme indigents ou nécessiteux, mais aussi avec tant d’autres. On se souvient dans son presbytère de la Cathédrale de Cotonou, sa présence au chevet de Mgr Christophe Adimou, Archevêque émérite de Cotonou, comme de bien d’autres prêtres, affaiblis par la maladie ou l’âge. On se souvient de son apostolat à la prison de Cotonou et de sa sollicitude pour les marins.

Il est juste de dire qu’aucun mortel n’est parfait, en raison de la faiblesse humaine ; mais en observant la vie et le ministère apostolique de Mgr René-Marie au milieu de nous, en tant que prêtre et évêque, l’on peut se rendre compte d’une chose : son profond désir de vivre en adéquation avec son identité et l’idéal que nous propose le « Maître et Seigneur » qui a lavé les pieds à ses apôtres (cf. Jn 13, 1-20. Ici précisément, nous rejoignons le mystère du Christ qui, par un anéantissement total de soi, tient la place du serviteur et esclave, s’offrant pour la cause des siens.

Dans cette dynamique, notre cher Père évêque et confrère avait conscience d’être un « alter Christus », qui par une dévotion particulière à la via crucis et à l’Eucharistie, sacrement de l’amour salvifique du Fils immolé, dans une union intime au Christ souffrant, s’est laissé consumé jour après jour, dans un élan d’amour et d’accueil de la volonté divine pour sa gloire. Vivre et tout accomplir pour le seul honneur et la gloire de Dieu. Tel est l’héritage humain et spirituel qu’il a choisi de nous laisser, aujourd’hui, par sa vie apostolique.

« Tibi autem omnis honor et gloria » (c’est la devise épiscopale de Monseigneur). Oui, à toi tout honneur et toute gloire Seigneur, car, avec Mgr René-Marie, nous avons compris cette profonde et singulière conviction que « le serviteur n’est pas plus grand que son maître ni le messager plus grand que celui qui l’envoie » (Jn 13, 16). Mais nous sommes aussi réconfortés par la promesse du Maître de faire partager sa gloire au serviteur fidèle et persévérant, dans le royaume du Père.

Dans le Christ, notre « Maître et Seigneur », l’honneur et la gloire ont pris le chemin de la souffrance et du don de soi. « Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur » disait Isaïe (Es, 53, 10). Souffrances physiques et morales ont jalonné l’épiscopat de Monseigneur René-Marie qui n’aura duré que 9 ans. A l’école de la Vierge Marie et de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, il aura appris que la consécration à la volonté de Dieu est une négation permanente de son désir propre, de son vouloir personnel ; elle est une offrande perpétuelle de tout, dans la foi et l’espérance.

« Tibi autem omnis honor et gloria » ! Fofo René-Marie, malgré ses faiblesses, demeure tout simplement, pour ceux qui sont dans la vérité de la foi, un exemple, dans sa configuration au Christ, Pain de vie. Le 17 octobre, jour de son rappel à Dieu, l’Eglise célèbre Saint Ignace d’Antioche. Sur le chemin qui le conduisait à l’offrande de sa vie comme martyr, il dit ceci, après avoir laissé entendre aux siens qu’il est le pain immaculé du Seigneur issu du grain de blé moulu sous la dent des bêtes : « n’ayez pas le Christ sur les lèvres et le monde dans le cœur » ; comme pour dire que le Christ soit toujours la source des sentiments qui habitent votre cœur et des paroles qui sont sur vos lèvres.

La 4ème préface de la liturgie des défunts dit : « Père, tu nous donnes de naître, tu diriges notre existence, et tu veux que dès cette vie, nous qui sommes tirés de la terre, nous soyons libérés de la puissance du mal. Oui, nous sommes sauvés par la mort de ton Fils ; et nous attendons qu’un signe de toi nous éveille à la vraie vie, dans la gloire de la résurrection ». Puisse le Seigneur accueillir notre supplication et que « le grain de blé tombé en terre » ouvre, pour ce diocèse et pour l’Eglise au Bénin, des sentiers de conversion des cœurs et des mentalités pour soulager notre douleur et réconforter ceux qui sont dans la peine. Cher fofo, René-Marie, notre Père et confrère, repose dans la paix du Ressuscité et intercède pour nous. Amen !

