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EPIPHANIE : Médium d’évangélisation chez les "Aïnonvi"

Le révérend père Francis AUPIAIS, prêtre de la Société des Missions Africaines (SMA), de vénérée et regrettée mémoire a initié la représentation théâtrale de l’Epiphanie. C’est bien lui le fondateur de cette fête à Porto-Novo. Il en a fait, un médium d’évangélisation et cela vient bien à point nommé.

L’Epiphanie est d’abord une fête chrétienne. Elle est la suite du mystère de Noël ; mais elle se présente, sur le cycle chrétien avec une grandeur qui lui est propre. De fait, si la liturgie du 25 Décembre met l’accent sur l’identité de Jésus Vrai Dieu et Vrai homme, Fils de Dieu fait chair, celle de l’Epiphanie célèbre, dans le même mystère, la Manifestation du Seigneur à tous les hommes. Son nom qui signifie Manifestation indique assez qu’elle est destinée à honorer l’apparition d’un Dieu au milieu des siens. L’extension universelle du Règne de Dieu, le Créateur de l’univers, le Tout Puissant, le seul vrai Dieu, est au cœur de la révélation biblique la plus ancienne. Elle a été de plus en plus objet d’une grande espérance parfois teintée d’impatience.

Conscient de la singularité de son élection divine, le peuple d’Israël a progressivement compris que, de quelque façon, ce privilège concernait tous les peuples de la terre. Un jour viendra où les nations afflueraient à Jérusalem, ville-phare et où seraient rassemblés, dans la joie, tous ses fils dispersés. Alors un hommage unanime sera rendu au Seigneur de l’univers dont la splendeur illuminera la Ville. Alors tous chanteront : « On appelle Sion Ma Mère ! Car en elle, chacun est né. » (Ps 86,5).

La Tradition chrétienne a recueilli et assumé cette tradition et cette espérance. La Jérusalem vers laquelle marchent les hommes de toute race, peuple, langue et nation pour qui le Tout-Puissant a envoyé son Fils, n’est pas une cité de cette terre : elle descendra du ciel, d’auprès de Dieu, radieuse de la gloire divine.

Des mages, venus d’Orient pour adorer le Seigneur nouveau-né, ont pris la tête de cette foule immense. Ayant trouvé le Sauveur au terme d’un long voyage, ils sont repartis chez eux en empruntant un chemin nouveau, guidés, désormais, non plus par une étoile, mais par le reflet de la Lumière née de la lumière, qui avait brillé dans leurs yeux, et qui, désormais illuminait le monde. Car Jésus est la vraie Lumière qui éclaire tous les hommes. Remarquons que, lorsque notre Rédempteur aura atteint l’âge de l’homme parfait, les Apôtres le prêcheront aux gentils, tandis que lorsqu’il est encore enfant, et ne sait point encore parler, c’est une étoile qui l’annonce à la gentilité. L’ordre de la raison voulait sans doute que ce fussent des prédicateurs qui parlassent pour nous faire connaître le Seigneur quand lui-même eut parlé.

C’est dans cette même perspective que, le révérend père Francis Aupiais, prêtre de la Société des Missions Africaines, de vénérée et regrettée mémoire a initié la représentation théâtrale de l’épiphanie. C’est bien lui le fondateur de cette fête à Porto-Novo. Il en a fait, un médium d’évangélisation et cela vient bien à point nommé. De fait, au début de l’évangélisation ici à Porto-Novo, c’était beaucoup plus les AGOUDAS qui fréquentaient l’église et qui majoritairement chrétiens, vivaient dans les environs de la Cathédrale. Pour cette raison, messe et catéchisme se faisaient en AGO. C’est d’ailleurs pour cette raison, que jusqu’à présent on continue de faire des lectures à certains dimanches en AGO. En prenant l’initiative d’organiser cette fête, le père Aupiais a donc voulu s’intéresser aux Gouns. Pour atteindre son objectif, il se fit ami du Roi de nuit de Porto-Novo appelé ZOUNON-MEDJE et quelques notables de cette ville.

