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53ème ANNIVERSAIRE DE L’INDEPENDANCE DU BENIN : MESSE A LA CATHEDRALE NOTRE–DAME DE PORTO-NOVO

MESSE POUR LA PAIX ET LA JUSTICE : Textes : Jc 3, 13-18 et Jn14, 23-29

Homélie de Mgr Jean Benoît GNAMBODE

- Excellence Monsieur le préfet, représentant le président de la République,

- Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

- Excellence Monsieur le Président de la Cour Suprême,

- Excellence Madame la Présidente de la Haute Cour de Justice,

- Excellence Monsieur le Médiateur de la République,

- Excellence Messieurs les Ministres,

- Honorables députés,

- Monsieur le Directeur Général de la Gendarmerie Nationale,

- Monsieur le Directeur Départemental de la Police Nationale,

- Monsieur le Maire,

- Monsieur le Commissaire du Commissariat Central de Porto-Novo,

- Honorables invités,

- Chers confrères dans le sacerdoce,

- Chers frères et sœurs,

Dans la vie d’une personne comme d’une nation, il est des devoirs auxquels il n’est pas permis de déroger : rendre grâce à Dieu pour un anniversaire en est un. Et pour nous, ici en cette fin de journée, il s’agit de notre action de grâce pour l’anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale. C’est à Dieu, Maître des temps et de l(histoire, que nous devons notre terre, notre pays et ses habitants dans le vivre-ensemble que nous essayons de construire. C’est à Dieu, par son Fils Jésus-Christ, que nous venons rendre grâce dans l’Eucharistie, où Dieu se donne à nous pour que nous puissions vivre sur notre terre en hommes et femmes responsables et avisés. Et je voudrais vous saluer spécialement et vous remercier d’être venus nombreux à cette Célébration liturgique du 53e anniversaire de notre cher et beau pays, le Bénin. Cette célébration, nous la vivons en union avec toute l’Eglise de notre pays et toutes les autres confessions religieuses. Nous tournons aussi nos regards vers tous nos aïeux qui ont eu la force et le courage citoyens de conduire l’histoire de notre pays et notre liberté au prix de leur inlassable dévouement et de leurs sacrifices. Nous saluons respectueusement leur mémoire et accompagnons aussi de nos ferventes prières ceux qui aujourd’hui continuent sans se lasser la même mission de construction de notre nation.

En venant rendre grâce à Dieu, nous venons lui redire notre détermination à continuer de marcher sous sa conduite, à recevoir de lui l’esprit de clairvoyance dont nous avons tant besoin dans le discernement quotidien qu’exigent nos prises de décisions. Et voici que Dieu nous adresse la parole par la bouche de l’Apôtre Jacques pour nous dire le véritable sens de ce que nous recherchons. C’est la « sagesse qui vient de Dieu ». « Elle est droiture, nous dit l’apôtre ; elle est paix, tolérance, compréhension. Elle est pleine de miséricorde et féconde en bienfaits, sans partialité et sans hypocrisie »… Voilà la sagesse qu’il nous faut pour construire notre nation et pour vivre dans la paix. Quelle paix ? La paix telle que nous l’imaginons souvent ? Ou bien la paix telle que Jésus nous la propose ? « C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. » Accueillir la paix du Christ est la condition fondamentale pour l’avènement d’un développement équilibré. Car le développement d’un pays n’est pas d’abord économique ; il doit être avant tout le développement des personnes, le développement de l’homme et de tout l’homme. Travaillons à développer les personnes et nous aurons travaillé à développer économiquement, socialement et culturellement notre pays. Or, il n’y a pas de développement personnel qui ne s’enracine sur le Christ comme modèle parfait de l’homme.