Père Jules W. Amagnon, cjm Fraternité Saint Jean Eudes Godomey, Bénin

Homélie prononcée par le Nonce apostolique à la messe d’enterrement de Mgr Ehouzou

Pendant ces trois derniers mois de la maladie de Mgr Ehouzou, nous priions tous pour lui, pour sa guérison, pour son retour au service de l’Eglise Famille de Dieu qui est à Porto-Novo. Après son départ pour l’Italie, les renseignements que je recevais indiquaient que cette prière devait se transformer en prière pour un miracle. A cette intention je commençais à invoquer le bienheureux Pape Jean-Paul II, qui avait ordonné Mgr Ehouzou évêque, donc un fils spirituel du grand Pape. Pendant sa souffrance, il y a eu des moments d’espérance, des moments où il semblait reprendre, qui malheureusement ne duraient pas longtemps. Il entrait toujours plus profondément dans le mystère de la passion de Jésus Christ. Le jour de son retour au Père était providentiellement la fête de Saint Ignace d’Antioche, Evêque et Martyr du premier siècle.

Nous avons tous prié beaucoup, et le Seigneur, qui écoute toujours les prières que nous faisons au nom de son Fils, nous a répondu. Nos prières sont un signe de ce qui se trouve dans nos cœurs, des sentiments sincères, pleins d’amour et de foi. Mais elles sont toujours humaines et nécessairement limitées en comparaison avec le plan de Dieu et la profondeur de sa sagesse, amour et puissance qui, comme saint Paul nous l’enseigne, « est infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même imaginer ». Dieu a répondu à notre prière. Il a dit à notre cher Monseigneur : « Viens, René-Marie, intendant fidèle et sensé ». Cette décision divine est en même temps un message pour nous, devant le mystère du Dieu éternel, dont « la puissance est infiniment plus que nous ne pouvons … imaginer ».

Notre réaction ? L’exemple de Saint Paul peut nous aider. En face du mystère de Dieu, le Dieu qui nous sauve, il proclame : « Je tombe à genoux devant le Père, qui est la source de toute paternité au ciel et sur la terre. » A genoux, en silence et sans parole – tous nos autres efforts, toute notre technologie et science médicales doivent céder à la toute-puissance de Dieu. Etre à genoux en face de Dieu est une grâce, parce qu’il « est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance – continue saint Paul — par son Esprit, pour rendre fort l’homme intérieur. » Fort dans le Seigneur, il n’y a pas d’autre, toutes les autres espérances ont échoué. Saint Paul promet à la communauté des Ephésiens : « Vous serez comblés jusqu’à entrer dans la plénitude de Dieu ». Quelle grande promesse de la gloire de Dieu, de la résurrection des morts. Pourtant saint Paul est aussi clair que le chemin qui y conduit est le chemin de la croix que lui-même vivait pendant tout son ministère apostolique et, en ce moment-là où il écrivait de sa prison.

Ce n’est pas un hasard que Dieu a appelé notre cher ami le jour où l’Eglise célébrait la fête d’un grand évêque et martyr, saint Ignace d’Antioche.Il avait quelque chose en commun avec les confesseurs de la foi et les martyrs. Il a souffert pour l’Eglise de Porto-Novo – Dieu seul en connaît la profondeur et le rôle dans le plan de salut de cette communauté et de nous-mêmes. Sur son lit à San Giovanni Rotondo, où je l’ai rencontré, il offrait cette expérience, avec toute sa détresse et confusion, au Seigneur pour le bien de son peuple. Il me parlait ainsi, en imitation du Bon Pasteur qui donne sa vie pour son peuple, même quand il était immobilisé. Dans l’éternité, nous connaîtrons combien chacun de nous a été porté plus proche du Christ, à cause de sa participation à la passion de Notre Seigneur et de sa prière pour son peuple. Il faudrait pourtant rappeler que ses dernières expériences douloureuses n’étaient pas les premières de son épiscopat. Je me souviens bien du drame d’une maladie totalement bizarre qui l’affligeait à Abomey et qui laissait perplexes les meilleurs médecins. C’était suite à une campagne diocésaine d’évangélisation. Il m’est difficile de ne pas voir dedans une violente expression de ceux qui résistent à l’évangile.

