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UN COMMENTAIRE DU VENI CREATOR

Viens Esprit Créateur

« Le chant prépare le cœur à recevoir l’Esprit-Saint. Dieu descend dans un cœur qui chante ». Si cette conviction de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, se vérifie pour toutes les hymnes traditionnelles de l’Eglise en général, elle s’applique davantage au Veni Creator. C’est par ce cantique que s’ouvrent les cérémonies solennelles de l’Eglise. C’est le chant que les chrétiens conscients que « toutes les assemblée d’hommes dont le Saint Esprit ne se mêle pas ne fait rien de bon », prennent pour implorer l’assistance divine sur leurs activités.

La beauté de ce merveilleux chant hautement inspiré, n’est pas seulement exprimée par son apaisante et priante mélodie mais surtout par la force des paroles capables de provoquer dans le chantre une effusion de l’Esprit.

On comprend pourquoi plusieurs auteurs spirituels se sont intéressés au commentaire de cette hymne. Cet article s’inspire de l’un des plus anciens commentaires, celui du Père DOHET, un Jésuite belge. Nous l’offrons à tous en médiation sur le site du diocèse, mais plus particulièrement aux membres des mouvements charismatiques qui ont compris que le « but de la vie chrétienne, c’est l’acquisition du Saint Esprit ».

Le Veni Creator comprend trois parties qui se partagent les sept strophes de l’hymne. Notre commentaire s’articulera autour de la première strophe qui fait l’essentiel de la première partie de l’hymne. Nous ferons avant tout, un petit historique de l’hymne suivi de sa présentation générale.

1- Le Veni Creator et son histoire.

A qui revient la paternité de ce chant ? A l’Esprit-Saint dira-t-on, puisque l’Esprit est à l’origine de toute vraie inspiration. Mais le Saint-Esprit sans mode d’opération, utilise des instruments. Ainsi, le Veni Creator fut longtemps attribué à tort à Charlemagne. Mais aujourd’hui, l’auteur du Veni Creator est connu. C’est le moine Raban Maur, un Bénédictin de l’abbaye de Fulda (Allemagne) qui l’a composé. L’hymne date au plus tard de la fin du IXe siècle.

2- L’hymne et ses composantes.

L e Veni Creator est « d’une belle frappe d’expression, en dépit de quelques chevilles pour le mètre. Mais son rythme régulier lui imprime peut-être une allure uniforme, qui berce notre dévotion. » L’hymne telle que composée se prête à un jeu scénique, dans le genre des mystères religieux du moyen âge, dont voici les trois parties :

L’invitation : La première strophe de l’hymne est une invitation de l’hôte intérieur. L’âme qui prie invite l’Esprit Créateur à entrer chez elle.

Veni, creator spiritus, Venez, Esprit créateur Mentes tuorum visita Visitez les âmes de tes fidèles, Imple superna gratia Emplissez de grâce céleste Quae tu creasti pectora Les cœurs que vous avez créés.

Nous reviendrons sur cette invitation.

La louange (Strophe 2 et 3) Après cette grande invitation remplie du profond désir de l’âme de recevoir l’Esprit Saint, dans la foi, l’orant sent la venue de l’Esprit et il l’interpelle en le saluant avec effusion de ses qualités et de ses titres.

Qui diceris paraclitus On vous appelle Paraclet Altissimi donum Dei Don du Dieu Très-Haut, Fons vivus, ignis, charitas Source vive, feu, charité Et spiritalis unctio. Et onction spirituelle.

Tu septiformis munere, Vous vous donnez sous 7 formes Digitus paternae dexterae, Doigt de la droite du Père Tu rite promissum Patris, Objet de sa promesse formelle, Sermone ditans guttura, Auteur de la parole inspirée.

La prière (4e ,5e, 6e)

C’est à cette étape que l’âme qui chante le Veni creator laisse jaillir sa prière. Elle lui expose sous forme de prière de demande, les grâces qu’elle espère recueillir de sa visite

Accede lumen sensibus, Allumez votre lumière à nos yeux, Infunde amorem cordibus Infusez l’amour dans nos cœurs. Infirma nostri corporis Secourez notre faiblesse corporelle Virtute firmans perpeti. Par votre force constante.

Hostem repellas longius Refoulez l’ennemi loin de nous Pacemque dones protinus ; Et donnez-nous tôt la paix ; Ductore sic te praevio, Qu’ainsi guidés par vous Vitemus omne noxium. Nous soyons saufs de tout mal.

Per te sciamus da Patrem, Faites-nous connaître le Père, Noscamus atque Filium Faites-nous connaître le Fils Teque utriusque Spiritum En vous, l’Esprit de l’un et de l’autre, Credamus omni tempore Que nous croyions toujours.

