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Epiphanie 2014 à Porto-Novo : Homélie du Père Jean Benoit GNAMBODE

Cher Père Curé de la Cathédrale et chers confrères, Chères Sœurs Religieuses et vous chrétiens mes frères, Fils et Filles bien-aimés de Dieu, La célébration liturgique qui nous rassemble en ce jour est l’une des plus grandes et des plus belles de notre histoire chrétienne. En Orient comme en Occident, la tradition reconnaît l’authenticité des faits évoqués par les évangélistes des faits par lesquels s’accomplissent les Ecritures : « Les nations marcheront vers la Lumière et les rois vers la clarté de ton aurore ». Le Christ vient de naître et déjà sa Lumière se répand à travers le monde. Il est « la vraie Lumière qui éclaire tout homme en venant dans ce monde » (Jn 1, 9). Frères et Sœurs, c’est cette Lumière qui, par les Missionnaires, a lui sur notre pays faisant ainsi de notre nation aussi la part de Dieu destinée au salut par son Fils Jésus-Christ. Tout part toujours d’une petite lueur, d’un petit signe auquel il fallait être attentif.

En effet, l’itinéraire des Mages contient une leçon très importante pour nous aujourd’hui. Dieu nous donne sa lumière. Une lumière souvent discrète mais qui, au fond, est à la disposition de tous. Notre problème est que souvent nous ne savons pas reconnaître les signes de Dieu ou nous exigeons des signes plus marquants, plus spectaculaires. La démarche des Mages est exemplaire pour nous car ils se sont déplacés sur la base d’un signe fort modeste.

Ils ont découvert grâce à leur sens de l’observation quelque chose qui échappe à leur science : la naissance d’un enfant qui est Roi des juifs. Un signe dérisoire les a mis en route. Ce n’est pas un signe éclatant, c’est une étoile. Ils l’ont reconnue comme un signe de Dieu. Rien à voir avec les horoscopes qui prétendent annoncer l’avenir. Les Mages ne disent pas que l’enfant est destiné à être roi plus tard. Ils affirment que ce bébé est roi dès maintenant.

Le signe de l’étoile incite les Mages à se mettre en route. Une action qui semble bien démesurée en regard de la fragilité de l’indice. Et pourtant c’est bien là que se trouve la démarche de la foi. La foi chrétienne ne consiste pas à admettre simplement l’existence de Dieu. Dans l’Evangile, les démons reconnaissent cette existence mais ils ne suivent pas Jésus, ils s’y opposent. La foi n’est pas une simple opinion mais une adhésion de toute la personne. Croire, c’est faire une démarche, c’est engager notre existence sur un certain chemin, sur le chemin de celui qui nous fait signe.

En arrivant à Jérusalem, las Mages se renseignent sur le lieu de la naissance de l’Enfant. Le roi Hérode tremble, l’inquiétude gagne toute la ville, tous les chefs des prêtres et tous les scribes sont convoqués. Des étrangers incitent les Docteurs de la Loi à scruter les Ecritures. Des païens réveillent les croyants de leur torpeur. L’actualité et la tradition vont s’éclairer mutuellement. Le signe dans le temps présent prend toute sa signification grâce à la mémoire. Les promesses d’autrefois, un peu oubliées par les juifs, sont en train de s’accomplir. « Passé et temps moderne se rejoignent. Une étoile sert de trait d’union entre les deux (…) Des étrangers adorent le Christ avant les Juifs ; des hommes vivant dans des régions lointaines préviennent ceux qui habitent sur les lieux ; des gens totalement ignorants des prophètes ont l’avantage sur ceux qui sont nourris des Ecritures. » (St Jean Chrysostome). Cette rencontre à Jérusalem est pleine d’enseignements pour nous. L’attitude des chefs des prêtres et des scribes est représentative de la paresse religieuse qui risque toujours de nous gagner. Ils avaient des indications dans les Saintes Ecritures mais n’y prêtaient pas attention. Or les Ecritures sont indispensables pour comprendre les signes de Dieu…

Frères et sœurs bien aimés, L’an dernier, à l’occasion de cette même fête de l’Epiphanie j’ai adressé un message à vous tous fils et filles de Dieu dans ce diocèse : « La Révélation ». Dans ce message, j’affirmais que « c’est tout l’Evangile qui est épiphanie, en ce qu’il réalise progressivement et la manifestation de l’identité réelle de Jésus et la révélation du Père en son mystère. Aussi tout le cycle liturgique devient-il épiphanie en ce que, non seulement il nous fait apparaître, mais encore nous rend présent le mystère de l’Economie divine dans sa miséricordieuse dispensation ». C’est dans la dynamique de cette révélation de Dieu que nous devons entrer.

Comme les Mages, nous sommes invités à nous mettre en route sans attendre l’éclat de trompette ou de signes grandioses. Croire, c’est sortir de la routine, partir à la recherche de Dieu. Abraham est parti sans savoir où il allait. Il mit toute sa confiance dans celui qui l’appelait. Moïse, lui, marchait « comme s’il voyait l’invisible ». Il a connu des moments de doute, de déception et d’échec. Mais il les a traversés : il regardait au-delà. Notre marche connaît aussi des périodes de brouillard ou de lassitude. C’est alors que nous nous souvenons que notre marche n’est pas solitaire. Nous faisons route en Eglise. Comme les Mages nous ne pourrons pas rencontrer le Christ sans demander notre chemin à l’un ou à l’autre. Notre accès au Christ passe par les autres. Nous ne savons pas toujours reconnaître par nous-même sa présence. Nous avons besoin les uns des autres pour apprendre à lire les signes de Dieu dans notre vie. Cela peut être une équipe de révision de vie, un groupe de spiritualité, un guide spirituel. N’oublions jamais la médiation des Saintes Ecritures. La Parole de Dieu est une lumière pour notre route. Sans ce contact avec la Parole de Dieu, nous ne saurions pas reconnaître sa présence. C’est cette mémoire vivante qui éclaire notre présent. Croire, c’est donc reconnaître la présence de Dieu dans notre vie et le reconnaître comme notre Guide. Même si ce signe qui nous est offert est fragile comme un nourrisson, prosternons-nous devant lui et que son amour nous envahisse. Peut-être nous demandera-t-il de repartir par un autre chemin. Car, croire, c’est aussi changer de chemin, changer de façon de vivre. C’est, enfin, témoigner de Celui qui est Lumière pour toute l’humanité. Dieu continue de se révéler. Il se fait connaître pour qu’à notre tour nous le fassions connaître. Nous « sommes tous associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile. » Amen !

Père J-B GNAMBODE,

Administrateur apostolique du diocèse de Porto-Novo