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DIMANCHE DU SAINT SACREMENT / ANNEE B

L’Eucharistie, sacrement de la nouvelle Alliance À la veille de la Pâque, Jésus prend un dernier repas avec ses disciples.

  • Exode 24,3-8
  • Psaume 115
  • Hébreux 9,11-15
  • Marc 14,12-16.22-26

Le pain et le vin.

C’est au Moyen-Âge que l’on a perdu l’habitude de communier chaque fois que l’on participe à l’eucharistie. En fait on n’y participe plus, on y « assiste ». Le mot « communier » ne doit pas être pris à la légère : il signifie « faire communauté », et cette communauté se construit et se signifie en partageant une nourriture qui nous fait tous « un » dans le Christ lui-même. Le pain et le vin changent ici de signification. En effet, le pain, symbole dans nos régions de toute nourriture, signifie la vie. « Gagner son pain » est synonyme de « gagner sa vie ». Une vie qu’il faut d’ailleurs défendre : on peut se battre pour un morceau de pain ou pour la possession de terres fertiles. Le pain du repas partagé peut être aussi, en d’autres circonstances, pain de discorde. Le vin est symbole de joie de vivre et de fête : on s’invite à « prendre un verre ». Non indispensable à la vie, il est signe de surplus, de débordement. Beaucoup vont au bistrot parce qu’il est triste de boire seul.

Quand Jésus prend le pain et le vin de son dernier repas, c’est tout cela qu’il prend en compte pour le porter à une signification inattendue et inimaginable : il se fait notre pain pour une vie que la mort ne peut détruire, notre vin pour une joie éternelle. Mais cette vie et cette joie ne peuvent se recevoir qu’en faisant corps : toute division avec les autres se révèle division en nous-mêmes, conflit générateur de mort. Nourris d’une même chair, nous sommes animés d’une même vie ; irrigués d’un même sang, nous sommes tous membres d’un seul corps, dont l’Église est la figure. Plusieurs en un, nous devenons ainsi images de Dieu.

En mémoire du Christ.

On le comprend, l’eucharistie n’est pas faite pour nous donner la « présence réelle », comme si la présence de Dieu en tout être humain et en toute chose était irréelle ! Le pain eucharistique n’est pas là pour être regardé, promené, encensé, il est là pour être mangé en commun. Les « bénédictions » et « expositions » du « Saint Sacrement » n’ont de sens que si on les réfère au repas rituel pris en mémoire du dernier repas du Christ. « Faites cela en mémoire de moi », dit Jésus (Luc 22,19). La mémoire est ce qui nous rend présent le passé. Présent à l’esprit. La mémoire eucharistique, elle, va plus loin : elle nous rend réellement contemporains à la Pâque du Christ et fait de nous son propre corps, son corps actuel. Ce corps actuel prend pour nom « Église », c’est-à-dire « assemblée », ou « rassemblement ». Mais cette unanimité ne peut avoir lieu que si nous refaisons réellement ce que le Christ a fait, c’est-à-dire si, au-delà du rite, nous acceptons de donner notre vie pour les autres. Ne pensons pas tout de suite à quelque acte héroïque ou au martyre : il y a bien des manières de donner sa vie, son temps, ses forces, son amour. Cela ne se fait pas une fois pour toutes mais peut durer toute une vie, et c’est pourquoi ce pain que nous prenons et donnons en nourriture, le pain de la vie du Christ et de notre propre vie, est pain quotidien. La totalité des temps est ici assumée. Le Christ n’était-il pas déjà présent, symboliquement, dans la manne du premier passage, à travers le désert de la faim et de la soif (Exode 16) ? Certes, et au-delà.

Omniprésence de l’eucharistie.

Ce qui vient d’être dit montre quelle méprise il y a à se prétendre « croyant mais non pratiquant ». L’adhésion intellectuelle à des « vérités », si elle ne va pas plus loin, nous laisse enfermés dans notre égocentrisme. La foi va plus loin : elle nous fait sortir de nous-mêmes pour nous faire entrer en communion, en communauté. Que signifie cette « foi » qui se dispense d’entendre la consigne de Jésus, qui nous demande de refaire le rite pascal en mémoire de lui, pour remettre au monde, faire renaître, perpétuer le don de sa chair et de son sang, de notre propre chair et de notre propre sang ? Et cela pour nous acheminer vers une humanité Une déjà figurée dans notre assemblée, dans notre rassemblement. En effet, l’eucharistie n’est pas seulement mémoire, elle est aussi anticipation. Elle est action de grâce, reconnaissance pour notre résurrection à venir, déjà présente en nous par notre adhésion au Christ vivant pour toujours. En attendant, chaque jour la chair des pauvres est dévorée par les puissants, le sang innocent est versé partout dans le monde. Nous prenons tout cela en charge non seulement dans le rite mais aussi par notre action, dans la mesure de notre possible. L’eucharistie, en effet, n’est pas une parenthèse « spirituelle » dans notre existence : la participation à la mort et à la résurrection du Christ doit tout envahir dans nos vies. Tout ce qui nous arrive, tous les déserts que nous avons à traverser, tout ce qui se passe dans le monde reçoit la lumière de la Pâque et doit déboucher dans l’action de grâce (eucharistie).

Père Ambroise ZOUNNON.

Grand séminaire Saint Gall de Ouidah