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HOMELIE DE LA MESSE DE LA 5EME EDITION DE WEMEXWE, LE DIMANCHE 19 JANVIER 2014

Textes liturgiques :

  • Première Lecture : Is49, 3.5-6
  • Deuxième lecture : 1Cor1, 1-3
  • Évangile : Jn1, 29-34

Chers Confrères dans le sacerdoce et Concélébrants ;

Chères Religieuses, Consacrées du Seigneur ;

Monsieur le Maire de la commune d’Adjohoun ;

Excellences messieurs les Ministres ;

Honorables Députés ;

Chers Frères et Sœurs bien-aimés, fils et filles de Dieu ;

Chers invités ;

Soyez les bienvenus à Adjohoun.

Bonne et Heureuse Année à tous et à chacun.

Merci d’acclamer Dieu avant tout.

Nos cœurs sont en joie. Cette joie qui nous anime ce jour fut celle de nos Pères dans la foi qui nous ont indiqué l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Notre joie est celle du Père Thomas Houessou Mouléro DJOGBENOU, du Père Dominique ADEYEMI, du Père Ignace FALY et de tous ces vaillants missionnaires qui ont foulé le sol de notre chère Vallée criant sans cesse sur les bords du fleuve WEMÊ : voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.

Ils avaient la joie, mais leur joie était espérance. Ils n’avaient pas la joie parce qu’ils voyaient le présent réaliser leurs aspirations pour le peuple de la Vallée. Non ! Ils n’étaient pas heureux parce que le peuple de la Vallée était comblé de biens matériels et le leur déversait en retour. Non ! Ils n’étaient pas dans la joie parce que la parole de Dieu touchait les cœurs des fils et filles de la Vallée et que des conversions se démultipliaient. Non ! Mais ils étaient dans la joie parce qu’ils vivaient simplement comme les trois témoins de Dieu Isaïe, Paul et Jean-Baptiste que nous venons d’entendre, l’un dans la première lecture, l’autre dans la deuxième lecture et l’autre enfin dans l’Evangile. Et c’est cette joie de prophète que je porte ce matin au milieu de vous.

Peuple de la Vallée de WEMÊ, j’emprunte la voix de Jean-Baptiste pour vous dire : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Sur les bords du Jourdain où retentissait le cri de Jean, on était loin du désert. Sur les bords du Jourdain où tonnait la voix de Jean, il ne s’agissait pas d’un coin de la rue ou d’une maison de quelques poignées d’hommes ou de femmes. Sur les bords du Jourdain où retentissait le cri de Jean Baptiste et où sa voix tonnait, c’était au milieu d’une multitude d’hommes et de femmes comme ce matin ici à Adjohoun. On était en présence de ceux qu’il baptisait et ils étaient une foule nombreuse telle que vous êtes ce matin. Il s’agissait d’une multitude de personnes. Les Evangélistes Mathieu (Mt3, 1-12) et Luc (Lc3, 7-14) nous disent bien qu’il s’agissait d’une foule de diverses catégories de personnes.

Toutes les couches sociales étaient venues écouter Jean et se faire baptiser par lui : les Juifs, précisément les pharisiens et les saducéens étaient là (Mt3, 7 : Voyant un grand nombre de Pharisiens et de Sadducéens venir à son baptême), les publicains et les collecteurs d’impôts y étaient également (Lc3, 12-14) de même que les soldats. C’est en face de cette multitude que Jean désigne et montre l’Agneau de Dieu. Quelle audace as-tu prophète Jean ! Quelle force t’habitait ! La foule ne t’a intimidé à rendre témoignage au Sauveur de l’humanité. Saint Jean Chrysostome disait : « C’est un grand bien de parler hardiment et avec une entière liberté ; de mépriser tout, quand il s’agit de confesser Jésus-Christ : ce bien est si grand et si admirable, que le Fils unique de Dieu fera lui-même l’éloge de celui qui l’aura ainsi confessé devant les hommes… Tel était Jean-Baptiste : il ne regardait ni à la multitude, ni à la gloire, ni à quoi que ce soit ; mais toutes ces choses, il les foulait aux pieds, et, avec cette liberté qui convenait à son ministère, il prêchait Jésus-Christ devant tout le monde ».

