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Deux ans de pontificat du pape François

A l’occasion du deuxième anniversaire de l’élection du pape François (13 mars 2013), Philippine de Saint Pierre évoque pour Zenit quelques traits de son pontificat et décrypte l’influence de ce pape qui « maîtrise admirablement la communication ».

Zenit - Deux ans après l’élection du pape François, voyez-vous des changements dans l’Église ?

Philippine de Saint Pierre - Ce que je note d’abord, c’est le changement du regard sur l’Église ! La popularité du pape François est impressionnante : d’après une enquête du Pew Research Center1 réalisée en 2014, il recueille 60 % d’« opinion favorable » dans le monde ! Ce n’est pas tant la popularité qui me semble intéressante (on peut aussi s’interroger sur ses fondements) que l’usage qu’en fait François : à travers lui, l’Église est plus audible.

Dans l’Église, le Pape François met au premier plan la relation vitale avec le Christ. Il questionne sans cesse les fidèles – laïcs et clercs ! – sur l’authenticité de leur vie chrétienne. Cela peut dérouter parfois. Certains y voient un jugement. Il me semble que c’est plutôt une invitation à la conversion.

Enfin, j’évoquerais la vision ecclésiologique du Pape, à la suite de Vatican II : la façon de se situer avant tout comme évêque de Rome et de souligner le rôle de chaque évêque dans son diocèse, la collégialité – au moins à travers une liberté de ton dans les échanges – et la réforme en cours de la Curie, pour qu’elle soit toujours plus un service et pas une administration centrale.

- Par quels mots caractériseriez-vous ce pontificat ?

Les premiers mots qui me viennent à l’esprit sont ceux que le Pape emploie avec un art consommé de la répétition pédagogique : les périphéries – sociales ou existentielles –, la culture de la rencontre par opposition à celle du déchet, la lutte contre la mondialisation de l’indifférence… La question des mots contribue à mes yeux à définir ce début de pontificat, parce qu’une partie de l’action pastorale du pape tient à son langage, simple, qui permet à chacun de se sentir interpellé : il parle de Jésus et du démon, du bien et du mal. C’est évidemment réducteur d’essayer de le caractériser en quelques mots. Si je devais en retenir trois, je choisirais la miséricorde, la conversion et la charité.

- Quels sont les desseins principaux du pape ? Qu’est-ce qui se dessine pour l’avenir de l’Église ?

Je ne prétendrais pas connaître autre chose des desseins du pape que ce qu’il veut bien en dire. Et puisqu’il est « un po furbo », un peu rusé, comme il le dit lui-même, sans doute ne voyons-nous pas tout. Ce que nous voyons clairement, c’est ce qu’il avait souligné dès avant le conclave : la nécessité de ne pas être une Église « autoréférentielle », mais une Église toute entière orientée vers la mission, afin que chaque homme ou femme entende parler de la miséricorde infinie de Dieu. Ce n’est rien d‘autre que le but de l’Église depuis 2000 ans : que le message du Salut apporté par le Christ rejoigne les extrémités de la terre.

- Selon vous, sur quoi le pape insiste-t-il particulièrement en occident, en Europe ?

Le Pape a des paroles assez dures à l’égard de l’occident, et notamment de l’Europe, cette « grand-mère », qui n’est plus féconde… Il fustige l’égoïsme de nos sociétés, l’idolâtrie de l’argent, l’indifférence aux plus pauvres, la fameuse « culture du déchet » et la mentalité consumériste. Il appelle aussi les catholiques d’occident à un réveil missionnaire, pour que les églises ne deviennent pas des « musées ». J’y vois une sorte d’accompagnement spirituel jésuite : ceux qui ont reçu des grâces particulières ont des responsabilités particulières. L’Europe est comptable de tant de grâces reçues…

- Et dans l’Église en France ? Avez-vous remarqué un impact particulier de ce pontificat ?

Si je reviens à l’enquête du Pew Research Center, non seulement plus de 90% des catholiques français ont une opinion favorable du Pape François, mais c’est aussi le cas de plus de 80% des non-catholiques. Dans un contexte de laïcisme agressif, cette popularité du Pape est un atout majeur pour les catholiques en France. Cela donne de l’élan ! Malheureusement, il y a aussi une maladie bien française qui est de tout réduire à une lecture idéologique. Que ce soit pour lui dresser une statue ou pour en faire un épouvantail, beaucoup sur-interprètent les propos du Pape ou n’en retiennent qu’une petite partie.

- Quel regard portez-vous sur l’influence du pape François y compris en-dehors de l’Église ?

Le Pape François maîtrise admirablement la communication : le langage, l’image… Ce qui ne veut pas dire qu’il s’agit d’artifices ! C’est une prédication… Son message touche des personnes éloignées de l’Église, qui se sentent accueillies. Évidemment ce n’est pas exempt de dangers, car il y a aussi des distorsions importante entre le Pape des médias et la réalité. Certains, par exemple, le trouvent formidable parce qu’ils pensent qu’il va rallier l’Église catholique à la « modernité ». Si c’est dans le sens d’un ralliement à l’esprit du monde, c’est qu’ils n’ont pas tout entendu !

- Vous l’avez accompagné dans des voyages internationaux : qu’en retenez-vous ? Quel moment vous a le plus marquée ?

J’ai pu accompagner cinq des sept voyages internationaux du Pape François, à l’exception des deux voyages en Asie. Ce qui me frappe, outre son extraordinaire énergie et sa disponibilité à chaque rencontre, c’est qu’il manifeste ses émotions : on le voit éclater de rire, on voit lorsqu’il est touché par un témoignage, on voit aussi lorsqu’il s’ennuie dans des cadres trop officiels… Les images les plus fortes pour moi sont encore celles des JMJ de Rio, sans doute parce que nous le découvrions : libre de tout protocole, faussement débonnaire et réellement bienveillant avec cette impressionnante foule de jeunes. Un peu égoïstement, le moment qui m’a le plus marqué, c’est au retour de Turquie lorsqu’il a bien voulu formuler des vœux d’anniversaire pour KTO, qui fêtait ses 15 ans : son invitation à « aller de l’avant pour aider à bien comprendre les choses qui arrivent dans le monde » est à la fois un encouragement et un bon aiguillon !

Source : Zenit.org