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TRIDUUM PASCAL

Si la fête de Pâques a un sens religieux pour les religions chrétienne et juive, Pâques est aussi une fête païenne. Ainsi donc, avant d’être fête juive puis chrétienne, Pâques est d’abord, il faut le savoir, une fête païenne. Elle annonçait alors l’éveil du printemps, l’éveil de la vie, le retour du beau temps après les longs mois d’hiver pendant lesquels tout semble mort. Il y a très longtemps, probablement à la préhistoire, une fête avait lieu au moment de la pleine lune du printemps. Depuis près de 3000 ans, ce moment de l’année est devenue la fête de la Pâque.

Pâque, selon la tradition juive

La vraie Pâque (sans "s") est une fête juive célébrée le 14ème jour du premier mois du calendrier juif. Les ancêtres du peuple juif étaient esclaves des pharaons d’Égypte. Sous l’influence de Moïse dont le nom signifié « sauvé des eaux », ils s’organisèrent et s’enfuirent. Cette libération, appelée l’Exode, est depuis lors célébrée par les Juifs chaque printemps. Les Juifs ne disent pas pâques mais "Pessah". Pour eux Chez les Juifs, Pâques est donc une fête religieuse qui commémore le passage de la Mer Rouge.

Pâques, selon la religion chrétienne

La fête chrétienne de Pâques est destinée à rappeler le souvenir de la résurrection de Jésus-Christ. Durant les premiers temps de la chrétienté, le calendrier utilisé pour fixer la date de Pâques était le calendrier juif ou babylonien. Les Églises d’orient célébraient Pâques le dernier jour avant la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps (14 Nissan) commémorant ainsi la mort de Jésus. La résurrection de Jésus survint le 16 Nissan, en même temps que Pessah, la Pâques juive. Voilà tout simplement pourquoi le jour de la résurrection du Christ est appelé Pâques.

Contrairement à Noël qui est fixe (25 décembre) comme certaines autres fêtes chrétiennes, Pâques est une fête mobile qui se célèbre entre le 22 mars au plus tôt et le 25 avril au plus tard.

Le Triduum pascal

Elle est précédée du Triduum pascal : jeudi, vendredi et samedi saints. Les chrétiens sont invités à vivre ces trois jours dans leur totale unité. Car l’un ne peut être dissocié de l’autre. Leur unité doit être sauvegardée dans la célébration et vécue comme tel.

Le jeudi saint, dans la matinée ou déjà parfois et dans certains diocèse le mercredi, a lieu la messe Chrismale. Comme son nom l’indique (chrême), au cours de cette messe, l’évêque du diocèse entouré de son presbyterium et des fidèles, célèbre une grand-messe au cours de la quelle trois différents types d’huile sont consacrée : l’huile des catéchumènes, l’huile des malades et le saint chrême. Ce sont ces huiles qui serviront jusqu’à une prochaine Pâques exclusivement.

Le jeudi saint au coucher du soleil, se célèbre la sainte Cène. Elle commémore le dernier repas de Jésus avec ses apôtres avant de se livré à la mort. Au cours de ce dernier repas il a lavé les pieds à ses apôtres. Il a institué l’eucharistie. « Prenez et mangé ; ceci est mon corps livré pour vous… Prenez et buvez ceci est la coupe de mon sang versé pour vous. » « Vous ferez cela en mémoire de moi. » Ce jour est aussi la fête du sacerdoce. Ce que Jésus a fait au cours de ce repas est assorti du nouveau commandement : « Aimez-vous les uns les autres ».

Le vendredi saint, l’Eglise vit le Passion du Seigneur. Elle commémore la mort et la mise au tombeau de Jésus dans l’espérance de la Résurrection. On peut retenir qu’il y a le chemin de croix, puis la célébration de la passion de notre Seigneur Jésus. Le premier peut s’insérer dans le second. On commence la célébration de la passion. Elle est entrecoupée par le chemin de croix qui est alors la lecture et la méditation de la passion selon l’évangile de saint Jean. Puis suivent la vénération de la croix et la communion. Rappelons qu’il n’y a pas de messe, de célébration eucharistique ce jour-là. La communion au corps du Christ se fait avec les saintes espèces qui restent après la messe du jeudi saint.

« Le Vendredi et le Samedi saints, selon une très ancienne tradition, l’Église ne célèbre pas l’Eucharistie. » C’est ce que nous dit explicitement le missel romain.

La célébration de la passion comporte trois parties :

    • • la liturgie de la Parole
    • • la vénération de la Croix
    • • la communion.

Le samedi saint. Il ne se passe rien. Ou plutôt si. C’est le grand silence du tombeau. C’est un jour de deuil, de solitude, de profond recueillement. Il n’y a aucune célébration. Jésus rejoint dans la mort tous les défunts passés, présents et à venir, leur apportant ainsi son salut. « L’Eglise demeure auprès du tombeau de son Seigneur. Elle médite la passion et la mort du Christ. » Cf. Missel romain. Mais dans l’obscurité luit déjà la lueur de Pâque...

