samedi 29 avril 2017

COMMUNIQUE :

Pour redynamiser l’évangélisation des enfants par les enfants sur nos différentes paroisses, son Excellence Mgr Aristide GONSALLO, évêque de Porto-Novo, invite tous les mouvements d’enfants (MADEB, CHORALE DES ENFANTS, SAMUEL, ADS, SAINT ENFANT JESUS, SCOUT ENFANT, LECTEUR JUNIOR, LEGION DE MARIE JUNIOR etc…) à la 8ème édition des Journées Diocésaines de l’Enfance Missionnaire, les 27 et 28 Décembre 2016 sur la paroisse Saint Vincent de Tchaada.

Pour la réussite desdites journées et pour la participation massive de vos enfants, nous comptons, chers parents et chers Pères, sur votre aide et votre sensibilisation.

Le Coordonnateur diocésain de l’EM, Abbé Georges GAYET

Programme des dites journées

50 ans de la paroisse Sacré-Coeur :

En cette année Sainte de la Miséricorde, va se célébrer le jubilé d’or (50 ans) de création de la paroisse SACRE-CŒUR de Ouenlinda (Porto-Novo). A cet effet une grand-messe se célébrera le dimanche 05 Juin 2016 à 10H00, en la dite église. Elle sera présidée par son excellence, Mgr Aristide GONSALLO, évêque de Porto-Novo.

Le reste du programme des manifestations

Concert de la Ressurection : 2016 :

Sous le parrainage de son Excellence Mgr Aristide GONSALLO, évêque de Porto-Novo, l’Aumônerie diocésaine des chorales des jeunes et la Coordination des chorales des jeunes de Porto-Novo

vous invitent à la 6ème édition du CONCERT DE LA RÉSURRECTION.

- Date : dimanches de Pâques, 27 mars 2016
- Heure : 16H00
- Lieu : Stade Charles de Gaulle de Porto-Novo
- Entrée : libre et gratuite

Ce sont plus d’une quinzaine de chorales qui se succèderont.

MERCI DE LES SOUTENIR



A c t u a l i t é s
mardi 18 avril 2017
« Le Seigneur est vraiment ressuscité, comme il (...)

mercredi 5 avril 2017
" Le Puissant fit pour moi des merveilles" (...)

mercredi 5 avril 2017
« Je désire … que les familles aient l’occasion (...)

mercredi 22 mars 2017
La ville de Natitingou a abrité, les 11 et 12 (...)


En vrac !
mardi 21 février 2017
Ils étaient tous au rendez-vous, les mouvements et

jeudi 2 février 2017
Chers frères et sœurs, bonjour ! Dans les (...)

lundi 2 janvier 2017
Cher frère, Aujourd’hui, jour des Saints (...)

dimanche 25 décembre 2016
« La grâce de Dieu s’est manifestée pour le (...)

mardi 20 décembre 2016
Frères et sœurs en Christ, L’annonce à Zacharie (...)

mardi 20 décembre 2016
Frères et sœurs en Christ, Fils et filles (...)

jeudi 15 décembre 2016
Émerveillement pour tout ce que Dieu accomplit (...)

vendredi 9 décembre 2016
Frères et sœurs en Christ, En ce temps de (...)

mercredi 7 décembre 2016
Ni hypocrites ni rigides, ayant le sens de la (...)

dimanche 20 novembre 2016
Le passage de l’Évangile que nous venons (...)


V a c a n c e s
vendredi 11 juillet 2014
La communauté des sœurs Salésiennes Missionnaires de

jeudi 27 juin 2013
Pour marquer l’Année de la foi, l’aumônerie (...)


Un synode pastoral et non doctrinal

« Ce ne sont pas les questions doctrinales, mais les questions pratiques – inséparables des vérités de la foi – qui sont en discussion dans ce Synode, de nature purement pastorale », affirme le cardinal Erdö.

Rapport du card. Erdö avant le débat général

Les travaux de la IIIe Assemblée générale extraordinaire du synode des évêques sur le thème « Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation » (5-19 octobre 2014) ont commencé lundi matin, 6 octobre, avec la première congrégation générale.

Le cardinal Péter Erdö, archevêque d’Esztergom-Budapest, rapporteur général, a notamment lu le « Rapport avant le débat général » (Relatio ante disceptationem), qui rend hommage à la famille comme « école d’humanité, de sociabilité, d’ecclésialité et de sainteté ».

Le contexte culturel du synode

Le cardinal a rappelé en préambule que « l’objectif fondamental de la proposition chrétienne sur la famille doit être "la joie de l’Évangile" » : l’annonce se présente donc « comme proposition, dialogue et cheminement ensemble ».

La méthode de travail synodal, a-t-il ajouté, sera « d’offrir aux pasteurs des communautés locales des lignes directrices claires afin de pouvoir aider ceux qui vivent dans des situations difficiles », en évitant « les improvisations d’une “pastorale de l’amateurisme” ».

Il a décrit le contexte culturel actuel, marqué par « une culture de l’audiovisuel, des sentiments, des expériences émotionnelles et des symboles » : « Beaucoup perçoivent leur vie, non pas comme un projet, mais comme une série de moments dans lesquels la valeur suprême est de se sentir bien, d’être bien. Dans cette optique, tout engagement stable semble à craindre, le futur apparaît comme une menace. »

Une doctrine connue mais peu pratiquée

Évoquant les réponses au questionnaire préparatoire du synode, le cardinal a constaté « un fait quasiment global, à savoir la diminution des mariages civils, la tendance toujours plus typique de vivre ensemble sans aucun mariage religieux ou civil ».

Mais « malgré les situations diffuses, précaires et irrégulières », il existe dans toutes les cultures « un consensus sur le fait que mariage et famille sont un patrimoine qui doit être conservé, favorisé et, si nécessaire, défendu. Aujourd’hui encore, la plupart des êtres humains cherchent le bonheur de leur vie dans un lien durable entre un homme et une femme, avec des enfants nés de leur union ».

« Il n’y a aucun motif, au sein de l’Église, pour un état d’âme de catastrophe ou d’abdication », a poursuivi le cardinal, précisant que parmi les catholiques, « la substance de l’enseignement du Nouveau Testament et du Catéchisme de l’Église Catholique sur le mariage semble assez connue », rencontre « un large consensus » et n’est « pas mise en discussion sur le principe ».

En revanche, cette doctrine n’est « souvent pas suivie dans la pratique » : « ce ne sont donc pas les questions doctrinales, mais les questions pratiques – inséparables d’ailleurs des vérités de la foi – qui sont en discussion dans ce Synode, de nature purement pastorale », a-t-il souligné.

Une conscience claire du mariage

Le cardinal a aussi noté un large consensus s’opposant aux discriminations envers les personnes à tendance homosexuelle tout en ne plaçant pas ces rapports « sur le même plan que le mariage entre un homme et une femme ».

Si beaucoup « veulent dépasser les rôles traditionnels et la discrimination à l’encontre des femmes », la très grande majorité des catholiques n’adhère pas aux théories du genre.

Face à « des structures de péché hostiles à la famille, dans un monde d’inégalité et d’injustice sociale, de consommation d’une part et de pauvreté de l’autre », le cardinal a plaidé pour « des parcours de formation solides et clairs » en accompagnant les futurs mariés « vers une conscience claire de ce qu’est le mariage dans le dessein du Créateur ».

En effet, a-t-il dénoncé, « un bon nombre s’approchent du sacrement sans avoir clairement conscience de l’engagement qu’ils prennent devant le Seigneur d’accueillir et de donner sa vie au conjoint, sans conditions et pour toujours ».

Pas de mise en question de l’indissolubilité

Il a énuméré les difficultés internes à la famille : « préoccupations de type professionnel et économique ; séparation et divorce ; mentalité égoïste si répandue qui se ferme à la vie ; diverses formes de dépendance, comme l’alcool, les drogues, les jeux de hasard, la pornographie... »

Le cardinal a détaillé également les situations pastorales difficiles, à commencer par « les concubinages et mariages civils » qui peuvent être « un germe à accompagner dans le développement vers le sacrement du mariage » et les situations irrégulières qu’il faut « discerner cas par cas ».

La question des divorcés remariés civilement ne peut être « une mise en question de la vérité de l’indissolubilité du mariage » et elle ne peut non plus « se concentrer uniquement sur la question de la réception des sacrements », a-t-il déclaré.

En ce sens il faut élargir la pastorale de la préparation au mariage en nommant « dans chaque Église particulière un prêtre, dûment préparé, qui puisse préalablement et gratuitement conseiller les parties sur la validité de leur mariage ».

La possibilité de l’invalidité

Bon nombre de mariages célébrés à l’Église peuvent résulter non valides, notamment lorsque l’un des deux époux « se réserve le droit de divorcer et de contracter un autre mariage en présence de difficultés dans la vie commune », a poursuivi le cardinal.

« Cette simulation, même sans une pleine conscience de cet aspect ontologique et canonique, rend le mariage invalide », a-t-il rappelé en préconisant après le divorce « des voies extrajudiciaires pour prouver la dite exclusion de l’indissolubilité », à associer à « un cheminement de prise de conscience et de conversion en vue d’un éventuel futur mariage ».

Mais le discernement des motifs de nullité doit « éviter toute apparence d’une simple procédure bureaucratique, reposant sur des intérêts économiques » : « Si tout cela se déroule dans le sérieux et dans la recherche de la vérité, la déclaration de nullité entraînera une libération des consciences des parties. »

Le cardinal a suggéré notamment de « revoir le caractère obligatoire de la double sentence conforme pour la déclaration de nullité du lien matrimonial, en ne procédant au second degré qu’en cas d’appel d’une ou des deux parties, ou encore de la part du défenseur du lien, dans un laps de temps défini ».

Le mot-clé de la miséricorde

« L’urgence pastorale est de permettre à ces personnes de panser leurs blessures, de guérir et de recommencer à cheminer avec toute la communauté ecclésiale », a-t-il estimé, « de sorte qu’elles ne se sentent pas exclues de la vie de l’Église » : « tous sont et demeurent fils et sont aimés de Dieu Père et de l’Église mère ».

De même, « les divorcés remariés civilement appartiennent à l’Église. La pastorale de l’Église doit prendre soin d’eux de façon toute spéciale, en tenant compte de la situation de chacun », de la différence « entre ceux qui ont consciemment rompu le mariage et ceux qui ont été abandonnés ».

Le maître mot étant « la miséricorde », qui « ne signifie pas la justification du péché, mais la justification du pécheur, dans la mesure toutefois où il se convertit et se propose de ne plus pécher » : miséricorde qui « n’élimine pas la vérité et ne la relativise pas », « n’élimine pas l’exigence de la justice » et n’annule pas « les engagements qui naissent des exigences du lien conjugal ».

Annoncer l’Évangile de la vie

Enfin, le cardinal a évoqué l’ouverture à la vie « de la conception jusqu’à la mort naturelle », qui constitue « une part essentielle, une exigence intrinsèque » du mariage, car « cet amour tend à la communion et la communion engendre la vie ». Cette ouverture n’est pas limitée « à la conception et à la naissance » mais elle englobe aussi « l’éducation des enfants, le soutien offert à leur croissance ».

Il a exhorté les communautés ecclésiales à « organiser les temps et les espaces de la pastorale à la mesure de la famille » : « L’Église ne se limite pas à dire aux fidèles et aux hommes de bonne volonté ce qu’ils doivent faire, mais elle se fait solidaire avec eux. Elle partage leurs espoirs, leurs désirs et leurs difficultés », dans l’esprit « du bon Samaritain ».

L’Eglise est invitée à « proposer à nouveau au monde d’aujourd’hui la fascination du message chrétien concernant le mariage et la famille », à « apporter des réponses vraies et imprégnées de charité aux nombreux problèmes » : « sans réduire la vérité, celle-ci doit être proposée en se plaçant aussi dans l’optique de ceux qui “peinent” le plus à la reconnaître comme telle et à la vivre ».

« Une attention particulière doit être destinée à l’éducation de l’affectivité et de la sexualité » et ce « en mettant en évidence le fait que la vraie liberté morale ne consiste pas à faire ce que l’on sent, ne vit pas seulement d’émotions, mais se réalise uniquement en acquérant le vrai bien », a souligné le cardinal.

« L’entière et claire vérité de l’Évangile apporte cette lumière, ce sens et cette espérance dont l’homme d’aujourd’hui a tant besoin... Le monde a besoin du Christ. Le monde a aussi besoin de nous, car nous appartenons au Christ », a-t-il conclu.

« Une Bible dans chaque famille ! »

Après avoir célébré la messe d’ouverture du synode des évêques pour la famille, le pape a présidé la prière mariale de la fenêtre de son bureau qui donne place Saint-Pierre, en présence de dizaines de milliers de visiteurs.

Il a demandé une nouvelle fois aux chrétiens de s’unir par la prière aux travaux synodaux. « Mais pour que la famille puisse bien cheminer, il faut qu’elle soit nourrie par la Parole de Dieu », a-t-il ajouté en annonçant une grande distribution de bibles à l’initiative des frères pauliniens.

Il exhorte à ne pas laisser la bible « dans une bibliothèque », mais à « la garder à portée de main, pour la lire souvent, tous les jours, individuellement et ensemble, mari et femme, parents et enfants, par exemple le soir, spécialement le dimanche ».

Homélie du pape François à l’ouverture du synode

Aujourd’hui, le prophète Isaïe et l’Évangile utilisent l’image de la vigne du Seigneur. La vigne du Seigneur est son "rêve", le projet qu’il cultive avec tout son amour, comme un paysan prend soin de son vignoble. La vigne est une plante qui demande beaucoup de soin ! Le "rêve" de Dieu c’est son peuple : il l’a planté et le cultive avec un amour patient et fidèle, pour qu’il devienne un peuple saint, un peuple qui porte beaucoup de fruits de justice.

Mais, aussi bien dans la prophétie ancienne que dans la parabole de Jésus, le rêve de Dieu est déçu. Isaïe dit que la vigne, si aimée et soignée, « a produit de mauvais raisins » (5, 2.4), alors que Dieu « attendait le droit, et voici le crime ; il attendait la justice, et voici les cris » (v.7). Dans l’Évangile, au contraire, ce sont les paysans qui ruinent le projet du Seigneur : ils ne font pas leur travail, mais ils pensent à leurs intérêts.

Jésus, dans sa parabole, s’adresse aux chefs des prêtres et aux anciens du peuple, c’est-à-dire aux "sages", à la classe dirigeante. Dieu leur a confié de façon particulière son "rêve", c’est-à-dire son peuple, pour qu’ils le cultivent, en prennent soin, le protègent des animaux sauvages. Voilà la tâche des chefs du peuple : cultiver la vigne avec liberté, créativité et ardeur.

Jésus dit que pourtant ces paysans se sont emparés de la vigne ; par leur cupidité et leur orgueil, ils veulent faire d’elle ce qu’ils veulent, et ainsi ils ôtent à Dieu la possibilité de réaliser son rêve sur le peuple qu’il s’est choisi. La tentation de la cupidité est toujours présente. Nous la trouvons aussi dans la grande prophétie d’Ézéchiel sur les pasteurs (cf. ch. 34), commentée par saint Augustin dans son célèbre discours que nous venons de relire dans la Liturgie des Heures. Cupidité d’argent et de pouvoir. Et pour assouvir cette cupidité, les mauvais pasteurs chargent sur les épaules des gens des fardeaux insupportables qu’eux-mêmes ne déplacent pas même avec un doigt (cf. Mt 23, 4).

Nous aussi, au Synode des Évêques, nous sommes appelés à travailler pour la vigne du Seigneur. Les Assemblées synodales ne servent pas à discuter d’idées belles et originales, ou à voir qui est le plus intelligent… Elles servent à cultiver et à mieux garder la vigne du Seigneur, pour coopérer à son "rêve", à son projet d’amour sur son peuple. Dans ce cas, le Seigneur nous demande de prendre soin de la famille, qui depuis les origines est partie intégrante de son dessein d’amour pour l’humanité.

Nous sommes tous pécheurs, et à nous aussi, peut arriver la tentation de "nous emparer" de la vigne, à cause de la cupidité qui ne nous manque jamais à nous, êtres humains. Le rêve de Dieu se heurte toujours à l’hypocrisie de quelques-uns de ses serviteurs. Nous pouvons "décevoir" le rêve de Dieu si nous ne nous laissons pas guider par l’Esprit Saint. Que l’Esprit nous donne la sagesse qui va au-delà de la science, pour travailler généreusement avec vraie liberté et humble créativité.