Créée en 1922, cette fête se célébrait à l’air libre pour que tous ceux qui passent puissent voir. Elle commence toujours par la célébration de la messe à laquelle le père Aupiais invitait et les Rois de Porto-Novo, et les chefs traditionnels, et les notables et même les musulmans. Ils sont tous présents d’abord à cette messe à la fin de laquelle se faisait comme aujourd’hui le théâtre de l’Epiphanie.

Soulignons au passage qu’au début ce n’était pas le théâtre qui se faisait à la fin de la messe de l’Epiphanie. Pour commencer son processus d’évangélisation des Gouns par le biais de la solennité de l’Epiphanie, il faisait des petits enfants des anges qui s’habillaient comme aujourd’hui encore en blanc ; et ce sont eux qui animaient la célébration de la messe, puis à la fin ils faisaient des ballets. C’était la liesse populaire. C’est donc progressivement que le père Aupiais a écrit le texte de la représentation théâtrale qu’il a exigé de traduire en goun. La toute première représentation a eu lieu ici là la Cathédrale de Porto-Novo le 06 Janvier 1926 avec comme petit Jésus dans la crèche un enfant qui naquit le 25 Octobre 1925 et qui est aujourd’hui âgé de 85 ans. Il a pour nom le père Laurent SAH.

Toujours dans le souci d’intégrer pleinement les Gouns à la famille ecclésiale, le Père Aupiais choisit pour la première représentation un Roi Goun parmi les trois Mages. Se voyant ainsi associés au mystère du salut, les gouns se laissaient évangéliser. Comme pour poursuivre sa campagne d’évangélisation, après la représentation, tous ceux qui sont intervenus se dirigent en procession, avec chants et danses, vers le grand marché. Quand on y parvient, on prie puis on retourne en paroisse.

Partie de la Cathédrale de Porto-Novo, cette fête comme moyen d’évangélisation a gagné presque toutes les paroisses du diocèse, mieux elle a gagné tout le Bénin. Aujourd’hui, même les béninois de l’extérieur l’on exportée dans bon nombre de pays : Togo, Gabon, Côte d’Ivoire, Congo etc. Mais quels sont les fruits portés par ce moyen d’évangélisation ici chez nous à Porto-Novo ?

Le catéchisme en langue Goun aujourd’hui est le premier fruit que nous devons à la fête de l’Epiphanie à HOGBONOU. Car au départ, le catéchisme ne se faisait qu’en AGO. Aujourd’hui le catéchisme se fait dans les deux langues, la liturgie aussi. C’est une belle chose. Aujourd’hui, la cathédrale n’est plus vue comme l’église des AGOUDAS mais comme l’église aussi bien des Agoudas, des Nagots, des Fons, des Minas, que des Gouns. A la cathédrale où la fête de l’Epiphanie a commencé, les messes sont animées en latin, en français, en Yorouba, en Fon , Mina, et en Goun.

Dans cette optique, l’Epiphanie du Seigneur nous apparaît comme fondement et exigence de l’annonce de l’Evangile à tous les peuples auxquels, désormais, l’accès du Royaume est ouvert sans autre condition que la foi au Christ. Grâce à cette fête, les Gouns se sont vus « associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’évangile. ». Ce moyen d’évangélisation a atteint son but : faire connaître Jésus aux peuples qui hier encore étaient païens.

Ainsi certains ont pu abandonner le fétichisme et ont embrassé la foi avec joie, prêts à accueillir, sans réticence, sa nouveauté imprévue. Aujourd’hui encore, des gens qu’on n’attendait pas marchent laborieusement à la recherche du Seigneur. Quand ils l’ont trouvé, remplis de joie, ils n’hésitent pas à abandonner les chemins familiers, guidés par la lumière qui désormais les habite : Jésus. Cette initiative du père Francis Aupiais a encore sa valeur d’évangélisation. En organisant mieux cette fête, on pourrait manifester et faire connaître le Christ à ceux qui ne le connaissent pas encore. De plus la célébration de l’Eucharistie et de tout sacrement est une Manifestation du Seigneur qui est là, présent sous d’humbles signes. Que le Christ se manifeste à travers nous à tous les hommes et que le Règne de Dieu avance chez nous à Porto-Novo.

Quelques images de scènes de l’épiphanie.