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1er Anniversaire du Décès de Mgr EHOUZOU : Homélie du Père Gnambodè

1ère Lecture : Ro 3, 21-30

Evangile : Lc.11, 47- 54

Excellence Monseigneur L’Archevêque de Cotonou, Président de la Conférence Episcopale du Bénin,

Chers Confrères Concélébrants,

Chères Religieuses,

Chers frères et Sœurs bien aimés du Seigneur,

A la nouvelle de quelqu’un qui vient de mourir, on est certainement triste, perturbé, très ébranlé. Et il est bien difficile, dans un moment comme celui-là, de ne pas s’interroger, de ne pas se poser ces éternelles questions qu’on évite au jour le jour, quand tout va bien, quand on court à droite et à gauche, quand la vie suit son cours normal. Ces terribles questions auxquelles il est difficile de répondre : A quoi bon de vivre ? Qu’est-ce qui fait la valeur d’une vie ? Y a-t-il quelque chose au-delà de la mort ? Est-il bien vrai que nous allons revivre ? Mais à qui poser ces questions ? Qui peut y répondre de façon satisfaisante ? Il n’y a qu’une seule personne à interroger. Jésus, le Fils de Marie et le Fils de Dieu. Il s’est longuement exprimé sur ce qui nous préoccupe. Il a beaucoup parlé de la vie et de la mort. Mais dans la célébration de ce jour, il s’adresse aux docteurs de la loi et aux pharisiens comme nous venons de l’entendre.

Les prophètes de Dieu ont été persécutés et tués tout au long de l’histoire, mais la génération contemporaine de Jésus rejetait plus qu’un simple prophète : elle rejetait Dieu lui-même. Le texte que cite le Christ ne se trouve pas dans l’Ancien Testament ; lui le plus grand des prophètes donne directement le message de Dieu. La mort d’Abel est rapportée dans le livre de la Genèse 4,8 et celle de Zacharie dans le 2e livre des Chroniques 24, 20-22. Pourquoi ces péchés retombent-ils précisément sur cette génération ? Parce qu’elle a rejeté le Messie lui-même, celui que toute l’histoire et la prophétie annonçaient. Ce rejet montre bien que nous sommes pécheurs, rebelles, objet de la Colère de Dieu.

Comment les professeurs de la loi ont-ils caché « la clé de la connaissance » ? Par leurs interprétations erronées de l’Ecriture et leurs prescriptions additionnelles, ils ont rendu la vérité divine difficile à comprendre et à mettre en pratique. De plus, ils sont de mauvais exemples, puisqu’ils ne se plient pas eux-mêmes aux exigences qu’ils imposent aux autres. Absorbés par leur propre religion, ils ne peuvent plus être de bons guides pour le peuple. Ils ont fermé la porte de l’amour de Dieu et jeté la clé. Les spécialistes de la loi et les pharisiens espèrent arrêter Jésus pour blasphème, hérésie et infraction à la loi. Ils sont en colère à cause des paroles qu’il leur a adressées, mais ils ne peuvent pas l’arrêter sur la base de simples paroles ; ils doivent trouver un moyen légal de se débarrasser de lui.

Oui, se débarrasser de lui, ils ont réussi à le faire parce qu’il a démontré qu’il est UN avec Dieu, qu’il est Maître de la vie et de la mort. Il l’a fait au nom même de Dieu, comme quelqu’un qui a autorité, qui sait de quoi il parle. Il a vécu la mort et il est ressuscité, il est vivant. A la question « y a-t-il quelque chose au-delà de la mort ? ». Oui certainement ! Au-delà de la mort, il y a une autre vie, la vie éternelle. Il y a un autre monde qui n’est pas comme celui-ci. Il y a un monde où la souffrance, la maladie, la haine, l’injustice, les déceptions n’ont pas leur place. Il y a le monde de Dieu : monde de joie, d’amitié, de vraie fraternité et de paix. Il y a le paradis où tout homme et toute femme sont heureux, heureux d’un bonheur sans nuages !

Rappelons-nous encore la parole de Jésus « la volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle et moi je le ressusciterai au dernier jour. Mgr René-Marie EHOUZOU était un croyant. Il était baptisé, consacré dans le sacerdoce, successeur des Apôtres dans l’Episcopat. Aujourd’hui s’accomplit pour lui la volonté du Père. Aujourd’hui la vie éternelle lui est donnée. Il ressuscitera au dernier jour. Nous sommes rassemblés ce soir pour demander instamment et encore cette grâce qui croyons-nous, nous est déjà donné en espérance.