Frères, pour cultiver et bien garder la vigne, il faut que nos cœurs et nos esprits soient gardés en Jésus Christ dans la « paix qui surpasse tout ce qu’on peut concevoir », comme dit saint Paul (Ph 4,7). Ainsi nos pensées et nos projets seront conformes au rêve de Dieu : se former un peuple saint qui lui appartienne et qui produise des fruits du Royaume de Dieu (cf. Mt 21, 43).

Le synode sur la famille comptera 253 participants

Le synode sur la famille comptera 253 participants, parmi lesquels 191 Pères synodaux et 14 couples auditeurs et experts, venus des cinq continents.

Selon le règlement du synode des évêques, une Assemblée extraordinaire comprend les patriarches, les archevêques majeurs et les métropolites des Églises métropolitaines sui iuris des Églises orientales catholiques, les présidents des Conférences épiscopales nationales ou de plusieurs nations, quand les nations n’ont pas de Conférence propre, trois religieux représentant les Instituts religieux de clercs et les chefs des dicastères de la Curie Romaine.

Un communiqué publié ce 9 septembre annonce que le nombre des pères synodaux sera de 191 : la majorité d’entre eux (soit 162) y participent d’office, 3 ont été élus par l’Union des supérieurs généraux (USG) et 26 ont été nommés par le pape François.

Parmi les Pères, figureront 114 présidents de Conférences épiscopales, 13 patriarches d’Églises orientales, 25 responsables de dicastères.

Le synode sera présidé par le pape François, assisté par les trois présidents délégués, les cardinaux André Vingt-Trois, archevêque de Paris (France), Luis Antonio G. Tagle, archevêque de Manille (Philippines) et Raymundo Damasceno Assis, archevêque d’Aparecida (Brésil).

Le secrétaire général est le cardinal Lorenzo Baldisseri, le rapporteur général le cardinal Péter Erdo, archevêque d’Esztergom-Budapest (Hongrie) et le secrétaire spécial Mgr Bruno Forte, archevêque de Chieti-Vasto (Italie).

Le synode verra aussi la présence de 62 autres participants parmi lesquels 16 experts, collaborateurs du Secrétariat spécial, dont un couple, et 38 auditeurs dont 13 couples. Enfin, 8 délégués fraternels sont invités. Au total donc : 253 participants.

Les couples seront représentatifs des cinq continents : de France, d’Italie, du Brésil, d’Irak, de République démocratique du Congo, des Philippines, d’Afrique du Sud, du Chili, d’Australie, du Liban, du Rwanda, des États-Unis.

Un couple français est annoncé : Olivier et Xristilla Roussy, responsables de la branche apostolique Amour et Vérité de la Communauté de l’Emmanuel. Mais aussi d’autres pays francophones : venus de République démocratique du Congo, León Botolo et Marie Valentine Kisanga Sosawe sont les fondateurs de la Communauté Famille Chrétienne.

Les Rwandais Jean Dieudonné Gatsinga et Emerthe Gatsinga Tumuhayimpundu sont responsables des familles du mouvement des Focolari pour le Rwanda, le Burundi, le Kenya et l’Ouganda.

Sélim et Rita Khoury, viendront du Liban en tant que responsables de la Pastorale familiale dans la Curie patriarcale d’Antioche des maronites.

En outre, des Irakiens, Riyadh Albeer Naoom Azzo et Sanaa Namir Ibrahim Habeeb, témoigneront de la vie familiale chrétienne en milieu islamique.

Trois autres francophones ont été nommés comme experts : les Français Mgr Tony Anatrella, psychanalyste et le P. Gérard Berliet, responsable de la pastorale des divorcés-remariés pour le diocèse de Dijon ; et le P. George Henri Ruyssen, S.I., belge, professeur à la Faculté de droit canonique oriental à l’Institut pontifical oriental de Rome.

Parmi les auditeurs : Mme Michèle Taupin (France), présidente du Mouvement Espérance et Vie et Mme Jeannette Touré (Côte d’Ivoire), présidente nationale de l’association nationale des femmes catholiques en Côte d’Ivoire. Enfin, Mme Valérie Duval-Poujol, professeur à l’Institut catholique de Paris (France), comptera parmi les délégués fraternels, représentant l’Alliance mondiale baptiste.

Pour en savoir plus

Prière du pape François pour le Synode sur la famille

Jésus, Marie et Joseph,

en vous nous contemplons

la splendeur de l’amour véritable,

à vous nous nous adressons avec confiance.

Sainte Famille de Nazareth,

fais aussi de nos familles

des lieux de communion et des cénacles de prière,

des écoles authentiques de l’Évangile

et des petites Églises domestiques.

Sainte Famille de Nazareth,

que jamais plus dans les familles on ne fasse l’expérience

de la violence, de la fermeture et de la division :

que quiconque a été blessé ou scandalisé

connaisse rapidement consolation et guérison.

Sainte Famille de Nazareth,

que le prochain Synode des Évêques

puisse réveiller en tous la conscience

du caractère sacré et inviolable de la famille,

sa beauté dans le projet de Dieu.

Jésus, Marie et Joseph

écoutez-nous, exaucez notre prière.

Liste des participants au Synode d’octobre 2014

Dans cette liste, outre les présidents des conférences épiscopales du monde entier, les membres de la Curie et les participants nommés par le pape, figurent 14 couples et des experts de nombreux pays.

Président : Pape François

Secrétaire général : Cardinal Lorenzo Baldisseri

Présidents délégués : Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris (France) Cardinal Luis Antonio G. Tagle, archevêque de Manille (Philippines) Cardinal Raymundo Damasceno Assis, archevêque d’Aparecida, président de la Conférence nationale des évêques du Brésil

Rapporteur général : Cardinal Péter Erdö, archevêque d’Esztergom-Budapest, président de la Conférence catholique des évêques hongrois et du Conseil des conférences épiscopales d’Europe.

Secrétaire spécial : Mgr Bruno Forte, archevêque de Chieti-Vasto (Italie) Commission pour le message

Président  : cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture

Vice-président  : Mgr Víctor Manuel Fernandez, recteur de l’Université pontificale catholique argentine

Primats des Églises orientales catholiques

- Église copte-catholique  : S. B. Ibrahim Isaac Sedrak, patriarche d’Alexandrie des coptes (Égypte)

- Église grecque-catholique melkite  : S. B. Grégoire III Laham, patriarche d’Antioche des melkites (Syrie)
- Église syrienne-catholique  : S. B. Ignace Youssif III Younan, patriarche d’Antioche des syriens (Liban)
- Église maronite  : cardinal Béchara Boutros Raï, patriarche d’Antioche des maronites (Liban)
- Église chaldéenne  : S. B. Louis Raphaël Ier Sako, patriarche de Babylone des chaldéens (Irak)
- Église arménienne-catholique  : S. B. Nerses Bedros XIX Tarmouni, patriarche de Cilicie des arméniens (Liban)
- Église grecque-catholique ukrainienne  : S. B. Sviatoslav Shevchuk, archevêque majeur de Kiev et de Galicie des grecs-catholiques (Ukraine)
- Église syro-malabare  : cardinal George Alencherry, archevêque majeur d’Ernakulam-Angamaly des syro-malabars (Inde)
- Église syro-malankare  : cardinal Baselios Cleemis Thottunkal, archevêque majeur de Trivandrum des syro-malankars (Inde), président de la Conférence des évêques catholiques d’Inde
- Église roumaine  : cardinal Lucian Muresan, archevêque majeur de Fagaras et Alba Iulia des roumains (Roumanie)
- Église éthiopienne  : Mgr Berhaneyesus Demerew Souraphiel, archevêque d’Addis-Abeba (Éthiopie), président de la Conférence épiscopale d’Éthiopie et d’Érythrée
- Église ruthène  : Mgr William Charles Skurla, métropolite de Pittsburgh des byzantins (États-Unis)
- Église slovaque  : Mgr Ján Babjak, métropolite de Presov des byzantins (Slovaquie)

Présidents de conférences épiscopales

Afrique
- Afrique du Nord (Cerna)  : Mgr Vincent Landel, archevêque de Rabat (Maroc)
- Angola et Sao Tomé  : Mgr Gabriel Mbilingi, archevêque de Lubango (Angola), président du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar
- Bénin  : Mgr Eugène Cyrille Houndékon, évêque d’Abomey, vice-président de la conférence épiscopale
- Botswana, Afrique du Sud et Swaziland  : Mgr Stephen Brislin, archevêque du Cap (Afrique du Sud)
- Burkina Faso et Niger  : Mgr Paul Yembuado Ouédraogo, archevêque de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso)
- Burundi  : Mgr Gervais Banshimiyubusa, évêque de Ngozi
- Cameroun  : Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala
- Centrafrique  : Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui
- Congo  : Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala
- Congo (Rép. dém.)  : Mgr Nicolas Djomo Lola, évêque de Tshumbe
- Côte d’Ivoire  : Mgr Alexis Touabli Youlo, archevêque d’Agboville
- Éthiopie  : Mgr Berhaneyesus Demerew Souraphiel, archevêque d’Addis-Abeba
- Gabon  : Mgr Mathieu Madega Lebouakehan, évêque de Mouila
- Gambie et Sierra Leone  : Mgr Patrick Daniel Koroma, évêque de Kenema (Sierra Leone)
- Ghana  : Mgr Joseph Osei-Bonsu, évêque de Konongo-Mampong
- Guinée  : Mgr Emmanuel Félémou, évêque de Kankan
- Guinée équatoriale  : Mgr Juan Matogo Oyana, évêque de Bata, vice-président de la conférence épiscopale
- Kenya  : cardinal John Njue, archevêque de Nairobi
- Lésotho  : Mgr Gerard Tlali Lerotholi, archevêque de Maseru
- Liberia  : Mgr Anthony Fallah Borwah, évêque de Gbarnga, vice-président de la conférence épiscopale
- Madagascar  : Mgr Désiré Tsarahazana, archevêque de Toamasina
- Malawi  : Mgr Joseph Mukasa Zuza, évêque de Mzuzu
- Mali  : Mgr Jean-Baptiste Tiama, évêque de Sikasso
- Mozambique  : Mgr Lúcio Andrice Muandula, évêque de Xai-Xai
- Namibie  : Mgr Liborius Ndumbukuti Nashenda, archevêque de Windhoek
- Nigeria  : Mgr Ignatius Ayau Kaigama, archevêque de Jos
- Océan Indien (CEDOI)  : Mgr Maurice Piat, évêque de Port-Louis (Seychelles)
- Ouganda  : Mgr John Baptist Odama, archevêque de Gulu
- Rwanda  : Mgr Smaragde Mbonyintege, évêque de Kabgayi
- Sénégal, Mauritanie, Cap-Vert et Guinée-Bissau  : Mgr Benjamin Ndiaye, évêque de Kaolack (Sénégal)
- Soudan  : cardinal Gabriel Zubeir Wako, Arcivescovo di Khartoum
- Tanzanie  : Mgr Tarcisius J.M. Ngalalekumtwa, évêque d’Iringa
- Tchad  : Mgr Jean-Claude Bouchard, évêque de Pala
- Togo  : Mgr Benoît Comlan Messan Alowonou, évêque de Kpalimé
- Zambie  : Mgr Ignatius Chama, archevêque de Kasama
- Zimbabwe  : Mgr Michael Dixon Bhasera, évêque de Masvingo

Amérique
- Antilles  : Mgr Patrick Christopher Pinder, archevêque de Nassau (Trinité et Tobago)
- Argentine  : Mgr José María Arancedo, archevêque de Santa Fe
- Bolivie  : Mgr Oscar Omar Aparicio Céspedes, évêque aux armées
- Brésil  : cardinal Raymundo Damasceno Assis, archevêque d’Aparecida, président de la Conférence nationale des évêques du Brésil
- Canada  : Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau
- Chili  : cardinal Ricardo Ezzati Andrello, archevêque de Santiago du Chili
- Colombie  : Mgr Luis Augusto Castro Quiroga, archevêque de
- Costa Rica  : Mgr Oscar Gerardo Fernández Guillén, évêque de Puntarenas
- Cuba  : Mgr Dionisio Guillermo García Ibáñez, archevêque de Santiago de Cuba
- Équateur  : Mgr Fausto Gabriel Trávez Trávez, archevêque de Quito
- États-Unis  : Mgr Joseph Edward Kurtz, archevêque de Louisville
- Guatemala  : Mgr Rodolfo Valenzuela Núñez, évêque de Vera Paz
- Haïti  : cardinal Chibly Langlois, évêque des Cayes
- Honduras  : cardinal Óscar Andrés Rodríguez Maradiaga, S.D.B., archevêque de Tegucigalpa
- Mexique  : cardinal Francisco Robles Ortega, archevêque de Guadalajara
- Nicaragua  : Mgr Sócrates René Sándigo Jirón, évêque de Juigalpa
- Panama  : Mgr José Domingo Ulloa Mendieta, archevêque de Panama
- Paraguay  : Mgr Catalino Claudio Giménez Medina, évêque de Caacupé
- Pérou  : Mgr Salvador Piñeiro García-Calderón, archevêque d’Ayacucho
- Porto-Rico  : Mgr Roberto Octavio González Nieves, archevêque de San Juan de Puerto Rico
- République dominicaine  : Mgr Gregorio Nicanor Peña Rodríguez, évêque d’Higüey
- Salvador  : Mgr José Luis Escobar Alas, archevêque de San Salvador
- Uruguay  : Mgr Rodolfo Pedro Wirz Kraemer, évêque de Maldonado-Punta del Este
- Venezuela  : Mgr Diego R. Padrón Sán chez, archevêque de Cumaná

Asie
- Bangladesh  : Mgr Patrick D’Rozario, archevêque de Dacca
- Birmanie  : Mgr Felix Lian Khen Thang, évêque de Kalay
- Chine  : Mgr John Hung Shan-Chuan, archevêque de Taïpei
- Corée  : Mgr Peter Kang U-Il, évêque de Cheju
- Philippines  : Mgr Socrates B. Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan
- Japon  : Mgr Peter Takeo Okada, archevêque de Tokyo
- Inde  : cardinal Oswald Gracias, archevêque de Bombay, président de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie
- Indonésie  : Mgr Ignatius Suharyo Hardjoatmodjo, archevêque de Djakarta
- Iran  : Mgr Thomas Meram, archevêque d’Ourmia des chaldéens, vice-président de la conférence épiscopale
- Kazakhstan  : Mgr Tomash Peta, archevêque à Astana
- Laos et Cambodge  : Mgr Louis-Marie Ling Mangkhanekhoun, vicaire apostolique de Paksé (Laos)
- Malaisie, Singapour et Brunei  : Mgr John Ha Tiong Hock, archevêque de Kuching (Malaisie)
- Pays arabes  : S. B. Fouad Twal, patriarche de Jérusalem des latins
- Pakistan  : Mgr Joseph Coutts, archevêque de Karachi
- Sri Lanka  : cardinal Albert Malcom Ranjith Patabendige Don, archevêque de Colombo
- Thaïlande  : Mgr Louis Chamniern Santisukniran, archevêque de Thare et Nonseng
- Timor oriental  : Mgr Basílio Do Nascimento, évêque de Baucau
- Vietnam  : Mgr Paul Bui Van Doc, archevêque de Saïgon

Europe

- Albanie  : Mgr Angelo Massafra, archevêque de Shkodër-Pult
- Allemagne  : cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et Freisning
- Autriche  : cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne
- Belgique  : Mgr André Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles
- Biélorussie  : Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, archevêque de Minsk-Moguilev, vice-président de la conférence épiscopale
- Bosnie-Herzégovine  : Mgr Franjo Komarica, évêque de Banja Luka
- Bulgarie  : Mgr Christo Proykov, exarque apostolique de Sofia des byzantins
- Conférence Saints-Cyrille-et-Méthode  : Mgr Zef Gashi, archevêque de Bar (Serbie)
- Croatie  : cardinal Josip Bozanic, archevêque de Zagreb, vice-président de la conférence épiscopale
- Espagne  : Mgr Ricardo Blázquez Pérez, archevêque de Valladolid
- France  : Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille
- Grande-Bretagne  : cardinal Vincent Nichols, archevêque de Westminster (Angleterre et Pays de Galles) et Mgr Philip Tartaglia, archevêque de Glasgow (Écosse)
- Grèce  : Mgr Franghískos Papamanólis, évêque de Syros, Milos et Santorin
- Hongrie  : cardinal Péter Erdö, archevêque d’Esztergom-Budapest, président de la Conférence catholique des évêques hongrois et du Conseil des conférences épiscopales d’Europe
- Irlande  : Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin, vice-président de la conférence épiscopale
- Italie  : cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gènes
- Lettonie  : Mgr Zbignev Stankevics, archevêque de Riga, vice-président de la conférence épiscopale
- Lituanie  : Mgr Rimantas Norvila, évêque de Vilkaviškis, vice-président de la conférence épiscopale
- Malte  : Mgr Mario Grech, évêque de Gozo
- Pays-Bas  : cardinal Willem Jacobus Eijk, archevêque d’Utrecht
- Pologne  : Mgr Stanislaw Gadecki, archevêque de Poznan
- Portugal  : Mgr Manuel José Macário do Nascimento Clemente, patriarche de Lisbonne
- République tchèque  : Mgr Jan Graubner, archevêque d’Olomouc, vice-président de la conférence épisscopale
- Roumanie  : Mgr Ioan Robu, archevêque de Bucarest
- Russie  : Mgr Paolo Pezzi, archevêque à Moscou
- Scandinavie  : Mgr Anders Arborelius, évêque de Stockholm (Suède)
- Slovaquie  : Stanislav Zvolenský, archevêque de Bratislava
- Slovénie  : Mgr Andrej Glavan, évêque de Novo Mesto
- Suisse  : Mgr Markus Büchel, évêque de Saint-Gall
- Turquie  : Mgr Ruggero Franceschini, archevêque de Smyrne
- Ukraine  : Mgr Mieczyslaw Mokrzycki, archevêque de Lviv des latins