Samedi soir, c’est la Vigile pascale... durant laquelle les chrétiens célèbrent la Résurrection du Christ. C’est une grande célébration durant laquelle on lit les textes de la Bible qui retracent l’histoire de l’Alliance de Dieu avec les hommes. C’est aussi durant cette nuit que sont célébrés les baptêmes des catéchumènes. Jésus est le premier homme à passer de la mort à la vie. Il inaugure une nouvelle vie. « Depuis les temps les plus reculés, cette nuit est « une veille en l’honneur du Seigneur » (Ex 12, 42). Elle est ordonnée de telle sorte que, selon la recommandation de l’évangile (Lc 12, 35 suiv.), les fidèles, tenant en main leurs flambeaux allumés, soient semblables à des hommes qui attendent leur maître, afin qu’à son retour il les trouve en train de veiller et les fasse asseoir à sa table. » Cf Missel romain.

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Pourquoi chercher parmi les morts celui qui est vivant ?

La Veillée pascale, comporte quatre grandes parties :

  • • La liturgie de la Parole.
  • • La liturgie baptismale.
  • • La liturgie eucharistique.

Ils sont finis, les jours de la passion, suivez maintenant les pas du Ressuscité : suivez-le désormais jusqu’à son Royaume où vous posséderez enfin la joie parfaite. Pendant 50 jours, l’Eglise entière résonne et fait résonner l’univers de ce mot : ALLELUIA qui signifie : « Louez Yahwe ! » « Louez le Seigneur ! »

Cinquante jours après Pâques, se célèbre la Pentecôte, la fête de la descente de l’Esprit Saint sur l’Eglise.

CIERGE PASCAL ET RITE DE LA LUMIERE

Dans l’Ancien testament déjà, un luminaire était prescrit pour le culte de Yahvé (Exode 25, 31, 40 ; Lévitique 24, 2,4) ; rien de surprenant à ce que l’Eglise ait adopté cette coutume, acte parfait d’adoration. La cire à remplacé l’huile d’olive, pour des raisons de commodité et aussi à cause de son symbolisme : quoi de plus pur, en effet ; les auteurs les plus anciens ont fait le rapprochement entre ce corps pur et le corps du Seigneur, autre rapprochement, le cierge éclaire en se consumant, et Jésus “lumière du monde” est allé jusqu’à la mort, pour “ tirer le monde des ténèbres du péché”.

Le cierge pascal

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cierge pascal 2013

Un peu d’histoire : D’après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France d’Adolphe Chéruel (1809-1891) - Paris, 1899, « lorsque le concile de Nicée eut réglé le jour auquel on célébrerait la fête de Pâques, il chargea le patriarche d’Alexandrie d’en faire dresser tous les ans le canon, et de l’envoyer au pape. Toutes les autres fêtes mobiles se réglaient sur celle de Pâques ; on en faisait un catalogue que l’on écrivait sur un cierge qui était bénit à Pâques, et qu’on appelait cierge pascal ; dans la suite, on écrivit la liste des fêtes mobiles sur un tableau que l’on attacha au cierge pascal ; ce qui se pratiquait encore, au XVIIIe siècle, dans quelques églises. »

La veillée pascale commence par un rituel du feu, symbole du Christ ressuscité qui est la lumière du monde.

Le cierge pascal est l’image du Christ. Les inscriptions gravées dans la cire l’indiquent assez clairement. Tout d’abord, il est éteint, figurant le Christ inanimé dans son tombeau. Allumé au feu nouveau, c’est l’image du Seigneur ressuscité, éclairant notre route comme la colonne de lumière guidait la marche des Hébreux vers la Terre Promise à travers le désert.

Cinq grains d’encens y sont incrustés. Ils représentent les cinq “plaies glorieuses” du Christ crucifié (les deux mains, les deux pieds et le côté). Le cierge pascal est un grand cierge, orné d’une croix. Il est allumé dans la nuit de Pâques, au cours de la grande célébration de la vigile pascale où les chrétiens célèbrent la résurrection de Jésus Christ.

Dans chacun des angles formés par les bras de cette croix, sont inscrits un des quatre chiffres du millésime de l’année.

Au-dessus de la croix, il y a inscrit la première lettre (Alpha) et au-dessous la dernière lettre (Omega) de l’alphabet grec : le Christ est "commencement et fin de toutes choses".

Allumé au feu pascal, le Cierge pascal entre en tête dans l’église, encore plongée dans l’obscurité, suivi de l’assemblée, pour la suite de la célébration.

