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EVOLUTION DU CATHOLICISME DANS LE DIOCESE DE PORTO NOVO

Dans certaines pays de notre planète, en Europe ou en Afrique, le fort pourcentage des catholiques a suggéré des mots qui ne manquent pas de cadrer avec la réalité : « on naît chrétien, et on est chrétien ».Tel n’est pas le cas pour le Bénin, encore moins pour le diocèse de Porto Novo, l’un des neuf que compte désormais le pays Si l’on n’y naît pas chrétien, on le devient un jour, et de jour en jour,du plus en plus. La foi connaît dès lors une croissance au niveau de la personne - l’affermissement – et au niveau du nombre de ses adhérents – expansion de la foi. Nous voulons tenter, dans les lignes qui vont suivre, une brève présentation de la naissance et de la croissance de la foi chrétienne catholique dans ce qui est aujourd’hui le diocèse de Porto-Novo. Notre démarche n’est en rien comparable à celle d’un spécialiste de la science de l’histoire ; elle voudrait plutôt se présenter comme une synthèse, et, par endroits, comme une relecture, des événements de l’Eglise de Dieu qui est à Porto-Novo tels qu’ils nous sont relatés par des sources écrites ou orales. Un premier objectif est de faire connaître cette portion de l’Eglise ; un deuxième, le plus important, est de découvrir comment Dieu a cheminé avec son peuple de Porto-Novo, contre vents et marées, comme autre fois avec les Israélites au désert

1 – Les premiers contacts Tout a commencé en cette nuit du 27 Mai 1862 avec la toute première visite du P. Borghero à Porto-Novo. Le premier contact avec le roi Sodji (1848 – 1864) le lendemain a été essentiellement de courtoisie avec échanges de cadeaux. Un an après, l’intrépide missionnaire revient à la charge lors d’un séjour relativement plus prolongé, même s’il fut bref ; c était du 17 au 19 Septembre 1863. Ecoutons le récit que fait le P. Borghero de ces trois journées à Porto –Novo « 17 J’arrive heureusement à Porto – Novo, je suis reçu à la nouvelle factorerie française. « 18 je célèbre la messe tout seul dans une petite baraque de branche de palmiers. C’est la première fois qu’il m’arrive de la messe sans servants, comme nous avons la faculté de le faire. Je vais explorer les environs de la ville ; je visite plusieurs familles chrétiennes « 19.Je célèbre la messe dans une maison en ville, et je baptise 13 enfants en bas age nés des esclaves libérés du Brésil et quelques descendants des portugais. Je m’aperçois que ce qui regarde la mission nous allons avoir quelques difficultés à cause des protestants, comme je doit attendre encore un peu, je profite du temps pour aller à Lagos, y traiter les affaires de la future mission … » L’attente dura environ deux semaines la durée du séjour à Lagos. Le 4 octobre, le missionnaire pose un acte décisif pour la mission:il rencontre le roi et obtient de lui un terrain pour l’établissement de la mission. Pour l’instant, rien n’est édifié sur le terrain, le père se souciant plutôt de construire l’Eglise Communauté, Corps du Christ, par le baptême. « Tous ces jours (5-7 octobre 1863), écrit – il, j’administre le baptême à des enfants en bas age, apportés par leurs parents chrétiens. Tous Noirs de nations Nagos… »

2- L’an mille huit cent soixante quatre : l’année décisive L’année 1864 est, à proprement parler, celle de la fondation de ce qu’on appelait alors « la Mission de Porto-Novo ». Trois faits marquent cette fondation : la prise de possession du terrain donné par le roi Sodji le 4 octobre de L’année précédente ; la construction du premier presbytère et de la première chapelle ; la célébration de la première messe paroissiale, avec toute la solennité qui sied à l’événement. La prise de possession ne fut pas facile. Débarquant à Porto-Novo le 4 Avril 1864 avec son compagnon, le P. Noché, le P. Borghero dut consacrer les jour suivants à négocier avec le roi la prise de possession du terrain. Les difficultés sont nées de la nature du site : une forêt sacrée, consacrée au culte de shango. Trois personne étaient impliquées dans les discussions : le roi Mikpon ( 1864 -1872 ), le prêtre missionnaire, et le prêtre shango (Onishango) ;les habitants assistaient impuissants et craintif finalement les pères eurent un sur lequel le père Noché a du commencer à travailler ( construction d’une habitation et la clôture ) dès le 23 Avril jusqu’à sa mort le 1 juillet 1864. Le père Borghero raconte lui-même l’implantation du presbytère de la première chapelle : « 13 (Juillet ) : Nous partons à Porto-Novo ( …) je descends à la factorerie (…) je trouve que M. Noché avait déjà commencé quelque travail sur notre terrain destiné à l’établissement de notre mission (…) je décide à ne pas parti pour l’Europe avant d’avoir établi ici la mission, car tout nous y fait espérer un bon succès « 15-16-17-18 : je prépare tout pour la construction d’une maison en bambous… « 19 : Nous commençons notre construction avec une douzaine d’ouvriers « 20-26 :l’ouvrage de la grande cabane marche rapidement … » Enfin, l’inauguration officielle de la mission de Porto-Novo le 15 août 1864 vient couronner la ténacité, la perspicacité et l’esprit de décision du P Borghero. Désormais Porto-Novo deviendra le point le pont d’envol pour l’évangélisation de l’hinterland.

3 – La « Mission de Porto-Novo » Dès le mois d’octobre 1864, les « Pères de Porto-Novo » vient vont, se lancer dans l’évangélisation de ce qui deviendra plus tard le diocèse Porto-Novo Kétou excepté. La paroisse de Notre-Dame s’étendait, jusqu’en 1901, aux limites de cette aire géographique. Tout partait de Notre-Dame, la station principale, plus tard la station mère, aujourd’hui et pour toujours le « xwe daxo gbe ». Ainsi Porto-Novo était le foyer de rayonnement d’où partaient les missionnaires pour annoncer la Bonne Nouvelle enseigner dans la foi et les mœurs chrétiennes et baptiser, après avoir pris la peine d’explorer le pays. La création, en 1901, de la paroisse d’Adjarra par le P. Bel, viendra réduire l’étendue de la mission de la « Mission de Porto-Novo ». Adjarra relayera Porto-Novo de temps à autre pour l’évangélisation et la « cura animarum » de ce qui est aujourd’hui le doyenné de Sakété, hormis la paroisse de kétou. L’itinéraire était tout tracé : les pères suivaient le chemin de fer qui conduisait d’Adjarra à Pobè, descendant successivement à gbozoumè, kouti, Banigbé, Lagbé, Fuditi et Pobé

4- L’heure de la fécondité apostolique La paroisse Notre-Dame connut la joie d’être mère en 1937 avec la création de la « mission d’Azowlissè », l’équivalent territorial de l actuel doyenné d’azowlissè. Le P. Dominique Adéyèmie, le premier curé de la circonscription naissante justifie la création en ces termes : « Le district de l’ouémé a été détaché de celui de Porto-Novo en Avril 1937, lorsqu’on se rendit compte de l’intensité de la propagande de cette région ». Mais la jeune paroisse est le fruit des labeurs de plusieurs missionnaires, de la paroisse qui peuvent en revendiquer à juste titre la paternité. Le pionnier de la Mission d’Azowlissè fut le Père Bauzin, dont le nom est plutôt attaché à la paroisse d’Adjarra où passa le plus clair de sa vie missionnaire (1904-1922). Il fut suivi par le père Aupiais et les Pères Fechter et Cleyet-Marel qui venaient tous de Notre-Dame « Mais c’est sous la direction du p. ère Bothuo comme un aboutissement de la vitalité de cette communauté, la plus importante de la vallée. En 1940, naissait la deuxième paroisse fille de Notre-Dame, la paroisse Sainte Anne d’Attakè avec le P. Bothua comme premier curé. Ce fut un gros soulagement pour la paroisse mère qui céda une bonne partie de ses stations secondaires à sa fille. Il s’agit notamment de Aguégué-Donoukpa et de Aggué-Daho, dans la région des Aguégués, de Kraké et Ekpè ( ?) sur l’axe Porto-Novo - Cotonou. Deux ans après, le 23 Août 1942 notre-Dame donnait naissance à une nouvelle paroisse du même nom que sa sœur aînée : la paroisse Anne de Sakété. Elle fut confiée aux soins pastoraux du Père Barotin dont le souvenir est encore vivant dans les cœurs des chrétiens de Sakété. Après ces trois premières filles, Notre-Dame du attendre une dizaine d’années avant de connaître une nouvelle maternité. Entre temps, elle était relaye dans cette fonction par deux de ses filles : Azowlisse et Sakete.

