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HOMELIE DU NONCE APOSTOLIQUE A ABOMEY LE 23 OCTOBRE 2011.

Cathédrale saint Pierre et Paul d’Abomey, 23 octobre 2011, journée mondiale de la mission, les évêques du Bénin, le clergé d’Abomey, les fidèles laïcs entourent le nonce apostolique pour la messe du lancement officiel de la préparation de la prochaine visite du pape Benoit XVI au Bénin. Et voici l’homélie que prononça le nonce.

Dans quatre semaines, nous aurons déjà terminé la célébration de la visite du Saint-Père, qui sera parti pour Rome ensemble avec son entourage. Au moment où nous regarderons son avion qui monte au ciel, nous pourrons aussi nous rappeler de la scène de l’Ascension du Seigneur, où ses disciples regardaient les cieux et écoutaient le message de l’ange : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? » Il leur dit en effet de ne pas oublier ce que Jésus leur avait promis : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

Ce message de l’Ange est aussi pour nous. Au départ du Saint-Père, après avoir regardé les cieux, nous devons tenir compte que la grande tâche missionnaire sera de nouveau remise dans nos mains. Les extrémités de la terre ont soif de la Parole de Dieu, et elles sont souvent déçues par tant d’autres paroles et messages privés de la foi et de l’espérance qui les bombardent vingt-quatre heures par jour. Ces extrémités se trouvent non seulement sur d’autres continents et dans d’autres pays mais aussi parmi nous, dans les quartiers de nos grandes villes, dans les villages lointains et isolés et souvent envahis par des sectes ainsi que dans les réalités obscures de nos cultures et de nos sociétés qui n’ont pas été touchées par la révélation chrétienne. Elles ont besoin du Dieu qui est amour.

Qui leur portera le message, la force de l’Esprit-Saint et le témoignage de la vie en Christ, un témoignage qui est plus important que des mots éloquents. La célébration d’aujourd’hui nous invite à y réfléchir au sérieux, à faire des décisions et à les mettre en œuvre. Le Synode des Evêques d’octobre 2009 a de nouveau souligné l’importance de l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, de l’évangélisation dont la réconciliation, la justice et la paix sont partie intégrante. Le même Synode a aussi insisté sur le rôle indispensable des fidèles laïcs dans cette mission, en répétant la parole de Jésus-Christ à ses disciples : « Vous êtes la lumière du monde … Vous êtes le sel de la terre. » Il ne s’agit pas simplement d’un message mais d’un message qui vit par la force de l’Esprit de Jésus qui est en œuvre dans les personnes et dans les communautés qui le proclament. Dans les lectures bibliques que nous venons d’entendre, l’Esprit-Saint nous guide à mieux comprendre et à réaliser la mission d’évangélisation que chacun de nous a reçue en vertu de notre baptême. C’est le même Esprit qui nous donne le courage et la sagesse nécessaires pour partager la grâce précieuse de la foi. San Mathieu présente Jésus au début de sa mission publique, juste après son baptême en annonçant : « Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée, toi le carrefour des païens : sur le peuple qui habitait dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée. » C’est Galilée, « le carrefour des païens » (ou des nations), qui nous rappelle que le ministère de Jésus était déjà à son début missionnaire parce qu’en lui « une lumière s’est levée » « sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort. Les noms des nations, nous les connaissons de la Bible : les Phéniciens, les Syriens, les Babyloniens et tant d’autres nations qui n’étaient pas loin de Galilée, et leurs habitants passaient librement par la terre où Jésus habitait. Ces peuples avaient leurs dieux, leurs mythes, leurs religions et leurs cérémonies. Pourtant, au milieu de tant de divinités de toutes sortes, Jésus proclamait et proclame toujours qu’il n’y a qu’un seul Dieu que tu aimeras « de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. » Aucune autre divinité ne mérite cet amour total, parce qu’aucune divinité ne s’est donnée à l’homme comme le Dieu de Jésus Christ. Le vrai et seul Dieu a tout donné en envoyant son Fils dans le monde, son Fils fidèle et obéissant jusqu’à la mort sur la croix.

En effet, les dieux des païens ne demandaient pas l’amour, mais des gestes formels, des honneurs, des sacrifices d’animaux et parfois des êtres humains mais rarement un changement de cœur ou, plus profondément, un cœur nouveau. Ils avaient l’habitude d’inspirer plus la crainte que l’amour. C’est pourquoi Saint Paul, dans la deuxième lecture, parle de ses efforts de détourner les Thessaloniciens « des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable, et afin d’attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts. Le Dieu de Jésus-Christ, à la différence des dieux et des divinités des nations, il faut l’aimer « de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit », parce qu’il est amour. C’est lui que Jésus manifestait en paroles et par action, lui qui aime les hommes et les femmes, jusqu’à la croix, et il attend cet amour de tous ceux qui croient en lui : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Le Dieu d’amour n’est pas un dieu qui demande des formalités civiques ou traditionnelles mais l’amour en action. La première lecture nous enseigne que ce Dieu d’amour aime les étrangers, les veuves et les orphelins, c’est-à-dire, les pauvres d’esprit que Jésus appelle « heureux ». Parmi les nations païennes qui entouraient la Galilée, il n’y a pas eu tant d’amour pour ces petits de la terre. Mais pour Jésus, ils étaient ses préférés, qui chantaient avec le psaume d’aujourd’hui : « Je t’aime, Seigneur, Dieu qui me rends fort ! » non pas selon le monde mais par la parole de sa promesse. Ceux qui devaient craindre le Dieu de Jésus étaient ceux qui méprisaient les petits de la terre, ceux qui profitaient de leur pauvreté.