Le cierge pascal est ensuite utilisé tout au long de l’année — jusqu’au Carême de l’année suivante — pour la célébration des baptêmes, dont la liturgie utilise toujours le cierge comme référence au mystère de Pâques, qui est au cœur du baptême : par le baptême en effet, le nouveau chrétien est plongé dans la mort et la résurrection du Christ. Le cierge de la profession de foi ou cierge baptismal rappelle aux baptisés que leur vie doit être un témoignage lumineux. Aux parents, parrains et marraines, il redit qu’ils doivent aider les nouveaux baptisés à fortifier leur foi afin d’être pour leurs frères, des ” lumières ardentes “ qui les guident.

Le symbole du Cierge pascal demande qu’il soit unique, même si plusieurs paroisses sont rassemblées, puisqu’il représente le Christ ressuscité, lumière du monde.

Père V. Frumence

HOMELIE DE MGR EHOUZOU A LA VEILLEE PASCALE 2011

Homélie de la Messe de la nuit de Pâques.

En janvier dernier, j’étais à Jérusalem avec Mgr GANYE, le Nonce et plus de 200 Evêques et Cardinaux pour une semaine de retraite néo- catéchuménale. Nous avons eu la grâce de visiter entre autres endroits, deux hauts lieux de la foi : le Cénacle où Jésus institua l’Eucharistie et la Tombe où a lieu la Résurrection. Nombreux sont les Pèlerins venus au Tombeau pour voir et vénérer les lieux et l’endroit où on l’avait déposé. Je me suis mis à genoux à côté de Mgr GANYE. Nous avons avec tout l’amour de notre cœur d’Evêques et toute notre foi de chrétien embrassé longuement la pierre du Tombeau où reposa le corps du Christ. Mon anneau pastoral que voici et la croix pectorale de mon ordination épiscopale ont touché cette pierre ; et ce faisant, j’ai pensé à vous chers fils et filles de mon diocèse ; j’ai pensé à mes prêtres, à mes Religieuses, à tout le Peuple de Dieu. A la suite de Marie de Magdala et sa compagne, des générations de chrétiens défilent au Tombeau de Jésus, non plus avec crainte, mais pour se convaincre de ce qui fonde la foi que confessent tous ceux qui croient au Christ : « Il est ressuscité d’entre les morts le troisième jour, conformément aux Ecritures ». C’EST CELA NOTRE CREDO. Oui, chers frères et sœurs, nous devons le professer haut, partout et en tout lieu : oui, Il est ressuscité et Il est vivant, le Crucifié du vendredi-saint. On a tué son corps, mais Lui, Il a tué la mort. On a cru Lui ôter la vie, mais c’est Lui l’immortel qui nous a rendu la vie. On l’a plongé dans les ténèbres et Il en a fait surgir la lumière ! On l’a rayé de la terre des hommes et Il a rendu les hommes de la terre à l’espérance du Ciel. En cette nuit Sainte, nous entendons à nouveau résonner la voix du Verbe qui nous redit : « Je suis la Résurrection et la Vie » Jn 11, 16. Nous y croyons fermement, c’est pourquoi « nous ne cherchons plus parmi les morts, Celui qui est Vivant ! » Lc 24, 5. En ressuscitant, Il a ouvert une brèche de lumière dans le mur de nos ténèbres et définitivement libéré nos âmes de la crainte d’une mort éternelle. A nous qui sommeillons encore dans le tombeau de nos péché, dans le tombeau de nos haines, dans le tombeau de nos vengeances, dans le tombeau de nos refus de pardon à donner ou à recevoir, à tous ceux qui sommeillent encore dans le tombeau du péché, le Ressuscité tend sa main victorieuse en disant : « Eveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. » « Nous tous qui avons été baptisés en Christ, nous rappelle Saint Paul en cette Nuit Sainte, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. » Rm 6, 3. En cette nuit de Pâques, chers fils et filles, nous le savons et nous le proclamons : « le mal et l’oppression sont dépassés par le triomphe de l’amour. Nos péchés sont plongés dans l’eau baptismale, et la mort elle-même, engloutie dans sa victoire, ne devient plus désormais qu’une entrée dans la vie. En cette Nuit de Pâques, les croyants chrétiens chantent leur délivrance et tous les peuples de la terre sont invités à partager l’espérance des vivants. Oui, la Résurrection est en marche et plus rien désormais ne pourra l’arrêter. Nous en avons pour preuve, cette Eglise, qui déjà vieille de plus de 20 siècles, reste aussi jeune partout dans le monde comme si elle n’avait que 20 ans ; même chez nous au Bénin, notre Eglise qui n’a que 150 ans d’existence manifeste, nous avons pu le constater, soit à Kétou avec les jeunes, comme à la Plage de Ouidah avec tous les pèlerins, sa vigueur encore juvénile et son espérance à toute épreuve. Cette espérance se trouve fortement inscrite en cette heure où, du plus profond de nos âmes, monte notre Alléluia au Dieu Vivant. Ne craignons donc pas de confesser à temps et à contre temps, notre foi indéfectible en Jésus Ressuscité à travers le quotidien de nos vies et nos engagements de tout genre. Le Ressuscité marche avec nous tous les jours sur le chemin, et notre propre résurrection est en route. Voilà l’espérance qui habite chaque chrétien. Quittons les œuvres de ténèbres qui nous retiennent dans nos tombeaux.