A Porto-Novo, Dieu seul connaît combien d’expériences de la passion du Christ avait-il vécues, expériences qui rappellent de grandes préoccupations que saint Ignace d’Antioche avait exprimées dans ces lettres : l’unité de l’Eglise, la communion entre l’Evêque et ses prêtres, la communion dans une seule eucharistie. Ses souffrances étaient aussi un reflet de celles de saint Paul qui, dans la même lettre aux éphésiens, implorait cette Eglise de ne pasoublier leur conversion au vrai Dieuet ne pas retourner à leur étatantérieur. Nous rendons grâce à Dieu pour ce que Mgr Ehouzou a fait en offrant sa vie pour l’Eglise : les visites pastorales,les nouveaux membres introduits dans la vie de l’Eglise par les sacrements que lui-même célébrait, tant de nouveaux prêtres ordonnés pour ce diocèse, dont certains font un service missionnaire ailleurs, les œuvres sociales qui se sont enracinées ici (par ex., l’Association de Saint Camille), de nouvelles paroisses, le renouvellement des sanctuaires de la Croix glorieuse et de Maria Tokpa, les premiers pas vers une procédure de canonisation du P. Thomas Molero, les contacts avec les diocèses voisins du Nigeria pour formation et éducation, et bien d’autres. Au niveau national louons le Seigneur pour sa contribution à la visite apostolique du Saint Père et à la célébration du 150e anniversaire de l’évangélisation du Bénin. Nous louons le Seigneur pour ce que Monseigneur a fait pour promouvoir les relations avec d’autres communautés ecclésiales et confessions religieuses. Nous rendons grâce à Dieu pour ses charismes, son attention et l’expression de miséricorde envers tant de personnes, surtout les prisonniers, les pauvres, les marins, les enfants de la rue, et pour sa contribution à la Caritas.

Il était un des intendants fidèles et sensés à qui le maître a confié la charge de sa maison, l’Eglise, pour donner à ses membres, en temps voulu, leur part de blé, symbole du pain de l’Eucharistie qui, ensemble avec la Parole de Dieu, a contribué beaucoup à construire l’Eglise Famille de Dieu qui est à Porto-Novo. Qui mange de ce pain, le corps du Christ, vivra pour l’éternité, avec leurs corps transformés par le Christ ressuscité.

« Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour. » Cette prière de saint Paul exprime l’esprit de la prière que Mgr René-Marie offrait pour nouspendant son ministère épiscopal. Elle est en même temps notre prière pour lui, de façon particulière pendant cette sainte Messe. Que le Christ et son Sacré-Cœur habitent son cœur, qu’il reste toujours enraciné dans l’amour, établis dans l’amour. Voici ce que veut dire être sauvé au ciel.

Qu’il trouve sa place dans la compagnie des saints, la bienheureuse Vierge Maria, saint Ignace d’Antioche, saint Jean Eudes, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et le bienheureux Jean-Paul II. Que les grands pasteurs de l’Eglise Famille de Dieu au Bénin l’accueillent : le Cardinal Gantin, Mgr D’Souza, Mgr Adimou, le Père Molero. Que le Seigneur nous réunisse tous dans la joie de la Sainte Trinité.

Mgr Michaël August BLUME,

Nonce apostolique près le Bénin et le Togo

Message de condoléance de l’association Saint Camille

DE L’ASSOCIATION SAINT CAMILLE

Tu nous quitte en mon absence (je suis au Canada) mais tu sais combien je suis présent au milieu de cette foule de frères et de soeurs qui partout te pleurent.

laisse-moi te dire de tout cœur, au nom de nos amis le malades mentaux et de tous mes collaborateurs nos profonds "MERCI" pour tout ce que tu nous as permis de vivre avec toi.