Océanie

- Australie  : Mgr Denis James Hart, archevêque de Melbourne
- Nouvelle-Zélande  : Mgr John Atcherley Dew, archevêque de Wellington, président de la Fédération des conférences épiscopales d’Océanie
- Pacifique  : Mgr Soane Patita Paini Mafi, évêque de Tonga (Îles Fidji)
- Papouasie-Nouvelle-Guinée et Îles Salomon  : Mgr Arnold Orowae, évêque de Wabag (Papouasie-Nouvelle-Guinée)

Élus par l’Union des supérieurs généraux
- P. Adolfo Nicolás Pachón, préposé général de la Compagnie de Jésus (jésuites)
- P. Mauro Jöhri, ministre général de l’Ordre franciscain des frères mineurs capucins
- P. Mario Aldegani, supérieur général de la Congrégation de Saint-Joseph

Chefs de dicastère de la Curie romaine

- Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État
- Cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi
- Cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales
- Cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation des causes des saints
- Cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques
- Cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples
- Cardinal Beniamino Stella, préfet de la Congrégation pour le clergé
- Cardinal João Braz de Aviz, préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique
- Cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique
- Cardinal Mauro Piacenza, pénitencier majeur
- Cardinal Raymond Leo Burke, préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique
- Cardinal Stanislaw Rylko, président du Conseil pontifical pour les laïcs
- Cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens
- Mgr Vincenzo Paglia, président du Conseil pontifical pour la famille
- Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, président du Conseil pontifical Justice et paix
- Cardinal Robert Sarah, président du Conseil pontifical Cor Unum
- Cardinal Antonio Maria Vegliò, président du Conseil pontifical de la pastorale des migrants et itinérants
- Mgr Zygmunt Zimowski, président du Conseil pontifical pour la santé
- Cardinal Francesco Coccopalmerio, président du Conseil pontifical pour les textes législatifs
- Cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux
- Cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture
- Mgr Claudio Maria Celli, président du Conseil pontifical des communications sociales
- Mgr Salvatore Fisichella, président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation
- Cardinal Domenico Calcagno, président de l’Administration du patrimoine du Siège apostolique
- Cardinal Giuseppe Versaldi, président de la Préfecture des affaires économiques du Saint-Siège

Membres du conseil ordinaire du Synode des évêques

- Cardinal Timothy Michael Dolan, archevêque de New York (États-Unis)
- Cardinal Péter Erdö, archevêque d’Esztergom-Budapest, président de la Conférence catholique des évêques hongrois et du Conseil des conférences épiscopales d’Europe
- Mgr Bruno Forte, archevêque de Chieti-Vasto (Italie)
- Cardinal Oswald Gracias, archevêque de Bombay, président de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie
- Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa (RD-Congo)
- Cardinal Wilfrid Fox Napier, archevêque de Durban (Afrique du Sud)
- Cardinal George Pell, préfet du Secrétariat pour l’économie (Vatican)
- Cardinal Odilo Pedro Scherer, archevêque de São Paulo (Brésil)
- Cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne (Autriche)
- S. B. Sviatoslav Shevchuk, archevêque majeur de Kiev et de Galicie des grecs-catholiques (Ukraine)
- Mgr Santiago Jaime Silva Retamales, évêque auxiliaire de Valparaíso (Chili), secrétaire général du Conseil épiscopal latino-américain (Célam)
- Cardinal Luis Antonio G. Tagle, archevêque de Manille (Philippines)
- Cardinal Donald William Wuerl, archevêque de Washington (États-Unis)
- Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, président du Conseil pontifical Justice et paix (Vatican)
- Mgr Salvatore Fisichella, président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation

Membres nommés par le pape

- Cardinal Angelo Sodano, doyen du collège des cardinaux (Vatican)
- Cardinal Godfried Danneels, archevêque émérite de Malines-Bruxelles (Belgique)
- Cardinal Walter Kasper, président émérite du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens (Vatican)
- Cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan (Italie)
- Cardinal Carlo Caffarra, archevêque de Bologne (Italie)
- Cardinal Lluís Martínez Sistach, archevêque de Barcelone (Espagne)
- Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris (France)
- Cardinal John Ton Hong, évêque de Hong Kong (Chine)
- Cardinal Orani João Tempesta, archevêque de Rio de Janeiro (Brésil)
- Cardinal Andrew Yeom Soo-jung, archevêque de Séoul (Corée)
- Cardinal Philippe Nakellentuba Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou (Burkina Faso)
- Cardinal Fernando Sebastián Aguilar, C.M.F., archevêque émérite de Pampelune (Espagne)
- Cardinal Elio Sgreccia, président de l’Académie pontificale pour la vie (Italie)
- Cardinal Giuseppe Bertello, président du Gouvernorat de la Cité du Vatican
- Mgr Giovanni Tonucci, archevêque de Lorette (Italie)
- Mgr Edoardo Menichelli, archevêque d’Ancône (Italie)
- Mgr Carlos Aguiar Retes, archevêque de Tlalnepantla (Mexique), président du Conseil épiscopal latino-américain (Célam)
- Mgr Anil Joseph Thomas Couto, archevêque de Delhi (Inde)
- Mgr Víctor Manuel Fernandez, recteur de l’Université pontificale catholique argentine
- Mgr Alonso Gerardo Garza Treviño, évêque de Piedras Negras (Mexique)
- Mgr Edgard Amine Madi, évêque de São Paulo des maronites (Brésil)
- Mgr Enrico Solmi, évêque de Parme, président de la commission pour la vie et la famille de la Conférence épiscopale italienne
- Mgr Pio Vito Pinto, doyen du tribunal de la Rote romaine (Vatican)
- P. François-Xavier Dumortier, recteur de l’Université pontificale Grégorienne de Rome
- P. Antonio Spadaro, directeur de la revue La Civiltà Cattolica (Italie)
- P. Manuel Jesús Arroba Conde, professeur de droit canonique à l’Université pontificale du Latran

Sous-secrétaire du Synode des évêques
- Mgr Fabio Fabene (Vatican)

Collaborateurs du secrétaire spécial

- Mgr Tony Anatrella, psychanalyste, spécialiste en psychiatrie sociale, consulteur du Conseil pontifical pour la famille et du Conseil pontifical pour la santé (France)
- P. Gérard Berliet, professeur d’Écriture sainte au séminaire provincial de Lyon, responsable de la pastorale des divorcés-remariés du diocèse de Dijon (France)
- P. Bruno Esposito, professeur de droit canonique à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin (Italie)
- P. Alfonso Fernández Benito, professeur de théologie morale et de sacrement du mariage à l’Institut supérieur d’études théologiques San Ildefonso, directeur de l’Institut de sciences religieuses Santa Maria de Tolède (Espagne)
- P. Arul Raj Gali, directeur national de Holy Cross Family Ministries in India (Inde)
- Jeffrey Goh, professeur de théologie systématique au séminaire archidiocésain de Kuching et juge eu tribunal ecclésiastique de Kuching (Malaisie)
- P. Maurizio Gronchi, professeur de théologie dogmatique à l’Université pontificale Urbanienne, consulteur à la Congrégation pour la doctrine de la foi (Italie)
- Rodrigo Guerra López, directeur général du Centre de recherche sociale avancée (Mexique)
- Jocelyne Khoueiry, membre de la commission épiscopale pour la famille et la vie de l’Assemblée des patriarches et évêques catholiques du Liban
- Helen Kyung Soo Kwon, membre du comité exécutif de la Helen Kim Scholarship Foundation de l’Ewha Womans University (Corée)
- P. Sabatino Majorano, professeur de théologie morale systématique à l’Académie alphonsienne (Italie)
- Christopher Laurence Meney, directeur du centre pour la vie, le mariage et la famille du diocèse de Sydney
- Giuseppina De Simone in Miano, professeur de philosophie à la Faculté de théologie d’Italie méridionale de Naples, et Francesco Miano, professeur de philosophie morale à l’Université de Tor Vergata de Rome, ancien président de l’Action catholique italienne.
- Carmen Peña García, spécialistes des causes matrimoniales, professeur à la faculté de droit canonique de l’Université pontificale de Comillas, défenseur du lien et promoteur de justice au tribunal métropolitain de Madrid (Espagne)
- P. George Henri Ruyssen, professeur à la faculté de droit canonique oriental de l’Institut pontifical oriental de Rome (Belgique)

Auditeurs et auditrices
- Arturo et Hermelinda As Zamberline, responsable des Équipes Notre-Dame au Brésil
- Riyadh Albeer Naoom Azzo et Sanaa Namir Ibrahim Habib, témoins de vie familiale chrétienne en milieu musulman (Irak)
- León Botolo et Marie Valentine Kisanga Sosawe, fondateurs de la Communauté Famille chrétienne (RD-Congo)
- Zelmira María Bottini de Rey, directrice de l’Institut Couple et famille de l’Université pontificale catholique argentine, présidente du Réseau latino-américain des Instituts de la famille des universités catholiques (Argentine)
- George Campos, directeur de Couples for Chirst, et Cynthia Campos, membre de Couples for Chirst (Philippines)
- Inácio Amândio Chaúque, formateur de jeunes couples (Mozambique)
- Joan Clements, directeur du comité directeur de la World Organisation Ovulation Method Billings (WOOMB) (Australie)
- Stephen et Sandra Conway, responsables régionaux pour l’Afrique de Retrouvailles (Afrique du Sud)
- Ute Eberl, responsable de la pastorale familiale à Berlin (Allemagne)
- Pilar Escudero de Jensen, membre du vicariat général de la pastorale du diocèse de Santiago du Chili, membre du Conseil pontifical pour les laïcs,
- et Luis Jensen Acuña, membre du Centre de bioéthique de l’Université pontificale catholique du Chili, président de la Fundación Médico Cultural Porta Vitae (membres de l’Institut de la Famille de Schoenstatt) (Chili)
- Jean Dieudonné Gatsinga et Emerthe Gatsinga Tumuhayimpundu, responsable des jeunes familles du mouvement des Focolari pour le Rwanda, le Burundi, le Kenya et l’Ouganda (Rwanda)
- Jeffrey Heinzen, directeur du Natural Family Planning du diocèse de La Crosse,
- et Alice Heinzen, membre du conseil de surveillance du Natural Family Planning Advisory Board de la conférence épiscopale (États-Unis)
- Ilva Myriam Hoyos Castañeda, procureur délégué pour la défense des droits de l’enfant, de l’adolescent et de la famille (Colombie)
- Sélim et Rita Khoury, responsable du bureau de la pastorale familiale de la curie patriarcale d’Antioche des maronites (Liban)
- María Lacalle Noriega, directrice du Centre d’études de la famille de l’Institut d’enquêtes économiques et sociales Francisco de Vitoria et secrétaire générale de la Société espagnole de bioéthique et de biojuridique (Espagne)
- P. Cajetan Menezes, directeur de l’Apostolat pour la famille à Bombay (Inde)
- Giuseppe Petracca Ciavarella et Lucia Miglionico in Petracca Ciavarella, médecins, membre de la consultation nationale de la pastorale familiale (Italie)
- Sœur Margaret Muldoon, supérieure générale des Sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux (Irlande)
- Francisco Padilla, responsable de Couples for Christ Foundation for family and life (Philippines) - Algirdas Petronis, vice-présidente de la fédération internationale des familles catholiques, directeur du centre pour la famille du diocèse de Vilnius (Lituanie)
- Romano et Mavis Pirola, directeurs de l’Australian Catholic Marriage and Family Council (Australie)
- Olivier et Xristilla Roussy, responsables d’Amour et Vérité (France)
- Steve et Claudia Schultz, membres de l’International Catholic Engaged Encounter (États-Unis)
- Michèle Taupin, présidente du mouvement Espérance et Vie (France)
- Jeannette Touré, présidente nationale de l’Association des femmes catholiques en Côte d’Ivoire

Délégués fraternels
- Patriarcat œcuménique  : le métropolite Athénagoras de Belgique
- Patriarcat de Moscou  : le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou (Russie)
- Église copte-orthodoxe  : le métropolite Bishoy de Damiette (Égypte)
- Patriarcat syrien-orthodoxe  : Mgr Mar Yostinos, archevêque de Zhale et Bekau (Liban)
- Communion anglicane  : Dr Paul Butler, évêque de Durham (Grande-Bretagne)
- Fédération luthérienne mondiale  : pasteur Ndanganeni Petrus Phaswaha, évêque-président de l’Église évangélique luthérienne en Afrique du Sud
- Communion mondiale des Églises réformées  : pasteur Benebo Fubara-Manuel, président de la Communion des Églises réformées au Nigeria
- Alliance baptiste mondiale  : Valérie Duval-Poujol, professeur d’exégèse biblique à l’Institut catholique de Paris

Témoignage de Mme Jeannette Touré

Mme Jeannette Touré est une ivoirienne, mariée à un musulman depuis plus de 50 ans. Elle est invitée au synode. Elle témoigne.

Eminences, Excellences,

Révérends Pères, Révérendes Sœurs,

Chers amis Auditeurs de la 3ème Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Evêques,

C’est une évidence pour nous chrétiens de dire que c’est Dieu qui a conçu l’idée de la famille et qu’en le faisant, il nous a donné plusieurs principes dans sa parole concernant sa structure, ainsi que le rôle que doit jouer chaque membre. Il me paraît donc raisonnable de penser qu’II est le mieux placé pour nous montrer comment doivent fonctionner toutes les familles afin d’éviter les précipices qui les détruisent. Cependant, une question mérite de retenir notre attention.

Qu’est-ce que la famille, mieux, doit-on encore parler de la famille au singulier ?

La question mérite d’être posée quand on sait que de nos jours, la famille moderne est bousculée par l’augmentation des divorces, la chute des mariages, le nombre croissant des enfants nés hors mariage. Que dire, quand on voit tout autour de nous, l’extrême diversité des modèles familiaux : familles monoparentales, familles recomposées, familles à fidélités’ successives, familles éclatées, communautés’ de familles, familles homosexuelles... Est-ce bien cela la famille selon le cœur de Dieu ?

A la vérité, la famille telle que voulue et aimée de Dieu est la seule qui se doit : « homme et femme il les créa afin qu’ils fécondent la terre et soient heureux » Gn 1, 27. Et à ce titre, elle se doit d’être image et ressemblance de Dieu partout où elle se trouve. Elle doit être, pour son entourage, porteuse de la Bonne Nouvelle du Salut par son témoignage de’ vie. Pour nous, en tant que couple mixte, ce thème : "Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation" est d’autant plus important qu’il s’applique à notre réalité : comment un homme, un musulman et-une femme, une chrétienne catholique qui se sont aimés il y a de cela un peu plus de 52 ans, et qui continuent de s’aimer encore aujourd’hui, peuvent-ils être témoins de l’évangile pour leurs enfants, pour leur entourage, pour leurs amis, pour leurs différentes communautés religieuses ?

Notre contribution à ce thème voudrait être notre témoignage de vie : 52 années de vie commune dans la tolérance, le respect mutuel de nos croyances, dans le soutien l’un de l’autre, dans l’éducation chrétienne de nos enfants (qui sont tous baptisés à l’Eglise catholique et ce avec l’accord de mon époux), tout cela en accueillant les joies reçues du Seigneur et en gardant beaucoup d’espérance au cœur des difficultés. De cette union sont nés 5 enfants et 6 petits enfants à qui nous avons inculqué nos valeurs de respect de l’autre dans la différence et à qui nous avons donné la foi.

