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HOMELIE DE L’ADMINISTRATEUR AUX OBSEQUES DE MADAME ODJOUSSOU MARIE ROSE

A l’occasion des obsèques de Mme ODJOUSSOU Marie Rose, mère de la soeur Ida ODJOUSSOU (OCPSP) et de l’abbé Serge ODJOUSSOU, grand séminariste

  • Excellence Monseigneur Vieira,
  • Evêque de Djougou,
  • Chers Pères Concélébrants,
  • Chères Religieuses,
  • Et vous, Sœur Ida particulièrement frappée par la mort de votre chère et bien-aimée Maman,
  • Monsieur l’Abbé Serge, Acolyte trop tôt privé de la joie de votre maman de vous voir prêtre,
  • Chers frères et sœurs bien-aimés du Seigneur,

Maman Marie Rose ODJOUSSOU a voulu que nous nous réunissions à l’église à l’occasion de sa mort. C’est qu’elle estimait que ce rassemblement avait un sens pour elle et qu’il en aurait un pour nous. Marie Rose a voulu donner la parole à l’Eglise à l’occasion de sa mort afin que l’Eglise dise ce qu’elle a à dire quand quelqu’un meurt. Toute sa vie, elle a mis sa confiance dans le Seigneur. En cette année de foi, comment ne pas reconnaître ensemble cette foi en l’église, Une, Sainte, Catholique et Apostolique qu’elle a professée, toute sa vie et elle a été d’une fidélité remarquable et permanente aux yeux de tous. Elle a renouvelé trois (3) fois son carnet de vie chrétienne communément appelé « livret de catholicité. » Quelle parole d’Eglise a-t-elle donc à dire face à la mort ? une triple parole me semble-t-il. Une parole de foi, une parole d’espérance et une parole qui invite à l’amour.

1) Une parole de foi :

Devant quelqu’un qui vient de mourir, l’Eglise proclame d’abord une parole de foi en la vie. Ce n’est pas que l’Eglise ne prenne pas au sérieux la mort, ni qu’elle cherche à la nier. Pour l’Eglise comme pour chacun de nous, la mort est la mort. Et il n’y a jamais de mort sans peine, sans souffrance, sans angoisse. Non seulement tous, frères et sœurs, parents de sang pleurent ce départ, mais encore tous les frères et sœurs de cette famille de Dieu qu’est l’Eglise compatissent et portent ceux et celles qui sont dans la douleur et les larmes au cœur même de cette grande prière qu’est l’Eucharistie, l’unique grande prière qui soit, selon le mot du Saint Jean Marie Vianney, le Saint Curé d’Ars, Patron de tous les prêtres du monde. Notre Père dans la foi, Mgr Paul VIEIRA, Evêque de Djougou s’est déplacé pour participer à cette assemblée. C’est l’amour et la compassion en mouvement qui parcourent des distances pour communier au deuil de la famille. Des prêtres ont accouru de partout pour exprimer leur sympathie et prière. Tous les fils et filles de Dieu par le baptême sont réunis avec tous les autres sympathisants, amis et connaissances pour manifester leur proximité dans cette douloureuse séparation. Que tous soient ici remerciés ! Quel meilleur cadeau offrir d’abord que l’Eucharistie ?

Mais le regard de l’Eglise ne s’arrête pas là. Il essaie de voir plus loin. Près de quelqu’un qui vient de mourir, l’Eglise considère la mort dans la lumière de la foi. Que voit-elle là ? Elle voit la vie, elle voit la vie du Christ, qui, lui aussi, est mort, mais qui est maintenant ressuscité et vit en sa gloire. L’Eglise reprend à son compte les paroles de Job : « Je sais, moi, que mon Libérateur est vivant, et qu’à la fin, il se dressera sur la poussière des morts, avec mon corps, je me tiendrai debout et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. » Pour qui a la foi, ces paroles ne sont pas vaines, elles ne sont pas illusion, elles ne sont pas qu’un baume rapidement jeté sur la souffrance trop vive. Elles sont des paroles qui expriment la promesse de Dieu transmise par le Christ : « Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra. » Avec l’Eglise entière, avec ceux et celles qui, parmi nous, croient en Jésus, auprès de Maman Marie Rose Marie que Dieu a visité dans sa miséricorde et qui n’est plus parmi nous, confessons aujourd’hui, l’existence du Dieu des vivants ; confessons l’existence de son Fils ; confessons la présence de l’Esprit-Saint qui déjà fait communier à la vie éternelle. Voilà la foi que Marie Rose a transmise à ses enfants. L’une est consacrée à Dieu dans la Famille des Sœurs Oblates Catéchistes Petites Servantes des Pauvres. Elles sont là, nombreuses avec toutes les autres Consacrées de toutes les familles religieuses confondues. Qu’elles soient toutes bénies pour cette démarche combien délicate, affectueuse et priante. Son fils Séminariste Acolyte Serge est là…

2) La parole de foi que prononce l’Eglise face à la mort est suivie d’une parole d’espérance.