Jésus est vivant ! Alléluia !

Car le Christ est vraiment ressuscité Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !

HOMELIE DU PAPE BENOÎT XVI POUR LA PÂQUES.

Chers frères et sœurs !

Deux grands signes caractérisent la célébration liturgique de la Veillée Pascale. Il y a d’abord le feu qui devient lumière. La lumière du cierge pascal, qui au cours de la procession à travers l’église enveloppée dans l’obscurité de la nuit devient une vague de lumières et nous parle du Christ comme véritable étoile du matin, qui ne se couche pas éternellement - du Ressuscité en qui la lumière a vaincu les ténèbres. Le deuxième signe est l’eau. Elle rappelle, d’une part les eaux de la Mer Rouge, l’effondrement et la mort, le mystère de la croix. Ensuite cependant, elle se présente à nous comme une eau de source, comme un élément qui apporte la vie dans la sécheresse. Elle devient ainsi l’image du Sacrement du Baptême, qui nous rend participants de la mort et de la résurrection de Jésus Christ.

Toutefois, les grands signes de la création, la lumière et l’eau ne sont pas les seuls à faire partie de la liturgie de la Veillée Pascale. Une caractéristique absolument essentielle de la Veillée, c’est aussi le fait qu’elle nous conduit à une importante rencontre avec la parole de la Sainte Ecriture. Avant la réforme liturgique il y avait douze lectures de l’Ancien Testament et deux du Nouveau Testament. Celles du Nouveau Testament sont restées. Le nombre des lectures de l’Ancien Testament a été fixé à sept, mais, selon les situations locales, il peut aussi être réduit à trois lectures. À travers une grande vision panoramique, l’Eglise veut nous conduire, tout au long du chemin de l’histoire du salut, depuis la création, à travers l’élection et la libération d’Israël, jusqu’aux témoignages prophétiques, grâce auxquels toute cette histoire se dirige toujours plus clairement vers Jésus Christ. Dans la tradition liturgique toutes ces lectures ont été appelées prophéties. Même quand elles ne sont pas directement des annonces d’évènements futurs, elles ont un caractère prophétique, elles nous montrent le fondement profond et l’orientation de l’histoire. Elles font en sorte que la création et l’histoire laissent transparaître l’essentiel. Ainsi, elles nous prennent par la main et nous conduisent vers le Christ, elles nous montrent la vraie lumière.

Le cheminement sur les routes de la Sainte Ecriture commence, durant la Veillée Pascale, par le récit de la création. La liturgie veut nous dire par là que le récit de la création est aussi une prophétie. Il n’est pas une information sur le déroulement extérieur du devenir du cosmos et de l’homme. Les Pères de l’Eglise en étaient bien conscients. Ils n’ont pas compris ce récit comme une narration sur le déroulement des origines des choses, mais comme un renvoi à l’essentiel, au vrai principe et à la fin de notre être. Or, nous pouvons donc nous demander : mais est-il vraiment important durant la Veillée Pascale de parler aussi de la création ? Ne pourrait-on pas commencer par les évènements au cours desquels Dieu appelle l’homme, se constitue un peuple et crée son histoire avec les hommes sur la terre ? La réponse doit être : non. Omettre la création signifierait se méprendre sur l’histoire même de Dieu avec les hommes, la réduire, ne plus voir son véritable ordre de grandeur. Le rayon de l’histoire que Dieu a fondé parvient jusqu’aux origines, jusqu’à la création. Notre profession de foi commence par les paroles : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre ». Si nous omettons ce commencement duCredo, l’histoire du salut tout entière devient trop réduite et trop petite. L’Eglise n’est pas une association quelconque qui s’occupe des besoins religieux des hommes, et qui a justement le but limité de cette association. Non, elle met l’homme en contact avec Dieu et donc avec le principe de toute chose. C’est pourquoi Dieu nous concerne comme Créateur et c’est pour cela que nous avons une responsabilité envers la création. Notre responsabilité s’étend jusqu’à la création, parce qu’elle provient du Créateur. C’est seulement parce que Dieu a tout créé qu’il peut nous donner vie et conduire notre vie. La vie dans la foi de l’Eglise n’embrasse pas seulement un domaine de sensations et de sentiments et peut-être d’obligations morales. Elle embrasse l’homme dans sa totalité, depuis ses origines et dans la perspective de l’éternité. C’est seulement parce que la création appartient à Dieu que nous pouvons nous fier à lui jusqu’au bout. Et c’est seulement parce qu’il est Créateur qu’il peut nous donner la vie pour l’éternité. La joie pour la création, la gratitude pour la création et la responsabilité à son égard sont inséparables.