Merci à mon époux qui a accepté que nos enfants soient tous catholiques. Eux aussi à leur tour essayent d’être porteurs de la Bonne Nouvelle autour d’eux. La famille, particulièrement la famille africaine a le devoir de témoigner de sa foi dans son milieu de vie et dans son entourage. C’est aussi un défi quand on connaît le poids de nos traditions. Nos choix et nos décisions doivent aider notre entourage à mieux connaître, accepter et aimer Dieu.

En face des modèles pas toujours reluisants, il nous faut affirmer qu’il y a un optimal à rechercher pour le bonheur de tous et de chacun et que la famille étant le lieu d’une attente considérable, il en résulte, que notre monde a besoin de modèles sur le plan de la famille comme dans bien d’autres domaines. Devant donc toutes ces menaces qui pèsent lourdement sur la famille, il me paraît urgent, que les familles reviennent à leur mission à savoir que :

- La famille est le lieu où l’on peut être soi-même et, enlever son masque sans être jugé ; le lieu où l’on apprend à avoir confiance en soi grâce au regard admiratif et en même temps lucide que les parents portent sur leur progéniture. Elle est le lieu où l’on vit l’amour au quotidien, où l’on échappe à la solitude, où l’on apprend à partager, à s’épanouir pleinement.

- La famille est le lieu où la vie sociale s’apprend en douceur et où l’on fait l’apprentissage de la différence ; le lieu où l’on transmet les valeurs. C’est que la famille doit favoriser la communication entre ses membres, pour devenir le lieu où l’amour doit se dire et la tendresse paternelle, notamment, doit s’exprimer.

Vous le savez certainement, la construction d’une famille nécessite un engagement généreux des époux dans cette formidable aventure, un défi lancé au temps par la décision de vivre la fidélité, un pari fait sur l’amour sans regarder en arrière et en prenant les moyens de rester fidèle, en cessant de songer à son unique épanouissement et à son unique confort.

De même, vous remarquerez que les familles dont les contours sont imprécis, où chacun fait ce qu’il veut et pense d’abord à lui, ne vont pas très loin, tout comme les familles totalitaires, c’est-à-dire, ces familles qui prétendent se suffire à elles-mêmes.

A la vérité, il s’agit pour les familles aujourd’hui, de s’engager au service de la cité, d’entrer dans des associations, d’entrer en relation avec Dieu. Et c’est là tout le défi que nous avons à relever tous ensemble.

Je vous remercie.

Tenir ensemble la doctrine et la miséricorde

L’indissolubilité du mariage et les réponses à apporter à la souffrance

Les membres du synode extraordinaire sur la famille réaffirment la doctrine de l’Eglise catholique sur le sacrement du mariage et son indissolubilité en même temps qu’ils travaillent à trouver des chemins pour les couples en difficulté, notamment les baptisés mariés à l’Eglise, puis divorcés et qui ont contracté une nouvelle union. Un débat sur le fil du rasoir, mais un débat spécifiquement synodal, justement, dans la ligne de l’enseignement du Christ sur le respect du sabbat : on tient et le respect du sabbat et des exceptions pour la vie de l’homme.

C’est ce qui ressort des 45 interventions de mercredi après-midi, 8 octobre, du débat libre de 18h à 19h, et de la suite du départ de ce jeudi matin, 9 octobre, ce qui manifeste la « passion » que les pasteurs mettent pour trouver des solutions.

Lors du point presse quotidien de la mi-journée, deux membres du synode sont intervenus, le président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, le cardinal Francesco Coccopalmiero, et l’archevêque de Québec, Mgr Paul-André Durocher.

Mgr Durocher a indiqué que le synode veut unir la « voie de la miséricorde et la voie de la justice » et que l’exercice de la miséricorde signifie aussi « conduire les gens à la vérité ».

Il suggère une méthode qui part des situations vécues par les couples et les familles, et de « réfléchir théologiquement » à partir de la vie des personnes, d’« apprendre à trouver la voie que Dieu montre », et de « marier » la justice et la miséricorde, à l’image de Dieu qui est « parfaitement juste et miséricordieux », bien qu’aux hommes ce soit « difficile ». Les déclarations de nullité de mariage

Le cardinal Coccopalmiero a donné des exemples de cas où l’on attend des réponses du chemin synodal : il faut, a-t-il suggéré, faire la différence entre la situation du conjoint abandonné et celle du conjoint qui abandonne l’autre. Il y a aussi des voies juridiques à trouver pour « raccourcir la procédure » de déclaration de nullité, c’est-à-dire le jugement par lequel l’Eglise reconnaît qu’en dépit de la cérémonie un élément essentiel du sacrement du mariage manquait pour permettre « la naissance » d’un lien matrimonial sacramentel. Souvent, il s’agit de « l’exclusion de l’ouverture à la vie », ou de « l’indissolubilité », de « l’unicité » du mariage sacramentel catholique, du « lien », mais il peut y avoir aussi un « manque de liberté » du consentement.

Un évêque a fait observer que certains doivent faire des milliers de kilomètres pour accéder aux procédures diocésaines, d’autres ne peuvent pas assumer son coût, ni sa durée (un an et demi, c’est trop dur pour une famille qui est déjà dans une situation difficile). Parmi les possibilités évoquées : diminuer le nombre des juges (3 actuellement) et supprimer le double jugement (il y a actuellement un appel obligatoire du défenseur du lien matrimonial au cas où le premier jugement est en faveur de la nullité), ou permettre une décision « administrative » de l’évêque lui-même. Le cardinal Coccoâlmiero se dit "très favorable" à une telle réforme, qui prendra donc du temps pour être mise au point, adoptée et mise en place. Il a rappelé que l’Eglise n’annule jamais un mariage valide : l’Eglise peut déclarer nuls des mariages pour lesquels « un élément essentiel a manqué », au moment de la célébration, mais elle n’annule pas un lien matrimonial validement contracté. Sauf privilège du pape en cas de baptême successivement au mariage : le pape peut dissoudre le lien matrimonial si le conjoint nouvellement baptisé le demande. Une piste à explorer ?

Il a aussi évoqué le cas de divorcés remariés qui demandent la communion en cas de danger de mort, par exemple à la veille d’une grave opération ou en fin de vie.

Il cite encore le cas d’une femme qui vit avec un homme abandonné par sa femme avec ses trois petits enfants, qui élève les enfants, redonne à cet homme la vie, n’a pas cessé de fréquenter l’Eglise : « Je ne peux pas abandonner cet homme, ces enfants », dit le cardinal pour montrer qu’il faut raisonner sur des « cas très précis ». C’est un cas « de personnes en condition de mariage non objectivement légitime, de cohabitation, » mais ils ne peuvent « pas en sortir » : quand « il ne leur est pas possible de quitter cette situation, en soi illégitime, je dois faire quelque chose ».

La doctrine et les personnes

Mgr Durocher recommande « d’adopter l’herméneutique du pape François », c’est—à- dire « sauvegarder la doctrine » et « partir des personnes et de leurs situations concrètes » : il s’agit d’une « nécessité », d’une « urgence », face à la « souffrance » : « Nous devons donner une réponse aux personnes concrètes », par des solutions « qui répondent à la gravité de la situation et à l’urgence dans laquelle ils se trouvent. »

Le cardinal Coccopalmiero prend l’exemple évangélique du respect du sabbat : il faut tenir le respect de la loi du sabbat, mais, comme le dit l’Evangile, « Lequel de vous, si son fils ou son boeuf tombe dans un puits, ne l’en retirera pas aussitôt, le jour du sabbat ? » (Luc 14, 5).

« Là où deux personnes ont besoin de moi, devant la gravité et l’urgence, j’interviens », a confié le cardinal italien : « La loi du sabbat existe, je la respecte, mais il y a des cas qui imposent une intervention. » En somme, le synode tient la doctrine du mariage, et, du point de vue de la pastorale, les évêques cherchent à répondre, exceptionnellement, à des situations complexes et à trouver des voies nouvelles pour manifester la miséricorde du Christ aux conjoints en souffrance.

Les évêques souhaitent que le chemin synodal (qui ne sera bouclé qu’en 2015 et par le document que le pape élaborera ensuite) débouche sur des indications à propos de ces cas exceptionnels à prendre en compte et des réponses à leur apporter.

Car ils souhaitent, souligne encore Mgr Durocher, « aller vers la souffrance » réelle de nombreux couples, avec cette conscience que ces réponses pastorales ne peuvent cependant pas résoudre le fond de la crise qui est une « crise de la foi » et de la « transmission de la foi ». La crise de la foi

Il ne s’agit pas croire guérir ainsi « tous les problèmes de la foi » et de l’Eglise catholique, mais de manifester une « attitude évangélique de miséricorde » et « montrer que l’Eglise est à l’écoute, va à la rencontre », pour que personne ne se sente « abandonné ». Ce faisant, Mgr Durocher souligne : « Il faut des règles précises », mais les « solutions sont complexes à mettre en œuvre », et accepter qu’il y ait des exceptions suppose aussi une « mise en place technique qui prendra du temps ».

L’attitude du synode est à la fois ferme sur la doctrine catholique, mais « pragmatique ».

Une minorité exprime sa position en faveur du « non » toujours et partout à la communion de personnes divorcées remariées : « Le remède que vous proposez est pire que le mal que vous prétendez soigner », a dit un intervenant.

Une minorité prône un « oui » à des exceptions circonstanciées : « Nous ne sommes pas là pour arracher des mauvaises herbes mais pour semer ». D’autres images sont employées : « Est-ce que l’on est pas en train de passer un chiffon pour enlever la poussière de la maison alors que dehors il y a une tempête de sable ? »

La majorité, sans dire « oui » ou « non » à l’accès à la communion eucharistique des divorcés remariés se montre ainsi favorable à une réflexion qui affronte les situations réelle des couples et des familles. Beaucoup rappellent la nécessité de changer de langage, pour employer des expressions qui, tout en annonçant la beauté du mariage chrétien, évitent en même temps tout « langage blessant » qui ferait « peser un jugement » sur les personnes.

Beaucoup aussi manifestent la nécessité d’améliorer la pastorale « en amont » et en aval, éventuellement par un vrai « catéchuménat » du mariage. Des suggestions sont faites comme la possibilité de la « communion spirituelle ».

Une intervention a indiqué que certaines villes sont le lieu de « mariages touristiques », avec ce « dénominateur commun » : « un manque absolu de préparation, le mariage n’étant plus rien d’autre qu’une étape dans l’itinéraire touristique, et les prêtres de la curie diocésaine finissent par avoir comme unique préoccupation que « les documents soient en ordre », et pas « l’accompagnement pastoral », ce qui est « douloureux » à constater. L’évêque a invité tous les évêques dans une situation similaire à « ne plus permettre le mariage touristique ».

Enfin, tel intervenant a insisté sur la nécessité de « lieux d’accueil en paroisse », pour « manifester concrètement la miséricorde de Dieu à qui a souffert une séparation ».

Quant aux questions concernant les unions homosexuelles, l’assemblée les a citées « rarement » et « rapidement », et pour rappeler ce que dit le Catéchisme de l’Eglise catholique : le respect dû aux personnes, mais pour l’Evangile, le mariage sacramentel désigne l’union d’un homme et d’une femme, et la bénédiction des unions homosexuelles ne peut pas exister à côté du mariage chrétien, ne peut pas être mis sur le même pied. Enfin, à propos de l’atmosphère du synode, les témoins ont déclaré avoir assisté à des « interventions intenses et passionnées », dans une atmosphère « fraternelle », parfois avec humour.

Spécificité du débat synodal

Il n’y a pas de « conflit » au synode, avait déjà averti le cardinal André Vingt-Trois à la presse, lundi dernier, 6 octobre : le synode n’est pas un « débat parlementaire » à l’issue duquel il faut « qu’une majorité se dégage », et que l’on vote même à l’encontre de ses convictions pour suivre les consignes du parti et où la minorité se soumettra à la décision de la majorité. Il faut donner la possibilité à chacun des participants d’exprimer quelque chose qui « n’est pas seulement son point de vue mais aussi le reflet des Eglises qu’il représente, même très minoritaire ».

Il avait rappelé que la seconde semaine serait consacrée au travail en groupes linguistiques, pour reprendre des éléments entendus dans l’assemblée plénière. Et que ce « travail de fond » « s’étendra sur l’année pour construire un consensus le plus dense et le plus explicite possible ».

Il a souligné l’importance des paroles du pape dès lundi matin : « Il souhaitait et a demandé aux membres du synode de s’exprimer en toute liberté - parce que sûrs d’être écoutés dans le respect et la charité fraternelle - et de ne pas censurer leur expression dans l’idée d’éviter de dire quelque chose qui ne plairait pas au pape ou au contraire en cherchant à plaire au pape ». « Il n’est pas venu à la réunion du synode pour entendre des gens qui lui disent ce qui lui fait plaisir mais pour travailler sur ce que nous apportons et nos expériences particulières », a fait observer l’archevêque de Paris.

III ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXTRAORDINAIRE DU SYNODE DES ÉVÊQUES

Traduction non officielle publiée par le Saint-Siège du Rapport après le débat général (Relatio post disceptationem) lu par le cardinal Peter Erdo, rapporteur général du synode sur la famille. Le lundi matin, 13 octobre 2014, dans la salle du synode, au Vatican, ne présence du pape François.

RELATIO POST DISCEPTATIONEM

Introduction

I Partie

L’écoute : le contexte et les défis concernant la famille

Le contexte socioculturel

L’importance de la vie affective

Les défis pastoraux

II Partie

Le regard sur le Christ : l’Évangile de la famille

Le regard sur Jésus et la gradualité dans l’histoire du salut

La famille dans le dessein salvifique de Dieu

Le discernement des valeurs présentes dans les familles blessées

et dans les situations irrégulières Vérité et beauté de la famille et miséricorde

III Partie

La discussion : les perspectives pastorales

Annoncer l’Évangile de la famille aujourd’hui, dans les différents contextes Guider les futurs époux sur le chemin de la préparation au mariage Accompagner les premières années de vie conjugale Les aspects positifs dans les unions civiles et les concubinages Soigner les familles blessées (séparés, divorcés non remariés, divorcés remariés) Accueillir les personnes homosexuelles La transmission de la vie et le défi de la dénatalité Le défi de l’éducation et le rôle de la famille dans l’évangélisation

Conclusion

INTRODUCTION

1. Lors de la veillée de prière célébrée sur la Place Saint-Pierre, samedi 4 octobre 2014, en préparation au Synode sur la famille, le Pape François a évoqué de manière simple et concrète la centralité de l’expérience familiale dans la vie de tous, en s’exprimant ainsi : « Le soir descend désormais sur notre assemblée. C’est l’heure où l’on rentre volontiers chez soi pour se retrouver à la même table, entouré par la présence des liens d’affection, du bien accompli et reçu, des rencontres qui réchauffent le cœur et le font croître, comme un bon vin qui anticipe au cours de l’existence de l’homme la fête sans crépuscule. C’est aussi l’heure la plus douloureuse pour celui qui se retrouve en tête à tête avec sa propre solitude, dans le crépuscule amer de rêves et de projets brisés : combien de personnes traînent-elles leurs journées sur la voie sans issue de la résignation, de l’abandon, voire de la rancœur ; dans combien de maisons est venu à manquer le vin de la joie et donc la saveur — la sagesse même — de la vie [...] Ce soir, nous nous faisons la voix des uns et des autres à travers notre prière, une prière pour tous ».

2. Lieu intime de joies et d’épreuves, d’affections profondes et de relations parfois blessées, la famille est véritablement « école d’humanité » (« Familia schola quaedam uberioris humanitatis est » : Concile Vatican II, Constitution sur l’Église dans le monde contemporain Gaudium et Spes, n°52), dont le besoin est fortement perçu. Malgré les nombreux signaux de crise de l’institution familiale dans les différents contextes du « village global », le désir de famille demeure vif, en particulier parmi les jeunes et motive le besoin que l’Église annonce sans relâche et au travers d’un partage profond cet « Évangile de la famille » qui lui a été confié au travers de la révélation de Dieu en Jésus Christ.

3. Sur la réalité de la famille, décisive et précieuse, l’Évêque de Rome a appelé à réfléchir le Synode des Évêques en son Assemblée générale extraordinaire d’octobre 2014, pour approfondir ensuite la réflexion lors de l’Assemblée générale ordinaire qui se tiendra en octobre 2015, tout comme au cours de l’ensemble de l’année qui s’écoulera entre les deux événements synodaux. « Le fait de convenire in unum autour de l’Évêque de Rome est déjà un événement de grâce, dans lequel la collégialité épiscopale se manifeste sur un chemin de discernement spirituel et pastoral » : c’est ainsi que le Pape François a décrit l’expérience synodale, en indiquant les devoirs liés à la double écoute des signes de Dieu et de l’histoire des hommes et à la fidélité, double et unique, qui en découle.

