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Homélie : Messe chrismale 2018

Chers frères dans le sacerdoce, Fils et filles bien aimés de Dieu,

Nous avons noté dans nos calendriers civils l’institution de la fête des pères. Pour plus de précisions, elle est fixée cette année au dimanche 17 juin. Mais au plan religieux, ce qui pourrait tenir lieu de cette fête des pères, c’est l’événement et la célébration qui nous rassemblent aujourd’hui. Je parle de la fête de tous ceux que vous saluez respectueusement en disant « bonjour mon père » et qui sont venus de toutes les paroisses et institutions du diocèse où ils sont en mission pastorale. Je veux nommer les prêtres. Ce sont des pères dans la foi car ils ont engendré et ils engendrent encore non dans la chair mais dans la foi. Ils engendrent dans l’Esprit en annonçant l’Evangile et en administrant les sacrements notamment le baptême, porte d’entrée des sacrements, qui nous fait justement entrer dans la grande famille des enfants de Dieu le seul vrai Père. Aujourd’hui, c’est la fête de leur paternité qu’ils tirent du Père céleste, le Père des cieux qui les a investis du sacerdoce de son Fils. Comme pères selon la préface de la messe Chrismale, « ils ont à se dévouer au service [du peuple de Dieu] pour le nourrir de [sa] Parole et le faire vivre de [ses] sacrements. Comme pères, « ils seront de vrais témoins de la foi et de la charité, prêts à donner leur vie comme le Christ pour leurs frères [et sœurs] et pour [Dieu] ». En fêtant le sacerdoce aujourd’hui, les prêtres, nos pères manifestent davantage leur paternité et je me fais le devoir de les saluer en votre nom à tous.

Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu le Père. Chers frères prêtres, chers fils prêtres, bonne fête du sacerdoce à chacun et à tous. Permettez-moi de saluer de façon particulière le père Georges Oloudé qui fête cette année 50 ans de sacerdoce. Oui, chers frères prêtres, vous tous chers fils prêtres, merci pour le précieux témoignage de paternité spirituelle que vous donnez sur vos lieux de mission respectifs. Le peuple de Dieu tient à vous. Moi-même, votre évêque, je tiens à vous. Avant tout, Jésus lui-même tient à vous. Alors, tous ensemble, gardons-nous de tenir en échec la grâce de Dieu en nous reçue au jour de notre baptême et de notre ordination comme prêtres ou évêque. Que Dieu, « de qui vient toute paternité au ciel et sur la terre », féconde votre paternité au service de la mission de l’Eglise famille de Dieu à Porto-Novo. Votre mission de « pères » consiste à célébrer les sacrements de l’Eglise dont l’un des signes extérieurs forts est l’huile. Nous y avons recours notamment les huiles saintes que sont l’huile des catéchumènes, le saint-chrême et l’huile des malades. La bénédiction de ces huiles constitue un des menus principaux de cette célébration eucharistique. C’est vous les prêtres qui, aux côtés des fidèles, avec les fidèles et pour les fidèles, livrez le combat contre le péché et le mal en les oignant d’huile à l’occasion des différents Sacrements conférés et administrés dans l’Eglise. Par la grâce du Christ, vous faites mieux que d’aider les fidèles à lutter contre le péché, car vous les faites grandir dans la grâce sanctifiante. Vous les élevez dans l’amitié avec Dieu et vous les faites progresser dans la sainteté et le salut de Dieu.

C’est donc à dessein qu’au centre de la liturgie de ce jour se trouve le symbole de l’huile et de l’onction. Jésus reprenant les termes et les propos du prophète Isaïe se présente dans l’Evangile de ce jour comme l’Elu du Seigneur, celui qui a été choisi par le Seigneur, consacré par l’onction, envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres et accomplir une mission de délivrance et de miséricorde. Dans l’Ancien Testament, l’onction est le signe de la prise de service du roi, du prophète et du prêtre. De façon particulière, le prêtre accomplit et donne plus que ce qui provient de sa propre personne. D’une certaine façon, il est exproprié de lui-même en fonction d’un service dans lequel il se met à la disposition de quelqu’un de plus grand que lui. Si Jésus se présente aujourd’hui dans l’Evangile comme l’Oint de Dieu c’es-à-dire, le Christ, alors cela veut précisément dire qu’Il agit sur mission du Père et dans l’unité du Saint Esprit. Cela signifie aussi que, de cette façon, Jésus donne au monde une nouvelle royauté, un nouveau sacerdoce, une nouvelle façon d’être prophète, qui ne se cherche pas lui-même, mais qui vit pour Celui en vue duquel le monde a été créé.

