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HOMELIE POUR LES OBSEQUES DE SON EXCELLENCE RENE-MARIE EHOUZOU,

Pendant ces trois derniers mois de la maladie de Mgr Ehouzou, nous priions tous pour lui, pour sa guérison, pour son retour au service de l’Eglise Famille de Dieu qui est à Porto-Novo. Après son départ pour l’Italie, les renseignements que je recevais indiquaient que cette prière devait se transformer en prière pour un miracle. A cette intention je commençais à invoquer le bienheureux Pape Jean-Paul II, qui avait ordonné Mgr Ehouzou évêque, donc un fils spirituel du grand Pape. Pendant sa souffrance, il y a eu des moments d’espérance, des moments où il semblait reprendre, qui malheureusement ne duraient pas longtemps. Il entrait toujours plus profondément dans le mystère de la passion de Jésus Christ. Le jour de son retour au Père étaitprovidentiellementla fête de Saint Ignace d’Antioche, Evêque et Martyr du premier siècle. Nous avons tous prié beaucoup, et le Seigneur, qui écoute toujours les prières que nous faisons au nom de son Fils, nous a répondu. Nos prières sont un signe de ce qui se trouve dans nos cœurs, des sentiments sincères, pleins d’amour et de foi. Mais elles sont toujours humaines et nécessairement limitées en comparaison avec le plan de Dieu et la profondeur de sa sagesse, amour et puissance qui, comme saint Paul nous l’enseigne, « est infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même imaginer ». Dieu a répondu à notre prière. Il a dit à notre cher Monseigneur : « Viens, René-Marie, intendant fidèle et sensé ». Cette décision divine est en même temps un message pour nous, devant le mystère du Dieu éternel, dont « la puissance est infiniment plus que nous ne pouvons … imaginer ». Notre réaction ? L’exemple de Saint Paul peut nous aider. En face du mystère de Dieu, le Dieu qui nous sauve, il proclame : « Je tombe à genoux devant le Père, qui est la source de toute paternité au ciel et sur la terre. » A genoux, en silence et sans parole – tous nos autres efforts, toute notre technologie et science médicales doivent céder à la toute-puissance de Dieu. Etre à genoux en face de Dieu est une grâce, parce qu’il « est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance – continue saint Paul — par son Esprit, pour rendre fort l’homme intérieur. » Fort dans le Seigneur, il n’y a pas d’autre, toutes les autres espérances ont échoué. Saint Paul promet à la communauté des Ephésiens : « Vous serez comblés jusqu’à entrer dans la plénitude de Dieu ». Quelle grande promesse de la gloire de Dieu, de la résurrection des morts. Pourtant saint Paul est aussi clair que le chemin qui y conduit est le chemin de la croix que lui-même vivait pendant tout son ministère apostolique et, en ce moment-là où il écrivait de sa prison. Ce n’est pas un hasard que Dieu a appelé notre cher ami le jour où l’Eglise célébrait la fête d’un grand évêque et martyr, saint Ignace d’Antioche.Il avait quelque chose en commun avec les confesseurs de la foi et les martyrs. Il a souffert pour l’Eglise de Porto-Novo – Dieu seul en connaît la profondeur et le rôle dans le plan de salut de cette communauté et de nous-mêmes. Sur son lit à San Giovanni Rotondo, où je l’ai rencontré, il offrait cette expérience, avec toute sa détresse et confusion, au Seigneur pour le bien de son peuple. Il me parlait ainsi, en imitation du Bon Pasteur qui donne sa vie pour son peuple, même quand il était immobilisé. Dans l’éternité, nous connaîtrons combien chacun de nous a été porté plus proche du Christ, à cause de sa participation à la passion de Notre Seigneur et de sa prière pour son peuple. Il faudrait pourtant rappeler que ses dernières expériences douloureuses n’étaient pas les premières de son épiscopat. Je me souviens bien du drame d’une maladie totalement bizarre qui l’affligeait à Abomey et qui laissait perplexes les meilleurs médecins. C’était suite à une campagne diocésaine d’évangélisation. Il m’est difficile de ne pas voir dedans une violente expression de ceux qui résistent à l’évangile. A Porto-Novo, Dieu seul connaît combien d’expériences de la passion du Christ avait-il vécues, expériences qui rappellent de grandes préoccupations que saint Ignace d’Antioche avait exprimées dans ces lettres : l’unité de l’Eglise, la communion entre l’Evêque et ses prêtres, la communion dans une seule eucharistie. Ses souffrances étaient aussi un reflet de celles de saint Paul qui, dans la même lettre aux éphésiens, implorait cette Eglise de ne pasoublier leur conversion au vrai Dieuet ne pas retourner à leur étatantérieur. Nous rendons grâce à Dieu pour ce que Mgr Ehouzou a fait en offrant sa vie pour l’Eglise : les visites pastorales,les nouveaux membres introduits dans la vie de l’Eglise par les sacrements que lui-même célébrait, tant de nouveaux prêtres ordonnés pour ce diocèse, dont certains font un service missionnaire ailleurs, les œuvres sociales qui se sont enracinées ici (par ex., l’Association de Saint Camille), de nouvelles paroisses, le renouvellement des sanctuaires de la Croix glorieuse et de Maria Tokpa, les premiers pas vers une procédure de canonisation du P. Thomas Molero, les contacts avec les diocèses voisins du Nigeria pour formation et éducation, et bien d’autres. Au niveau national louons le Seigneur pour sa contribution à la visite apostolique du Saint Père et à la célébration du 150e anniversaire de l’évangélisation du Bénin. Nous louons le Seigneur pour ce que Monseigneur a fait pour promouvoir les relations avec d’autres communautés ecclésiales et confessions religieuses. Nous rendons grâce à Dieu pour ses charismes, son attention et l’expression de miséricorde envers tant de personnes, surtout les prisonniers, les pauvres, les marins, les enfants de la rue, et pour sa contribution à la Caritas. Il était un des intendants fidèles et sensés à qui le maître a confié la charge de sa maison, l’Eglise, pour donner à ses membres, en temps voulu, leur part de blé, symbole du pain de l’Eucharistie qui, ensemble avec la Parole de Dieu, a contribué beaucoup à construire l’Eglise Famille de Dieu qui est à Porto-Novo. Qui mange de ce pain, le corps du Christ, vivra pour l’éternité, avec leurs corps transformés par le Christ ressuscité.

« Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour. » Cette prière de saint Paul exprime l’esprit de la prière que Mgr René-Marie offrait pour nouspendant son ministère épiscopal. Elle est en même temps notre prière pour lui, de façon particulière pendant cette sainte Messe. Que le Christ et son Sacré-Cœur habitent son cœur, qu’il reste toujours enraciné dans l’amour, établis dans l’amour. Voici ce que veut dire être sauvé au ciel. Qu’il trouve sa place dans la compagnie des saints, la bienheureuse Vierge Maria, saint Ignace d’Antioche, saint Jean Eudes, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et le bienheureux Jean-Paul II. Que les grands pasteurs de l’Eglise Famille de Dieu au Bénin l’accueillent : le Cardinal Gantin, Mgr De Souza, Mgr Adimou, le Père Molero. Que le Seigneur nous réunisse tous dans la joie de la Sainte Trinité.

+ Mgr Michael Blume