5° Notre Dame, la grand-mère féconde En 1947, la paroisse de Sakete fut scindée en deux donnant le jour a la paroisse sainte Claire de Pobé avec le père Van Leuven. Mais c’est a partir de 1951 que la paroisse va démarrer une fois pour de bon avec le père Gautier 1951 1957, le P. Van Leuven étant parti a la fin de l’année 1948. Djèrègbé, une station de la paroisse Sainte créée la même année, se voyait érigée en paroisse l’année d’après, 1949, avec le Père Huet comme curé. De la paroisse d’Azowlissè naissant en 1950 celle d’Adjohoun avec le père Ayatamey alors vicaire à la paroisse mère. Cinq plus tard fut créée la paroisse Notre-Dame de Dangbo avec le Père Faly, par une deuxième division de la paroisse d’Azowlissè. Mais Notre-Dame, devenue grand-mère depuis 1947, va continuer sa propre maternité en donnant le jour successivement à la paroisse Saint François Xavier (1952) et la paroisse du Sacré-Cœur (1960), toutes paroisses de Porto-Novo, dans les nouveaux quartiers d’alors. De ce qui précède, on peut conclure que la fécondité de la paroisse notre-Dame a été très grande malgré un retard d’environ 73 ans (1864-1967) ; ce retard aucunement préjudice au zèle des missionnaires dont les efforts ne se sont confinés aux limites de la « city state » ou ville royaume de Porto-Novo. Quand, le 14 Septembre 1955, ce qui était devenu le cinq Avril 1954 le Vicariat de Porto-Novo sera érigée en diocèse, la paroisse Notre-Dame comptera quatre filles et quatre petites filles sur les dix paroisses du diocèse nouvellement érigé, elle-même étant la onzième (11eme) 6- Le diocèse de Porto-Novo L’érection d’un vicariat apostolique et celle d’un diocèse à Porto-Novo ont eu curieusement un point commun : la circonscription ecclésiastique était née, mais le pasteur se faisait attendre. Ce n’est que le 15 Mars 1955 que le vicariat reçut un titulaire en la personne de Mgr Parisot ; c’était une nomination qui le confirmait dans la charge d’administrateur apostolique du vicariat de Porto-Novo Tandis que son frère jumeaux du Dahomey d’alors naissait avec la nomination de son évêque, le diocèse de Porto-Novo devait attendre le 6 Juillet 1958 pour avoir son premier évêque en la personne de Mgr Noël Boucheix, nommé en cette date et introniser le 11 Décembre de la même année L’ouvre de cet évêque fut considérable bien que, selon ses propres termes, on lui ait fait avaler beaucoup de couleuvres. Il se montra toujours un pasteur et apôtre zélé que la charge épiscopale n’empêcha pas de s’occuper directement et pendant longtemps, de la région lacustre des Aguégués. Avec lui plusieurs paroisses furent créées : Dékin (1959), Saint André de Banigbé (1959), Sacré-Cœur de Porto-Novo (1960), Saint Hubert de Missérété (1966). On lui doit également la construction du séminaire de Ouando devenu Centre Pastoral St Charles Lwanga depuis la fin de l’année scolaire (1974-1975). Le moment tant attendu du prélat lui-même dans la prière, la souffrance et la solitude, arriva officiellement un matin du mois de janvier 1969 : la démission du premier évêque de Porto-Novo fut acceptée par Rome et publiée dans l’Observatore Romano du 19 Janvier 1969. Mgr B. GANTIN, alors archevêque de Cotonou, lui concéda en qualité d’administrateur apostolique. Durant plus d’un an et demi, Mgr GATIN, la pierre d’angle qui ne laisse jamais vaincre par le mal (Rm 12,21 ) donna aux fidèles, aux prêtres et aux religieuses du diocèse de porto-Novo, la preuve de sa bonté légendaire, de ses qualités d’administrateur et de pasteur, attentif, très attentif au troupeau et à ceux qui le dirigent sous son autorité. Avec lui fut créée canoniquement la paroisse de Hondji, nous sommes en juin 1969. En Janvier de l’année d’après la naissait la deuxième paroisse du bref passage de Mgr B. GANTIN, à la paroisse SS Pierre et Paul de Porto-Novo, hélas, il n’eut pas le temps de faire grand-chose pour les Hollis ! Le 21 Septembre 1970, Porto-Novo recevait des mains de Rome et du maître de la mission , son deuxième évêque en la personne de son Excellence Mgr V. MENSAH. L’administrateur sortant place la nomination et le ministère du nouvel évêque sous le signe de la réconciliation - et pour cause – des cœurs des fils avec le père, et vice versa. La page de se ministère épiscopal est longue et encore ouverte ; il est donc trop tôt pour qu’on se hasarde ici à écrire quoi que ce soit qui friserait un bilan, avec ce qu’il comporte d’humain et de subjectif. Qu’il nous suffise tout simplement de mentionner que l’évêque de Porto-Novo à continué le travail de tout successeur des apôtres qui se respecte, emboîtant notamment le pas à ses prédécesseurs au gouvernail du diocèse de Porto-Novo. C’est ainsi que pour l’extension du règne de Dieu, il fonda très tôt la paroisse d’Affamey et celle de Kessounou en 1971. Les années 1980 verront la création des paroisses d’Ita Djebou dans le doyenné de Sakété, Ekpè et Avrankou dans le doyenné de Porto-Novo ; Cette même ville connut récemment la naissance de sa sixième paroisse avec la création, le 25 199, de la paroisse des Saints martyrs de l’Ouganda de Tokpota, par une division des paroisses de St François Xavier et de Sacré-Cœur. A l’actif de l’évêque de Porto-Novo et le règne de Dieu, il convient de noter les constructions de nombreux presbytères : Notre-Dame, SS Pierre et Paul, Dangbo, Azowlissè, Banigbé, Pobè ; et bientôt Kétou, Adjohoun et Hondji. Les premiers bénéficiaires en sont les prêtres, mais, au terme, c’est la pastorale,et donc l’évangélisation qui y gagne. Dans tous les cas ces œuvres sont occasions de reconnaissances et d’action de grâces comme ces nombreux autres dont le Seigneur a daigné gratifier le diocèse de Porto-Novo depuis 1862 jusqu’à ce jour.