Dans le geste sacramentel de l’imposition des mains de la part de l’Evêque, c’est le Seigneur lui-même qui nous impose les mains. Il prend possession de nous en nous disant personnellement : « Tu m’appartiens, Tu es sous la protection de mes mains. Tu es sous la protection de mon cœur. Tu es préservé dans le creux de mes mains, et précisément ainsi, tu te trouves dans toute l’étendue de mon amour. Reste dans l’espace de mes mains et donne-moi les tiennes ». Cette vision des choses nous ramène alors à la compréhension de l’essence de notre sacerdoce. Nous sommes mis à part, consacrés au Seigneur pour être au service d’une mission qui nous dépasse. Avec les textes de ce jour, le Seigneur nous appelle à revenir à l’essentiel. Il nous appelle à rester vigilants face à des tentations fondamentales du prêtre de tous les temps, mais davantage, du prêtre d’aujourd’hui parce que ces tentations menacent dans son noyau, ce qui fait l’essence de sa vocation : Je veux parler de la tentation d’une conception « consommatrice du sacerdoce » et de la tentation de « se faire un nid » dans le sacerdoce.

Le désir légitime d’une récompense pour l’effort fourni et le travail accompli peuvent rapidement dégénérer dans une lutte pour le positionnement chez les uns tandis que chez les autres, il peut se transformer en un sentiment de frustration et de jalousie. L’espoir de « se faire un nid », de jouir du sacerdoce peut se structurer en un espoir qui s’éloigne de l’esprit du service pour les pauvres et entretient une obsession de positionnement. En cela, nos langues et nos dialectes ne nous aident pas non plus : « E du Sinsengan », « o jɛ olufaa, sasɛdoti ». En d’autres termes, devenir prêtre, c’est « manger le sacerdoce ». Devenir évêque, c’est « manger l’épiscopat » de la même manière qu’on « mange » le ministre, on mange le roi on mange la chefferie. La logique de la jouissance et du pouvoir inhérente à l’expression linguistique peut nous distraire et rendre difficile la compréhension du sacerdoce.

C’est l’aspiration légitime d’une récompense qui fait que devant Jésus, l’apôtre Pierre prend la parole et demande à Jésus : « Maître, nous avons tout laissé pour te suivre : y aura-t-il quelque chose pour nous ? » (Mt 19, 27). Comme nous le voyons dans sa réponse, le Christ ne s’est pas dérobé à une promesse de récompense stimulante. Le besoin de motivation et aussi de stimuli est un ressort qui nourrit l’espérance, mais la récompense qui mobilise la confiance des disciples, c’est le don inestimable de la personne de Jésus lui-même. La récompense véritable de celui qui résiste à la tentation de la « consommation du sacerdoce » et la tentation de « se faire un nid », c’est le don sans prix de la personne de Jésus. Le Christ ne veut pas nous donner quelque chose : il veut se donner lui-même à nous. La récompense qui nous est promise, c’est la démesure de tous les dons : « celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle. » Mais pour cela il faudra renoncer à la logique du « jouir », à la logique du positionnement. Il faudra résister à la tentation de « se faire un nid » et se servir soi-même. Il faudra se lever et partir : partir où le Maître nous envoie, partir pour une mission de miséricorde du Seigneur et de libération en faveur des pauvres. « L’esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération ».Que ce même Esprit qui a choisi Isaïe et tous les prophètes depuis les temps anciens, le même Esprit qui a consacré Jésus, Celui-là même qui a oint chacun de nous au jour de notre ordination, que ce même Esprit distille cette parole au creux de nos oreilles et de notre cœur de prêtres et d’évêque. Qu’il féconde ainsi nos ministères et nos apostolats respectifs notamment en faveur des jeunes auxquels l’Eglise se consacre spécialement en cette année. La présente messe chrismale marque d’une certaine façon ce que le Pape François appelle dans son message à l’endroit des jeunes pour la Journée Mondiale de la Jeunesse, « une nouvelle étape de notre pèlerinage ». [Elle] « coïncide avec l’année où a été convoquée l’assemblée ordinaire du Synode des Evêques sur le thème : les jeunes, la foi et le discernement ». Permettez-moi alors d’adresser un mot particulier aux jeunes qui sont dans notre assemblée aujourd’hui et qui sont chargés de répercuter mon message auprès des autres jeunes qui n’ont pas pu se libérer pour la présente célébration.