C’est bien toi qui as donner ce beau nom "Oasis d’Amour" aux Centres Saint Camille car tu as vécu avec nous, proche de chacun, ami des pauvres et des malades...

C’est toi qui as reconnu l’Association Saint Camille de Lellis, Association de fidèles laïcs, nous faisant ainsi entrer plus encore au coeur de l’Eglise, notre Mère.

Monseigneur, sois heureux aujourd’hui auprès du Christ ! Tu as été son témoin pour chacun de nous et tu restes encore notre Père Evêque que nous aimons.

Surtout, ne nous oublie pas.

Grégoire AHONGBONON, Fondateur de l’Association St Camille de Lellis (Association de prise en charge et de réhabilitation des malades mentaux abandonnés dans les rues et villages)

Message de condoléance de l’administrateur de Natitingou

Au Révérend Père André DESSOU

Vicaire Général du diocèse de PORTO-NOVO

Révérend Père,

La nouvelle du décès de votre Père Evêque, Mgr René-Marie EHOUZOU, nous a tous plongés dans la consternation.

L’Eglise-Famille de Natitingou partage votre douleur pour la disparition d’une figure de premier plan de l’Eglise au Bénin. Nous saluons la mémoire de ce grand éducateur qui, dès les premières années de son ministère sacerdotal, a collaboré avec dévouement à la formation des futurs prêtres de notre pays. Comme Pasteur, il n’a jamais ménagé ses efforts, malgré sa santé bien fragile, pour conduire le Peuple à lui confier avec un grand souci de justice et de paix.

A vous, Révérend Père, à sa famille humaine et à tout le diocèse de Porto-Novo, nous exprimons notre compassion et unissons notre prière à la vôtre pour l’âme de notre illustre disparu implorant le Seigneur de lui accorder sa miséricorde et la récompense de celui qui a combattu jusqu’au bout le combat pour l’annonce de l’Evangile. La mort de ce fervent dévot de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, au cœur de ce mois du Rosaire et des Missions, constitue une grande délicatesse de la Divine Providence.

En vous renouvelant nos condoléances, je vous prie, Révérend Père, d’agréer l’expression de notre fraternelle communion en notre Seigneur Jésus, notre Unique Sauveur et en Marie, Médiatrice de toutes grâces.

Abbé Antoine SABI BIO

Administrateur Apostolique de Natitingou

Le nombre de tes jours terrestres...

IN MEMORIAM

A son Excellence Mgr R-M. EHOUZOU

12-4-1944 17-10-2012

Le nombre de tes jours terrestres, environ 24448 et ½ (Cf Ps 38 et 39) Tu étais un réconciliateur pas toujours compris, Né un mardi, tu as vu une petite portion de notre planète et tu t’es retiré le lendemain, mercredi, à pas feutrés, loin de ta terre natale.

Et, de ton large sourire, tu as fait signe à tes frères et sœurs de la terre comme pour leur dire ADIEU. Ainsi, la boucle est bouclée. !!! RIP

Ton vieil ami de "toujours à toujours" L/SAH, des séminaires Saint Gall de Ouidah, Notre Dame de Fatima de Parakou, des évêchés d’Abomey et de Porto-Novo, deux villes historiques de leurs majestés, les rois Houégbadja et Toffa 1er qui, en ta personne, un jour se sont donné la main (pas en vain) en signe de RÉCONCILIATION)

Père Laurent Sègla SAH

Hommage du Renouveau Charismatique de diocèse de Porto-Novo

« Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons, ceux qui se sont endormis, Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils ». (1 Th 4, 14)

Excellence, chers Pères Evêques,

Révérends Pères, religieux et religieuses,

Bien aimés membres des familles de Monseigneur,

Chères autorités à divers niveaux,

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Suite à cette célébration eucharistique du vendredi 26 Octobre 2012 à l’Evêché par la parole précitée, je voudrais humblement et en communion avec le Révérend Père Nestor ATTOMATOUN, notre Aumônier et le Berger National, le frère Jean PLIYA, prendre la parole au nom de tous les membres du Renouveau Charismatique Catholique du Diocèse de Porto-Novo pour présenter nos sincères condoléances à toute l’Eglise famille de Porto-Novo et à la congrégation Eudiste à laquelle appartient notre cher Père Evêque René-Marie EHOUZOU de vénérée mémoire.