Les merveilles de Dieu à Porto-Novo Des paragraphes précédents évoquant les retards et les longues attentes pour pouvoir le siège de Porto-Novo, en disent long à qui ignorent certaines pages de l’histoire de cette église. Pourtant Porto-Novo ne se réduit pas à ces phases de sa croissance dans la foi et la charité, aussi tristes et déplorables qu’elles aient été. Porto-Novo, quelle que soit l’image ou la renommée qu’il a pu donné de lui-même,est après tout bien-aimé du Seigneur qui l’a gratifié de tant de biens depuis que les missionnaires ont foulé son sol jusqu’à nos jours Déjà en 1864, dans les dernières lignes de son journal, le Père Borghero écrivait à la date du 31 décembre « Actuellement nous avons deux missions fondées régulièrement : Ouidah et Porto-Novo. A Lagos nous avons déjà le terrain et l’opinion très favorable. La mission de Lagos pourrait même se dit fondée. Agoué est dans le même cas. Je cris même que les gens d’Agoués sont très inclinés au christianisme. De tout cela il est permis d’en conclure que l’évangélisation du Golfe de Guinée est une source possible et offrant les plus grands chances de succès » Du fond de sa tombe et d’auprès le Père, le P. Borghero peut se réjouir ; même les fruits ne sont promesse des fleurs, Porto-Novo a pris sa modeste part dans l’évangélisation de notre contrée

C’est la ville de Porto-Novo qui accueillit les premières religieuses sur la terre béninoise en1868, avec ce que cela suppose comme regain d’activités apostoliques. En 1911, naissait à Porto-Novo la congrégation de celles qui sont communément appelées aujourd’hui les sœurs de Calavi. C’étaient quelques jeunes filles, écrivait Mgr Steinmetz en 1913, qui allaient d’abord isolément visiter les nombreuse vieilles femmes païennes de Porto-Novo, leur faire le catéchisme, porter une aumône, donner quelques soins corporels. La similitude de goûts d’occupations les rapprocha. Elles finirent par habiter ensemble dans une maison que la providence mit à leur disposition d’une façon extraordinaire… De grand noms de porto-noviennes marqueront cette nouvelle congrégation, la première congrégation indigène, il s’agit des Sœurs Marie Claire OKOKO, Marguerite-Marie et Julia NOBRE, admirables pour leurs vertus et la sainteté de leur vie Le 15 Août 1928, le diocèse de Porto-Novo offrait à l’Eglise du Bénin son premier prêtre en la personne de celui-là que nous connaissons et vénérons tous, le P. Thomas MOULERO. Il n’est que de lire l’homélie donnée en la circonstance par Mgr Cessou pour se convaincre de l’importance de l’événement pour Dahomey d’alors, et comprendre la légitime fierté de ceux dont il est le fils. Le 26 Juillet 1942 c’était l’ordination, à Porto-Novo, des Pères Manuel SHANU et Michel HOUNGBEDJI ; pour la première fois, au Bénin, alors Dahomey ; deux des fils d’un même diocèse montaient à l’autel du Seigneur, le même jour. En 1948, le 04 avril, on ordonnait pour l’Eglise du Bénin quatre prêtre dont encore deux du même diocèse, Porto-Novo : les Pères Lazare SHANU et Ignace FALY. La première ici, en ce 04 Avril 1948, c’est que l’un des deux, le Père Lazare SHANU, était le deuxième fils prêtre pour ses parents. Le seigneur rééditera cette merveille à plusieurs reprises pour le diocèse de Porto-Novo. Gloire et honneur à Dieu ! Merveilles de la profondeur de foi et de générosité des parents des élus et des communautés dont ils sont issus. En 1952, il fut question de créer un nouveau Vicariat au du Bénin ; Porto-novo, Cotonou et Abomey partaient favoris finalement, deux ans plus, tard le choix sur Porto-Novo, la conférence de Mgr PARISOT. Quel lecteur de la Bible ignore qu’une élection est toujours signe d’amour, gratuit du Seigneur ? EN 1957, ce peuple, reçoit à nouveau la visite du Seigneur ; l’Ordre Cistercien accueille le premier béninois. Il s’agit du P. Manuel SHANU. Le monastère du kokoubou dans le diocèse de Parakou, sait ce que, avec la grâce et la miséricorde de Dieu, les fils de Porto-Novo lui apportent pour son enracinement sur notre terre. Vérité de fait et d’expérience bien de chez nous : la couleur de la jarre n’entame par la blancheur de l’akassa ! Les années 70 et71 seront marquées par deux événements du même genre ; le 14 Novembre 1970, la congrégation de Jésus et Marie (CJM), les Pères Eudistes, accueillaient son premier africain, en la personne du Père Jacob AGOSSOU, du diocèse de Porto-Novo. La sœur Marie Paul DJOGBENOU aussi du diocèse émettait ses vœux perpétuels dans la congrégation des sœurs de la providence du Gap ; c’est le 12 Août 1971. Le 26 Novembre 1988, Mgr. Mensah ordonnait prêtre, dans la cathédrale de Porto-Novo, le frère Richard BRUN pour les Frères de la résurrection. Il est le premier membre du continent pour cet Institut qui en est à ses débuts et dont l’événement catalyseur eut lieu à Porto-Novo En effet, en 1971, un Français, un excellent chrétien, Inspecteur de l’enseignement primaire, perdait son épouse 20 jours après l’arrivée de celle-ci à Porto-Novo. La tragique épreuve du veuvage inocula à Monsieur CROSSON, et fertilisa en lui le germe de la création d’une communauté monastique religieuse pour veufs : les frères de la Résurrection. Un des collaborateurs de Monsieur Crosson, avant le décès de son épouse était un béninois de l’enseignement, Richard Brun. Ce dernier devint veuf en 1976, cinq ans après son ami. « Cette conjugaison des voies dans l’épreuve décida de la jonction du cheminement. Richard Brun fit son entrée, en 1982, dans la congrégation fondée par Monsieur Crosson » Toutes ces délicatesses du Seigneur sont motifs de fierté et gratitude pour l’église de Porto-Novo. L’accroissement des vocations sacerdotales ces dernières années en est un autre. En 1982, dans le numéro 7 du 30 Juillet du bulletin diocésain Eglise de Porto-Novo, a été publié, à la page 22, un tableau sur l’effectif des séminaristes de Parakou au 1er Février 1982. Le tableau est publié sous le titre suivant : Pour nous aider à réfléchir. Sur les 57 séminaristes que comptaient le séminaire, seuls 1O étaient du diocèse de Porto-Novo. Aujourd’hui, il y a des raisons d’augurer d’un avenir meilleur pour ce qui est des vocations sacerdotales. Rendons grâce à Dieu qui continue discrètement son œuvre parmi nous et en nous, en infatigable potier qui ne cesse de reprendre son œuvre jusqu’à pleine satisfaction.

