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HOMELIE A L’ORDINATION DE L’ABBE HYACINTHE TOFFOHOSSOU

Excellence Mgr Antoine GANYE, Chers Concélébrants, Chères Religieuses, Chers Séminaristes, Chers fils et filles bien aimés de Dieu, Cher Monsieur l’Abbé Hyacinthe,

Le Seigneur nous rassemble aujourd’hui pour une troisième fois dans cette paroisse Saint Hubert de Missérété pour célébrer son Sacerdoce dans l’ordination de l’Abbé Hyacinthe qui deviendra prêtre dans un instant par l’imposition de mes mains.

En effet, le tout premier événement du genre eut lieu ici même il y a 39 ans. C’était le 11 août 1973 que le Père Jean Benoît GNAMBODE, 1er prêtre de Missérété, recevait des mains de notre vénéré prédécesseur, Mgr Vincent MENSAH, l’onction sacerdotale. Il a fallu attendre 28 ans pour voir la 2nde ordination à Missérété. C’était le 29 décembre 2001, jour d’ordination du père Cosme TOVIZOUNKOU, 2ème prêtre de la localité. Et aujourd’hui, 11 ans après l’ordination du père Cosme, le Seigneur confère la grâce sacerdotale à un autre fils du Diocèse, venu d’ailleurs, il est de la paroisse de Pobè.

Jour de joie pour Missérété, mais aussi jour de joie pour notre Diocèse qui accueille l’Abbé Hyacinthe TOFFOHOSSOU. Pensant à cette ordination pendant mon séjour à Rome, j’ai recommandé à la prière d’une âme consacrée, tous les prêtres de mon Diocèse. Cette dernière, vivant profondément la spiritualité thérésienne, a spontanément décidé d’adopter tous mes prêtres et pour matérialiser cet engagement spirituel, elle m’a confié plus d’une centaine de médailles miraculeuses pour chacun des prêtres de mon Diocèse.

Oui, c’est jour de joie et de fête pour le Diocèse de Porto-Novo. Je salue d’abord la présence de son Excellence Mgr Antoine GANYE, Archevêque Métropolitain de Cotonou, Président de la CEB… Je salue aussi la famille de l’Abbé Hyacinthe qui l’a accompagné comme elle a pu jusqu’à ce jour et je la remercie très vivement. Je salue et remercie tes professeurs et directeurs spirituels. Je salue et remercie les paroissiens de Missérété unis à leur vaillant Curé, heureux, eux tous, d’accueillir cette ordination, et d’autant plus heureux que l’engagement du diacre Hyacinthe constitue un appel pour les jeunes surtout ceux de cette localité. Les jeunes doivent d’abord accueillir l’appel de Dieu pour se mettre au service de leur Eglise particulière. C’est à eux de choisir de répondre courageusement à l’appel de Dieu en fonction de la vie et des besoins du diocèse dans lequel ils ont découvert et approfondi leur foi, ce qui nécessite forcement de dépasser leur préférence ou leur sensibilité. L’appel que j’adresse aux jeunes aujourd’hui n’est pas à comparer à d’autres propositions comme on compare les avantages et les inconvénients d’un m étier ou les produits de consommations. L’appel au ministère de prêtre diocésain n’est pas un appel « par défaut » quand toutes les autres hypothèses ont été envisagées.

Depuis le temps des apôtres, il est une voie royale pour se donner tout entier au service d’une Eglise réelle et concrète. Le prêtre diocésain voit sa vie structurée et modelée par le peuple de Dieu au service duquel il est envoyé. Enfanté au ministère par l’Esprit Saint agissant dans son Eglise par l’imposition des mains et la prière qui le consacrent prêtre, il atteint la plénitude de son ministère par sa disponibilité totale envers cette Eglise, au service de laquelle il met tout son dynamisme évangélique. Cette disponibilité, vous en avez le témoignage à travers la vie et le ministère des prêtres que vous connaissez. Le modèle, évidemment reste pour tous toujours Saint Jean-Marie Vianney, le Saint Curé d’Ars pour qui les sacrements et l’évangile tiennent une place dans la vie du prêtre. Aujourd’hui, c’est tout le presbyterium qui est largement représenté pour vous imposer les mains et vous accueillir en son sein. Je voudrais profiter de cette heureuse occasion pour saluer et remercier tous ces prêtres qui sont mes fidèles collaborateurs. Par ma voix, c’est tout le diocèse qui leur présente ses vœux de Santé, de Sagesse et de Sainteté pour cette nouvelle Année qui vient de commencer. Le chemin sur lequel nous nous sommes engagés depuis plusieurs ou de récentes années est avant tout un chemin de compagnonnage avec le Christ. Comme les douze apôtres, vous découvrez que votre vie prend sens dans la relation particulière que vous vivez avec le Seigneur. Comme eux vous êtes les témoins de ce que l’on dit de lui, autour de vous. Aujourd’hui le Christ est perçu sous différentes figures et des différentes approches de figures. Nous n’avons pas besoin de corriger ses copies erronées ou insuffisantes de figures. Jésus nous demande à nous de réagir en répondant à la question « et vous que dites vous, pour vous qui suis-je » Notre réponse à cette véritable question n’est pas, nous le sentons, dans la reproduction d’un discours théologique sur le Christ. Elle est dans la profession de foi de Pierre par Dieu Lui-même : « ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux » (Mt 16/17). Notre réponse c’est notre profession de foi au Christ Messie crucifié et ressuscité, glorifié dans sa passion et sa résurrection. Notre profession de foi demeure souvent hésitante et doit être ravivée dans notre manière de vivre quotidiennement les exigences de l’évangile. Elle est modeste devant les témoignages de la foi que vivent tant de fidèles auxquels nous sommes envoyés. Et pourtant malgré notre faiblesse, malgré nos hésitations nous tenons fermes à celui qui nous consacre dans la vérité pour la vie de son peuple. Nous n’avons pas honte de lui rendre témoignage parce que nous comptons sur la puissance de son Esprit qui habite en nous. Grâce à cet Esprit, nous sommes armés et pourvus de tout ce qu’il faut pour le travail de l’Evangile. Paul disait à Timothée : « En toute chose, garde ton bon sens, supporte la souffrance, travaille à l’annonce de l’Evangile, accomplis jusqu’au bout ton ministère »