A vous donc fils et filles de la Vallée de l’OUEME je dis ce matin n’ayez pas peur d’annoncer Jésus-Christ. N’ayez pas honte de le montrer à vos frères et sœurs. N’ayez pas peur de parler de LUI où que vous soyez. S’ils avaient eu peur ou honte, s’ils n’avaient pas eu l’audace de Jean le Baptiste, je veux parler de nos vénérés patriarches de WEMÊ, les Pères Dominique ADEYEMI, Ignace FALY, Georges LALANDE etc., s’ils avaient tremblé et avaient eu peur, cette belle tradition de WEMÊXWE n’aurait jamais vu le jour. Car, c’est sur la trace de la foi de ces pères que l’Esprit de Dieu a fait jaillir cette belle intuition, qui aujourd’hui en est à sa 5ème édition. Oui ! Peuple de la Vallée, ayez la joie d’annoncer et de vivre Jésus-Christ. Et ici, comment ne pas saluer et remercier tous les organisateurs, ceux qui en particulier sont allés prier sur la tombe du ¨Père Dominique ADEYEMI pour lui demander de bénir cet événement ! Si Jean a montré et désigné le Christ comme l’Agneau qui enlève le péché du monde, ce n’est pas anodin. Ce n’est pas un hasard. C’est parce que beaucoup l’attendaient mais ne le connaissaient pas. Ils le cherchaient parce qu’ils avaient entendu parler de Lui, le Messie, celui qui libèrerait Israël. Ils étaient en attente. Mais, le Messie qu’ils attendaient était bien loin du Serviteur de Dieu dont nous parle Isaïe dans la première lecture de ce jour. Il s’agit du Vrai Serviteur que Jean Baptiste leur indiquait, celui que Dieu a élu, qui n’aura pas une mission politique, mais une mission d’ordre prophétique à savoir réaliser la conversion des cœurs dans le petit Reste du peuple. Tel est le message que nous retenons de la première lecture du livre d’Isaïe. Beaucoup d’auditeurs de Jean, comprenaient ce que la figure de l’Agneau évoquait ; à savoir la libération et la restauration (l’Agneau pascal : libération de l’oppression égyptienne Exode12 ; l’Agneau innocent qu’on conduit à l’abattoir symbole de la restauration d’Israël en Exil, Jér 11, 19 et Is 53, 7).

La restauration et le développement de la Vallée sont les vœux que nous portons pour le WEMÊXWE. Et c’est pour cela que je crie haut et fort ce matin devant vous tous, fils et filles de la Vallée de WEMÊ, « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». C’est Lui qui ôtera le poids de la misère et du sous développement. Nos vœux de libération, de restauration et du développement de la Vallée de WEMÊ peuvent se tromper dans les moyens à utiliser pour leur réalisation. Voyez-vous comme les sciences, les techniques, les progrès et certains leaders qui les portent sont érigés en sauveur ! Mais en réalité, nous constatons finalement, que les injustices qu’on voudrait combattre par ces moyens, les dysharmonies sociales et les tyrannies oppressantes qu’on voudrait anéantir, n’ont été hélas, que déplacer d’un niveau à un autre. Et nous restons sur notre faim de restauration, de développement et de salut radical. Pourquoi cela ?

En réalité, les structures oppressives extérieures (la misère, la pauvreté, l’analphabétisme, la faim etc.) ne sont que la manifestation d’une autre force, celle-ci intérieure à chacun de nous : le mal est au-dedans de nous. Il est en toi, il est en moi, il est en nous, il est en eux. Voilà le péché du monde que l’Agneau de Dieu est venu ôter. Ce n’est pas par un combat extérieur que le Christ a vaincu ce mal présent en nous. C’est en prenant sur Lui, c’est en subissant, c’est en se faisant solidaire de tous les paumés du monde qu’il a enlevé ce péché qui détruit en nous et autour de nous. C’est ce moyen utilisé par le Christ Jésus, l’Agneau de Dieu, que je voudrais nous indiquer ce matin. Le développement de la Vallée de WEMÊ passera nécessairement par l’éradication du mal intérieur à chaque fils et fille de la Vallée. La force intérieure qui refuse le bien du frère et de la sœur, la tension négative qui veut toujours tirer les autres vers le bas, le penchant mauvais qui refuse d’apprécier et de soutenir l’évolution du frère ou de la sœur, le mensonge qui divise au lieu de la vérité qui ouvre à la lumière et construit l’unité. Tout cela crée la disparité sociale qui engendre la violence. Voilà le péché que l’Agneau doit enlever dans notre vie de fils et fille de la Vallée pour que la restauration et le Développement deviennent effectifs. Alors comment y parvenir ?