Jésus a beaucoup parlé de la mort, mais il a aussi beaucoup parlé de la vie. Il a vécu l’une et l’autre. Ce qui fait la qualité d’une vie, il l’a dit et clairement. Ce n’est pas l’argent. Ce n’est pas ce qu’on possède ; ce n’est pas non plus ce qu’on produit. Ce n’est pas la notoriété que l’on a. Ce n’est pas le pouvoir que l’on possède. Ce qui fait la qualité d’une vie, c’est l’amour, d’abord l’amour, encore l’amour, toujours l’amour. S’il n’y a pas l’amour, le reste n’a pas beaucoup de valeur, ni de consistance. Il ne s’agit pas d’un amour égoïste, possessif à outrance. C’est un amour généreux, l’amour capable de s’oublier, capable de pardonner, capable de se sacrifier. C’est l’amour qui pense aux autres, l’amour qui veut le bonheur des autres.

Mgr René-Marie EHOUZOU aimait d’un tel amour. Il était un homme de Dieu, un homme de bien. Il était très sensible et savait que faire plaisir rend heureux quelqu’un, faire de la peine à quelqu’un fait souffrir. Il était extrêmement délicat, patient et conciliant. Il aimait d’un amour qui fait vivre non pour soi seul mais pour ses frères et pour Dieu. Il a vécu ainsi depuis l’enfance, au petit et au grand Séminaire, dans le Sacerdoce et l’épiscopat. C’était un homme qui avait un cœur plein de tendresse, d’attention, d’affection et de compassion, proche de tous. Il avait une attention particulière pour les enfants, surtout les orphelins et tous ceux qui sont dans la souffrance. Presque toutes les nuits, il faisait le chemin de croix pour être en communion avec tous ceux-là. Mgr René-Marie vivait constamment en oraison. Il avait une vie de prière régulière et fidèle. Il craignait filialement Dieu. Il avait le sens du péché et s’approchait souvent du sacrement de la réconciliation. Il était d’une sereine humilité, sans prétention aucune. Il savait que ce qu’il était, il le devait à la grâce de Dieu. Mgr René Marie savait vivre et dire les heures du temps présent comme des rendez-vous avec Jésus comme Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, sa maîtresse spirituelle qui écrivait : « Ma vie n’est qu’un instant une heure passagère. Ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit. Tu le sais, ô mon Dieu pour t’aimer sur la terre, je n’ai rien qu’aujourd’hui. ». Je sais que pour ce serviteur de Dieu tout est grâce et il entretenait dans son cœur un sentiment de vive reconnaissance, soit à l’égard de Dieu, soit à l’égard des personnes et priait constamment le Magnificat. Il y a là, me semble-t-il, une affirmation de foi en la valeur de chaque moment que nous vivons. Et cela va bien au-delà de toutes les sagesses humaines et n’est possible que par une attitude profonde de confiance et d’abandon. Cet homme de Dieu savait s’abandonner à Dieu en toute confiance. Pour cela, il priait beaucoup Marie et égrenait sans cesse son chapelet. Il souffrait beaucoup la nuit et passait une partie de sa nuit devant le Saint Sacrement.

Comme disait un confrère, si la gratitude est une vertu humaine, la rendre à qui de droit est une obligation et un devoir. Je rends grâce à Dieu pour ce qu’il a donné à Mgr EHOUZOU de vivre sur cette terre, la foi au Christ et à l’Eglise, Une, Sainte, Catholique, Apostolique qu’il a servi avec dévouement et générosité dans la souffrance et l’angoisse, comme Prêtre à Cotonou, à Parakou, comme Evêque à Abomey et à Porto-Novo ; l’amour vécu dans le don total de sa personne. Les moments vécus avec lui personnellement m’ont permis d’expérimenter la profondeur, la vérité et la grandeur de son âme.

Quand on a vécu ainsi dans l’amour, quand on a aimé Dieu et ses frères, dira Jésus, on peut se présenter en toute confiance devant Dieu le jour de sa mort. Et on peut espérer qu’il réalise sa promesse de nous faire passer de la mort à la vie, de la vie d’ici-bas à la vie de là haut. Le serviteur de Dieu, Mgr EHOUZOU, Pasteur de notre diocèse, y est désormais. Frères et sœurs, au terme de notre existence, il y a bien des choses que nous pouvons regretter : d’avoir serré nos mains trop fort sur les biens de ce monde, d’avoir accordé trop de temps à ce qui n’en méritait pas beaucoup, d’avoir été fascinés par de la pacotille. Mais nous ne regretterons certainement pas d’avoir trop aimé Dieu, ni d’avoir trop aimé nos frères et nos sœurs. En faisant mémoire aujourd’hui de notre père et Pasteur Mgr René Marie EHOUZOU, n’est-ce pas ce qu’il faut se rappeler et se dire en cette fête de Saint Ignace d’Antioche, Evêque et martyr. A la vérité, Mgr EHOUZOU n’est-il pas pour nous, comme lui, pain de Dieu, chair de Jésus-Christ et son sang, incorruptible amour ?

Père Jean Benoît GNAMBODE, Administrateur Apostolique du Diocèse de Porto-Novo.