Que cette dernière veuille bien recevoir toute notre reconnaissance pour avoir fait à notre Diocèse, un don total de ce précieux Pasteur pour la gloire de DIEU et le salut des hommes.

Il était et il demeurera pour nous un Dieu-donné.

Parmi la multiplicité des vertus qui le caractérisent, nous pouvons noter, l’Amour de la croix, la Douceur, l’Humilité, la Force, la Paix, la Compassion et la Tendresse. Ces vertus étaient inscrites au cœur de sa vie : Ses prêtes comptent beaucoup pour lui à tel point que, quand les membres du noyau diocésain vont lui faire le bilan annuel de leurs activités, il revient toujours à la fin sur ses paroles. Je cite : « Priez pour mes prêtres et priez aussi pour moi » signe indéfectible de son attachement à ses prêtres.

Au nombre des évènements qui témoignent de son amour pour le Renouveau, nous pouvons, entre autres, citer :

-  La journée porte ouverte organisée à l’intention des Prêtres à l’occasion des 30 ans d’existence du Renouveau Charismatique Catholique du Diocèse de Porto-Novo, qui avait eu lieu à l’Evêché. Ce jour-là, nos cœurs furent réchauffés par les vivants et émouvants témoignages de l’Evêque sur le Renouveau Charismatique dont il a fait lui-même l’expérience. Nous aurions aimé l’écouter davantage, mais l’Evêque avait d’autres obligations.

-  La mission que l’Evêque a confiée au Renouveau dès son arrivée dans le Diocèse a été d’organiser onze (11) jours de caravane d’Evangélisation dans tout le Diocèse avant la fête de Pentecôte. Cette mission, nous révèle son attachement à la Nouvelle Evangélisation pour la transmission de la Foi Chrétienne, pour une Evangélisation nouvelle dans son ardeur, dans ses méthodes et dans ses expériences.

Il avait donc une vision prophétique de la nécessité de l’évènement de l’année de la foi qui vient de s’ouvrir.

-  Son esprit de discernement lui a permis de comprendre que les dîmes perçues au Renouveau sont destinées prioritairement à l’œuvre de l’Evangélisation.

-  Nous rendons grâce à Dieu qui, lors du 35ème anniversaire du Renouveau à Dassa, a conduit Monseigneur René-Marie EHOUZOU à célébrer une messe inoubliable au cours de laquelle l’Esprit l’a établi Père spirituel du Renouveau.

Serviteur fidèle ! Serviteur obéissant et dévoué ! Serviteur souffrant ! Il l’a été pleinement en devenant comme une icône du Christ crucifié. Dans l’espérance que vous êtes déjà auprès du Père Céleste, intercédez pour vos chers prêtres, et pour vos chers fidèles, surtout en cette année déclarée ‘‘Année de Foi’‘ par sa sainteté le Pape Benoît XVI, afin qu’ils accomplissent davantage des œuvres de foi comme croire fermement, aimer, prier sans cesse obéir, servir avec humilité, pardonner, espérer contre toute espérance ; tout ceci pour leur sanctification et pour la Gloire de Dieu.

Que la Vierge Marie, la Reine des cieux et le premier Vicaire Général de notre Diocèse, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, votre modèle, vous accueillent dans la joie et la fidélité du Christ Glorieux.

Porto-Novo, le 26 Octobre 2012

A. M. Pierrette ZONON HOUNSINOU

La Bergère Diocésaine

Message de Mgr Jean Gagnon, évêque de Gaspé (Canada)

Au collège des consulteurs, au clergé et à tous les fidèles du diocèse de Porto-Novo

Chers frères et chères sœurs,

Le mercredi 17 octobre 2012, la nouvelle du décès de votre pasteur Mgr René Marie Éhouzou nous est parvenue au diocèse de Gaspé, alors que j’étais à une session de formation et de ressourcement avec les prêtres et les agents pastoraux. En après-midi de ce même jour, nous avons aussitôt célébré une messe pour le repos de son âme et confié votre diocèse à la Providence divine.

