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14 AOÛT 2011 : 20ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNEE A
  • Is 56,1-6.7
  • Rom.11, 13-15.29-32
  • Matthieu 15, 21-28

Frères et sœurs en Christ, Les textes liturgiques de ce 20ème DTO(A), tout en polarisant notre attention sur la foi de la Cananéenne, mettent en exergue l’universalité du Salut apporté par le Christ notre Seigneur. En effet, avec celui qu’on appelle le Troisième-Isaïe (Is. 55-66), prophète à Jérusalem au retour de l’Exil, le sens religieux ne se limite pas à un peuple. C’est un bien destiné à tous et qui peut venir du cœur de tout homme. C’est le nouvel acquis du judaïsme. L’accès à la maison de Dieu n’est pas réservé aux seuls dispersés d’Israël, mais elle sera « une maison de prière pour tous les peuples ». Il fallut du courage au prophète pour changer le chauvinisme ombrageux du Second-Isaïe (Is. 40-54). Il proclame un destin de vie donné à tous. Tout n’est pas encore dit. Notre prophète identifie le Temple de Jérusalem et « la maison de Dieu » . Le Christ constatera l’échec de cette annonce dans un temple devenu un ghetto aux interdits impitoyables (Mt 21,12-17).

Le Dieu de notre foi judéo-chrétienne se révèle dès le début, comme le Dieu qui a créé l’univers et tout ce qui existe. Implicitement, nous croyons qu’il est le Dieu de tout et de tous. Il y va de la nature crédible de Dieu. Pourtant, tous ceux qui ont cette foi ont du mal à entrer dans l’universalité de Dieu. Pour les trois religions monothéistes, les nuances de leur foi en un Dieu sont grandes et nous divisent. Mêmes les chrétiens, ceux qui croient en Jésus ressuscité, l’Homme Nouveau, tous estiment qu’il est indispensable d’ajouter à leur identité chrétienne, d’autres qualificatifs pour affirmer le caractère universel de leur foi, catholique, catholique romaine. L’universalité proclamée par chacun les confine en réalité dans ses propres frontières. On se sent alors étranger vis à vis des autres. Et que dire alors de ceux qui n’ont pas la foi en ce Dieu unique. Ils sont purement et simplement des païens.

Saint Paul, dans la deuxième lecture, poursuit sa réflexion sur le problème d’Israël. Sans doute, l’Eglise du Christ est « l’Israël des derniers temps » : la famille et les apôtres de Jésus sont tous des juifs, les premières communautés de Jérusalem, Damas, Antioche, ne comprennent que des judéo-chrétiens. Paul constate d’abord que la rupture est le fait du seul Israël. Dieu n’y est pour rien. Aussi maintient-il sa fidélité au peuple que jadis il choisit. La rupture n’interrompt pas la promesse de Dieu. Il reste toujours présent à son peuple. La patience et la bienveillance de Dieu auront raison de sa suffisance.

En signalant cette sortie en terre païenne de Jésus, Matthieu veut dire qu’il est l’évangéliste d’une Eglise sans frontière. En contraste avec Jésus se séparant à regret de son peuple obstiné dans le refus, il montre le monde païen venant à lui dans la personne d’une mère éplorée. S’il l’appelle une « Cananéenne », terme alors bien archaïque, c’est pour évoquer les premiers ennemis d’Israël en Terre Sainte, un monde impur qu’il fallait exterminer. Mais Jésus est l’homme pour tous les hommes. L’expression, la foi cananéenne, depuis l’époque la plus ancienne, est devenue proverbiale : les Pères de l’Église et les prédicateurs ne cessent de nous exhorter à avoir « la foi de la Cananéenne ». L’intérêt du récit est dans le dialogue. Le double refus de Jésus à la demande de la femme paraît dur. Mais Jésus aime provoquer les quémandeurs par une parole un peu sèche pour voir leurs réactions (Jn 2,4 ; 4,48 ; Mt 9,24 ; 12,10 ; 14,16). Notre Cananéenne a non seulement une confiance sans condition, mais encore de l’humour. Elle saisit la parole de Jésus et lui répond : « Justement, Seigneur, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ». Quelle femme ! Sa réplique bouleverse le cœur du Christ. « Femme, que ta foi est grande ! Qu’il t’arrive comme tu le veux ! ».

L’Évangile semble dire que la femme sait mieux demander que l’homme. Que ne tenterait-elle pas quand il y va de la vie du « fruit de ses entrailles » . Comme cette foi de la Cananéenne, si elle est confiance totale en Celui qui peut tout, elle est aussi confiance en sa mission de mère qu’elle réalisera malgré tous les obstacles. D’abord, Marie de Nazareth, mère de Jésus qui n’hésite pas à lui demander du vin aux noces de Cana. Et ces nombreuses mères anonymes qui lui envoyaient ou lui apportaient leurs petits pour un baiser ou une bénédiction. Et cette femme qui a perdu son mari et, le jour de sa rencontre avec Jésus, elle enterre son enfant ! Quand tout est désespéré, une mère espère encore. Chose surprenante : la foi de la Cananéenne ouvre le cœur du Christ aux païens ! Si l’homme est plus apte à creuser la pensée de Dieu, personne, autant que la femme, surtout la mère, ne connaît le cœur de Dieu. « Femme, que ta foi est grande ! ».

Filles et fils bien-aimés de Dieu, à l’instar de la Cananéenne, ayez totalement confiance au Seigneur, observez le droit et pratiquez la justice ; observez le sabbat sans le profaner. Ainsi le Seigneur exaucera non seulement nos demandes mais aussi Il nous conduira à sa montagne sainte. Amen !

Père Charles CAKPO UCAO / Abidjan