Le message central du récit de la création se laisse déterminer encore plus précisément. Dans les premières paroles de son Evangile, saint Jean a résumé la signification essentielle de ce récit en cette unique phrase : « Au commencement était le Verbe ». En effet, le récit de la création que nous venons d’écouter est caractérisé par la phrase qui revient régulièrement : « Dieu dit... ». Le monde est un produit de la Parole, du Logos, comme l’exprime Jean avec un terme central de la langue grecque. « Logos » signifie « raison », « sens », « parole ». Il ne signifie pas seulement « raison », mais Raison créatrice qui parle et qui se communique elle-même. C’est une Raison qui est sens et qui crée elle-même du sens. Le récit de la création nous dit, donc, que le monde est un produit de la Raison créatrice. Et ainsi il nous dit qu’à l’origine de toutes choses il n’y avait pas ce qui est sans raison, sans liberté, mais que le principe de toutes choses est la Raison créatrice, est l’amour, est la liberté. Ici nous nous trouvons face à l’alternative ultime qui est en jeu dans le débat entre foi et incrédulité : l’irrationalité, le manque de liberté et le hasard sont-ils le principe de tout, ou bien la raison, la liberté, l’amour sont-ils le principe de l’être ? Le primat revient-il à l’irrationalité ou à la raison ? C’est là la question en dernière analyse. Comme croyants nous répondons par le récit de la création et avec Jean : à l’origine, il y a la raison. A l’origine il y a la liberté. C’est pourquoi être une personne humaine est une bonne chose. Il n’est pas exact que dans l’univers en expansion, à la fin, dans un petit coin quelconque du cosmos se forma aussi, par hasard, une certaine espèce d’être vivant, capable de raisonner et de tenter de trouver dans la création une raison ou de l’avoir en elle. Si l’homme était seulement un tel produit accidentel de l’évolution en quelque lieu à la marge de l’univers, alors sa vie serait privée de sens ou même un trouble de la nature. Non, au contraire : la raison est au commencement, la Raison créatrice, divine. Et puisqu’elle est Raison, elle a créé aussi la liberté ; et puisqu’on peut faire de la liberté un usage indu, il existe aussi ce qui est contraire à la création. C’est pourquoi une épaisse ligne obscure s’étend, pour ainsi dire, à travers la structure de l’univers et à travers la nature de l’homme. Mais malgré cette contradiction, la création comme telle demeure bonne, la vie demeure bonne, parce qu’à l’origine il y a la Raison bonne, l’amour créateur de Dieu. C’est pourquoi le monde peut être sauvé. C’est pour cela que nous pouvons et nous devons nous mettre du côté de la raison, de la liberté et de l’amour - du côté de Dieu qui nous aime tellement qu’il a souffert pour nous, afin que de sa mort puisse surgir une vie nouvelle, définitive, guérie.

Le récit vétérotestamentaire de la création, que nous avons entendu, indique clairement cet ordre des réalités. Cependant il nous fait faire encore un pas en avant. Il a structuré le processus de la création dans le cadre d’une semaine qui va vers le samedi, y trouvant son achèvement. Pour Israël, le samedi était le jour où tous pouvaient participer au repos de Dieu, où homme et animal, maître et esclave, grands et petits étaient unis dans la liberté de Dieu. Ainsi le samedi était une expression de l’alliance entre Dieu et l’homme et la création. De cette façon, la communion entre Dieu et l’homme n’apparaît pas comme quelque chose de rajouté, instauré par la suite dans un monde dont la création était déjà terminée. L’alliance, la communion entre Dieu et l’homme, est prévue au plus profond de la création. Oui, l’alliance est la raison intrinsèque de la création comme la création est le présupposé extérieur de l’alliance. Dieu a fait le monde pour qu’il y ait un lieu où il puisse communiquer son amour et d’où la réponse d’amour lui retourne. Devant Dieu, le cœur de l’homme qui lui répond est plus grand et plus important que l’immense cosmos matériel tout entier qui, certainement, nous laisse entrevoir quelque chose de la grandeur de Dieu.