4. À la lumière de ce même discours, nous avons recueilli les résultats de nos réflexions et de nos dialogues au sein des trois parties suivantes : L’écoute, pour regarder la réalité de la famille aujourd’hui, dans la complexité de ses lumières et de ses ombres ; le regard fixé sur le Christ pour repenser, avec fraîcheur renouvelée et enthousiasme ce que la révélation transmise dans la foi de l’Église, nous dit sur la beauté et la dignité de la famille ; la confrontation à la lumière du Seigneur Jésus pour discerner les voies grâce auxquelles renouveler l’Église et la société dans leur engagement en faveur de la famille.

PREMIERE PARTIE

L’écoute : le contexte et les défis concernant la famille

Le contexte socioculturel

5. Le changement anthropologique et culturel influence aujourd’hui tous les aspects de la vie et requiert une approche analytique et diversifiée, capable de percevoir les formes positives de la liberté individuelle. Il faut également prendre en compte le danger croissant représenté par un individualisme exacerbé qui dénature les liens familiaux et finit par considérer chaque composant de la famille comme une île, faisant prévaloir, dans certains cas, l’idée d’un sujet qui se construit selon ses propres désirs considérés comme un absolu.

6. La plus grande épreuve pour les familles de notre temps est souvent la solitude, qui détruit et provoque une sensation générale d’impuissance vis-à-vis de la réalité socio-économique qui, souvent, finit par les écraser. Il en est ainsi de la croissante précarité du travail, qui est parfois vécue comme un véritable cauchemar, ou d’une fiscalité trop lourde qui n’encourage certainement pas les jeunes à se marier.

7. Il existe des contextes culturels et religieux qui lancent des défis particuliers. Dans les sociétés africaines, existe encore la pratique de la polygamie et, dans certains contextes traditionnels, la coutume du « mariage par étapes ». Dans d’autres contextes, se maintient la pratique des mariages combinés. Dans les pays où la religion catholique est minoritaire, nombreux sont les mariages mixtes, avec toutes les difficultés qu’ils comportent en ce qui concerne la configuration juridique, l’éducation des enfants et le respect réciproque du point de vue de la liberté religieuse mais aussi avec les grandes potentialités de rencontre dans la diversité de la foi que ces histoires de vie familiale présentent. Dans de nombreux contextes, et pas seulement occidentaux, se diffuse actuellement largement la pratique de la cohabitation qui précède le mariage ou encore de cohabitations non orientées à prendre la forme d’un lien institutionnel.

8. Nombreux sont les enfants qui naissent en dehors du mariage, en particulier dans certains pays et nombreux sont ceux qui grandissent ensuite avec un seul de leurs parents ou dans un contexte familial élargi ou reconstitué. Le nombre des divorces est croissant et le cas de choix déterminés seulement par des facteurs d’ordre économique n’est pas rare. La condition de la femme a encore besoin d’être défendue et promue parce que de nombreuses situations de violence s’enregistrent à l’intérieur des familles. Les enfants font souvent l’objet de luttes entre leurs parents et ils constituent les véritables victimes des lacérations familiales. Les sociétés traversées par la violence à cause de la guerre, du terrorisme ou de la présence de la criminalité organisée connaissent également des situations familiales détériorées. Les migrations représentent en outre un autre signe des temps qu’il faut affronter et comprendre avec toute sa charge de conséquences sur la vie familiale.

L’importance de la vie affective

9. Face à ce cadre social, on rencontre chez les individus un plus grand besoin de prendre soin de leur propre personne, de se connaître intérieurement, de vivre mieux en syntonie avec leurs émotions et leurs sentiments, de chercher une relation de qualité dans la vie affective. De même, on peut rencontrer un désir diffus de famille, qui s’accompagne de la recherche de soi-même. Mais comment cultiver et soutenir cette tension au soin de soi-même et ce désir de famille ? Il y a là un grand défi également pour l’Église. Le danger de l’individualisme et le risque de vivre de manière égoïste sont importants.

10. Le monde actuel semble valoriser une affectivité sans limite, dont tous les versants doivent être explorés, même les plus complexes. De fait, la question de la fragilité affective est de grande actualité : une affectivité narcissique, instable et changeante qui n’aide pas toujours les sujets à atteindre une plus grande maturité. Dans ce contexte, les couples sont parfois incertains, hésitants et ont du mal à trouver des manières pour grandir. Nombreux sont ceux qui tendent à demeurer aux premiers stades de la vie émotionnelle et sexuelle. La crise du couple déstabilise la famille et peut arriver, au travers des séparations et des divorces, à produire des conséquences sérieuses sur les adultes, les enfants et la société, affaiblissant l’individu et les liens sociaux. Le déclin de la population ne détermine pas seulement une situation dans laquelle le remplacement des générations n’est plus assuré mais risque de conduire, avec le temps, à un appauvrissement économique et à une perte d’espérance dans l’avenir.

Les défis pastoraux

11. Dans ce contexte, l’Église perçoit le besoin de dire une parole d’espérance et de sens. Il faut partir de la conviction que l’homme vient de Dieu et que, donc, une réflexion capable de proposer à nouveau les grandes questions sur la signification d’être hommes peut trouver un terrain fertile dans les attente les plus profondes de l’humanité. Les grandes valeurs du mariage et de la famille chrétienne correspondent à la recherche qui traverse l’existence humaine, y compris à une époque marquée par l’individualisme et par l’hédonisme. Il faut accueillir les personnes avec leur existence concrète, savoir soutenir leur recherche, encourager le désir de Dieu et la volonté de se sentir pleinement partie intégrante de l’Église même de ceux qui ont fait l’expérience de l’échec ou se trouvent dans les situations les plus disparates. Ceci exige que la doctrine de la foi, que l’on doit faire connaître toujours davantage dans ses contenus fondamentaux, soit proposée avec la miséricorde.

II PARTIE

Le regard sur le Christ : l’Évangile de la famille

Le regard sur Jésus et la gradualité dans l’histoire du salut

12. Afin de « contrôler notre allure sur le terrain des défis contemporains, la condition décisive est de garder le regard fixé sur Jésus Christ, de s’arrêter dans la contemplation et dans l’adoration de sa face [...]. En effet, chaque fois que nous revenons à la source de l’expérience chrétienne, de nouvelles routes et des possibilités impensables s’ouvrent. (Pape François, Discours du 4 octobre 2014). Jésus a regardé les femmes et les hommes qu’Il a rencontré avec amour et tendresse, accompagnant leurs pas avec patience et miséricorde dans l’annonce des exigences du Royaume de Dieu.

13. Du moment que l’ordre de la Création est déterminé par l’orientation au Christ, il faut distinguer sans les séparer les différents degrés au travers desquels Dieu communique à l’humanité la grâce de l’alliance. En raison de la loi de la gradualité (cf. Familiaris Consortio, 34), propre à la pédagogie divine, il s’agit de lire en termes de continuité et de nouveauté l’alliance nuptiale, dans l’ordre de la Création et dans celui de la Rédemption.

14. Jésus Lui-même, en se référant au dessein premier sur le couple humain, réaffirme l’union indissoluble entre l’homme et la femme, tout en comprenant que « en raison de votre dureté de cœur (que) Moise vous a permis de répudier vos femmes ;mais dès l’origine, il n’en fut pas ainsi » (Mt 19,8). De cette manière, Il montre combien la condescendance divine accompagne toujours le chemin de l’homme, l’orientant vers son principe, non sans passer par la croix.

La famille dans le dessein salvifique de Dieu

15. Puisque, par l’engagement de l’accueil réciproque et par la grâce du Christ, les fiancés se promettent fidélité et ouverture à la vie, ils reconnaissent comme éléments constitutifs du mariage les dons que Dieu leur offre, prenant sérieusement leur mutuel engagement en son nom et face à l’Église. Or, dans la foi, il est possible de prendre les biens du mariage comme des engagements plus soutenables au travers de l’aide de la grâce du sacrement. Dieu consacre l’amour des époux et en confirme l’indissolubilité, en leur offrant l’aide pour vivre la fidélité et pour s’ouvrir à la vie. Le regard de l’Église ne se tourne donc pas seulement vers le couple mais vers la famille.

16. Nous pouvons distinguer trois étapes fondamentales dans le dessein divin concernant la famille : la famille des origines, lorsque Dieu créateur institua le mariage primordial entre Adam et Éve, comme fondement solide de la famille : homme et femme Il les créa (cf. Gn 1, 24-31 ; 2, 4b) ; la famille historique blessée par le péché (cf. Gn 3) et la famille rachetée par le Christ (cf. Ep 5, 21-32), à l’image de la Sainte Trinité, mystère dont découle tout amour véritable. L’alliance conjugale, inaugurée avec la Création et révélée dans l’histoire entre Dieu et Israël, arrive à sa plénitude avec le Christ dans l’Église.

17. Vu le principe de gradualité du plan salvifique divin, on se demande quelles possibilités sont données aux époux qui vivent l’échec de leur mariage ou comment il est possible de leur offrir l’aide du Christ au travers du ministère de l’Église. À ce propos, une clef herméneutique significative provient de l’enseignement du Concile Vatican II, qui, s’il affirme que « l’unique Église du Christ subsiste dans l’Église catholique », reconnaît également que bien que des éléments nombreux de sanctification et de vérité se trouvent hors de sa sphère, éléments qui, appartenant proprement par le don de Dieu à l’Église du Christ, portent par eux-mêmes à l’unité catholique. (Lumen gentium 8). Dans cette perspective, doivent tout d’abord être réaffirmées la valeur et la consistance propre du mariage naturel. Certains se demandent s’il est possible que la plénitude sacramentelle du mariage n’exclut pas la possibilité de reconnaître des éléments positifs également dans les formes imparfaites qui se trouvent en dehors de cette réalité nuptiale mais dans tous les cas ordonnées à celle-ci. La doctrine des degrés de communion, formulée par le Concile Vatican II, confirme la vision d’une manière articulée de participer au Mysterium Ecclesiae de la part des baptisés.

19. Dans cette même perspective, que nous pourrons qualifier d’inclusive, le Concile ouvre également l’horizon dans lequel s’apprécient les éléments positifs présents dans les autres religions (cf. Nostra Aetate, 2) et cultures, malgré leurs limites et leurs insuffisances (cf. Redemptoris Missio, 55). Du regard tourné vers la sagesse humaine présente en eux, en effet, l’Église apprend comment la famille est considérée universellement comme forme nécessaire et féconde de coexistence humaine. Dans ce sens, l’ordre de la Création, dans lequel la vision chrétienne de la famille est enracinée, se déploie au niveau historique dans les différentes expressions culturelles et géographiques.

20. Un discernement spirituel étant donc nécessaire en ce qui concerne les cohabitations et les mariages civils ainsi que pour ce qui est des divorcés « remariés », il appartient à l’Église de reconnaître ces semina Verbi répandus hors des frontières visibles et sacramentelles. En suivant le vaste regard du Christ, dont la lumière éclaire tout homme (cf. Jn 1, 9 ; cf. Gaudium et Spes, 22), l’Église se tourne avec respect vers ceux qui participent à sa vie de manière incomplète et imparfaite, appréciant plus les valeurs positives qu’ils conservent que leurs limites et leurs manquements.

Vérité et beauté de la famille et miséricorde

21. L’Évangile de la famille, alors qu’il resplendit grâce au témoignage de nombreuses familles qui vivent avec cohérence la fidélité au sacrement, produisant les fruits murs de la sainteté quotidienne authentique, nourrit également ces semina Verbi qui attendent encore de mûrir et doit soigner les arbres qui sont devenus secs et demandent à ne pas être négligés.

22. Dans ce sens, une nouvelle dimension de la pastorale familiale actuelle, consiste dans la prise en compte de la réalité des mariages civils et également, en faisant les différences nécessaires, des cohabitations. En effet, lorsque l’union atteint une stabilité notable au travers d’un lien public, est marquée par une affection profonde, par la responsabilité vis-à-vis des enfants, par une capacité à résister dans les épreuves, elle peut être considérée comme un bourgeon à accompagner dans son développement vers le sacrement du mariage. Très souvent, en revanche, la cohabitation ne s’établit pas en vue d’un futur mariage possible mais sans aucune intention d’établir un rapport institutionnel.

23. Conforme au regard miséricordieux de Jésus, l’Église doit accompagner avec attention et sollicitude ses enfants les plus fragiles, marqués par un amour blessé et perdu, redonnant confiance et espérance, comme la lumière du phare d’un port ou d’une torche placée au milieu d’un groupe de personnes peut illuminer ceux qui ont perdu la route ou se trouvent au milieu de la tempête.

III PARTIE

La discussion : les perspectives pastorales

Annoncer l’Évangile de la famille aujourd’hui, dans les différents contextes

24. Le dialogue synodal a permis de s’accorder sur les instances pastorales les plus urgentes à confier à la concrétisation des Églises locales, dans la communion cum Petro et sub Petro.

25. L’annonce de l’Évangile de la famille constitue une urgence pour la nouvelle évangélisation. L’Église doit la réaliser avec la tendresse d’une mère et la clarté d’une maîtresse (cf. Ep 4,15), dans la fidélité à la kénosemiséricordieuse du Christ. La vérité s’incarne dans la fragilité humaine non pas pour la condamner, mais pour la guérir.

26. Évangéliser est une responsabilité partagée par le peuple de Dieu tout entier, chacun selon son propre ministère et charisme. Sans le témoignage joyeux des époux et des familles, l’annonce, même si elle est correcte, risque de ne pas être comprise et de se noyer dans le flot de paroles qui caractérise notre société (cf. Novo millennio ineunte, 50). Les Pères synodaux ont à plusieurs reprises souligné que les familles catholiques sont appelées à être elles-mêmes les sujets actifs de toute la pastorale familiale.

27. Il est fondamental de mettre en exergue le primat de la grâce, et par conséquent, les possibilités que l’Esprit offre par le sacrement. Il s’agit de faire comprendre par l’expérience que l’Évangile de la famille est une joie qui « remplit le cœur et toute la vie », parce que dans le Christ nous sommes « libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement » (Evangelii gaudium, 1). À la lumière de la parabole du semeur (cf. Mt 13, 3), notre tâche consiste à coopérer aux semailles : le reste est l’œuvre de Dieu. Il ne faut pas oublier que l’Église qui prêche sur la famille est un signe de contradiction.

28. C’est pourquoi une conversion missionnaire est requise : il ne faut pas se limiter à une annonce purement théorique et détachée des problèmes réels des personnes. Il ne faut jamais oublier que la crise de la foi a comporté une crise du mariage et de la famille et, par conséquent, la transmission de la foi des parents aux enfants a été souvent interrompue. L’imposition de certaines perspectives culturelles qui affaiblissent la famille et le mariage n’ont pas d’incidence sur une foi solide.

29. La conversion doit être avant tout une conversion du langage pour qu’il soit effectivement significatif. L’annonce doit faire connaître par l’expérience que l’Évangile de la famille est la réponse aux attentes les plus profondes de la personne humaine : à sa dignité et à la pleine réalisation dans la réciprocité et dans la communion. Il ne s’agit pas seulement de présenter des règles, mais aussi de proposer des valeurs, en répondant ainsi à un besoin que l’on constate aujourd’hui dans les pays les plus sécularisés.

30. L’approfondissement biblico-théologique indispensable doit être accompagné par le dialogue, à tous les niveaux. Beaucoup ont insisté sur une approche plus positive des richesses contenues dans les différentes expériences religieuses, sans passer sous silence les difficultés. Dans les différents contextes culturels, il faut tout d’abord saisir les possibilités, puis, à la lumière de celles-ci, repousser les limites et les radicalisations.

31. Le mariage chrétien ne peut pas être considéré uniquement comme une tradition culturelle ou une exigence sociale, il faut que ce soit une décision vocationnelle assumée après une préparation adéquate et un discernement mûr, dans un parcour de foi. Il ne s’agit pas de poser des difficultés ou de compliquer les cycles de formation, mais d’aller en profondeur et ne pas se contenter de rencontres théoriques ou d’orientations générales.

32. D’un commun accord, il a été rappelé que, dans la perspective familiale, une conversion de la pratique pastorale dans son ensemble est nécessaire pour dépasser les optiques individualistes qui la caractérisent encore. C’est pourquoi on a insisté à plusieurs reprises sur le renouvellement de la formation des prêtres et des autres agents pastoraux, avec une implication plus grande des familles.