CONCLUSION

C’est du reste à cette action de grâce que la descente dans le passé du diocèse de Porto-Novo m’a poussé ; c’est à cela que je voudrais, pour terminer, inviter ceux qui connaissent mieux que moi ce passé ; ceux sur qui il pèse d’une manière ou d’une autre ; ceux qui en sont les héritiers et qui doivent le transformer dans la foi et la charité. Il s’agit pour les fils et les filles de ce diocèse, « brebis » et « pasteurs » à tous les niveaux, d’entrer dans cette action de grâce de façon existentielle. C’est la seule manière d’être effectivement reconnaissant envers le maître de tout bien ; c’est également le seul moyen de relever le défi de notre histoire, en ses pages les meilleures comme les pires, conservées dans les archives de la propagande, des pères des Missions Africaines de Lyon, mais surtout dans les cœurs des propagandistes vivants comme dans le silence tombal des dernières demeures de ceux qui nous ont déjà précédés auprès du Père riche en miséricorde ; c’est enfin la voie sure pour envisager dans la foi, la confiance et l’abandon, l’avenir en ce qu’il regorge d’incertitudes, tout simplement parce qu’il nous échappe et ne nous appartient pas. Pour l’heure, en fonction du passé et en vue du futur, ne faudrait-il pas nous mobiliser autour des idéaux dans lesquels les pères de diocèse a quelque titre que ce soit : ont voulu engager leur propre ministère pastoral, et indirectement tout le peuple dont ils ont la responsabilité ! Evangelizare pauperibus (annoncer l’Evangile aux pauvre) : ces mots qui figurent dans les armoiries du premier archevêque de Cotonou et premier administrateur apostolique du diocèse de Porto-Novo sont encore d’actualité. Des projet sont en cours pour ériger des paroisses dans les zones comme Aguégué,idgny et toute la région Holli Mais au delà des considérations sur les paroisses qu’on pourrait ici et là, c’est l’Islam qui aujourd’hui plus que jamais, avec le foisonnement des sectes qui prennent d’assaut les rues de nos villes, les sentiers de nos campagnes et de nos villages, fait de l’évangélisation une tache urgente pour le peuple de Dieu qui est à Porto-Novo. Cela exige que laïcs et ministre ordonnés se mettent au travail dans le seul but de servir comme le dit la devise du cardinal GANTIN ancien administrateur du diocèse de Porto-Novo « in tuo sancto servitio », « à ton saint service ». C’est la seule manière de se mettre au service de l’Evangile et des hommes Ce ministère de sainteté n’est q’un service de l’unité et de l’amour. Ce qu’exprimait la devise du premier « évêque de Porto-Novo Mgr BOUCHEIX « major est caritas » ( l’ Amour est le plus grand ) et que poursuit admirablement son successeur Mgr MENSAH. « Veritatem facietes in carièate » (faire la vérité dans la charité). Mgr MENSAH s’en expliquait lui-même il y a 25 ans : « le message que je leur (ses diocésains) je leur adresse est celui des armoiries : que notre rencontre et notre vie ensemble soit un témoignage de la vérité exprimée dans une charité active ». Enfin, s’il est une référence qui invite toujours le diocèse à la réflexion, c’est Marie donc le nom est la présence l’on marquée dès le départ : première messe solennelle d’inauguration de la Mission de Porto-Novo le 15 Août 1864, en la fête de l’Assomption, (dès 1865, à Porto-Novo une neuvaine précédait la fête du 8 Décembre) ;ordination du premier fils du diocèse un 15 Août ; consécration de l’Eglise cathédrale dédier à l’Immaculée Conception, un 15 août également. Premiers vœux des premières religieuses de la congrégation diocésaine un 25 Mars, fête de l’Annonciation ; l’ordination épiscopale du premier fils du diocèse un autre 25 Mars. Un diocèse tout marial ! Que ses fils et filles relisent leurs histoire et les événement dans la foi, à l’instar de leur Mère : « Quant à Marie, elle retenait tous ces événement et les méditait dans son cœur (Lc 2,19)

Abbé M. Adéniran ADEKAMBI Grand Séminaire Ouidah

VISITES PASTORALES, UN TREMPLIN POUR L’EVANGELISATION « Je suis le bon Pasteur ; je connaît mes brebis et mes brebis connaissent » (Jn10, 14). Pour atteindre un tel idéal, il est indispensable d’écouter et d’être écouté. Les pastorales que les communautés chrétiennes de Porto-Novo ont vécu depuis 1970 s’inscrivent dans ce cadre. Selon un programme bien précis, Mgr V. MENSAH, notre évêque, rend régulièrement visite à sept ou huit paroisses par an. Ainsi, au terme d’un cycle de trois ans la portion d’Eglise que constitue Porto-Novo est entièrement couverte. En entrant en contact avec le troupeau à ses soins, aucun village, même d’accès très difficile n’est laissé pour compte. Que ce soit Gbéko dans la vallée de l’Ouémé ou Dogo, Igbo Igana dans le secteur Yoruba… Tous expérimentent la sollicitude paternelle de leur pasteur. Refusant tout caractère solennel le pèlerin de Dieu voit dans ces sorties n’ont pas des occasions de fête mais plutôt des moments privilégiés de réflexion en profondeur sur la situation actuelle des paroisses en vue de leur donner un nouvel essor. (cf Eglise de Porto-Novo 1976)

Le Sacerdoce de Jésus-Christ

Message de L’ADMINISTRATEUR APOSTOLIQUE

Mgr Jean Benoit GNAMBODE

AUX PRETRES, RELIGIEUX, RELIGIEUSES,

SEMINARISTES, FIDELES CHRETIENS,

ET HOMMES DE BONNE VOLONTE

1. Le sacerdoce de Jésus-Christ, don de l’Amour de son Cœur Sacré, est spécialement honoré et célébré, dans notre diocèse au mois d’Août, à l’occasion de la solennité de l’Assomption, notre fête diocésaine. Depuis qu’en cette fête mémorable de l’an de grâce 1928, notre pays accueillit son premier prêtre, fils de notre diocèse, en la personne de Feu Père Thomas D. MOULERO, Dieu n’a cessé de faire don, à notre Eglise, des ministres sacrés pour gouverner, enseigner et sanctifier son peuple. Cette année encore, nous accueillons dans le presbyterium diocésain14 prêtres qui reçoivent leur consécration des mains du nouveau Nonce Apostolique près le Bénin et le Togo, Mgr Brian UDAIGWE.

Comment ne pas évoquer ici ma propre action de grâce et reconnaissance à Dieu (11 Août 1973) et celle de mon frère, Père André DESSOU (1er Septembre 1973), pour 40 ans de vie sacerdotale ! Dieu est merveilleux qui, en son Fils Jésus-Christ, s’est donné à notre humanité pour lui rendre sa dignité à travers le mystère de sa mort et de sa résurrection renouvelé dans chaque célébration eucharistique par le ministère sacré du prêtre. En rendant grâce à Dieu de ce qu’Il a fait de nous pour notre Eglise et notre pays, je voudrais profiter de notre fête diocésaine de cette Année de la Foi pour nous proposer une méditation sur le sacerdoce de Jésus-Christ, dans les circonstances actuelles.

2. A l’occasion de mes précédents messages, j’ai souvent eu une adresse particulière à mes frères dans le sacerdoce, nous rappelant que « la croix est le chemin incontournable de la suite du Christ » qui nous appelle à être « responsables du devenir de notre culture » , à l’école de Marie qui doit plus que jamais nous « servir de pédagogie pour annoncer l’Evangile aux hommes d’aujourd’hui. »

C’est là un programme de vie de prêtre qui appelle de notre être des exigences de foi radicale au Christ à qui l’ordination sacerdotale configure tout prêtre catholique que son Eglise envoie pour une mission qui s’inscrit toujours dans la mission des Apôtres. Je veux donc insister sur le caractère ontologique de la configuration du prêtre à Jésus-Christ, Souverain Prêtre et sur le caractère apostolique de la mission.