Parole d’espérance car ce n’est pas dès maintenant que les promesses de Dieu se réalisent en plénitude. Maman ODJOUSSOU qui est morte ne revivra pas sur terre, nous ne verrons plus son visage, nous n’entendrons plus sa voix. Mais, nous espérons que demain, qu’à la fin des temps, elle retrouvera la vie en plénitude. Avec tout son être, pleinement épanoui, totalement équilibré, inondé de bonheur et de paix.

Marthe et Marie croyaient fermement en Jésus et espéraient ardemment le retour à la vie de leur frère à la fin des temps. Mais elles voudraient aussi revoir leur frère en vie dès maintenant. Pour donner un signe et sa domination sur la mort, Jésus a donc ramené Lazare à la vie. Mais ce retour fut temporaire. Plus tard, comme tous les humains, Lazare a connu la mort.

Cela ne diminue en rien l’importance du geste de Jésus. Au contraire, ce geste laisse entrevoir quelle puissance de vie résidait en lui, quand il était sur la terre. Et cela donne à imaginer quel est son pouvoir sur la mort maintenant qu’il est ressuscité. Celui qui a fait sorti Lazare de son tombeau, peut redonner vie à tous ceux qui meurent. Cela, l’Eglise le croit, elle le proclame et elle l’espère.

Maman Marie Rose ODJOUSSOU y croyait et elle espérait, parce que le chemin du juste va tout droit. Une semaine avant sa mort, elle était partie prier au monastère de l’Etoile de Parakou. De retour, elle a mis un disque et elle a dansé le samedi soir, et le dimanche à 5h du matin, le Seigneur est venu la chercher. Elle est entrée dans la résurrection du Seigneur Jésus, après un clin d’œil à l’image de Marie Auxiliatrice et à Notre Dame du Sacré-Cœur, qu’elle a toujours servi durant sa vie. Le Seigneur était vraiment l’objet de son désir. A la mort de sa petite sœur au mois d’août, elle a commencé par se désintéresser des choses de la terre. Son cœur était tendu vers le Seigneur, son esprit cherchait le Seigneur et elle a commencé à dire à tout le monde, « c’est bientôt le départ. » C’est l’amour qui désire voir Dieu.

3) La parole de l’Eglise qui invite aussi à l’amour.

Si l’Eglise, face à la mort, proclame une parole de foi et une parole d’espérance, elle proclame aussi une parole d’amour. Elle invite à l’amour. Elle affirme que ce qui donne qualité à la vie, c’est l’amour qui traverse cette vie. Nous serons jugés sur l’amour. Maman Marie Rose a aimé le prochain. N’a-t-elle pas milité dans l’Association Saint Vincent de Paul. On ne peut pas compter le nombre d’enfants qu’elle a gardés chez elle. Quand j’étais Curé en ces mêmes lieux, je me souviens d’avoir travaillé avec elle à la Caritas paroissiale. Elle était toujours disponible à servir les pauvres, orphelins et veuves. Près de Maman Marie Rose qui vient de mourir, l’Eglise nous rappelle la nécessité de devenir chaque jour davantage, des hommes et des femmes dont le cœur est plein d’amour, surtout pour les pauvres les plus démunis, les enfants abandonnés. Que nous accordons notre vie à notre foi.

Au cœur de toutes ses activités, elle était soutenue par une vie de prière régulière et fidèle. Elle avait une piété ardente. Le plus bel héritage qu’elle laisse à ses enfants et à ses familles, c’est la foi, l’espérance et l’amour qui font le vrai disciple du Christ avec le combat de la prière qui maintient dans la fidélité à la grâce et aux engagements pris au baptême. Elle était une femme véritablement libre, parce que docile à l’Esprit. Elle savait se laisser à l’Esprit. Et nous, chers frères et sœurs, demandons à Dieu de nous donner d’aimer fidèlement en toute circonstance. Et que Dieu qui est Amour porte son regard sur Maman Marie Rose ODJOUSSOU qui a été baptisée et qui est son enfant. Qu’il lui donne, dès aujourd’hui d’entrer dans la plénitude de la vie, la vie éternelle. Amen !

Père Jean Benoît GNAMBODE,

Administrateur Apostolique