-  Avec lui, il nous faut donc apprendre à nous regarder les uns les autres comme Dieu nous regarde, avec un cœur bienveillant, un cœur qui écoute et qui pardonne…

-  Avec le Christ, il nous faut apprendre à poser sur notre pays un regard qui nous engage non à rechercher nos intérêts égoïstes, mais plutôt le bien de tous, le bien commun…

-  Avec le Christ, il nous faut apprendre à nous sacrifier pour qu’advienne la véritable paix…

Il est aisé de voir là se déployer la devise de notre nation : « Fraternité-Justice-Travail ». Trois ans après la célébration du cinquantenaire de notre indépendance, nous pouvons nous demander quelles avancées ont été les nôtres pour, humblement, demander pardon à Dieu pour tant de gâchis et pour les vaines querelles qui nous retardent.

-  Si nous travaillons, demandons-nous dans quel sens vont nos efforts alors qu’il est remarquable que rien n’a changé de ce que dénonçait le pape Benoît XVI au palais de la République le 19 Novembre 2013 : « En ce moment, disait-il, il y a trop de scandales et d’injustices, trop de corruption et d’avidité, trop de mépris et de mensonges, trop de violences qui conduisent à la misère et à la mort. »

-  Si nous exaltons la paix relative que connaît notre pays, n’est-ce pas plutôt « une paix fragile, vulnérable et imparfaite » telle que la décrivait la conférence des Evêques du Bénin dans la dernière Lettre pastorale qu’elle nous a adressée ? il nous faut « éviter de construire la paix sur des calculs d’intérêts d’ordre personnel ou ethnique, des tours de ruse ou des jeux d’équilibres artificiels ». Ce sont là, disait toujours la Conférence Episcopale du Bénin, des « menaces graves pour une paix authentique et durable. » Bien aimés du Seigneur,

Nous rassembler pour prier pour notre pays, ses autorités et ses fils et filles, c’est nous engager, avec détermination, « à prendre notre part active à la vie sociale et économique, afin que soucieux d’une justice vivifiée par l’amour », tous gouvernants et gouvernés, nous travaillons avec dévouement, désintéressement et jusqu’au don de soi pour le respect et la promotion de la dignité de chaque citoyen.

Aujourd’hui plus qu’hier, la solidarité de tous les fils et filles de ce pays est nécessaire à la consolidation des acquis de la démocratie. Construire exige de nous d’avancer, mais non de reculer. Sur les questions graves et préoccupantes de l’heure, seuls doivent prévaloir le dialogue et donc l’acceptation de la différence des opinions dans l’expression du jeu démocratique, et la recherche du consensus. C’est de cette manière que notre pays grandira et affirmera la maturité de sa souveraineté. Nous devons du respect à notre peuple dont les dignes fils qui en ont bâti l’histoire vivent les uns auprès de Dieu et beaucoup d’autres, encore au milieu de nous. Le Cardinal GANTIN aimait à nous dire « nul n’est plus grand que son pays », pour nous rappeler la grande humilité avec laquelle nous devons nous servir les uns les autres. C’est à cette humilité que, pour finir, je voudrais nous exhorter :

-  Béninois, soyons assez humbles pour considérer notre pays plus grand que nous-mêmes.

-  Béninois, soyons assez humbles pour nous considérer comme « serviteurs quelconques » devant nous sacrifier pour notre nation…

-  Béninois, soyons assez humbles pour nous accueillir les uns les autres comme des êtres fragiles, faillibles…

-  Béninois, soyons assez humbles pour toujours considérer Dieu au–dessus de tout, et pour avoir la crainte de Dieu, le jugement de Dieu.

-  Béninois, soyons assez humbles pour nous soustraire à l’esclavage de l’argent car Jésus nous a bien appris que « nul ne peut servir Dieu et l’argent »…

-  En cette Cathédrale Notre Dame de l’Assomption de Porto – Novo, notre Capitale, je voudrais confier chacune des autorités de ce pays, chacun de ses fils et filles, à la maternelle protection de la Vierge Marie, lui demandant de veiller sur notre nation. Qu’elle nous obtienne les dispositions d’un cœur plein de tendresse pour nos frères et sœurs ; qu’elle nous donne de pouvoir travailler pour l’épanouissement de tous. Amen !

Mgr Jean Benoît GNAMBODE