3. Dans l’Epître aux Hébreux, nous avons une lumière resplendissante sur la nature du sacerdoce de Jésus-Christ. Tout est, en effet, référé à Jésus-Christ, Souverain Prêtre : il est « le Grand Prêtre » . Jean-Jacques Olier, fondateur de la Compagnie des Prêtres de Saint Sulpice, réfléchissant sur le mystère du Sacerdoce, notamment la configuration du prêtre au Souverain Prêtre Jésus-Christ, écrivit ceci : « Il n’y a que l’Esprit de Dieu qui puisse rendre Jésus-Christ présent sur les autels. Il n’y a que la personne de Jésus-Christ qui, avec le Père puisse envoyer le Saint Esprit, le donner à l’Eglise et produire la grâce dans les cœurs. Il n’y a que la personne de Jésus-Christ qui puisse remettre les péchés. En un mot, Jésus-Christ seul peut faire dans le prêtre et par le prêtre ce que le prêtre fait tous les jours dans l’Eglise. » La foi du prêtre en ce que Dieu a fait de lui est donc foi au Christ dont la puissance se révèle dans la faiblesse et la fragilité de l’être humain. Il est peut-être intéressant de recueillir de la vie de l’Apôtre Pierre la transformation intérieure de foi qui l’a préparé à sa mission.

• A Césarée de Philippe, alors qu’il vient de déclarer ce qu’il croit de la personne de Jésus, « tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » , il s’entend dire par Jésus : « Heureux es-tu Simon, fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux » … La foi du prêtre comme connaissance de Jésus-Christ est don de Dieu.

• Après le discours sur le pain de vie, alors que « beaucoup de ses disciples se retirèrent et n’allaient plus avec lui » , les Douze, eux, restent auprès du Maître qui leur demande : « voulez-vous partir vous aussi ? » et Simon-Pierre répond ; « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous, nous croyons et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu » … La foi du prêtre doit être attachement indéfectible au Christ. Car entre connaissance de foi et connaissance d’amour il y a un lien indivisible qui donne à voir que la foi naît de l’amour, ainsi que nous pouvons le comprendre dans la première lettre encyclique du Pape François.

• Après l’épreuve de la passion qui fut épreuve personnelle de foi pour Pierre (« Non, cela ne t’arrivera pas » , « non je ne connais pas cet homme » ), Pierre trouve les ressources de manifester la vérité de son amour à Jésus qui lui demande par trois fois : « Pierre, m’aimes-tu ? » Il répond : « Seigneur tu sais tout, tu sais bien que je t’aime » … La foi du prêtre est vie d’union au Christ dont la grâce de la miséricorde est source de renouvellement entier de sa personne pour la mission.

4. En effet, le prêtre est un homme apostolique, un être envoyé, comme l’ont été les Apôtres, pour actualiser la mission du Christ : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » . Configuré au Christ dans et par l’Esprit, le prêtre poursuit la mission du Christ qui est de sauver les hommes en les conduisant vers la connaissance de la vérité : « voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu notre Sauveur, lui qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. »

Pour accomplir cette mission, le prêtre n’a d’autres ressources que celles de son être-prêtre. C’est ce qu’il est ontologiquement qui rend possible sa mission apostolique. C’est pourquoi je voudrais me référer ici essentiellement, et encore, à l’Epître aux Hébreux, pour souligner deux termes très significatifs que l’auteur sacré associe au titre de « Grand Prêtre » qu’il attribue au Christ : « miséricordieux et digne de foi ». Ces deux qualificatifs ne se rapportent pas à deux vertus individuelles, comme seraient par exemple le courage, la patience, la prudence, mais ils concernent, tous les deux, les relations entre les personnes. Pour cette raison, ils désignent vraiment deux qualités sacerdotales, nécessaires pour exercer la médiation sacerdotale entre les hommes et Dieu.

• « Digne de foi » concerne la capacité de mettre le peuple en relation avec Dieu.

• « Miséricordieux » exprime la capacité de la compréhension et d’aide fraternelle pour les hommes qui en ont tellement besoin. Ce qui est fondamental pour la médiation sacerdotale est l’union de ces deux capacités de relation, « digne de foi » et « miséricordieux ».

Chers frères dans le sacerdoce, en cette Année de la Foi, en contemplant la grandeur du don que Dieu nous a fait, convainquons-nous que la crédibilité des ministres sacrés que nous sommes tient fondamentalement à ceci que nous soyons remplis de foi, vivant dans la foi et de la foi, « portant partout et toujours, en notre corps, les souffrances de mort de Jésus » . A cette condition, nous pourrons vraiment transmettre la Parole de Dieu : « j’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé. »

5. Mais notre responsabilité de prêtres ne se limite pas aux tâches immédiates visibles d’édification du Corps du Christ. De la même manière que la mission du prêtre s’enracine dans la mission première du Christ et la mission reçue des Apôtres, elle s’étend à la mission future dont le Christ porte la préoccupation : « la moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. » Comme à des hommes de prière ‘Yèxwenon’, c’est à nous, prêtres, que le Christ demande de prier pour que le Père envoie des ouvriers à sa moisson. Nous comprenons quelle doit être notre grande préoccupation pour la pastorale des vocations dans notre diocèse. Les statistiques révèlent, malheureusement, une tendance baissière des effectifs de séminaristes. C’est pourquoi, à l’occasion de ce message, je demande à chaque prêtre de soigner l’impact que son être est appelé à avoir sur les enfants et les jeunes à qui Dieu fait toujours des signes par nous. Le Concile Vatican II nous a bien notifié les contours de notre responsabilité en déclarant que « tous les prêtres feront preuve du plus grand zèle apostolique pour cultiver les vocations, et ils attireront vers le sacerdoce les âmes des jeunes par leur vie personnelle humble, laborieuse, vécue d’un cœur joyeux, par des rapports mutuels empreints de charité sacerdotale ainsi que par une coopération fraternelle. » Nos évêques Mgr BOUCHEIX, SMA, 1er évêque de Porto – Novo, Mgr MENSAH, Mgr AGBOTON, Mgr EHOUZOU ont considéré la question des vocations comme la « prunelle de leurs yeux ». C’est ici le lieu de leur rendre hommage. Nous continuons de moissonner, aujourd’hui, le fruit de leur labeur. Je souhaite que, dans un esprit de reconnaissance et de devoir ecclésial, les Curés et Administrateurs paroissiaux animent, mieux encore, les Groupes des aspirants et aspirantes, et encouragent les Associations de prière et d’aide pour les vocations. En œuvrant à éveiller chez plusieurs enfants et jeunes le désir de se consacrer au Seigneur dans le sacerdoce, ouvrons leur cœur à la générosité, au don de soi par le sacrifice de nous-mêmes, dans une loyauté parfaite et dans un esprit de désintéressement absolu. Nous devons pouvoir dire comme Saint Paul : « Nous ne sommes pas comme la plupart qui trafiquent la Parole de Dieu ; non, c’est en hommes sincères, c’est en envoyés de Dieu que, devant Dieu, nous parlons dans le Christ » .

6. Les événements graves et tristes de déviations sectaires que connaît notre Eglise, depuis peu, plongent leurs racines dans le goût du lucre, l’attachement à la gloire vaine de ce monde et le refus de l’obéissance. Il s’agit là du chemin inverse de celui emprunté par Notre Seigneur et Sauveur à qui l’ordination nous configure. En effet, « Jésus-Christ, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant la condition d’esclave et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort et à la mort sur une croix. »

Notre diocèse, avec l’aide de tous les fidèles chrétiens, devra s’attacher à soigner chez les futurs prêtres l’esprit de l’obéissance filiale et du détachement. Nous en avons des modèles : Père Thomas MOULERO et Père Dominique ADEYEMI pour ne citer que ceux-là. Ce n’est jamais donné ou gagné d’avance. C’est le fruit d’une « formation limpide et forte à la liberté qui prend les traits d’une obéissance convaincue et cordiale à la ‘vérité’ de son être propre, au ‘sens’ de son existence, c’est-à-dire au don sincère de soi, comme route et contenu fondamental de l’authentique réalisation de soi ». De cette formation, la spiritualité occupe le cœur, pour unifier et vivifier l’être et l’agir du futur prêtre. Notre responsabilité est grande et nous ne devons pas faillir dans le discernement.