33. De même, a été souligné le besoin d’une évangélisation qui dénonce avec franchise les facteurs culturels, sociaux et économiques, par exemple la place excessive donnée à la logique du marché, qui empêchent une vie familiale authentique, entraînant la discrimination, la pauvreté, l’exclusion, la violence. C’est pourquoi il faut développer un dialogue et une coopération avec les structures sociales, et encourager et soutenir les laïcs qui s’engagent dans les domaines culturel et sociopolitique.

Guider les futurs époux sur le chemin de la préparation au mariage

34. La réalité sociale complexe et les défis que la famille est appelée à affronter aujourd’hui demandent un engagement plus grand de la communauté chrétienne pour la préparation des futurs époux au mariage. En ce qui concerne ce besoin, les Pères synodaux ont insisté d’un commun accord sur l’exigence d’une implication plus grande de la communauté tout entière, en privilégiant le témoignage des familles, ainsi que l’enracinement de la préparation au mariage dans le chemin d’initiation chrétienne, en soulignant le lien du mariage avec les autres sacrements. On a également mis en évidence le besoin de programmes spécifiques de préparation proche au mariage qui soient une véritable expérience de participation à la vie ecclésiale et qui approfondissent les différents aspects de la vie familiale.

Accompagner les premières années de la vie conjugale

35. Les premières années de mariage représentent une période vitale et délicate au cours de laquelle le couple devient plus conscient des défis et du sens du mariage. D’où l’exigence d’un accompagnement pastoral qui dépasse la célébration du sacrement. Dans cette pastorale, la présence de couples ayant de l’expérience s’avère de la plus haute importance. La paroisse est considérée comme le lieu idéal où les couples experts peuvent être à la disposition de ceux plus jeunes. Les couples doivent être encouragés à assumer une attitude fondamentale d’accueil du grand don que représentent les enfants. Il faut souligner l’importance de la spiritualité familiale et de la prière, en encourageant les couples à se réunir régulièrement pour promouvoir la croissance de la vie spirituelle et la solidarité dans les exigences concrètes de la vie. Les liturgies significatives, les pratiques dévotionnelles et les Eucharisties célébrées pour les familles ont été mentionnées comme étant vitales pour favoriser l’évangélisation à travers la famille.

Les aspects positifs dans les unions civiles et les concubinages

36. Une nouvelle sensibilité de la pastorale d’aujourd’hui consiste à comprendre la réalité positive des mariages civils et, compte tenu des différences, des concubinages. Il faut que dans la proposition ecclésiale, tout en présentant clairement l’idéal, nous indiquions aussi les éléments constructifs de ces situations qui ne correspondent plus ou pas encore à cet idéal.

37. On relève également, dans de nombreux pays, un “nombre croissant de couples qui vivent ensemble ad experimentum, sans aucun mariage, ni canonique ni civil” (Instrumentum Laboris, 81). En Afrique, cela se produit surtout dans le mariage traditionnel, contracté entre familles et souvent célébré par étapes. Face à ces situations, l’Église est appelée à être “toujours la maison ouverte du Père […] où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile” (Evangelii gaudium, 47) et à aller en aide à celui qui éprouve le besoin de reprendre son chemin de foi, même s’il n’est pas possible de célébrer un mariage canonique.

38. En Occident, le nombre de ceux qui, après avoir longtemps vécu ensemble, demandent de célébrer le mariage à l’église est aussi en croissance constante. Le simple concubinage est souvent choisi à cause de la mentalité générale, s’opposant aux institutions et aux engagements définitifs, mais aussi dans l’attente d’une sécurité existentielle (un emploi et un salaire fixes). Dans d’autres pays, les unions de fait sont très nombreuses, non pas par rejet des valeurs chrétiennes relatives à la famille et au mariage, mais surtout du fait que se marier est un luxe ; ainsi la misère matérielle pousse à vivre dans une union de fait. Dans ces unions aussi, on peut voir des valeurs familiales authentiques, ou du moins le désir de celles-ci. Il faut que l’accompagnement pastoral commence toujours par ces aspects positifs.

39. Toutes ces situations doivent être affrontées de manière constructive, en essayant de les transformer en opportunité de cheminer vers la plénitude du mariage et de la famille, à la lumière de l’Évangile. Il s’agit de les accueillir et de les accompagner avec patience et délicatesse. À cet effet, le témoignage attrayant de familles chrétiennes authentiques, comme sujets de l’évangélisation de la famille, est important.

Soigner les familles blessées (séparés, divorcés non remariés, divorcés remariés)

40. Au cours du Synode, le besoin de choix pastoraux courageux a été clairement ressenti. Confirmant avec force la fidélité à l’Évangile, les Pères synodaux ont perçu l’urgence de chemins pastoraux nouveaux, qui partent de la réalité effective des fragilités familiales, en reconnaissant que, le plus souvent, celles-ci sont “subies” plus que choisies en toute liberté. Il s’agit de situations différentes dues à des facteurs personnels comme culturels et socioéconomiques. Envisager des solutions uniques ou s’inspirant de la logique du “tout ou rien” n’est pas signe de sagesse. Le dialogue et la confrontation vécus au Synode devront se poursuivre dans les Églises locales, avec la participation des différentes composantes, de manière à ce que les perspectives qui se profilent puissent être menées à leur plein mûrissement par le travail de la prochaine Assemblée Générale Ordinaire. L’Esprit qui nous guide, et qui est constamment invoqué, permettra au peuple de Dieu de vivre la fidélité à l’Évangile de la famille comme une prise en charge miséricordieuse de toutes les situations de fragilité.

41. Toute famille blessée doit tout d’abord être écoutée avec respect et amour, en devenant son compagnon de route, comme le Christ avec les disciples sur le chemin d’Emmaüs. Pour ces situations, les paroles du Pape François sont particulièrement pertinentes : « L’Église devra initier ses membres – prêtres, personnes consacrées et laïcs – à cet “art de l’accompagnement”, pour que tous apprennent toujours à ôter leurs sandales devant la terre sacrée de l’autre (cf. Ex 3,5). Nous devons donner à notre chemin le rythme salutaire de la proximité, avec un regard respectueux et plein de compassion mais qui en même temps guérit, libère et encourage à mûrir dans la vie chrétienne » (Evangelii gaudium, 169).

42. Un tel discernement est indispensable pour les personnes séparées ou divorcées. Il faut notamment respecter la souffrance de ceux qui ont subi injustement la séparation ou le divorce. Pardonner l’injustice subie n’est pas facile, mais c’est un chemin que la grâce rend possible. De même, il faut toujours souligner qu’il est indispensable de prendre en charge, de manière loyale et constructive, les conséquences de la séparation ou du divorce sur les enfants : ils ne peuvent pas devenir un “objet” de dispute, et il faut chercher les meilleurs moyens pour qu’ils puissent surmonter le traumatisme de la scission familiale et grandir le plus possible dans la sérénité.

43. Plusieurs Pères ont souligné le besoin de rendre les procédures de reconnaissance des cas de nullité du mariage plus accessibles et allégées. Il a été notamment proposé de pouvoir se passer de l’obligation de la double sentence conforme ; ouvrir une voie administrative sous la responsabilité de l’évêque diocésain ; entamer un procès sommaire dans les cas de nullité notoire. Selon des propositions éminentes, il faudraitenvisager la possibilité de considérer l’importance de la foi des futurs époux pour la validité du sacrement du mariage. Dans tous ces cas, il faut bien souligner qu’il s’agit d’établir la vérité sur la validité du lien.

44. Quant aux procès matrimoniaux, outre la préparation d’un nombre suffisant d’agents, clercs et laïcs, qui s’y consacrent prioritairement, la simplification de la procédure, demandée par un grand nombre, exige que l’on augmente la responsabilité de l’évêque diocésain, qui pourrait, dans son diocèse, charger un prêtre, préparé en bonne et due forme, de conseiller gratuitement les parties sur la validité de leur mariage.

45. Les personnes divorcées non remariées doivent être invitées à trouver dans l’Eucharistie la nourriture qui les soutient dans leur état. La communauté locale et les pasteurs doivent accompagner ces personnes avec sollicitude, surtout si elles ont des enfants ou vivent dans une situation de pauvreté grave.

46. Les situations des personnes divorcées remariées exigent aussi un discernement attentif et un accompagnement empreint de respect, évitant tout langage ou attitude qui les feraient sentir discriminées. Prendre soin de ces personnes ne représente pas pour la communauté chrétienne un affaiblissement de sa foi et de son témoignage de l’indissolubilité du mariage, au contraire, c’est par ces soins qu’elle exprime sa charité.

47. Quant à la possibilité d’accéder aux sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie, certains ont argumenté en faveur de la discipline actuelle en vertu de son fondement théologique, d’autres se sont exprimés en faveur d’une plus grande ouverture à des conditions bien précises, quand il s’agit de situations qui ne peuvent pas être dissoutes sans entraîner de nouvelles injustices et souffrances. Pour certains, il faudrait que l’éventuel accès aux sacrements soit précédé d’un chemin pénitentiel – sous la responsabilité de l’évêque diocésain –, et avec un engagement évident en faveur des enfants. Il s’agirait d’une situation non généralisée, fruit d’un discernement réalisé au cas pas cas, suivant une règle de gradualité, qui tienne compte de la distinction entre état de péché, état de grâce et circonstances atténuantes.

48. Suggérer de se limiter uniquement à la “communion spirituelle” pour un nombre non négligeable de Pères synodaux pose des questions : si la communion spirituelle est possible, pourquoi ne pas pouvoir accéder à celle sacramentelle ? Un approfondissement théologique a été donc sollicité à partir des liens entre sacrement du mariage et Eucharistie par rapport à l’Église-sacrement. Il faut également approfondir la dimension morale de cette problématique, en écoutant et en éclairant la conscience des époux.

49. Les questions relatives aux mariages mixtes ont été souvent citées dans les interventions des Pères synodaux. La diversité de la discipline relative au mariage dans les Églises orthodoxes pose, dans certains contextes, des problèmes graves auxquels il faut donner des réponses adéquates en communion avec le Pape, ce qui est valable aussi pour les mariages interreligieux.

Accueillir les personnes homosexuelles

50. Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne : sommes-nous en mesure d’accueillir ces personnes en leur garantissant un espace de fraternité dans nos communautés ? Souvent elles souhaitent rencontrer une Église qui soit une maison accueillante. Nos communautés peuvent-elles l’être en acceptant et en évaluant leur orientation sexuelle, sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le mariage ?

51. La question homosexuelle nous appelle à une réflexion sérieuse sur comment élaborer des chemins réalistes de croissance affective et de maturité humaine et évangélique en intégrant la dimension sexuelle : elle se présente donc comme un défi éducatif important. L’Église affirme, par ailleurs, que les unions entre des personnes du même sexe ne peuvent pas être assimilées au mariage entre un homme et une femme. Il n’est même pas acceptable que l’on veuille exercer des pressions sur l’attitude des pasteurs, ou que des organismes internationaux soumettent les aides financières à la condition d’introduire des lois s’inspirant de l’idéologie du gender.

52. Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu’il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires. De plus, l’Église prête une attention spéciales aux enfants qui vivent avec des couples du même sexe, en insistant que les exigences et les droits des petits doivent toujours être au premier rang.

La transmission de la vie et le défi de la dénatalité

53. Il n’est pas difficile de constater la diffusion d’une mentalité qui réduit l’engendrement de la vie à une variable des projets individuels ou de couple. Les facteurs d’ordre économique exercent un poids parfois déterminant contribuant à la baisse importante de la natalité qui affaiblit le tissu social, compromet les relations entre les générations et rend plus incertain le regard vers l’avenir. L’ouverture à la vie est une exigence intrinsèque de l’amour conjugal.

54. Sans doute faut-il, dans ce domaine aussi, un langage réaliste, qui se base sur l’écoute des personnes et qui sache expliquer que la beauté et la vérité d’une ouverture sans réserve à la vie est ce dont l’amour humain a besoin pour être vécu en plénitude. C’est sur cette base que peut reposer un enseignement sur les méthodes naturelles, permettant aux époux de vivre leur communication de manière harmonieuse et consciente, dans toutes ses dimensions, avec la responsabilité d’engendrer. Dans cette optique, il faut redécouvrir le message de l’encyclique Humanae Vitae de Paul VI, qui souligne le besoin de respecter la dignité de la personne dans l’évaluation morale des méthodes de contrôle des naissances.

55. Aussi faut-il aider à vivre l’affectivité, même dans le lien conjugal, comme un chemin de maturation, dans un accueil de plus en plus profond de l’autre et en se donnant de manière de plus en plus pleine. En ce sens, il faut insister sur le besoin d’offrir des chemins de formation qui alimentent la vie conjugale, et sur l’importance d’un laïcat qui offre un accompagnement fait de témoignage vivant. L’exemple d’un amour fidèle et profond, fait de tendresse, de respect, capable de croître dans le temps et qui vit, par son ouverture concrète à l’engendrement de la vie, l’expérience d’un mystère qui nous transcende, est sans aucun doute une grande aide.

Le défi de l’éducation et le rôle de la famille dans l’évangélisation

56. Le défi fondamental face auquel se trouvent les familles aujourd’hui est certainement le défi éducatif, rendu plus difficile et complexe par la réalité culturelle d’aujourd’hui. Il faut bien tenir compte des exigences et des attentes de familles capables d’offrir un témoignage dans la vie quotidienne, lieux de croissance, de transmission concrète et essentielle des vertus qui forgent l’existence.

57. L’Église peut jouer ce rôle précieux de soutien aux familles, à partir de l’initiation chrétienne, à travers des communautés accueillantes. Aujourd’hui encore plus qu’hier, dans des situations complexes comme dans les situations ordinaires, il lui est demandé de soutenir les parents dans leur tâche éducative, en accompagnant les enfants, les adolescents et les jeunes dans leur croissance, par des parcours personnalisés, pouvant les introduire au sens plein de la vie, et susciter des choix et des responsabilités, vécus à la lumière de l’Évangile.

Conclusion

58. Les réflexions proposées, fruit du dialogue synodal qui s’est déroulé en toute liberté et dans un mode d’écoute réciproque, entendent poser des questions et indiquer des perspectives que les Églises locales devront faire mûrir et préciser, par leur réflexion, durant l’année qui nous sépare de l’Assemblée Générale Ordinaire du Synode des évêques, prévue en octobre 2015. Il ne s’agit pas de décisions prises, ni de perspectives faciles. Cependant, le chemin collégial des évêques et la participation du peuple de Dieu tout entier, sous l’action du Saint-Esprit, pourront nous guider vers des voies de vérité et de miséricorde pour tous. Tel est le souhait que le Pape François a exprimé dès le début de nos travaux, en nous invitant au courage de la foi et à l’accueil humble et honnête de la vérité dans la charité.

C’est le Christ, et non un autre, qui guide l’Egllise et qui la sauve

Nous venons d’entendre une des phrases les plus célèbres de tout l’Évangile : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 21). À la provocation des pharisiens qui, pour ainsi dire, voulaient lui faire passer l’examen de religion et le prendre en défaut, Jésus répond avec cette phrase ironique et géniale. C’est une réponse à effet que le Seigneur livre à tous ceux qui se posent des problèmes de conscience, surtout quand entrent en jeu leurs intérêts, leurs richesses, leur prestige, leur pouvoir et leur réputation. Et cela arrive de tout temps, depuis toujours. L’accent de Jésus retombe sûrement sur la seconde partie de la phrase : “Et (rendez) à Dieu ce qui est à Dieu”.

Cela signifie reconnaître et professer – face à n’importe quel type de pouvoir – que seul Dieu est le Seigneur de l’homme, et qu’il n’y en a pas d’autre. C’est la nouveauté éternelle à découvrir chaque jour, en vainquant la peur que nous éprouvons souvent devant les surprises de Dieu. Lui n’a pas peur de la nouveauté ! C’est pourquoi, il nous surprend continuellement, nous ouvrant et nous conduisant par des chemins imprévus. Il nous renouvelle, c’est-à-dire qu’il nous fait “nouveaux”, continuellement. Un chrétien qui vit l’Évangile est “la nouveauté de Dieu” dans l’Église et dans le monde. Et Dieu aime beaucoup cette “nouveauté” ! « Rendre à Dieu ce qui est à Dieu », signifie s’ouvrir à sa volonté, lui consacrer notre vie et coopérer à son Royaume de miséricorde, d’amour et de paix.

Là se trouve notre force véritable, le ferment qui la fait lever et le sel qui donne saveur à chaque effort humain contre le pessimisme dominant que nous propose le monde. Là se trouve notre espérance parce que l’espérance en Dieu n’est donc pas une fuite de la réalité, elle n’est pas un alibi : c’est rendre à Dieu d’une manière active ce qui lui appartient. C’est pour cela que le chrétien regarde la réalité future, celle de Dieu, pour vivre pleinement la vie – les pieds bien plantés sur la terre – et répondre, avec courage, aux innombrables nouveaux défis.

