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EXHUMATION, TRANSFERT ET INHUMATION

L’EXHUMATION ET LA RECONNAISSANCE DES RESTES MORTELS

L’Eglise de Dieu au Bénin continue de célébrer le 150ème anniversaire de sont évangélisation par les SMA. Parmi les nombreux événements marquant ce jubilé, nous pouvons mentionner les célébrations liturgiques, les colloques, les conférences.

L’Union du clergé béninois, au cours de sa quarante-deuxième Assemblée générale à Ouidah du 31 janvier au 05 février 2011, a réfléchi sur la vie et l’exemple des pionniers de l’annonce de la Bonne nouvelle au Bénin. Parmi les prêtres pionniers ayant semé la Parole de Dieu dans les cœurs, nous ne pouvons nullement oublier le révérend Père Thomas Houessou Moulero DJOGBENOU, premier prêtre dahoméen, ordonné le 15 aout 1928. A l’occasion de l’exhumation de son corps le 13 aout 2011, nous voudrions expliquer la signification de l’acte et les étapes de son accomplissement.

L’exhumation est l’acte par lequel un cadavre est déterré, sorti de l’humus, c’est-à-dire de terre. Contrairement à l’ancien droit, le code de droit canonique en vigueur n’a aucune norme en la matière. Il faut recourir à la praxis des postulateurs admise par la Congrégation romaine ad’hoc. Vu le respect que mérite toute personne et surtout les défunts, il n’est pas possible de faire l’exhumation pour une simple curiosité. Elle requiert toujours une juste cause : le transfert des restes mortels en un lieu plus sûr (église, chapelle, plus facile d’accès) pour éviter l’humidité, le risque d’une possible profanation. Telles sont d’ailleurs les motifs ou les raisons qui président à l’exhumation du premier prêtre dahoméen. L’exhumation peut aussi être un acte formel en vertu ou en vue d’un procès en béatification. Nous n’en sommes là pour le cas en présence même s’il est souhaitable que soit promue la cause de béatification et de canonisation du Père Thomas Houessou Moulero DJOGBENOU.

Seul l’évêque diocésain jouit du pouvoir d’autoriser l’exhumation et éventuellement la reconnaissance des restes mortels d’un serviteur de Dieu. Quand il y a donc une juste cause pour demander l’exhumation, la reconnaissance ou les restes mortels d’un serviteur de Dieu, le postulateur présente une instance à l’évêque en indiquant les motifs ou raisons d’un tel acte. En répondant positivement, l’évêque, s’il ne peut pas personnellement assister à l’acte, nomme un prêtre délégué, si possible revêtu d’une dignité, pour que, ensemble avec le promoteur de justice et le notaire de la curie (ou le chancelier) et autres personnes, il accomplisse les pratiques nécessaires. S’il s’agit de la reconnaissance des restes mortels, l’évêque nomme aussi un ou des experts médicaux et les ouvriers devant ouvrir ou fermer la tombe ou le cercueil. En plus de toutes ces personnes, doivent intervenir deux ou trois témoins pour indiquer sous serment là où se trouvent les restes mortels du serviteur de Dieu.

Au jour et à l’heure prévus, les personnes ci-dessus cités et même les fidèles autorisés par l’évêque, se réunissent au lieu où le serviteur de Dieu avait été enterré. S’il s’agit d’un serviteur de Dieu qui n’est pas encore béatifié, il faut veiller à ce que l’acte d’exhumation soit simple, sans tapage et sans propagande. L’acte d’exhumation est précédé par une prière. Tous les participants (y compris l’évêque ou son délégué), sauf les fidèles et le postulateur, prêtent, l’un après l’autre, le serment de bien accomplir le travail à eux confié ou de dire la vérité, s’il s’agit des témoins. L’évêque ou son délégué avertit les participants qu’il est absolument interdit de soustraire des reliques ou d’introduire des objet étranger dans le cercueil. Puis il ordonne aux ouvriers d’ouvrir la tombe et d’extraire le cercueil. Le notaire ou le chancelier prend scrupuleusement note du lieu de la sépulture, des possibles inscriptions, l’état du cercueil. L’évêque ou son délégué et il promoteur de justice examineront le cercueil et les sceaux (s’ils existent) pour s’assurer qu’il s’agit effectivement du cercueil contenant les restes mortels du serviteur de Dieu. S’il s’agit d’une reconnaissance du corps, dans une atmosphère de prière, le corps sera transféré au lieu de la reconnaissance.