Ma longue expérience au service de la formation des prêtres me permet de dire aujourd’hui qu’il nous faut éprouver les candidats , par un temps sérieux d’épreuves permettant de s’assurer de leur vie et de leur doctrine. En évoquant, tantôt, l’aide de tous les fidèles chrétiens, je veux préciser que cette aide passe spécialement par la famille. En effet, chaque famille est une école du Christ, un sanctuaire pour l’apprentissage de l’amour, de l’écoute, de l’obéissance et de la vraie liberté. Les enfants et les jeunes doivent découvrir, en famille, le mystère de l’Amour de Dieu. Jean-Paul II soulignait, à ce sujet en 1981, la responsabilité des parents : « Il faut que, par la parole et par l’exemple, les parents soient pour leurs enfants les premiers hérauts de la foi au service de la vocation propre de chacun et tout spécialement de la vocation sacrée. » L’avenir de notre Eglise et de notre société dépend de la qualité de nos familles.

7. Chers confrères, nous-mêmes devons vivre continuellement dans le combat spirituel. N’arrêtons pas de nous exercer. Exerçons-nous par le renoncement, la discipline de soi, l’esprit de sacrifice, l’ascèse, la maîtrise des passions, la formation de la volonté. C’est cet entraînement qui fait vivre et exercer le ministère sacerdotal selon le désir de Dieu. Car configurés au Christ Prêtre, nous sommes configurés au « Serviteur souffrant de Dieu ». Il sera impossible de séparer l’existence du prêtre, la Parole de Dieu et les Sacrements. Aussi voudrais-je, dans la ligne de nos exercices spirituels, nous engager à raviver en nous les bienfaits de la Direction Spirituelle. Le Bienheureux Pape Jean-Paul II disait « qu’elle conserve une importance bénéfique à tout âge de la vie quand, aux lumières et à la charité d’un conseiller pieux et prudent, nous demandons la vérification de notre rectitude ainsi que le réconfort dans l’accomplissement généreux de nos devoirs. »

8. Enfin, je nous recommande à la Vierge Marie, elle que nous appelons notre « Avocate ». Notre vision de l’intercession mariale ne doit pas, cependant, être superficielle. Car la Vierge Marie ne fait pas qu’intercéder sans cesse en notre faveur ; elle nous précède en tout. Sa fonction d’avocate n’est pas que juridique ; elle est ontologique parce que, en Marie, grâce au mystère incomparable de l’Immaculée, quelque chose commence qui s’achève au-delà d’elle-même et ce qui se fait avec son aide reçoit de Dieu son total accomplissement. Dans mon message « A l’Ecole de Marie », j’ai montré comment, dans le miracle de Cana, la foi de Marie précède le signe de son Fils. Marie, en devançant l’ « heure » de Jésus, a devancé aussi les hommes, prenant fait et cause pour eux. A travers cet événement, le Christ a révélé son mystère de Dieu ; et voilà pourquoi les disciples ont cru. Désormais les hommes s’adressent au Fils de Dieu parce que Marie, la première de tous, a parlé.

Nous sommes les fils de prédilection de Marie. Nous sommes configurés, par l’ordination, à son Fils, Unique et Souverain Prêtre. Comme Jésus l’a écoutée pour faire advenir son « heure », à Cana, apprenons aussi à écouter Marie. Dans l’ordre de la grâce, elle précède tous les hommes, non seulement dans l’accueil des dons de Dieu, mais aussi dans la distribution de ces dons ; elle sait bien ouvrir des chemins nouveaux aux œuvres de l’Esprit dans l’homme. Je puis dire que la Vierge Marie a besoin des prêtres d’aujourd’hui pour sa mission d’avocate en faveur de nos frères et sœurs.

Prions-la à tout instant pour nous-mêmes. Faisons prier la Vierge Marie pour les prêtres en reprenant cette prière de notre Bienheureux Pape Jean-Paul II :

Marie, Mère de Jésus-Christ et Mère des prêtres, Reçois ce titre que nous te donnons pour célébrer ta maternité Et contempler près de toi le Sacerdoce de ton Fils et de tes fils, Sainte Mère de Dieu !

Mère du Christ, Tu as donné au Messie Prêtre son corps de chair Par l’onction de l’Esprit Saint Pour le salut des pauvres et des hommes au cœur contrit, Garde les prêtres dans ton cœur et dans l’Eglise, Mère du Sauveur !

Mère de la foi, Tu as accompagné au Temple le Fils de l’homme, Accomplissant des promesses faites à nos pères, Confie au Père, pour sa gloire, les prêtres de ton Fils, Arche de l’Alliance !

Mère de l’Eglise, Au Cénacle, parmi les Disciples, Tu priais l’Esprit Pour le Peuple nouveau et ses Pasteurs, Obtiens à l’ordre des prêtres la plénitude des dons, Reine des Apôtres !

Mère de Jésus-Christ, Tu étais avec Lui au début de sa vie et de sa mission, Tu l’as cherché, Maître par mi la foule, Tu l’as assisté, élevé de terre, Consommé pour le sacrifice unique et éternel, Et tu avais près de toi Jean, ton fils, Accueille les appelés du Seigneur, Lors de leurs premiers pas sur leur chemin, Protège leur croissance, Accompagne dans la vie et dans le ministère ceux qui sont tes fils, Ô toi, Mère des prêtres ! Amen !

Porto-Novo, le 10 Août 2013

En la fête de Saint Laurent, diacre et martyr,

En ce 40ème anniversaire de notre ordination presbytérale

Père Jean-Benoît GNAMBODE,

Administrateur Apostolique du Diocèse de Porto-Novo

N

La Grâce de Dieu

M E S S A G E de L’ADMINISTRATEUR APOSTOLIQUE

AUX PRETRES, RELIGIEUX, RELIGIEUSES, FIDELES CHRETIENS

ET AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE

1. La grâce de Dieu qui, à notre baptême, fait de nous ses enfants, est toujours à l’œuvre dans notre croissance, dans l’Église du Christ. Son action montre toute son efficacité non seulement dans les sacrements, mais aussi dans le temps que nous vivons, notamment les moments privilégiés de notre marche chrétienne comme le temps de l’Avent.

Vous comprenez alors que je puisse saisir l’occasion de notre entrée dans ce temps de grâce de l’Avent 2012 pour m’adresser à vous et vous saluer dans la foi qui nous unit au Christ et dans la même espérance en notre Dieu dont les œuvres de merveille se renouvellent toujours, car Il est Amour.