Ceux qui aiment Dieu et leur prochain peuvent dire avec Saint Paul, dans la deuxième lecture, « Vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien. » Voici le témoignage, la religion qui n’est pas simplement une affaire de parole, la religion vivante où on peut toucher l’amour du Dieu vivant, la religion qui invite d’autres à imiter le bon exemple des croyants en Jésus-Christ. L’amour inspire l’amour et devient un modèle pour tous les croyants. Voici le sens des paroles de Jésus dans le thème du Synode pour l’Afrique : « Vous êtes la lumière du monde, vous êtes le sel de la terre ». Voici les éléments essentiels pour l’évangélisation jusqu’aux extrémités de la terre : le seul Dieu vivant qui nous aime et donne tout dans son Fils Jésus-Christ, notre amour de Dieu et de tous ceux pour qui Jésus a donné sa vie et le témoignage de la vie, même au milieu des épreuves, qui attire nos frères et sœurs qui ne connaissent pas bien Jésus. Voici ce qui rend crédible l’évangile que nous annonçons et partageons avec une joie profonde qui est le fruit de la foi, l’espérance et la charité. Tout cela fait partie intégrante de la « Civilisation d’amour » à laquelle nos vies chrétiennes contribuent par la grâce de l’Esprit-Saint. En Afrique, les urgences de l’amour se concrétisent dans le titre du Synode pour l’Afrique : « L’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. » Ces mots sont beaux mais souvent malentendus ou même déformés. Il faut les comprendre dans la lumière de leurs origines bibliques et chrétiennes, sans lesquelles ils seraient inutiles et même destructifs. Pour vérifier ce constat, il suffit de demander combien de conférences nationales et internationales à tous niveaux ont été organisées pour parler de la réconciliation, la justice et la paix depuis le début de ce millenium. Regardez les pauvres fruits qu’elles ont portés, surtout en Afrique. On a tout essayé, mais rarement avec la foi en Jésus-Christ. C’est la foi « au service » de ces profonds désirs de l’humanité. « Au service » - cela ne veut pas dire établir une autre organisation ou essayer une autre technique psychologique ou politique. « Au service » - c’est le chemin du Christ Serviteur qui a donné sa vie pour nous, un service auquel nous sommes tous appelés, un service du cœur quotidiennement purifié du « vieil homme » et transformé par Jésus-Christ. Voici ce qui évangélise, ce qui est la Bonne Nouvelle. « Réconciliation » : Christ a réconcilié le monde par le sang de sa croix. Cette réalité de l’histoire de l’humanité doit être au cœur de tous les efforts de réunir les peuples divisés, parce que sans la transformation du cœur par le Christ qui est la vérité, les plans humains de réconciliation, même les mieux organisés, seront vains. « La justice » : la justice est le minimum d’amour dont parle Jésus dans l’Evangile, sans lequel la justice peut devenir un terrible dictateur, par exemple, quand elle oublie le pardon. La justice ne doit jamais se satisfaire d’un minimum parce que l’amour demande toujours un plus grand amour, la croissance d’amour qui n’est pas possible en ignorant Dieu. Il faut promouvoir la justice ensemble avec l’amour, avec Dieu qui est amour. « La paix » : ce n’est pas la paix créée par l’équilibre d’armes ni le manque de conflit ni la paix du cimetière. C’est le don de Jésus-Christ qui nous anime à vivre dans des relations humaines et sociales qui développent le bien commun de tous, qui prennent soin des plus faibles et qui rendent possible le pardon. Renouveler « l’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix », voici l’évangélisation à laquelle nous sommes appelés. Au Bénin, il y a la belle coutume de donner à un visiteur comme le Saint-Père un joli cadeau. Pendant sa visite, il y en aura. Mais quel est le cadeau que chacun de nous peut lui donner, même si nous n’avons pas de grands moyens économiques ? Est-ce qu’il y a un cadeau qui dure et que le Saint-Père apprécierait comme un très beau souvenir de sa visite ? Je voudrais vous en proposer un : notre engagement missionnaire dans le cadre du thème du Synode, « L’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. » Prenons le temps nécessaire, avant l’arrivée du Saint-Père, pour y réfléchir et prier dans nos familles, nos paroisses et nos associations. C’est un cadeau que nous devons préparer à partir de ce moment, un vrai don spirituel, l’action de l’Esprit-Saint dans les cœurs de ceux qui l’invoquent et demandent son intercession. Voici le don que nous pouvons préparer, chacun y apportant sa contribution. Voici le don qui sera toujours une grande consolation pour le Saint-Père : que cette visite porte de fruit de l’évangélisation – de nouvelles communautés, de personnes qui découvrent ou redécouvrent le Christ, comblées de joie, une joie qui attire et dit avec toute amitié : Voici notre Sauveur, Jésus-Christ qui nous aime.