Le décès de Mgr Éhouzou nous touche profondément dans notre Église de la Gaspésie et des Îles. En effet, en juin 2008, alors que Mgr Éhouzou et moi, nous nous sommes rencontrés à Québec lors du Congrès Eucharistique International, nous avons pu échanger sur la vie de nos communautés respectives. Votre pasteur, avec un élan et une générosité missionnaires que vous lui connaissez mieux que moi, a promis de mettre à la disposition de mon diocèse, des prêtres originaires de Porto-Novo. C’est ainsi qu’actuellement, l’Église de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine peut se réjouir de compter parmi ces prêtres en mission fidei donum les abbés Serge Tidjani et Moïse Adekambi.

En août dernier, des prêtres de mon diocèse s’étaient rendus au Bénin pour une visite missionnaire dans le but de remercier de vive voix votre pasteur et votre Église. Mais en raison de l’état de sa santé, Mgr Éhouzou avait déjà été évacué en Italie. Comme vous tous, nous avons espéré sa guérison et son retour à la tête de votre communauté. Mais le Seigneur en a décidé autrement.

En mon nom personnel, au nom de tout le clergé et de tous les fidèles de l’Église de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, je viens vous présenter notre sympathie et nos condoléances les plus attristées, pour la perte de ce bon pasteur. Je voudrais aussi vous assurer de la communion priante et de la proximité de notre Église diocésaine. Comme il ne m’est pas possible d’assister en personne aux funérailles de votre évêque dont je continue d’apprécier la collaboration, j’ai demandé à l’Abbé Moïse Adekambi, actuellement au Bénin, de bien vouloir me représenter auprès de vous tous.

Puisse le Seigneur, que Mgr Éhouzou a servi dans la foi, l’espérance et la charité, lui donner en retour la récompense promise au Serviteur bon et fidèle. Et que la bénédiction de Dieu demeure sur vous et sur toute la communauté ecclésiale de Porto-Novo.

†Mgr Jean Gagnon,

Évêque de Gaspé.

Le 24 octobre 2012

Bon et fidèle serviteur...

"Bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maitre"

Ces mots de Jésus ont résonné dans le cœur du 4ème évêque de Porto-Novo ce mercredi 17 octobre 2012 à l’hôpital San Giovanno de Rotondo en Italie où le prélat était admis depuis bientôt trois mois. Transféré d’Abomey sur le siège épiscopal de Porto-Novo, Mgr René Marie Ehouzou que nous pleurons aujourd’hui, aura passé 5 années à convertir les âmes, à faire revenir le cœur des fils vers leurs parents. Effacé, mais courageux pour la confiance qu’il a mise en Dieu Père, Fils et Esprit Saint, en Marie et en sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, il s’est employé à défendre contre vents et marées la foi catholique.

En tant que successeur des apôtres, Mgr René Marie Ehouzou a annoncé la Bonne Nouvelle du salut, enseigné les vérités de foi et a donné à ses fidèles le sens de l’Eglise. Il a vécu la foi catholique et annoncé le Règne de Dieu. Toute sa vie, au sein du peuple qui lui a été confié, fut un témoignage éloquent de Dieu en qui il a cru, et de Jésus son Maitre. Son ministère apostolique fut la manifestation de l’amour du Christ pour les hommes. Il n’a pas craint ni la maladie, ni les souffrances, ni les contradictions pour avancer résolument sur le chemin de la sainteté qu’il ne cesse de conseiller aux fidèles et surtout aux prêtres.

