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Epiphanie 2015 à Porto-Novo : Homélie de l’Administrateur Apostolique

Autorités politiques et administratives à divers niveaux, rangs et titres,

Majestés et Têtes couronnées,

Chers Pères concélébrants,

Chers frères et sœurs, fils et filles et amis de Dieu,

Bonne fête de l’Epiphanie à tous et à chacun !

L’histoire de Noël était, malgré le chant céleste de louange, une manifestation divine discrète, limitée à un petit nombre. Elle était pourtant valable non seulement pour tout Israël, mais aussi pour le monde entier, et c’est ce qui est célébré dans la fête d’aujourd’hui : l’Epiphanie de Dieu dans le monde lui est destinée dans sa totalité, et notamment aux peuples païens, qui n’avaient pas reçu, comme les juifs, des annonces préalables, et qui maintenant sont les premiers à venir rendre hommage.

L’Evangile décrit la venue des astrologues païens qui ont vu se lever l’étoile de la rédemption et l’ont suivie. Dieu leur a adressé une parole par un astre inhabituel au milieu de leurs constellations habituelles, et cette parole les a émus et amenés à tendre l’oreille, tandis qu’Israël habitué à la Parole de Dieu, est devenu sourd à de telles paroles de révélation ; il ne veut pas se laisser troubler dans le cours habituel de ses dynasties. La question naïve de ces étrangers : « Où est le roi qui vient de naître ? » posée aux juifs ou à l’Eglise, crée embarras et même effroi. La conséquence sera chez Hérode un projet meurtrier prudemment voilé ; mais les astrologues, guidés par l’étoile, parviennent à leur but, ils rendent hommage à l’enfant et s’esquivent, conduits par la providence de Dieu, sans être inquiétés. L’évènement est symbolique, il annonce l’élection des païens ; plus d’une fois, Jésus trouvera chez eux une plus grande foi qu’en Israël. Souvent ce sont des convertis qui ouvrent à l’Eglise des voies nouvelles et fécondes (cf. Actes 9,26 – 30).

Isaïe dans la première lecture exhorte Jérusalem à resplendir maintenant, alors qu’elle ne veut pas reconnaître son Sauveur, « car elle vient ta lumière », Jérusalem n’a pas de lumière en elle-même, même si elle croit en avoir une, mais elle doit voir des peuples et des rois avec leurs trésors venir non à elle, mais à sa lumière. Et ce n’est que dans cette lumière qu’elle pourra se rassembler à nouveau elle-même et sortir de sa dispersion fatale, non plus en se fermant aux peuples qui lui apportent « des trésors d’au-delà des mers », des pays les plus lointains, mais uniquement en s’unissant à eux. Ce qui se rassemble là sera un nouveau peuple, « Israël de Dieu », et pour cette raison Israël devait rayonner et sentir « frémir son cœur ». Si maintenant « tous les gens de Saba viennent, » c’est autre chose que la Reine de Saba qui fit le voyage pour la sagesse de Salomon, c’est réellement un peuple de Dieu choisi parmi les peuples de la terre, représenté par les premiers arrivés, ces astrologies qui ont suivi la lumière et rendu hommage à l’enfant.

Au fond, Israël aurait dû pressentir quelque chose du mystère qui est maintenant révélé à Paul dans la deuxième lecture ; que le vieil Israël va s’ouvrir à tous les peuples, que ceux-ci ont part à la même promesse dans le Christ Jésus et sont cohéritiers avec Israël. Mais malgré l’annonce faite par Dieu à Abraham que les peuples seront bénis en lui, Israël n’a pas compris la prédiction, il s’est même défendu contre le roi des juifs qui vient de naître, c’est seulement par le Saint-Esprit qu’il a été révélé aux apôtres et aux prophètes du Nouveau Testament que la vieille promesse faite à Abraham et l’alliance avec Noé plus ancienne encore avec toute la création seront accomplies dans ce nouveau-né. Seule l’église du Christ voit quelle est l’étoile qui se lève et quelle épiphanie rayonne sur le monde entier.