Nous l’avons vu ces jours-ci durant le Synode extraordinaire des Évêques – “Synode” signifie « marcher ensemble ». Et en effet, pasteurs et laïcs de chaque partie du monde ont apporté ici à Rome la voix de leurs Églises particulières pour aider les familles d’aujourd’hui à marcher sur la route de l’Évangile, le regard fixé sur Jésus.

Ce fut une grande expérience dans laquelle nous avons vécu la synodalité et la collégialité, et nous avons senti la force de l’Esprit Saint qui guide et renouvelle toujours l’Église appelée, sans délai, à prendre soin des blessures qui saignent et à rallumer l’espérance pour beaucoup de gens sans espérance. Pour le don de ce Synode et pour l’esprit constructif offert par tous, avec l’apôtre Paul : « À tout moment, nous rendons grâce à Dieu au sujet de vous tous, en faisant mémoire de vous dans nos prières » (1 Th 1, 2).

Et que l’Esprit Saint qui, en ces jours laborieux nous a donné de travailler généreusement avec vraie liberté et humble créativité, accompagne encore la marche qui, dans les Églises de toute la terre, nous prépare au prochain Synode Ordinaire des Évêques d’octobre 2015. Nous avons semé et nous continuerons à semer avec patience et persévérance, dans la certitude que c’est le Seigneur qui fait croître tout ce que nous avons semé (cf. 1 Co 3, 6).

En ce jour de la béatification du Pape Paul VI, me reviennent à l’esprit ses paroles, par lesquelles il a institué le Synode des Évêques : « En observant attentivement les signes des temps, nous nous efforçons d’adapter les orientations et les méthodes … aux besoins croissants de notre époque et à l’évolution de la société » (Lett. ap. Motu proprio Apostolica sollicitudo).

À l’égard de ce grand Pape, de ce courageux chrétien, de cet apôtre infatigable, nous ne pouvons dire aujourd’hui devant Dieu qu’une parole aussi simple que sincère et importante : merci ! Merci ! [applaudissements] Merci à notre cher et bien-aimé Pape Paul VI ! Merci pour ton témoignage humble et prophétique d’amour du Christ et de son Église ! [applaudissements]

Dans son journal personnel, le grand timonier du Concile, au lendemain de la clôture des Assises conciliaires, a noté : « Peut-être n’est-ce pas tant en raison d’une aptitude quelconque ou afin que je gouverne et que je sauve l’Église de ses difficultés actuelles, que le Seigneur m’a appelé et me garde à ce service, mais pour que je souffre pour l’Église, et qu’il soit clair que c’est Lui, et non un autre, qui la guide et qui la sauve » [applaudissements] (P. Macchi, Paul VI à travers son enseignement, de Guibert 2005, p. 105).

Dans cette humilité resplendit la grandeur du Bienheureux Paul VI qui, alors que se profilait une société sécularisée et hostile, a su conduire avec une sagesse clairvoyante – et parfois dans la solitude – le gouvernail de la barque de Pierre sans jamais perdre la joie ni la confiance dans le Seigneur.

Paul VI a vraiment su “rendre à Dieu ce qui est à Dieu” en consacrant sa vie tout entière à « l’engagement sacré, solennel et très grave : celui de continuer dans le temps et d’étendre sur la terre la mission du Christ » (Homélie pour le rite du couronnement, Documentation catholique n. 1404 [1963], col. 932), en aimant l’Église et en la guidant pour qu’elle soit « en même temps mère aimante de tous les hommes et dispensatrice du salut » (Lett. ap. Ecclesiam Suam, Prologue).

III ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXTRAORDINAIRE DU SYNODE DES ÉVÊQUES : MESSAGE

Nous, Pères synodaux réunis à Rome autour du Pape François pour l’Assemblée générale extraordinaire du Synode des évêques, nous nous adressons à toutes les familles des divers continents, et en particulier à celles qui suivent le Christ, Chemin, Vérité et Vie. Nous manifestons notre admiration et notre gratitude pour le témoignage quotidien que vous nous offrez, ainsi qu’au monde, par votre fidélité, votre foi, votre espérance et votre amour.

Nous aussi, pasteurs de l’Église, nous sommes nés et avons grandi dans des familles aux histoires et vicissitudes les plus diverses. En tant que prêtres et évêques, nous avons rencontré et avons vécu aux côtés de familles qui nous ont raconté en parole et révélé en actes toute une série de merveilles mais aussi de difficultés.

La préparation même de cette assemblée synodale, à partir des réponses au questionnaire envoyé aux Églises du monde entier, nous a permis de nous mettre à l’écoute de nombreuses expériences familiales. Notre dialogue durant les jours du Synode nous a ainsi enrichis mutuellement, nous aidant à regarder la réalité vivante et complexe dans laquelle évoluent les familles.

À vous, nous proposons cette parole du Christ : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Ap 3, 20). Comme il le faisait durant ses pérégrinations sur les routes de la Terre Sainte, entrant dans les maisons des villages, Jésus continue à passer aussi aujourd’hui par les rues de nos villes. Dans vos foyers, vous faites l’expérience d’ombres et de lumières, de défis exaltants, mais parfois aussi d’épreuves dramatiques. L’obscurité se fait encore plus épaisse, jusqu’à devenir ténèbres, lorsque le mal et le péché s’insinuent au cœur même de la famille.

Il y a, avant tout, le grand défi de la fidélité dans l’amour conjugal. L’affaiblissement de la foi et des valeurs, l’individualisme, l’appauvrissement des relations, le stress d’une frénésie qui empêche la réflexion marquent aussi la vie familiale. On assiste alors à de nombreuses crises matrimoniales, affrontées souvent de façon expéditive, sans avoir le courage de la patience, de la remise en question, du pardon mutuel, de la réconciliation et même du sacrifice. Ces échecs sont ainsi à l’origine de nouvelles relations, de nouveaux couples, de nouvelles unions et de nouveaux mariages, qui créent des situations familiales complexes et problématiques quant au choix de la vie chrétienne.

Parmi ces défis, nous souhaitons ensuite évoquer les épreuves de l’existence même. Pensons à la souffrance qui peut apparaître lorsque qu’un enfant est handicapé, lors d’une grave maladie, lors de la dégénérescence neurologique due à la vieillesse, lors de la mort d’une personne chère. La fidélité généreuse de tant de familles qui vivent ces épreuves avec courage, foi et amour est admirable, lorsqu’elles les considèrent non comme quelque chose qui leur a été arrachée ou imposée, mais comme quelque chose qui leur a été donné et qu’ils offrent à leur tour, voyant en toutes ces personnes éprouvées le Christ souffrant lui-même.

Nous pensons aux difficultés économiques causées par des systèmes pervers, par le « fétichisme de l’argent » et par « la dictature de l’économie sans visage et sans un but véritablement humain » (Evangelii gaudium, 55) qui humilie la dignité de la personne. Nous pensons aux pères et aux mères sans emploi, impuissants face aux besoins les plus élémentaires de leur famille ; et à ces jeunes qui se trouvent devant des journées désœuvrées et sans espérance, proies potentielles des dérives de la drogue et de la criminalité.

Nous pensons enfin à la foule des familles pauvres, à celles qui s’agrippent à une barque pour atteindre des moyens

III ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXTRAORDINAIRE DU SYNODE DES ÉVÊQUES : MESSAGE

Nous, Pères synodaux réunis à Rome autour du Pape François pour l’Assemblée générale extraordinaire du Synode des évêques, nous nous adressons à toutes les familles des divers continents, et en particulier à celles qui suivent le Christ, Chemin, Vérité et Vie. Nous manifestons notre admiration et notre gratitude pour le témoignage quotidien que vous nous offrez, ainsi qu’au monde, par votre fidélité, votre foi, votre espérance et votre amour.

Nous aussi, pasteurs de l’Église, nous sommes nés et avons grandi dans des familles aux histoires et vicissitudes les plus diverses. En tant que prêtres et évêques, nous avons rencontré et avons vécu aux côtés de familles qui nous ont raconté en parole et révélé en actes toute une série de merveilles mais aussi de difficultés.

La préparation même de cette assemblée synodale, à partir des réponses au questionnaire envoyé aux Églises du monde entier, nous a permis de nous mettre à l’écoute de nombreuses expériences familiales. Notre dialogue durant les jours du Synode nous a ainsi enrichis mutuellement, nous aidant à regarder la réalité vivante et complexe dans laquelle évoluent les familles.

À vous, nous proposons cette parole du Christ : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Ap 3, 20). Comme il le faisait durant ses pérégrinations sur les routes de la Terre Sainte, entrant dans les maisons des villages, Jésus continue à passer aussi aujourd’hui par les rues de nos villes. Dans vos foyers, vous faites l’expérience d’ombres et de lumières, de défis exaltants, mais parfois aussi d’épreuves dramatiques. L’obscurité se fait encore plus épaisse, jusqu’à devenir ténèbres, lorsque le mal et le péché s’insinuent au cœur même de la famille.

Il y a, avant tout, le grand défi de la fidélité dans l’amour conjugal. L’affaiblissement de la foi et des valeurs, l’individualisme, l’appauvrissement des relations, le stress d’une frénésie qui empêche la réflexion marquent aussi la vie familiale. On assiste alors à de nombreuses crises matrimoniales, affrontées souvent de façon expéditive, sans avoir le courage de la patience, de la remise en question, du pardon mutuel, de la réconciliation et même du sacrifice. Ces échecs sont ainsi à l’origine de nouvelles relations, de nouveaux couples, de nouvelles unions et de nouveaux mariages, qui créent des situations familiales complexes et problématiques quant au choix de la vie chrétienne.

Parmi ces défis, nous souhaitons ensuite évoquer les épreuves de l’existence même. Pensons à la souffrance qui peut apparaître lorsque qu’un enfant est handicapé, lors d’une grave maladie, lors de la dégénérescence neurologique due à la vieillesse, lors de la mort d’une personne chère. La fidélité généreuse de tant de familles qui vivent ces épreuves avec courage, foi et amour est admirable, lorsqu’elles les considèrent non comme quelque chose qui leur a été arrachée ou imposée, mais comme quelque chose qui leur a été donné et qu’ils offrent à leur tour, voyant en toutes ces personnes éprouvées le Christ souffrant lui-même.

Nous pensons aux difficultés économiques causées par des systèmes pervers, par le « fétichisme de l’argent » et par « la dictature de l’économie sans visage et sans un but véritablement humain » (Evangelii gaudium, 55) qui humilie la dignité de la personne. Nous pensons aux pères et aux mères sans emploi, impuissants face aux besoins les plus élémentaires de leur famille ; et à ces jeunes qui se trouvent devant des journées désœuvrées et sans espérance, proies potentielles des dérives de la drogue et de la criminalité.

Nous pensons enfin à la foule des familles pauvres, à celles qui s’agrippent à une barque pour atteindre des moyens de survie, aux familles de réfugiés qui émigrent sans espoir à travers des déserts, à celles qui sont persécutées simplement à cause de leur foi et de leurs valeurs spirituelles et humaines, à celles qui sont frappées par la brutalité des guerres et des oppressions. Nous pensons aussi aux femmes qui subissent la violence et sont soumises à l’exploitation, à la traite des personnes, aux enfants et aux jeunes victimes d’abus même de la part de ceux qui devraient en prendre soin et les faire grandir en confiance, aux membres de tant de familles humiliées et en difficulté. « La culture du bien-être nous anesthésie et [...] toutes ces vies brisées par manque de possibilités nous semblent un simple spectacle qui ne nous trouble en aucune façon. (Evangelii gaudium, 54). Nous faisons appel aux gouvernements et aux organisations internationales pour promouvoir les droits de la famille en vue du bien commun.

Le Christ a voulu que son Église soit une maison avec la porte toujours ouverte et accueillante, sans exclure personne. Nous sommes ainsi reconnaissants envers les pasteurs, les fidèles et les communautés prêts à accompagner et à porter les déchirures internes et sociales des couples et des familles.

***

Cependant, il y a également la lumière qui brille le soir derrière les fenêtres dans les maisons des villes, dans les modestes résidences des périphéries ou dans les villages et même dans les baraquements : celle-ci brille et réchauffe les corps et les âmes. Cette lumière, dans les vicissitudes de la vie nuptiale des conjoints, s’allume grâce à une rencontre : il s’agit d’un don, d’une grâce qui s’exprime -comme le dit la Genèse (2,18)- quand deux visages se retrouvent chacun l’un « en face » de l’autre, comme une « aide qui lui corresponde », c’est-à-dire à la fois semblable et complémentaire. L’amour de l’homme et de la femme nous enseigne que chacun des deux a besoin de l’autre pour être soi-même, chacun demeurant pourtant différent de l’autre dans son identité qui s’ouvre et se révèle dans le don réciproque. C’est ce qu’exprime de façon suggestive la femme du Cantique des Cantiques : « Mon bien-aimé est à moi, et moi, je suis à lui [...] Je suis à mon bien-aimé, mon bien-aimé est à moi » (Ct 2, 16 ; 6,3).

Pour que cette rencontre soit authentique, le cheminement commence avec le temps des fiançailles, temps de l’attente et de la préparation. Il s’actualise pleinement dans le sacrement du mariage où Dieu appose son sceau, sa présence et sa grâce. Ce chemin passe aussi par la sexualité, la tendresse, la beauté, qui perdurent même au-delà de la vigueur et de la fraîcheur de la jeunesse. De par sa nature, l’amour tend à rimer avec toujours, jusqu’à donner sa vie pour la personne qu’on aime (cf. Jn 15,13). À cette lumière, l’amour conjugal, unique et indissoluble, persiste malgré les nombreuses difficultés des limites humaines ; c’est l’un des plus beaux miracles, bien qu’il soit aussi le plus commun.

Cet amour se déploie au travers de la fécondité et de la générativité qui ne sont pas seulement procréation mais aussi don de la vie divine dans le baptême, éducation et catéchèse des enfants. Il s’agit aussi d’une capacité à offrir la vie, de l’affection et des valeurs. Cette expérience est possible même pour ceux qui n’ont pu avoir d’enfant. Les familles qui vivent cette aventure lumineuse deviennent pour tous un témoignage, en particulier pour les jeunes.

Durant ce cheminement, qui s’avère parfois un sentier ardu avec ses difficultés et ses chutes, on retrouve toujours la présence et l’accompagnement de Dieu. La famille en fait l’expérience dans l’affection mutuelle et le dialogue entre époux et épouse, entre parents et enfants, entres frères et sœurs. Elle le vit aussi en se mettant ensemble à l’écoute de la Parole de Dieu et en partageant la prière commune : petite oasis spirituelle à mettre en place à un moment chaque jour. Il y a aussi l’engagement quotidien de l’éducation à la foi, à la beauté de la vie évangélique et à la sainteté. Ce devoir est souvent partagé et exercé avec beaucoup d’affection et de dévouement aussi par les grands-parents. Ainsi la famille se présente comme une authentique Église domestique, qui s’ouvre sur cette famille de familles qu’est la communauté ecclésiale. Les époux chrétiens sont alors appelés à devenir des maîtres dans la foi et dans l’amour également auprès des jeunes couples.

Il y a ensuite une autre expression de la communion fraternelle, celle de la charité, du don, de la proximité auprès des laissés pour compte, des marginalisés, des pauvres, des personnes seules, des malades, des étrangers, des familles en crise, gardant en mémoire la parole du Seigneur : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Ac 20,35). Il s’agit d’un don de biens partagés, de présence, d’amour et de miséricorde et aussi d’un témoignage de vérité, de lumière, de sens donné à la vie.

Le sommet qui recueille et récapitule tous ces liens de la communion avec Dieu et le prochain est l’Eucharistie dominicale, lorsque, avec toute l’Église, la famille prend place à la table du Seigneur. Lui-même se donne à nous tous, pèlerins de l’histoire en route vers la rencontre ultime lorsque le « Christ sera tout en tous » (Col 3,11). Pour cela, dans la première étape de notre chemin synodal, nous avons réfléchi à l’accompagnement pastoral et à la question de l’accès aux sacrements des personnes divorcées-remariées.

Nous, pères synodaux, vous demandons de cheminer avec nous vers le prochain synode.

Que demeure sur vous la présence de la famille de Jésus, Marie et Joseph réunis dans leur modeste maison. Ensemble, tournés vers la Famille de Nazareth, faisons monter vers notre Père à tous notre invocation pour les familles de la terre.

Père, donne à toutes les familles la présence d’époux courageux et remplis de sagesse, qui soient source d’une famille libre et unie.

Père, donne aux parents d’avoir une maison où vivre dans la paix avec leur famille.