Après avoir ouvert le cercueil, les médecins font leur expertise, mise par écrit et signée. Si le corps reste intact ou non corrompu, les médecins diront ce qu’il faut pour sa conservation. A cette fin, ils peuvent appliquer des produits chimiques adaptés. S’il est opportun de revêtir le cadavre du Serviteur de Dieu, il faut faire en sorte à remplacer les vêtements trouvés avec d’autres qui leur ressemblent. Dans la prière, les restes mortels sont transférés au nouveau lieu de sépulture.

Que conclure ? Même si elle emprunte un itinéraire administratif à cause l’intervention du notaire et des médecins qui doivent dresser un procès verbal de leur travail ou de ce qu’ils ont constaté, l’exhumation dans l’Eglise catholique a une grande et haute portée spirituelle. Nous le voyons à travers l’ambiance de prières qui la précède, l’accompagne. Les diverses précautions prises ne font que manifester l’importance de l’acte et le respect dû au défunt.

L’exhumation dans l’Eglise catholique n’est pas à confondre avec les diverses cérémonies traditionnelles ou coutumières des pays d’Afrique ou d’ailleurs ou plus précisément avec la cranologie ou le culte des cranes. Dans la pratique, le crâne des défunts ancêtres était déterré après quelques mois ou quelques années et placés en un lieu sacré sous la garde du successeur légitime de la lignée familiale. Ceux qui en éprouvent le besoin viennent auprès de ces crânes invoquer l’énergie et la conscience des ancêtres à travers des prières accompagnées quelquefois de sacrifices ou de dons symboliques. En effet, selon par exemple le Bamiléké du Cameroun, l’os humain est un excellent moyen pour entrer spirituellement en contact avec le défunt à qui appartenait cet os. L’os du crâne humain, à cause de sa correspondance avec les parties supérieures de l’être (l’âme, la conscience, l’esprit et le dieu « X »), est, selon les Bamiléké, un excellent intermédiaire pour entrer spirituellement en contact avec l’âme d’un défunt.

Dans certaines tribus préhistoriques, le crâne est le siège d’émanations surnaturelles sur le possesseur ou sur sa famille, sa tribu. C’est pourquoi, il est conservé en des lieux préférentiels comme : plafond d’habitation véranda, grenier, sous-sol, grotte, hutte-ossuaire, paniers en osier. Dans certaines ethnies, le crâne humain peut continuer crier vengeance. Dès lors, les rituels (offrandes alimentaires, prières, appellations nominales) ont pour but d’apaiser l’ombre du défunt et s’attirer quelques autres avantages matériels (abondance des récoltes, prospérité des troupeaux). Dans certaines tribus, la veuve ou l’enfant porte sur lui, dans ses déplacements le crâne du défunt. Il mange, dort à proximité et l’oint souvent d’huile de coco pour être heureux à la pêche, à la guerre, en amour. Si dans l’Eglise catholique, nous pouvons prier sur la tombe des défunts, c’est pour demander leur intercession. Nous n’attribuons aucun effet magique à leurs restes mortels d’autant plus que c’est le Seigneur qui, par leur mérite, exauce nos prières. Les restes mortels des chr

Sans les diaboliser ou les rejeter d’un revers de main toutes ces pratiques rituelles, nous doivent être christianisées, évangélisées et débarrassées de tout ce qui n’honore pas ou ne respecte pas la dignité de la personne même après sa mort. Elles doivent être pénétrées de la lumière du Saint Esprit qui les ouvrira à la foi en la résurrection du Christ.

Dans l’Eglise catholique, l’exhumation n’est pas seulement celle du crane mais de tout le corps du Serviteur de Dieu dont la chair est promue à la résurrection. En dessous de la cranologie se cache l’idée de la réincarnation. D’où son incompatibilité avec la foi en la résurrection.

Père Jacques Mahougnon AGOSSOU