A Pâques et à la suite de l’expérience pascale des chrétiens, nous devons cependant faire encore un autre pas. Le samedi est le septième jour de la semaine. Après six jours, où l’homme participe, en un certain sens, au travail de la création de Dieu, le samedi est le jour du repos. Mais dans l’Eglise naissante, quelque chose d’inouï s’est produit : à la place du samedi, du septième jour, vient le premier jour. Comme jour de l’assemblée liturgique, il est le jour de la rencontre avec Dieu par Jésus Christ qui, le premier jour, le dimanche, a rencontré les siens en tant que Ressuscité, après que ceux-ci eurent trouvé le tombeau vide. La structure de la semaine est maintenant renversée. Elle n’est plus dirigée vers le septième jour, pour y participer au repos de Dieu. Elle commence par le premier jour comme jour de la rencontre avec le Ressuscité. Cette rencontre se renouvelle sans cesse dans la célébration de l’Eucharistie, où le Seigneur vient de nouveau au milieu des siens et se donne à eux, se laisse, pour ainsi dire, toucher par eux, se met à table avec eux. Ce changement est un fait extraordinaire, si on considère que le samedi, le septième jour comme jour de la rencontre avec Dieu, est profondément enraciné dans l’Ancien Testament. Si nous nous rappelons que le parcours depuis le travail jusqu’au jour du repos correspond aussi à une logique naturelle, le caractère dramatique de ce tournant devient encore plus évident. Ce processus révolutionnaire, qui s’est vérifié tout de suite au début du développement de l’Eglise, n’est explicable que par le fait qu’en ce jour quelque chose d’inouï était arrivé. Le premier jour de la semaine était le troisième jour après la mort de Jésus. C’était le jour où il s’était montré aux siens comme le Ressuscité. Cette rencontre, en effet, avait en soi quelque chose de bouleversant. Le monde était changé. Celui qui était mort vivait d’une vie qui n’était plus menacée d’aucune mort. Une nouvelle forme de vie, une nouvelle dimension de la création, avait été inaugurée. Le premier jour, selon le récit de laGenèse, est le jour où commence la création. À présent il était devenu d’une façon nouvelle le jour de la création, il était devenu le jour de la nouvelle création. Nous célébrons le premier jour. Ainsi nous célébrons Dieu, le Créateur, et sa création. Oui, je crois en Dieu, Créateur du ciel et de la terre. Et nous célébrons le Dieu qui s’est fait homme, a souffert, est mort et a été enseveli et est ressuscité. Nous célébrons la victoire définitive du Créateur et de sa création. Nous célébrons ce jour comme origine et, en même temps, comme but de notre vie. Nous le célébrons parce qu’à présent, grâce au Ressuscité, il s’avère de façon définitive que la raison est plus forte que l’irrationnalité, la vérité plus forte que le mensonge, l’amour plus fort que la mort. Nous célébrons le premier jour parce que nous savons que la ligne obscure qui traverse la création ne demeure pas pour toujours. Nous le célébrons, parce que nous savons que maintenant ce qui est dit à la fin du récit de la création est valable définitivement : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait : c’était très bon » (Gn 1, 31). Amen.

Sa Sainteté Benoît XVI.

« Pentecôte ! Le Saint Esprit à l’œuvre dans le monde d’aujourd’hui ! »

Cet article est une méditation que l’Aumônerie Diocésaine des Chorales Grégoriennes du Diocèse de Porto-Novo propose à tous les Choristes pour la fête de Pentecôte. Elle donne quelques points de repères sur sur les origines et le sens de la fête de la Pentecôte d’une part, et d’autre part, sur la personne et l’œuvre du Saint Esprit dans nos vies, à partir des textes de la liturgie de la messe du Jour de Pentecôte.

Avec la fête de la Pentecôte nous clôturons la cinquantaine pascale au cours de laquelle l’Eglise, chaque année, célèbre le mystère de la Passion, Mort et Résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Annoncé par les Écritures anciennes, promis par le Seigneur à maintes reprises et, plus explicitement, « à l’heure de passer de ce monde à son Père », l’Esprit Saint descend en ce jour comme don fait aux Apôtres, à toute l’Eglise et à chacun de nous. Nous fêtons donc la Pentecôte, une solennité importante, aussi populaire dans sa célébration que mal connue dans son essence. Il nous faut donc retrouver toute la signification originelle et actuelle de cette fête. Je voudrais proposer ici une série quatre questions-réponses fondamentales qui nous permettront d’entrer dans l’intelligence de la célébration de cette fête.

1ère question : Que signifie « Pentecôte » ?

Réponse

 : Du grec ancien ἡμέρα πεντεκοστή / pentếkosta, le mot « pentecôte » signifie « cinquantième jour », et doit être restitué dans le contexte de la fête juive du même nom, laquelle s’appelle aussi fêtes des Semaines, car célébrée au terme des sept semaines comptées à partir de Sabbat de Pâques. Avant d’être une fête chrétienne, la Pentecôte était – et demeure encore aujourd’hui – une fête juive. A l’origine, elle fut instituée pour commémorer chaque année le temps de la moisson et des prémices, et rendre grâce pour les fruits de la terre. C’était donc une fête agricole (cf. Ex 23,16 ; 34,22) qui se célébrait cinquante jours après la Pâque, d’où son nom de « Pentecôte », c’est-à-dire « cinquante », comme l’indique la définition étymologique. Plus tard, après le retour de l’exil babylonien, la fête de la Pentecôte changea progressivement de signification pour devenir la commémoration de l’alliance et du don de la Loi sur le Mont Sinaï. A ce titre, elle se transforma en « date d’anniversaire » du Peuple Juif, la Loi étant en quelque sorte l’ « acte de naissance » d’Israël.