2. C’est ce Dieu, le même hier, aujourd’hui et toujours, qui a inspiré à notre bien-aimé Pape Benoît XVI de proposer à l’Église universelle une Année de la Foi, du 11 Octobre 2012 au 24 Novembre 2013, pour que, nous convertissant authentiquement au Seigneur, nous mettions en lumière de façon toujours plus évidente « la joie et l’enthousiasme renouvelé de la rencontre avec le Christ. »

Pour nous, chrétiens d’Afrique, l’invitation du Pape sonne comme un prolongement de l’Exhortation Apostolique post-synodale Africae munus où le Saint Père nous engageait à une authentique conversion lorsqu’il affirmait que, « par la grâce de leur baptême, les chrétiens sont invités à renoncer aux tendances nocives dominantes de leur époque et de leur milieu et à aller à contre-courant » . Nous nous souvenons également que, sur la même problématique, Mgr Antoine GANYE, archevêque de Cotonou et Président de la Conférence Episcopale du Bénin, dans sa lettre pastorale « l’amour du Christ nous presse » a peint la situation de la foi dans notre pays en ces termes : « Le peuple auquel notre message de la foi est destiné est pris souvent dans des épreuves de vie où il ne semble pas trouver du côté de l’Église un langage approprié à sa situation. Désemparé, il se tourne souvent vers les pratiques traditionnelles ou il se laisse prendre au piège des nombreux marchands d’illusion qui lui proposent leurs recettes miracles. »

L’Année de la Foi est donc la bienvenue pour recueillir les orientations de Africae munus, les approfondir et les monnayer dans notre vie quotidienne. Pour Benoît XVI, en effet, « la contribution des chrétiens, en Afrique, ne sera décisive que si l’intelligence de la foi aboutit à l’intelligence de la réalité. Et pour cela, l’éducation à la foi est indispensable » . Notre diocèse de Porto-Novo, accueillant fidèlement cette injonction, a choisi, en étroite ligne avec le Motu Proprio Porta Fidei, comme thème de son année pastorale 2012-2013 : Enracinés dans la Parole de Dieu, et à l’école de Marie, vivons notre foi chrétienne catholique.

Souffrez, chers frères dans le Sacerdoce, et chers fils et filles de Dieu, que je souligne ici, à partir de ce thème, l’importance, au quotidien, de la Parole de Dieu et la place de la Vierge Marie dans notre vie de foi.

3. Le Pape Benoît XVI n’a eu de cesse, depuis son accession au trône de Saint Pierre, de nous rappeler que c’est seulement la Parole de Dieu qui fait de ceux et celles qui en vivent d’authentiques témoins de Dieu. Cette conviction transparaît dans tous ses écrits et il a même consacré à la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église un Synode pour rappeler l’impérieux devoir du disciple à écouter le Christ qui appelle à travers sa Parole. C’est ainsi que dans l’Exhortation Apostolique post-synodale Verbum Domini , il affirme avec force que « l’Église est fondée sur la Parole de Dieu, elle en naît et en vit ».

A la suite du Saint Père et comme on peut le lire notamment dans Porta Fidei, je voudrais réaffirmer la nécessité pour chacun d’entre nous de découvrir dans les Saintes Ecritures la Source et le Lieu de l’approfondissement de la Foi. La lecture, l’écoute, la méditation de la Parole de Dieu donnent au chrétien d’asseoir sa vie sur le Roc qu’est le Christ et d’avoir un Guide sûr dans le discernement quotidien qu’exige chacune de ses décisions. Dans la foi, et au cœur de nos souffrances, accueillons la Parole du Christ : « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole venant de la bouche de Dieu. »

Dans nos familles et communautés chrétiennes, que ce temps de l’Avent soit un moment de grâce, d’écoute et de méditation de la Parole de Dieu, quotidiennement. Car « la foi découle du fait d’écouter la Parole de Dieu. » Les efforts entrepris par les différents groupes de traduction des textes liturgiques dans notre diocèse ont favorisé l’accès d’un plus grand nombre à la compréhension des Saintes Écritures. Grâce aux textes sacrés publiés aussi par l’Alliance Biblique du Bénin, nombre de nos fidèles découvrent la solidité d’une foi nourrie par la Parole de Dieu. Le temps est plus que jamais venu, pour nous, d’aller plus loin dans les traductions, l’alphabétisation dans nos langues et les séances de partage d’Evangile entre chrétiens, dans les communautés de base, sous la conduite éclairée des prêtres. C’est alors que la foi de chaque croyant sera une réponse effective et personnelle à la Parole de Dieu. C’est cet enracinement dans la Parole de Dieu qui favorise « l’obéissance de la foi » chez le chrétien et je souhaite que nous y progressions tous, à l’école de Marie, notre Mère.

4. Mère de tous les croyants, Marie est pour le Chrétien un modèle de Foi et de persévérance. Dans les incompréhensions, difficultés et souffrances qui ont pu jalonner sa vie de Mère, et jusqu’au Golgotha, elle a cru en la Parole de Dieu et lui est restée fidèle, gardant et méditant tout dans son cœur . C’est donc avec la Vierge que chacun de nous peut et doit apprendre à cheminer comme chrétien, comme témoin du Christ, capable de s’investir dans l’œuvre de l’évangélisation.

Notre diocèse a l’heureuse habitude, depuis maintenant plus de 50 ans, d’une dévotion collective et personnelle à la Vierge Marie, notamment à Maria-Tokpa. Ce grand lieu de prière, après tous les soins que chacun de nos Pères dans la Foi lui a donné, mérite toujours que nous lui consacrions une attention particulière. Ensemble, nous nous investirons à le réaménager afin que nous y vivions mieux nos grands rassemblements de pèlerinage diocésain. La présence régulière de prêtres pour l’écoute et l’accompagnement des pèlerins individuels favorisera, j’en suis convaincu, un meilleur apprentissage de l’esprit de Foi de Marie. Pour tout cela, la prière et le don de chacun sont requis, et nous croyons que la Vierge qui sait présenter nos besoins à Jésus, son Fils, nous obtiendra aussi la force de pouvoir accomplir toute œuvre à la Gloire de Dieu : « Faites tout ce qu’il vous dira » .

5. Le Concile Vatican II dont nous célébrons le jubilé d’or, rappelle en effet, combien fut grand le mérite de la Bienheureuse Vierge Marie : « (…) gardant fidèlement l’union avec son Fils jusqu’à la croix où, non sans un dessein divin, elle était debout , souffrant cruellement avec son Fils unique, associée d’un cœur maternel à son sacrifice, donnant à l’immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour, pour être, enfin, par le même Christ Jésus mourant sur la croix, donnée comme sa Mère au disciple » . C’est donc à juste titre que nous l’invoquons comme Notre-Dame des douleurs, l’implorant de nous accompagner sur nos chemins de croix. C’est à elle, sous ce vocable de Notre-Dame des douleurs, qu’est dédicacée l’une des deux chapelles érigées dans notre Centre de Chemin de Croix de Gbodjè.

Notre Père évêque défunt, Mgr René-Marie EHOUZOU, dans ce haut lieu de spiritualité, nous a adressé par courrier, le 14 Septembre dernier, un message officiel qu’il convient de considérer maintenant comme son testament spirituel, dans lequel, prenant lui-même la pleine mesure de l’immensité de l’amour du Christ qui a souffert et qui est mort et ressuscité pour nous, a demandé que nous prions pour lui afin qu’il unisse mieux ses souffrances à celles du Christ pour la sanctification de notre Église et de chacun de ses fils et filles.

6. Chers frères dans le Sacerdoce, il y a une grâce d’état que l’on reçoit avec l’appel à entrer dans le mystère de la croix et à donner sa vie. La croix est le chemin incontournable de la suite du Christ. Quelles que soient les modalités selon lesquelles elle s’offre à nous, elle est le moyen de la communion avec Jésus dans un don réciproque. C’est sûrement dans cette ligne que nous est proposé depuis maintenant une dizaine d’années d’aller vivre nos temps de récollection au Centre de Chemin de Croix à Gbodjè.