Chers frères et sœurs en Christ, fils et filles bien-aimés de Dieu de Porto-Novo, les Mages venus d’Orient savent que leur voyage sera long, mais ils persévèrent et ils se trompent aussi, il faut marcher parfois longtemps, il faut parfois se tromper pour trouver la vraie réponse, pour aboutir au salut, avant de rencontrer son Sauveur. Et alors, quelle surprise ? Ils cherchent un fils de roi, ils trouvent l’enfant d’un charpentier, ils cherchent un super-magicien, ils trouvent un bébé dans les bras de sa mère. Un homme en Dieu et Dieu en un homme. Tous leurs rêves s’effondrent. La réponse est toujours au-delà de la question, tellement plus simple, tellement plus belle aussi. Ils imaginèrent la puissance, la richesse, l’éblouissement d’une gloire mondaine, ils sont maintenant à genoux devant un être sans pouvoir, sans richesse, sans éclats, un tout petit, un totalement faible, un pauvre. Et le mage qui n’arrive pas à sentir la profondeur de ce mystère, qui ne peut le comprendre, se prosterne pour adorer. L’homme doit apprendre à écouter dans le silence de Dieu et adorer. Faire silence et adorer, c’est trouver un nouvel ordre intérieur, ne pas seulement se préoccuper de ce que l’on veut représenter et afficher ; le silence, c’est développer ses sens intérieurs, celui de la conscience, celui de l’infini en nous, la capacité d’écouter Dieu.

C’est bien là aujourd’hui encore, que l’on trouve le sens de notre vie. Celui qui la donne, au nom du Seigneur Créateur du ciel et de la terre, c’est toujours le même enfant, le Fils de Dieu fait chair, le tout-puissant devenu faible comme chacun de nous, l’enfant de l’humble servante Marie, celui qui n’aura pas où reposer sa tête, sinon sur le bois de la croix, celui qui vient encore à vous dans un morceau de pain, l’Eucharistie.

L’étoile de la nuit de notre existence, c’est à la vérité cet enfant qui est le Fils de Dieu fait homme. Il est la lumière qui montre le chemin à travers les routes de l’histoire. Il nous montre le ridicule de l’astrologie, la fragilité de nos richesses et de nos pouvoirs, l’impuissance de notre science. Les véritables astres de l’humanité sont les hommes qui lui montrent le nouveau chemin de son cœur et de sa vocation. Christ est, et sera toujours l’étoile qui s’est levée pour nous. Il illumine lui-même la lumière qui fait alors des hommes des étoiles montrant la route vers lui.

Chers frères et sœurs, recevoir la lumière et rayonner de cette lumière, c’est laisser resplendir cette lumière autour de nous, pour qu’elle guide nos frères et sœurs. Il y a tant d’hommes et de femmes autour de nous qui attendent une lumière dans notre diocèse. La fête de l’Epiphanie, c’est la fête de la mission. L’Epiphanie rappelle à l’Eglise son être et sa mission. Le Pape Benoît XVI nous l’a notifié à l’occasion de l’Epiphanie en 2006 : « Dans le contexte liturgique de l’Epiphanie, disait-il, se manifestent également le mystère de l’Eglise et sa dimension missionnaire. Celle-ci est appelée à faire resplendir dans le monde la lumière du Christ en reflétant en elle-même comme la lune reflète la lumière du soleil. » C’est pourquoi j’exhorte les agents pastoraux en collaboration avec les laïcs à installer des comités d’organisation de la fête de l’Epiphanie dans toutes les paroisses de notre diocèse, et à redonner à la Parole de Dieu et aux mystères de la vie de Notre Seigneur Jésus-Christ, la révérence qui leur est due. Je nous invite à faire des efforts pour discerner et « séparer dans notre vie le bon grain de l’ivraie », pour d’une part porter à Dieu les éléments de notre culture, porteurs de valeurs et d’autre part, laisser l’Esprit Saint brûler tous les germes contraires à l’Evangile. C’est là l’exigence d’une foi exigeante et rigoureuse, disciplinée et sans mélange, humble et priante. Chers frères et sœurs, Marie est celle dont la foi est caractérisée par la méditation silencieuse de la Parole de Dieu. Qu’elle nous aide à asseoir notre vie sur le Roc qu’est le Christ et avoir un guide sûr dans le discernement quotidien qu’exige chacune de nos décisions ! Amen !

Père Jean Benoît GNAMBODE,

Administrateur Apostolique du diocèse de Porto-Novo