2ème question : Que fêtons-nous à la Pentecôte ?

Réponse  : A la Pentecôte, nous fêtons la descente de l’Esprit sur les Apôtres. D’après le livre des Actes des Apôtres, la Pentecôte chrétienne eut lieu le jour même où les Juifs célébraient leur Pentecôte, c’est-à-dire le don de la Loi sur le Sinaï. La coïncidence n’est pas fortuite, car si pour le peuple d’Israël, la Pentecôte rappelle l’amour de la Loi, pour nous chrétiens, elle inaugure les temps nouveaux marqués par la Loi de l’amour. En effet, le jour de la Pentecôte, le Seigneur répandit l’Esprit à profusion sur les Apôtres réunis avec la Vierge Marie au cénacle, pour faire d’eux le peuple nouveau dont la loi fondamentale est l’Amour. Ainsi, la Pentecôte chrétienne est la fête du don de l’Esprit Saint. De même que la loi mosaïque a transformé en peuple de l’alliance les tribus hétéroclites d’esclaves affranchis, de même, l’Esprit Saint fait des disciples timorés et désemparés, une Eglise de témoins intrépides. Secoués par son souffle, brûlés et illuminés par son feu, ils sortent du cénacle, où la peur les avait enfermés, et se mettent à publier en toutes langes les merveilles de Dieu : c’est la naissance de l’Eglise et de la mission.

Ce jour-là, le cinquantième après Pâques, selon ce que disent les Écritures, notamment la Première Lecture de la liturgie de cette solennité, les Apôtres se trouvaient réunis au Cénacle : soudain, ils entendent un grand bruit venu du ciel, « pareil à celui d’un violent coup de vent » qui remplit toute la maison où ils se trouvaient. Ils virent comme un feu qui se divisait, et sur chacun d’eux se posait une des langues de ce feu. Tous furent remplis de l’Esprit Saint et ils se mirent à parler en d’autres langues dans lesquelles l’Esprit leur donnait de s’exprimer : voilà l’expérience mystique collective et historique des Apôtres de Jésus de Nazareth. C’est la promesse de Jésus qui se réalise : le Seigneur est fidèle ; le Saint Esprit est là.

3ème question : Qui est l’Esprit Saint

Réponse  : Le catéchuménat traditionnel nous apprend que l’Esprit Saint est la Troisième Personne de la Sainte Trinité, et c’est bien juste. Mais il nous faut encore aller plus en profondeur. Bien entendu, ce n’est ici ni le moment, ni le lieu de faire un exposé doctrinal complet sur la personne de celui qui est présent et agit en tous et partout, et pourtant invisible, peu connu et mal connu. C’est à travers les lectures qui nous sont proposées en cette solennité que nous allons essayer de découvrir l’Esprit Saint et surtout comment il agit. Ces textes nous présentent l’Esprit Saint dans des langages différents. Pour Saint Jean, dans l’Evangile, il est le « Défenseur » envoyé d’auprès du Père pour témoignage en faveur du Fils. C’est lui, l’Esprit de Vérité qui guidera les disciples de Jésus dans la vérité toute entière. Témoin parfait de Jésus, pédagogue avisé, il se chargera d’instruire les disciples et de continuer la mission du Christ.

Saint Luc, pour sa part, dans la 1ère lecture tirée du livre des Actes des Apôtres, présente l’Esprit comme une force mystérieuse, irrésistible, qui se manifeste avec grand bruit et grand vent et qui descend sur les Apôtres comme les langues de feu, pour les libérer de la peur et réaliser l’unité dans la diversité, à travers le prodige du don des langues. Saint Paul, enfin, dans la 2ème lecture, tout en nous exhortant à vivre de l’Esprit et non de la chair, met en évidence les fruits de l’Esprit, « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi » qui sont en opposition tranchée avec les œuvres de la chair que nous devons fuir.

Cette variété dans la présentation de l’Esprit nous montre qu’il existe plusieurs manières d’exprimer la même réalité, une réalité tellement riche, si sublime, si complexe, si profonde qu’aucun langage humain ne peut l’épuiser. En effet, si l’Esprit est insaisissable comme le vent et dévorant comme le feu, qui de nous peut l’apprivoiser ou l’emprisonner dans des catégories limitées ? L’Esprit Saint est celui qui donne la vie ; il vivifie et fortifie l’Eglise, il agit et parle en nous ; il donne force, intelligence, sagesse, piété, conseil, science et crainte de Dieu. C’est lui qui est à l’œuvre à travers les Sacrements, c’est lui qui fait et conduit l’Eglise. « Sans l’Esprit Saint, disait Saint Ignace de Laodicée, Dieu est lointain, le Christ reste dans le passé, l’Evangile est lettre morte, l’Eglise une simple organisation, l’autorité une domination, la mission, une propagande, le culte une évocation et l’agir chrétien une morale d’esclaves. Mais en lui : le cosmos est soulevé et gémit dans les douleurs de d’enfantement du Règne, le Christ ressuscité est présent, l’Evangile est puissance de vie, l’Eglise est communion trinitaire, l’autorité est servie libérateur, la mission est Pentecôte, la liturgie est mémorial et anticipation, l’agir humain est déifié »

4ème question : Que signifie pour nous aujourd’hui l’événement de la Pentecôte et à quoi nous engage-t-il ?