Mrg Ehouzou aura donné l’exemple éclatant du serviteur bon et fidèle. Il a vécu une foi authentique et a su attendre son maitre qu’il a enfin rencontré. Sa longue maladie l’aura préparé à achever dans sa chair ce qui manquait à la passion du Christ. Il vient de nous quitter il est plus que jamais vivant au milieu de nous. Pour l’offrande qu’il a faite de sa vie, on peut, à la suite de notre Maitre dire : « bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Maitre ! »

P. Jules Carrel DOSSAH

« Mgr René-Marie Ehouzou, un évêque dévot »

La nouvelle de la mort de son Excellence Mgr René-Marie Ehouzou, telle une trainée de poudre, s’est répandue parmi les évêques africains réunis à Rome dans le cadre du synode pour la nouvelle évangélisation. Aussi n’ont-ils pas hésité un instant à se rassembler le samedi 20 octobre pour célébrer à son intention une messe solennelle dans la crypte de la Basilique saint Pierre, lieu hautement symbolique pour l’Eglise catholique mais aussi pour l’illustre disparu. En effet, 9 ans plutôt, dans la même Basilique Saint Pierre, Mgr Ehouzou recevait l’ordination épiscopale des mains du Bienheureux pape Jean-Paul II. C’était le 06 janvier 2003.

Il était 16h 00 (heure de Rome), quand s’ébranla la procession constituée d’une cinquantaine de prêtres et d’évêques ; on pouvait noter du Bénin Mgr Clet Fèliho et Mgr Barthélémy Adoukonou, le Nonce Apostolique près le Bénin, Mgr Michael Blume. La célébration a été présidée par le cardinal Francis Arinze du Nigéria, entouré de leurs Éminences Robert Cardinal Sarah (Guinée) et Peter cardinal Turkson (Ghana). Dans son homélie, le prélat a retracé la vie de l’illustre disparu et beaucoup apprécié sa simplicité, sa capacité de relations avec tous avant d’ajouter ce qui suit :

« (…) Evêque dynamique et très dévot, il a porté avec beaucoup de patience la souffrance des derniers jours, des derniers mois. Il a beaucoup fait pour l’Eglise mais nous ne saurions oublier la coordination de l’organisation de la récente visite du pape au Bénin. (…) N’oublions pas que notre vie sur cette terre, quel que soit notre âge, a un sens. Nous sommes en pèlerinage vers le ciel où se trouve notre vraie demeure. »

Cette messe très recueillie a été animée par la Fraternité béninoise de Rome et a pris fin sur les mots de remerciement de Mgr Adoukonou à l’endroit de tous les participants. A la sortie, quelques participants n’ont pas hésité à exprimer leur souvenir :

« On s’est rencontré plusieurs fois au cours des réunions à Cotonou ou ailleurs mais surtout ici à Rome. J’ai toujours admiré sa simplicité. Il nourrissait un grand intérêt pour la communication et je n’ai pas hésité à l’appuyer en ce sens du lieu où je travaille.(…) Il n’est pas mort, ses projets ne sont pas morts. Il vit désormais au sein du Père. Qu’il veille sur tout ce qu’il a mis en route. » Père Janvier Yaméogo, Diocèse de Koudougou au Burkina-Faso, du Conseil pontifical pour les communications sociales.

« Je rends grâce à Dieu de l’avoir connu. J’ai été particulièrement touché par sa dévotion. Il a fait de grandes études sans perdre l’humilité qui le rend proche de tous… » M. Nicolas Assègbèdè, diocèse d’Abomey, vivant à Rome.

« Je l’ai connu curé de la cathédrale de Cotonou. J’ai toujours vu en lui un homme simple, toujours souriant et accueillant. C’est un grand homme tant par la taille que par le cœur. Nous continuerons de prier pour le repos de son âme. Père Fiacre Gambadatoun, archidiocèse de Cotonou, Biblicum de Rome.

C’est sur ces notes de témoignages et de souvenirs que prit fin cette rencontre eucharistique en suffrage pour le repos de l’âme de Mgr René-Marie Ehouzou. Les yeux sont désormais tournés vers le Bénin et surtout Porto-Novo, son diocèse où auront lieu ses obsèques le samedi 27 octobre 2012.

P. Eric Oloudé OKPEITCHA Diocèse de Porto-Novo