En ce lieu, je souhaite que les sacrifices auxquels consentent les institutions, les doyennés, les paroisses, les hommes de bonne volonté se poursuivent afin que l’Évangile de la Passion du Christ soit lu dans l’art de la représentation matérielle pour mieux toucher notre sensibilité et éveiller notre spiritualité ; et que nous envisagions d’y bâtir également des infrastructures qui nous attirent à y passer de longs moments de prière. Car c’est dans la prière que le chrétien comprend et dépasse le scandale du mal et de la souffrance ; prière à Jésus souffrant, prière à Marie, Notre- Dame des douleurs. Et la véritable prière qui guérit est celle-là qui fait du pardon reçu de Dieu et du pardon offert au prochain le chemin de la purification et de la sanctification. C’est pourquoi Jésus peut nous enseigner solennellement : « Quand donc tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse-là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande. » Dans l’Exhortation Apostolique post-synodale Africae munus , le Pape Benoît XVI a souligné à propos du pardon et de la réconciliation que « c’est la grâce de Dieu qui nous donne un cœur nouveau et qui nous réconcilie avec lui et avec nos frères » .C’est Lui l’origine de la force qui nous porte vers le prochain pour faire de nous, comme le dit admirablement Saint Paul, des « ambassadeurs de la réconciliation » de Dieu. Je souhaite que les sacrements de réconciliation qu’organiseront les doyennés, en ce temps de l’Avent 2012, soient aussi des temps de grâce, pour notre renouvellement à la source intarissable de la Miséricorde de Dieu, afin que nos familles, nos communautés sacerdotales, religieuses et ecclésiales, nos associations et aumôneries vivent Noël et en éprouvent une joie profonde et durable.

7. En vérité, lorsque la vie du croyant se renouvelle ainsi à la source du pardon, elle croît ; et son témoignage devient crédible. Nous ne devons jamais l’oublier, si notre être chrétien est né de la Passion-Mort-Résurrection du Christ, ce qui nous donne de grandir, c’est la grâce qui naît de la qualité de notre foi au don de Jésus qui se renouvelle dans le Saint Sacrifice de la Messe. Comme dit le Saint Père, « notre foi grandit et se renforce seulement en croyant » . C’est en approfondissant notre foi, une foi convenablement célébrée dans la liturgie, que nous faisons vraiment œuvre de théologie, autrement dit, que notre vie dit Dieu de façon authentique et crédible.

C’est là le chemin que nous trace le Saint Père quand il nous engage, dans Africae munus, à une éducation de la Foi. Le contenu de cette éducation est tout donné dans le Catéchisme de l’Église Catholique dont nous célébrons, en cette année de la foi, le 20ème anniversaire de la publication par le Bienheureux Pape Jean-Paul II. Chacun des articles de notre CREDO y est expliqué et nous pouvons en comprendre l’enracinement dans les Saintes Écritures de même que le développement théologique qui en a été fait à travers l’histoire de notre Église. Je recommande à tous les catéchistes de participer activement à toutes les formations organisées à leur intention et aux jeunes de vivre pleinement les moments de récollection qui leur seront proposés au cours de cette année. Que tous, nous avancions avec courage, en nous laissant dire par le Christ, comme à ses Apôtres, « n’ayez pas peur ! »

8. Si « la foi grandit et se renforce en croyant », retenons également que « la foi sans la charité ne porte pas de fruit » . Il s’agit d’abord et avant tout de la charité vécue comme vertu théologale, dont la force est en Dieu qui nous a aimés le premier. C’est en réponse à son amour que nous devons l’aimer, Lui, de « tout notre cœur, de toute notre force, de toute notre âme et de toute notre intelligence » et aimer le prochain comme nous-mêmes. Notre amour pour le prochain s’inspire, lui aussi, de l’amour et de l’attention du Christ pour chacun, particulièrement pour les pauvres, dans leurs besoins matériels, culturels et spirituels.

En méditant Mathieu 25,31-46, nous pouvons nous rendre compte, encore aujourd’hui, que les pauvres nous sont confiés et que, sur cette responsabilité, Dieu nous jugera. La visite du Cardinal Robert SARAH, Président du Conseil Pontifical Cor Unum, au Liban du 7 au 10 novembre 2012, comme envoyé spécial du Pape Benoît XVI, pour manifester la charité de l’Église catholique au peuple syrien est une indication pour nous de la nécessité d’ouvrir nos cœurs à la souffrance de tout homme. C’est là une dimension de la mission qui caractérise la foi catholique que nous professons. Et le Pape Benoit XVI lui-même, dès les premières pages de l’encyclique Caritas in veritate, avait déjà souligné que « la charité est la voie maîtresse de la doctrine sociale de l’Église. Toute responsabilité et tout engagement définis par cette doctrine sont imprégnés de l’amour qui, selon l’enseignement du Christ, est la synthèse de toute la Loi »

Il me paraît alors urgent que nos Communautés se réorganisent, se restructurent pour trouver le minimum qui nous permette, toujours, d’être d’authentiques témoins du Christ par la charité. L’un des aspects de la restructuration à laquelle je nous invite est la création et l’installation d’un Comité pour les Affaires Économiques dans toutes les communautés paroissiales de notre diocèse, ainsi que le stipule le canon 537 du Code de Droit Canonique et que le recommande le Saint Père dans Africae munus . Le grand intérêt que nous tirerons de la bonne administration des biens de nos paroisses et institutions est la solidarité qui doit exister entre tous les agents pastoraux (prêtres, religieux et religieuses), partout où ils se trouvent, pour leur subsistance et leur juste rémunération.

C’est le lieu de féliciter et d’encourager la belle pratique dénommée « Pain de Monseigneur » qui a cours dans notre diocèse. Je vous exhorte donc à l’intensifier en gardant toujours à l’esprit, qu’au-delà de la modestie de l’image choisie, cette opération contribuera à soutenir financièrement :

-  Les prêtres et les religieuses envoyés en mission pastorale ou d’études ;

-  Les communautés paroissiales dans le besoin ;

-  L’Evêque dans l’accomplissement de la charité à l’égard des personnes les plus démunies en cas d’urgence.

Pour finir, c’est à Dieu que je voudrais recommander le ministère de chacun des prêtres de ce diocèse dont Dieu m’a fait, par pure grâce et appel de l’Église, l’Administrateur Apostolique. Par la prière de la Vierge Marie dont nous sommes les enfants de prédilection, que chacun progresse dans la vie de foi et y entraîne ses frères et sœurs. Comme l’Apôtre Paul à Philémon, je vous dis : « Frères, tout ce qu’il y a de vrai, d’honorable, tout ce qui est juste, pur, digne d’être aimé, tout ce qui est vertueux et digne d’éloge, faites-en l’objet de vos pensées. Et le Dieu de paix sera toujours avec vous. »

Bon temps de l’Avent ! Joyeux Noël 2012 ! Heureuse et Sainte Année de la Foi.

Porto-Novo, le 02 Décembre 2012, En ce Premier Dimanche de l’Avent

Père Jean-Benoît GNAMBODE, Administrateur Apostolique

Porta Fidei, 2011, N° 2

Benoît XVI, Africae munus, Ouidah, 2011

Africae munus, N°32

Mgr Antoine GANYE, L’amour du Christ nous presse, Cotonou 2010, p16 Africae munusN° 32

Benoît XVI, Verbum Domini, 2010, N° 3

Mt 4,4

Commission Théologique Internationale, La théologie aujourd’hui, Cerf, 2012, p 26.

Rm 1, 5

Cf Lc 2, 51

Jn 2, 5

CfJn 19, 25

Concile Vatican II, Lumen Gentium N°58

Mt 5, 24-25

Africae munus, N°20

Cf 2 Co 5, 20

Porta Fidei N°7

Mc 6, 50

Porta Fidei N°14

Cf Marc 12, 29-31

Benoît XVI, Caritas in veritate, 2009, N°2

Africae munus N° 103

Philémon 4, 8-9