Réponse  : Le récit des Actes des Apôtres fait état "d’un grand bruit" venu du ciel, d’un "violent coup de vent" et de "langues de feu" et qui se posent sur chacun des apôtres. Le bruit, le vent et le feu symbolisent la présence de Dieu ; ils sont une manifestation de la puissance divine. C’est le renouvellement de la théophanie du Sinaï dont la Pentecôte juive est la commémoration. Les langues de feu qui se divisent au-dessus des têtes des Apôtres signifient la descente sur eux de l’Esprit de Dieu. Elles symbolisent le don fait à chacun d’eux et à chacun de nous pour nous rendre apte à annoncer l’Évangile avec détermination à tous les hommes de notre temps. Enfin, le récit fait mention du don des langues que reçoivent les apôtres et les disciples pour leur permettre d’annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile à tous les hommes, à toutes les nations. On peut y voir une réponse à l’épisode de la Tour de Babel. En effet, lors de la Tour de Babel, les hommes avaient été divisés dans leur volonté d’être plus grand que Dieu. A la Pentecôte, les peuples divisés se retrouvent unis lorsque l’Esprit Saint se manifeste. L’humanité est appelée à vivre cette unité, non pas sans Dieu mais en lui, par la force et le ciment de son Esprit.

Frères et sœurs, il est vrai qu’en ce moment, nous n’avons pas de façon visible des langues de feu sur nos têtes, nous ne nous entendons pas dans des langues différentes ; ou pire, nous ne sommes pas sujets à des transes, des agitations ou des crises hystériques que certaines personnes cherchent à mettre au compte d’une manifestation efficiente de je ne sais quel esprit ; cela ne veut pas dire que l’Esprit Saint n’est pas descendu sur nous. Non ! Il faut croire fermement que, comme jadis les Apôtres, tous nous recevons en ce jour une effusion de l’Esprit, ce même Esprit que nous avons reçu à travers les sacrements de baptême et de confirmation, et que recevons souvent à travers les autres sacrements. La réalité de l’effusion de l’Esprit en ce jour de la pentecôte n’est pas à mettre au compte d’une agitation fébrile du genre de la folie ; heureusement d’ailleurs ! Chers amis, ne nous y méprenons pas ; l’Esprit Saint que nous recevons n’est pas de nature à nous rendre fous, mais au contraire à nous rendre davantage raisonnables ; c’est dans le silence de notre cœur que l’Esprit se manifeste et nous porte efficacement à l’action.

La Pentecôte ne commémore pas un événement du passé, si déterminant soit-il. Elle célèbre Dieu, Saint Esprit, qui se manifeste jour après jour sur la terre. La Pentecôte est quotidienne pour ceux qui, au Nom du Seigneur, prient le Père de leur donner l’Esprit promis par le Fils. Célébrer la Pentecôte, c’est donc s’ouvrir davantage à l’Esprit qui habite dans le secret de notre cœur, c’est l’écouter, lui être docile, obéir à ses inspirations et injonctions ; c’est se rappeler ses promesses baptismales et prendre à nouveau le ferme engagement de s’y conformer librement ; c’est faire l’unité dans la diversité, et la vérité dans la charité ; c’est accueillir les charismes de l’Esprit et les fructifier pour le bien et au bénéfice de toute l’Eglise au rythme du quotidien de l’existence humaine. Célébrer la Pentecôte, c’est réveiller les nombreux dons de l’Esprit qui sommeillent en nous ; c’est laisser l’Esprit agir en nous et par nous, en un mot, c’est vivre de l’Esprit et faire transparaitre ses fruits dans le quotidien de notre vie, comme Saint Paul nous y invite dans la deuxième lecture.

Célébrer la Pentecôte, enfin, c’est s’engager pour la mission, afin de porter l’Evangile aux hommes par nos paroles et nos actes. En ce sens, notre Eglise locale a besoin aujourd’hui, d’une nouvelle Pentecôte, d’une nouvelle évangélisation. Cela relève de notre responsabilité à tous. Que l’Esprit de Pentecôte nous accorde donc la grâce d’être des témoins convaincus, audacieux, déterminés et sincères, prêts à porter l’Evangile partout, envers et contre tout. Amen !

Père Ghislain Yvon MAFORIKAN, Aumônier diocésain des Chorales Grégoriennes