Dans les différentes missions qui vous seront confiées, vous aurez des tâches à accomplir. Certaines seront exaltantes, d’autres plus ingrates, qu’importe ! Finalement votre mission à travers toutes ces tâches sera de rendre témoignage au Christ, un témoignage de croyant : « je sais en qui j’ai mis mon espérance, je ne serai pas déçu. » (Is 50,7)

Ne craignez pas de prendre largement et généreusement les temps nécessaires pour vivre cette communion dans la célébration eucharistique, communion dans la méditation régulière de sa parole, communion dans le dialogue intérieur d’un ami avec un ami. N’oubliez jamais les paroles du Christ : « de même que le sarment, s’il ne demeure sur la vigne, ne peut de lui-même produire du fuit, ainsi vous non plus si vous ne demeurez en moi. Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui là produira du fruit en abondance, car en dehors de moi vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15, 1-5)

Comme les apôtres, nous avons sans cesse à nous convertir pour ajuster nos vues aux vues de Dieu. Nous sommes au service de la foi. Mais la foi n’est pas à notre service. Certes, « la victoire qui a vaincu le monde, c’est notre foi. » Mais de quelle victoire s’agit-il, il ne s’agit pas pour nous d’enrôler le Christ pour faire triompher nos idées ou nos conceptions du monde. Il s’agit d’être les témoins d’un Royaume qui n’est pas de ce monde, témoin de la radicalité à laquelle la liberté humaine est conduite lorsqu’elle se laisse guider par Dieu. C’est pour cette liberté que nous devons combattre toutes les formes d’aliénation que secrète le monde et qui risquent de nous séduire comme elles séduisent tant d’hommes et de femmes en notre temps. L’aliénation de l’argent qui devient de plus en plus un critère d’évaluation pour mesurer la réussite ou l’échec d’une vie ; l’aliénation du pouvoir qui devient souvent une domination. Par votre genre de vie, vous êtes appelé à témoigner que la vie est plus que les biens. Pauvre, non seulement en argent, mais aussi dans votre manière de vivre, vous annoncez que l’être humain est plus que la possession des biens.

Chaste, non seulement par le célibat, mais aussi par votre respect des autres, vous annoncez que les pulsions ne sont pas la règle d’une vie humaine. Obéissant, non seulement par votre acceptation des ordres de votre hiérarchie, mais aussi par votre disponibilité quotidienne aux appels de Dieu, vous annoncez que notre liberté est toujours relative et ne se déploie que dans le don de Dieu sans retour.

Chers frères et sœurs bien aimés, en particulier chers jeunes, je vous invite tous à vous mettre sous l’influence de l’Esprit-Saint qui vous aidera à faire l’expérience de la vitalité et de la puissance de l’Evangile. « Enracinés et fondés en Christ et formés dans la foi », vous pouvez alors vous demander : « Que dois-je faire pour partager ce que je reçois de l’Eglise et de ce qu’Elle m’enseigne ? ou plutôt et vous gagnerez du temps, demandez à Dieu : Seigneur que veux-tu que je fasse pour servir l’Eglise ? Et répondez sans crainte, oui (sans crainte) à ses appels. Sachez que le diocèse de Porto-Novo a encore besoin d’ouvriers de l’Evangile. Cher Hyacinthe, je voudrais pour terminer, te laisser simplement comme cadeau d’ordination le testament de Monseigneur Louis Parisot, un des Eminents Fondateurs de notre Eglise. Il te faudra le méditer tous les jours : « CRUX – HOSTIA – VIRGO, au fond, tout est là dans la vie spirituelle ». La Croix (Crux), elle est déjà là dans ta vie aujourd’hui et elle sera encore là demain. C’est dans l’Eucharistie (Hostia), que tu rencontreras Celui qui t’aidera à porter ta Croix. N’aie donc pas peur. Avance au large, avec détermination et courage. Oui, avance, le regard toujours fixé sur Marie (Virgo), Mère des Apôtres. Tu seras ce soir à ses pieds à Mariatokpa. Elle sera attentive et toujours présente à tes côtés. Je te confie également à Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et à Padre Pio, tous deux, amis et protecteurs des prêtres. Un autre soutien spirituel vient s’ajouter à la liste, il s’agit de Ste Bernadette Soubirous que nous célébrons aujourd’hui. Te voilà donc encadré. N’aie donc plus peur, avance au large.

Mgr René-Marie EHOUZOU,

Evêque de Porto-Novo