La Doxologie (7e Strophe)

Comblée par la présence de l’Hôte divin, l’âme jubile et entre dans une profonde adoration en chantant la gloire de l’Auguste Trinité.

Deo Patri sit gloria Gloire soit à Dieu le Père, Et Filio qui a mortuis Et au Fils ressuscité de la mort Surrexit ac Paraclito Et au Paraclet In saeculorum saecula Dans les siècles éternels.

3- La valeur spirituelle de l’hymne

Notre commentaire s’intéresse uniquement à la première strophe. Nous nous donnons pour tâche de faire goûté au lecteur une infirme partie de la richesse spirituelle de notre hymne.

La première strophe de l’hymne en constitue le prologue qui décrit l’attitude intérieure d’attente de l’orant. En effet, celui qui prie le Veni Creator, ouvre grandement son cœur, il invite l’Esprit-Saint à venir le ‘’visiter’’, non d’une visite de passage et les mains vides, mais qu’Il s’arrête chez lui et s’attarde à le ‘’remplir’’ jusqu’à déborder de ses grâces. Le premier mot de l’orant part comme une flèche : Veni, Venez ! Par ce cri d’appel, il désire ardemment la visite divine et, parce qu’il la désire, il se livre déjà tout entier à son hôte. Il veut que l’Esprit-Saint entre de plain-pied chez lui sans rencontrer d’obstacles.

Sur ces simples données, nous pouvons indiquer les sentiments requis pour prier avec fruit le Veni Creator. Ce n’est pas une âme triste, gémissante qui entonne le Veni Creator car le cri d’appel que lance l’âme ne s’élève pas vers Dieu comme un cri d’alarme ou comme un appel de secours. Il ne s’agit pas de l’appel du De Profondis dont les premiers mots font éclater la grande souffrance du Psalmiste. Dans le Veni Creator, l’homme, se voit à deux pas de son Dieu. Elle est heureuse et épanouie non seulement parce que son désir est sur le point d’être exaucé, mais aussi parce qu’elle a conscience d’être pour l’Esprit, une amie, une privilégiée.

Le Veni Creator, est en fait une prière de chrétien à qui les merveilles de la grâce divine sont déjà familières. On penserait bien volontiers à Elisabeth, la mère de Jean-Baptiste, l’une des premières personnes à faire l’expérience de l’effusion de l’Esprit-Saint. Elisabeth, nous dit l’Evangéliste, fut à cet instant « remplie de l’Esprit-Saint ». Son attitude intérieure se résume en « une allégresse frémissante de désir et de ravissement ». Cela dit, on comprend que le Veni Creator est le cantique d’une âme accueillante, qui, loin d’opposer le moindre obstacle volontaire aux nouvelles effusions de la grâce, s’ouvre largement à celles-ci.

C’est l’Esprit Créateur que l’orant invoque en premier. De tous les traits de l’Esprit, il ne retient d’abord que celui-là, dont dérivent les autres invocations qui vont suivre. Il faut remarquer que l’œuvre créatrice de l’Esprit est saluée dans un sens très spécial. Sans doute, la création de l’univers et de l’homme ayant été essentiellement, une œuvre d’amour, il est permis de l’attribuer à L’Esprit-Saint, bien que les trois personnes de la Sainte Trinité y aient concouru en un acte unique : Le Père par sa puissance, le Fils par sa sagesse, l’Esprit par son amour. Cependant, dans notre hymne, ce n’est pas précisément de la création du monde qu’il s’agit : l’Esprit est salué Créateur, en tant qu’il a créé notre âme surnaturelle, quae tu creasti pectora. Et en effet, comme saint Paul l’atteste formellement, c’est la présence vivante du Saint-Esprit.

Puisse ce modeste commentaire, faire vivre le Saint-Esprit en nous, lui qui, d’esclaves que nous étions, nous transforme en « enfants » adoptifs du Père céleste » ; c’est lui qui opère en nous une véritable « nouvelle création ». De telle sorte que, pour nous avoir élevés à l’ordre divin en tirant de notre néant naturel, le Saint-Esprit a mérité une seconde fois, et d’une manière infiniment plus merveilleuse encore que la première, son titre de créateur.

Nous percevons donc le magnifique ensemble de sentiments qui anime celui qui entonne le Veni Creator qui en définitive est le cantique de l’âme accueillante, laquelle, loin d’opposer le moindre obstacle volontaire aux nouvelles effusions de la grâce, s’ouvre largement à celles-ci.

Que la Vierge Marie, l’Epouse du Saint-Esprit nous aide à entrer dans ces dispositions pour une grande effusion de l’Esprit.

Bonne fête de la Pentécôte.

Père Nestor ATTOMATOUN

Aumônier diocésain du Renouveau.