Chers jeunes gens et jeunes filles, je vous invite à être à l’écoute des appels du Seigneur dans votre vie, à être attentifs aux besoins de ceux et celles qui vous entourent. Vous estimez certainement que notre Église peut et doit faire quelque chose pour le salut des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Si vous en êtes convaincus, demandez-vous alors comment Dieu vous appelle, vous particulièrement, à vous donner à cette mission. Sur les paroisses, dans les aumôneries et institutions du diocèse, votre route a certainement croisé celle de vos prêtres ici présents, de vos pères ici présents. S’il en est ainsi, les prêtres, vos pères vous ont aidé dans votre cheminement à la suite du Christ. C’est ce que le pape François vous écrit justement en ces termes dans son message : « Je sais qu’il y a de bons prêtres, des consacrés [et des consacrées], des fidèles laïcs, dont beaucoup sont jeunes également, qui comme des frères et des sœurs aînés dans la foi peuvent vous accompagner ; animés par l’Esprit Saint, ils sauront vous aider à déchiffrer vos doutes et à lire le projet de votre vocation personnelle ». Alors, chers jeunes, je vous invite à être des modèles pour d’autres jeunes qui vous suivent. Grâce à vous, ils rencontreront des prêtres qui seront leurs guides. Sachez-le bien :les prêtres de demain sont aujourd’hui parmi vous. C’est à vous que s’adresse l’appel du Seigneur. Par conséquent, « ne laissez nulle place où la main ne passe et repasse » pour entendre l’appel du Seigneur à le suivre dans la vie consacrée et le ministère presbytéral. « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! », nous dit Jésus (Mt 11,15).

Et, maintenant, je m’adresse à vous, frères et sœurs fidèles laïcs. Je vous invite à prier pour les pères, pour vos prêtres :ceux qui sont ici présents et ceux qui sont absents, absents, ceux qui sont malades, ceux qui vous servent, ceux avec lesquels vous collaborez, ceux que vous connaissez, ceux que vous aimez et ceux que vous aimez un peu moins, ceux que le Seigneur veut et va nous donner au cours de cette année et qui sont encore diacres au séminaire ou en stage dans le diocèse. Aidez-les à être vraiment des prêtres selon le cœur de Dieu. Sans vous, ils ne peuvent pas être prêtres car ils sont prêtres pour vous. Aucune vocation n’est supérieure à une autre car toutes les vocations ont leur source en Dieu, mais l’articulation des vocations n’est effective et efficace que si chacun habite joyeusement sa propre vocation et s’y épanouit. Vous connaissez les prêtres. Vous nous connaissez. Vous connaissez nos richesses, mais vous connaissez aussi nos limites, nos insuffisances nos tares et nos imperfections. Alors, je vous recommande vivement de prier pour notre conversion tout en vous confirmant que nous aussi nous prions pour votre conversion.

À tous les prêtres et fidèles ici présents, aux communautés que vous représentez chacun et tous ensemble, je souhaite un très vivant Triduum pascal : mettez vos pas dans les pas du Christ. Bonnes et saintes fêtes de Pâques à vous tous et surtout, n’oubliez pas de prier pour moi.

Mgr Aristide GONSALLO Evêque de Porto-Novo