Père, donne aux enfants d’être signes de confiance et d’espérance, et aux jeunes le courage de l’engagement stable et fidèle.

Père, donne à tous de pouvoir gagner leur pain de leurs propres mains, de jouir de la sérénité d’esprit et de garder allumé le flambeau de la foi même dans les moments d’obscurité.

Père, donne-nous de voir fleurir une Église toujours plus fidèle et crédible, une cité juste et humaine, un monde qui aime la vérité, la justice et la miséricorde. Amen

‘La voilà encore…’

Un pasteur protestant d’Ecosse avait dans sa paroisse plusieurs familles irlandaises catholiques, très ferventes. Il en était fort ennuyé, fervent lui-même dans sa religion et essayait de combattre leurs ‘croyances’ de diverses façons.

Un jour il rencontre une fillette d’environ 8 ans sur son chemin et après avoir causé gentiment avec elle lui demande si elle sait ses prières. La petite récite d’abord le Notre Père et le Pasteur la félicite. ‘En sais-tu d’autres ?’ Et l’enfant, toute heureuse, commence le Je vous salue Marie, mais le Pasteur l’arrête : « on ne peut pas prier une femme, on ne peut prier que le Bon Dieu ».

Alors l’enfant commence le Je crois en Dieu, mais arrivée à ‘est né de la Vierge Marie’, elle soupire : « La voilà encore… que faire ? ». Le Pasteur avoua plus tard avoir été suffoqué par cette réflexion de la petite Irlandaise. Après l’avoir remerciée, il rentra chez lui bouleversé : ‘La voilà encore’… ; il avait tant de fois récité son Credo sans y prendre garde ! La voilà au centre de notre foi chrétienne.

Devenu prêtre plus tard, il raconta lui-même cette anecdote qui fut à l’origine de sa conversion à la foi catholique.

Récit du Père Sineux

Rapporté par Frère Albert Pfleger

Dans Fioretti de la Vierge Marie, Ephèse Diffusion, p. 20-21

Discours du pape au terme du synode sur la famille

L’Eglise "retrousse ses manches" sans peur ni honte

Éminences, Béatitudes, Excellences, frères et sœurs,

Le cœur empli de reconnaissance et de gratitude je voudrais rendre grâce, avec vous, au Seigneur qui nous a accompagnés et nous a guidés ces derniers jours, avec la lumière de l’Esprit Saint !

Je remercie de tout cœur Monsieur le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode, Mgr Fabio Fabene, sous-secrétaire, et avec eux je remercie le rapporteur, le cardinal Péter Erdő, qui a énormément travaillé, même lors des jours de deuil en famille, et le secrétaire spécial Mgr Bruno Forte, les trois présidents-délégués, les greffiers, les consulteurs, les traducteurs et les anonymes, tous ceux qui ont œuvré avec une vraie fidélité dans les coulisses et un dévouement total à l’Église et sans trêve : merci beaucoup !

Je vous remercie également tous, chers pères synodaux, délégués fraternels, auditeurs, auditrices et assesseurs pour votre participation active et fructueuse. Vous serez dans mes prières, et je demanderai au Seigneur de vous récompenser par l’abondance de ses dons de grâce !

Je pourrais dire sereinement que — avec un esprit de collégialité et de synodalité — nous avons vécu véritablement une expérience de « synode », un parcours solidaire, un « chemin ensemble ». Et cela ayant été « un chemin », comme sur tout chemin, il y a eu des moments de courses rapides, comme pour gagner contre le temps et atteindre au plus vite l’objectif ; d’autres moments de lassitude, comme pour dire assez ; d’autres moments d’enthousiasme et d’ardeur. Il y a eu des moments de profond réconfort en écoutant le témoignage des vrais pasteurs (cf. Jn 10 et Cann. 375, 386, 387) qui portent dans le cœur sagement les joies et les larmes de leurs fidèles. Des moments de consolation et de grâce et de réconfort en écoutant les témoignages des familles qui ont participé au synode et ont partagé avec nous la beauté et la joie de leur vie matrimoniale. Un chemin où le plus fort s’est senti en devoir d’aider le moins fort, où le plus expert s’est mis au service des autres, même à travers les confrontations. Et comme c’est un chemin d’hommes, avec les réconforts il y a eu aussi des moments de désolation, de tension, et de tentations, dont on pourrait mentionner quelques possibilités :

- une : la tentation du raidissement hostile, c’est-à-dire vouloir s’enfermer dans ce qui est écrit (la lettre) et ne pas se laisser surprendre par Dieu, par le Dieu des surprises (l’esprit) ; à l’intérieur de la loi, de la certitude de ce que nous connaissons et non pas de ce que nous devons encore apprendre et atteindre. Depuis l’époque de Jésus c’est la tentation des zélés, des scrupuleux, des attentifs et de ceux qu’on appelle — aujourd’hui « traditionalistes » et aussi des intellectualistes.

- La tentation de l’angélisme destructeur, qui au nom d’une miséricorde trompeuse bande les blessures sans d’abord les soigner ni les traiter ; qui s’attaque aux symptômes et pas aux causes et aux racines. C’est la tentation des « bien-pensants », des timorés et aussi de ceux qu’on appelle « progressistes et libéralistes ».

- La tentation de transformer la pierre en pain pour rompre le jeûne long, lourd et douloureux (cf. Lc 4, 1-4) et aussi de transformer le pain en pierre et de la jeter contre les pécheurs, les faibles et les malades (cf. Jn 8, 7) c’est-à-dire de le transformer en « fardeaux insupportables » (Lc 10, 27).

- La tentation de descendre de la croix, pour faire plaisir aux gens, et ne pas y rester, pour accomplir la volonté du Père ; de se plier à l’esprit mondain au lieu de le purifier et de le plier à l’Esprit de Dieu.

- La tentation de négliger le « depositum fidei », de se considérer non pas des gardiens mais des propriétaires et des maîtres ou, dans l’autre sens, la tentation de négliger la réalité en utilisant une langue précieuse et un langage élevé pour dire tant de choses et ne rien dire ! On les appelait des « byzantinismes », je crois, ces choses-là...

Chers frères et sœurs, les tentations ne doivent ni nous effrayer ni nous déconcerter ni non plus nous décourager, parce qu’aucun disciple n’est plus grand que son maître ; donc si Jésus a été tenté — et même appelé Béelzéboul (cf. Mt 12, 24) — ses disciples ne doivent pas s’attendre à un meilleur traitement.

Personnellement, je me serais beaucoup inquiété et attristé s’il n’y avait pas eu ces tentations et ces discussions animées ; ce mouvement des esprits, comme l’appelait saint Ignace (EE, 6) si tout le monde avait été d’accord ou taciturne dans une paix fausse et quiétiste. En revanche j’ai vu et j’ai écouté — avec joie et reconnaissance — des discours et des interventions pleines de foi, de zèle pastoral et doctrinal, de sagesse, de franchise, de courage et de parrhésie. Et j’ai entendu qu’a été mis devant les yeux de chacun le bien de l’Église, des familles et la « suprema lex », la « salus animarum » (cf. Can. 1752). Et ce toujours — nous l’avons dit ici, dans cette salle — sans jamais mettre en discussion les vérités fondamentales du sacrement du mariage : l’indissolubilité, l’unité, la fidélité et la procréation, c’est-à-dire l’ouverture à la vie (cf. Cann. 1055, 1056 et Gaudium et Spes, n. 48).

Et c’est cela l’Église, la vigne du Seigneur, la Mère fertile et la Maîtresse attentive, qui n’a pas peur de se retrousser les manches pour verser l’huile et le vin sur les blessures des hommes (cf. Lc 10, 25-37) ; qui ne regarde pas l’humanité depuis un château de verre pour juger ou étiqueter les personnes. C’est cela l’Église une, sainte, catholique, apostolique et composée de pécheurs, qui ont besoin de sa miséricorde. C’est cela l’Église, la véritable épouse du Christ, qui cherche à être fidèle à son Époux et à sa doctrine. C’est l’Église qui n’a pas peur de manger et de boire avec les prostituées et les publicains (cf. Lc 15). L’Église qui a les portes grandes ouvertes pour recevoir ceux qui sont dans le besoin, les repentis et pas seulement les justes ou ceux qui croient être parfaits ! L’Église qui n’a pas honte de son frère qui a chuté et ne fait pas semblant de ne pas le voir, mais se sent au contraire impliquée et presque obligée de le relever et de l’encourager à reprendre son chemin et l’accompagner vers la rencontre définitive, avec son Époux, dans la Jérusalem céleste.

C’est cela l’Église, notre mère ! Et quand l’Église, dans la variété de ses charismes, s’exprime en communion, elle ne peut pas se tromper : c’est la beauté et la force du sensus fidei, de ce sens surnaturel de la foi qui est donné par l’Esprit Saint afin qu’ensemble, nous puissions tous entrer dans le cœur de l’Évangile et apprendre à suivre Jésus dans notre vie, et cela ne doit pas être vu comme un motif de confusion et de malaise.

Beaucoup de commentateurs, ou des gens qui parlent, ont imaginé voir une Église en litige où une partie s’oppose à l’autre, en allant même jusqu’à douter de l’Esprit Saint, le vrai promoteur et garant de l’unité et de l’harmonie dans l’Église. L’Esprit Saint qui tout au long de l’histoire a toujours conduit la barque, à travers ses ministres, même lorsque la mer était contraire et agitée et les ministres infidèles et pécheurs.

Et, comme j’ai osé vous le dire au début, il était nécessaire de vivre tout cela avec tranquillité, avec une paix intérieure également parce que le synode se déroule cum Petro et sub Petro, et la présence du Pape est une garantie pour tous.

Parlons un peu du Pape, à présent, en relation avec les évêques... Donc, la tâche du Pape est de garantir l’unité de l’Église ; elle est de rappeler aux pasteurs que leur premier devoir est de nourrir le troupeau — nourrir le troupeau — que le Seigneur leur a confié et chercher à accueillir — avec paternité et miséricorde et sans fausses craintes — les brebis égarées. Je me suis trompé ici. J’ai dit accueillir : aller les chercher.

Sa tâche est de rappeler à tous que l’autorité dans l’Église est service (cf. Mc 9, 33-35) comme l’a expliqué avec clarté le Pape Benoît XVI, avec des mots que je cite textuellement : « L’Église est appelée et s’engage à exercer ce type d’autorité qui est service, et elle l’exerce non à son propre titre, mais au nom de Jésus Christ... A travers les pasteurs de l’Église, en effet, le Christ paît son troupeau : c’est Lui qui le guide, le protège, le corrige, parce qu’il l’aime profondément. Mais le Seigneur Jésus, Pasteur suprême de nos âmes, a voulu que le collège apostolique, aujourd’hui les évêques, en communion avec le Successeur de Pierre... participent à sa mission de prendre soin du Peuple de Dieu, d’être des éducateurs dans la foi, en orientant, en animant et en soutenant la communauté chrétienne, ou comme le dit le Concile, en veillant “à ce que chaque chrétien parvienne, dans le Saint-Esprit, à l’épanouissement de sa vocation personnelle selon l’Évangile, à une charité sincère et active et à la liberté par laquelle le Christ nous a libérés” (Presbyterorum Ordinis, n. 6)... c’est par notre intermédiaire — continue le Pape Benoît — que le Seigneur atteint les âmes, les instruit, les protège, les guide. Saint Augustin, dans son Commentaire à l’Évangile de saint Jean dit : “Que paître le troupeau du Seigneur soit donc un engagement d’amour” (123, 5) ; telle est la règle de conduite suprême des ministres de Dieu, un amour inconditionnel, comme celui du Bon Pasteur, empli de joie, ouvert à tous, attentif au prochain et plein d’attention pour ceux qui sont loin (cf. Saint Augustin, Discours 340, 1 ; Discours 46, 15), délicat envers les plus faibles, les petits, les simples, les pécheurs, pour manifester l’infinie miséricorde de Dieu avec les paroles rassurantes de l’espérance (cf. ibid., Lettre 95, 1) » (Benoît XVI, Audience générale, mercredi 26 mai 2010).

Donc l’Église est du Christ — elle est son Épouse — et tous les évêques, en communion avec le Successeur de Pierre, ont la tâche et le devoir de la protéger et la servir, non pas en maîtres mais en serviteurs. Le Pape, dans ce contexte, n’est pas le seigneur suprême mais plutôt le suprême serviteur — le « servus servorum Dei » ; le garant de l’obéissance et de la conformité de l’Église à la volonté de Dieu, à l’Évangile du Christ et à la Tradition de l’Église, en mettant de côté tout arbitraire personnel, tout en étant — par la volonté du Christ lui-même — le « Pasteur et Docteur suprême de tous les fidèles » (Can. 749) et bien que possédant « dans l’Église le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel » (cf. Cann. 331-334).

Chers frères et sœurs, nous avons encore à présent une année pour mûrir, avec un vrai discernement spirituel, les idées proposées et trouver des solutions concrètes aux nombreuses difficultés et innombrables défis que les familles doivent affronter ; à apporter des réponses aux nombreux découragements qui assiègent et étouffent les familles.

Une année pour travailler sur la « Relatio synodi » qui est le résumé fidèle et clair de tout ce qui a été dit et discuté dans cette salle et au sein des carrefours. Et elle est présentée aux Conférences épiscopales comme « Lineamenta ».

Que le Seigneur nous accompagne, nous guide sur ce parcours à la gloire de Son nom avec l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie et de saint Joseph ! Et s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi !

Pape François

« Tout commence ! » explique le card. Barbarin

« Rien n’est terminé. Tout commence » déclare le cardinal Barbarin, à l’issue du synode sur la famille.

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a fait la Une du quotidien lyonnais Le Progrès du 22 octobre 2014, à l’occasion d’un entretien avec Nicolas Ballet.

Pour l’archevêque de Lyon, « une voie reste aujourd’hui à trouver », pour la pastorale des divorcés-remariés, « sans céder à un raidissement de la lettre ou à un angélisme facile, où il suffirait d’avoir l’air gentil avec tout le monde. Un nouveau synode aura lieu l’an prochain. Rien n’est terminé. Tout commence ».

Il ajoute à propos des divorcés remariés : « Tout le monde connaît des personnes remariées qui vivent un beau chemin d’amour et cherchent à vivre dans la fidélité au Christ. Il faut donc les y aider, et c’est l’un des objectifs du Synode ; il en est maintenant à mi-parcours. »

Il reconnaît la réalité des situations de souffrance : « L’important est que tous se sachent aimés de Dieu. Il est essentiel de montrer à chacun sa place dans l’Eglise et de l’encourager à y donner le meilleur de lui-même. »

Il rappelle la conception catholique du mariage sacramentel et de la cohérence de la vie de chacun avec la communion eucharistique : « Tout est dans la symbolique de l’Alliance : le baptême, le mariage et l’Eucharistie… C’est une alliance humaine qui se fonde sur l’Alliance entre Dieu et son peuple. A propos du mariage, Jésus dit : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ». L’Eglise considère donc, en raison de cette parole du Christ, qu’il doit y avoir une cohérence entre la communion, c’est-à-dire, le fait de recevoir Dieu en soi, et le communiant qui doit avoir le désir de vivre selon l’appel de Dieu. Cette question ne concerne pas seulement le mariage, mais aussi le rapport à l’argent, à la profession, à la vie sociale et politique. Nous devons tous nous poser cette question ! Où en suis-je de mon désir de conversion ? Les pécheurs que nous sommes tous ont besoin de la communion, et ils peuvent la recevoir, à condition de désirer clairement vivre selon les Paroles de Jésus. »

Et, explique l’archevêque, le divorce, « pas forcément un péché » : « Il se peut que je porte une responsabilité dans un divorce, ou au contraire, pas du tout. En revanche, celui ou celle qui se remarie considère que la première alliance qu’il a nouée devant Dieu n’existe plus. Et psychologiquement, c’est souvent vrai. Mais aux yeux du Seigneur et donc de l’Eglise, le premier mariage demeure. C’est précisément cette question que le pape a souhaité aborder, car de trop nombreux chrétiens sont du coup privés du pain eucharistique, essentiel à la vie chrétienne. »

« Pour nous les prêtres, nous voulons toujours donner aux gens le meilleur, mais ce qui est difficile, c’est d’unir la compassion, la charité avec la vérité. Il n’y a pas de véritable amour sans vérité », confie-t-il.

Et quant au baptême des enfants de divorcés remariés, il précise : « La seule raison pour laquelle on pourrait refuser un baptême, ce serait le cas de parents qui refuseraient de donner à leur enfant la moindre chance de développer le cadeau reçu. Baptiser son enfant, c’est lui faire le plus beau cadeau qui soit. Et évidemment, on veillera à ce que cette vie puisse grandir dans les meilleures conditions. »

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