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06 NOVEMBRE 2011 : 32ème DIMANCHE ORDINAIRE ANNEE A
  • Sg 6, 12-16
  • Ps 62
  • 1Th 4,13-18
  • Mt 25, 1-13

« La Sagesse est resplendissante ; elle est inaltérable » (Sg. 6, 12)

I- Qu’est-ce que la sagesse ?

« Qu’est-ce la sagesse ? ». Je me souviens de cette question à laquelle tout élève en philosophie devait répondre. Nous disions alors que c’est la qualité du savoir-vivre dans toutes les circonstances de la conduite et de la vie humaines ; nous la définissions aussi comme l’ensemble des règles du savoir-vivre ou des maximes de l’humanisme chez les peuples civilisés, et les réflexions sur l’existence humaine, en particulier la souffrance, la mort, la rétribution. Alors sommes-nous sages ?

Très tôt, dans la Bible, la sagesse est perçue comme ce qui donne à l’être humain un cœur capable de discerner le bien et le mal ; en ce sens, la vraie sagesse vient de Dieu, elle a sa source dans la Parole de Dieu. C’est de cette sagesse que nous parle l’auteur de la première lecture de ce dimanche.

II- La recherche de Dieu, la vie en Jésus

Déjà dans le monde biblique grec, la sagesse n’était plus perçue comme une simple chose ou une attitude, mais plutôt comme une personne. La tradition chrétienne ira plus loin, surtout grâce à St Paul, en faisant de Jésus Christ, la Sagesse personnifiée, la Sagesse de Dieu. On peut d’ailleurs faire un simple exercice avec le texte de ce dimanche : remplacer le mot sagesse par Christ. Plus qu’un jeu de mots, cela nous permet comme chrétiens de mieux percevoir l’importance de l’extrait de notre lecture. Dès lors rechercher la sagesse, ce n’est pas rechercher une chose, mais vivre avec le Christ. Alors sommes-nous sages ?

III- Des « sages » ? ou des « insensées » ?

L’évangile nous présente deux catégories de personnes : les sages et les insensées. L’attitude sage consiste à prendre de l’huile en réserve. Désormais, le chrétien qui veut traverser la longue nuit de la vie ou du monde, doit comprendre que le Christ est non seulement sa lampe, mais aussi l’huile qui fournit la lumière. Être sage, c’est se remplir du Christ, et n’avoir que le Christ comme seule réserve de sa vie. Car justement, l’insensé a tout dans sa vie, sauf l’essentiel, c’est-à-dire le Christ, Fils de Dieu et Dieu lui-même. Une vie sans Dieu est forcément une lampe qui ne peut brûler longtemps. Dans quelle catégorie nous trouvons-nous ?

IV- L’espérance à la fin

Le fait de s’attacher à Jésus comme la seule huile qui alimente notre vie change aussi la façon de percevoir et de préparer notre mort. Dans la 2e lecture, Paul appelle en effet avec une connaissance certaine sur les fins dernières : puisque le Christ est ressuscité et que nous appartenons au Christ, nous aussi, nous ressusciterons ; la mort des personnes qui nous chères ne doit plus être perçue comme une catastrophe ; il ne faut pas pleurer comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Puisque nous avons été avec le Christ durant notre vie, il ne peut qu’être avec nous à notre mort ; ainsi en va-t-il de sa fidélité. Au nom de cette espérance, Paul nous demande de nous réconforter les uns les autres. Il nous revient donc, avec la grâce du Saint Esprit (dont un des dons est justement la sagesse), de savoir nous garder dans ce climat de connaissance réciproque avec le Christ. Que le Seigneur nous donne de le chercher à tout instant et de toujours le trouver ; qu’il illumine notre vie d’ici-bas, et nous prépare avec grâce pour la vie à venir. Amen.

Abbé Serge Danialou TIDJANI, Ph.D. JCD.