Chers frères et sœurs ! L’héritage que nous avons à sauvegarder pour notre Vallée est avant tout notre appartenance à Dieu. Si les Patriarches de la Vallée nous ont annoncé Jésus-Christ, c’est parce qu’ils ont cru que notre progrès personnel et collectif n’aura de sens qu’en Jésus. Si les pères ADEYEMI Dominique et Ignace FALY ont bravé la pluie et la chaleur, traversé les eaux et pris le risque des chemins et voies difficiles et impraticables de notre milieu, c’est parce qu’ils savaient et croyaient que le baptême est la porte du salut, entendu ici au sens de l’accomplissement plénier de l’homme et de la femme. Alors, revêtons le Christ et réactivons les promesses de notre baptême. Jean annonce que Jésus est Celui qui baptise dans l’Esprit Saint. Nous voici en face d’une révélation : la plénitude du baptême. Jusqu’à Jean en effet, il manquait au baptême « le bien suprême, je veux parler du don de l’Esprit fait au baptisé » (St Jean Chrysostome). Le baptême des Juifs était moins intéressant que celui de Jean qui dans sa forme et dans son fond était plus excellent. Mais comme le dit Saint Jean Chrysostome dans son homélie XVII sur Jn1, 28-34, il restait encore imparfait : « le baptême de Jean était plus excellent que celui des Juifs, et voilà pourquoi tous y accouraient, mais cependant ce baptême était lui-même imparfait ». Ainsi, l’avènement du Christ apporte au baptême ce qui, pour toujours, animera l’être du baptisé et de l’Eglise toute entière.

Nous sommes donc bénéficiaires d’une grâce que beaucoup avant nous, n’ont connue. Et c’est à juste titre que le Christ pouvait dire à son auditoire : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le dis, beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous, vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu ». (Lc 10, 23-24). Vous et moi avons l’insigne honneur d’avoir reçu cette grâce. Alors, que faisons-nous de cette force exceptionnelle qui nous a été donnée ? Mon frère et ma sœur Wémênou ! Qu’as-tu fait de ton baptême ? Et vous fils et filles de Dieu ici présents à cette occasion exceptionnelle, que faisons-nous de notre baptême ? Que faisons-nous de l’amour de Dieu répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint.

Par notre baptême, une force extraordinaire nous est donnée. Une puissance nouvelle agit désormais dans la vie du baptisé. Encore faudrait-il qu’il en soit conscient pour l’exploiter. C’est cela la voie royale du progrès et du développement que je voudrais vous proposer aujourd’hui. Si nous voulons opérer un vrai progrès et un développement qui garantit le vrai bonheur à nos frères et sœurs, nous ne pouvons le faire que sous la mouvance de l’Esprit Saint. En observant notre pays et même le monde tel qu’il évolue, ces questions deviennent plus urgentes. Combien de baptisés ne trouverons-nous pas dans cette assemblée ? Des milliers et des milliers j’en suis sûr. Mais, combien parmi ces baptisés ont conscience de leur engagement et s’efforcent d’en vivre au mieux ? Nombreux ont peut être renoncé à leur promesses baptismales. Ce matin, je viens vous exhorter à retrouver le feu de votre baptême.

Le Pape François dans son message pour la journée de prière pour la paix nous dit que c’est l’amour donné par Dieu en Jésus-Christ qui nous permet d’accueillir et de vivre pleinement la fraternité. En Christ, nous sommes membres les uns des autres. "Ce qui montre que nous sommes disciples du Christ, c’est l’amour que nous aurons les uns pour les autres." L’Esprit que nous avons reçu à notre baptême nous invite à opérer la transformation de notre monde par nos choix et nos décisions. Engageons-nous donc à revivre ce que nous avons promis à Dieu à notre baptême. En assistant à un baptême ou en faisant baptiser un de nos proches, n’oublions jamais que la grâce qui nous est donnée est unique et par elle, c’est Dieu Lui-même qui nous adresse son appel à être l’éveil d’un monde qui sommeille. Alors, réveillons-nous frères et sœurs levons-nous pour la victoire. Oui ! La victoire est déjà là. Je la vois et je la vis dans la foi. Car, l’événement qui nous rassemble ce matin est déjà une tradition. C’est un signe de victoire. Au Nom de Jésus-Christ, je prie pour que cette tradition traverse les âges et les siècles. Elle prend sa source dans la caractéristique propre à la vallée qui est d’être une terre fertile et féconde. C’est dans cette fécondité que Dieu a puisé les richesses de notre milieu pour en faire don à l’humanité. C’est pourquoi ce matin, je voudrais y puiser moi aussi. Je voudrais boire à la source où nos pères dans la foi se sont abreuvés. Je puise les grâces de bénédiction que je demande à Dieu de déverser sur vous en abondance. Je confie chacun de vous ici présents à la sollicitude de la Vierge Marie, Mère de Dieu et Notre Mère, afin qu’elle aide les fils et filles de la Vallée à rester d’authentiques témoins de leur baptême et à montrer aux autres, Jésus-Christ, l’Agneau de Dieu, qui opère le relèvement de la Vallée et enlève le péché de notre cœur, qui enlève le mal qui est en nous, maintenant et pour les siècles de siècles. Amen !

Père Jean Benoît GNAMBODE

Administrateur Apostolique du Diocèse de Porto-Novo