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Homélie aux Voeux de la Sr Edwige C. (SMMI)

Frères et sœurs en Christ,

En ce temps de l’Avent, en route vers la solennité de la Nativité du Seigneur, l’Église nous invite à célébrer avec joie l’Immaculée Conception. Il ne s’agit pas d’une sanctification au moment de la naissance de Marie mais d’une sanctification dès sa conception. Ce privilège accordé à la Très Sainte Vierge Marie avait été prédit dès l’origine du monde comme nous le comprenons à travers la première lecture de ce jour tirée de la Genèse (3, 9-15. 20). Par son Immaculée Conception, la Vierge Marie écrasa la tête du serpent qui a introduit le péché originel sur la terre par Adam et Eve.

La Constitution sur l’Église du Concile Vatican II nous dit que « depuis le premier instant de son existence, elle [Marie] est enrichie des splendeurs d’une sainteté singulière. »De ce fait, Marie a été appelée « la toute sainte ». Le dogme de l’Immaculée Conception a été proclamé par le pape Pie IX en 1854. Quatre ans plus tard, le petite Bernadette de Lourdes, qui ne connaissait rien au vocabulaire théologique, recevra une confirmation de cette révélation : « Je suis l’Immaculée Conception ». Ainsi, en vertu d’une grâce exceptionnelle, Marie, la Mère de Jésus,a été préservée du péché. Marie est « immaculée » et le péché n’a pas effleuré un instant son être intime.Célébrer l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, c’est exalter une Femme qui est à la fois ordinaire et singulière, une Femme comme il n’y en pas d’autres. En Marie, qui est née dans une famille ordinaire -celle d’Anne et de Joachim-, il n’y a aucune trace de l’événement dont nous souffrons tous, dont le monde souffre. Il n’y a aucune trace du péché originel qui fait de nous tous des êtres partagés, déchirés, tiraillés entre le bien que nous voudrions faire et le mal que nous voudrions éviter et auquel, bien souvent, nous succombons « en pensée, en parole, par action et par omission », pour reprendre les mots du confiteor. Marie de Nazareth n’a fait aucune expérience de tout cela. Au contraire, Dieu lui a fait le don extraordinaire de naître et de rester immaculée, c’est-à-dire sans aucune compromission, sans aucun pacte avec le mal et le péché. Même si sa vie ne fut pas exempte d’interrogations et de peines, Marie a toujours vécu vis-à-vis de Dieu dans une confiance absolue, sans aucune réserve ni réticence ou opposition. Dieu voulait que le sein maternel qui allait accueillir et contenir son propre Fils fut intact, limpide, immaculé en somme. Par le « Oui » que Marie offre à l’Ange Gabriel - et donc à Dieu, l’histoire du monde et la nôtre connaissent une profonde mutation.

A l’occasion de la solennité de ce jour, la liturgie nous fait entendre l’Evangile de l’Annonciation (Lc 1, 26-38). Ce récit nous révèle justement l’instant divin qui a entièrement bouleversé l’humanité. L’ange Gabriel annonce à Marie qu’elle sera la Mère du Sauveur. L’ange attendait sa réponse, car si Dieu appelle, il respecte la liberté de chacun. Marie reste libre d’accepter ou de refuser. Elle cherche simplement à comprendre : « Comment cela va-t-il se faire ? » L’ange lui répond : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. » Et Marie accepte, en prononçant ces simples paroles : « Je suis la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi selon ta parole. » La solennité de l’Immaculée Conception nous donne l’occasion de réfléchir à ce rôle de la plus haute importance que Dieu a confié à Marie. La grâce dont la Vierge Immaculée est remplie ne la met pas au-dessus de la condition humaine. Ce n’est pas un manteau qui la recouvre mais un amour qui pénètre dans son être, pour qu’elle puisse concevoir le Fils du Père. Aujourd’hui encore, le Seigneur continue à appeler des hommes et des femmes pour leur confier une mission. Ce n’est plus par l’ange Gabriel qu’il intervient dans notre vie, mais le Seigneur nous rejoint dans les diverses circonstances par les personnes qu’il met sur notre route. Il peut aussi nous interpeler par une parole d’évangile, par un événement particulier ou le charisme d’un Saint fondateur d’un Institut, ou d’une congrégation religieuse. Il vient nous chercher aux périphéries de l’existence où nous entraînent le mal et le péché. Il nous appelle à puiser à la source de son amour pour le faire rayonner autour de nous. Nous sommes choisis par Dieu pour incarner sa bonté, sa tendresse et sa justice, des vertus plus que jamais indispensables à notre monde d’aujourd’hui.

Dans le même ordre d’idées, le pape François ne cesse pas d’inviter les religieux et religieuses à « réveiller le monde ». Cet appel retentit précisément en ce temps de l’Avent où l’Eglise insiste sur la veille et le devoir de vigilance. Par conséquent, la vie consacrée brille comme l’Avent dans la vie de l’Eglise. La vie consacrée tourne notre regard vers Celui qui vient. La vie consacrée à Dieu, la vie avec Dieu est toujours un chemin à la fois merveilleux et simple, parfois aride, mais elle est la terre de la promesse.La vie consacrée n’est pas le but mais le moyen par lequel, uni avec le Christ dans l’Eglise, le religieux ou la religieuse se fait serviteur ou servante de ce monde en vue de le transformer pour le Royaume.

Dans l’Évangile de l’Annonciation que nous avons entendu, le mystère de l’Incarnation s’ouvre sur la salutation de l’ange : « Réjouis-toi ». La Vierge Immaculée y voit la promesse de joie de l’Ancienne Alliance en train de se réaliser. Cette joie est aussi la nôtre à chaque fois que le Seigneur nous appelle et nous choisit pour l’annoncer. La réponse des âmes consacrées à l’appel du Christ est profondément une joie quand celles-ci se laissent enseigner par l’attitude de Marie. La Vierge Immaculée s’interroge sur le sens de cette salutation. Elle est troublée, non pas à la vue de l’ange Gabriel, envoyé par Dieu mais à l’écoute de son message. Silencieusement attentive au mystère de Dieu, Marie nous apprend à écouter, à recevoir la Parole. Et sa virginité est le signe le plus fort de cette écoute devant Dieu, une écoute marquée d’une disponibilité absolue.« Pour Marie, sa virginité est attente de l’Esprit de Dieu, silence du corps, du cœur et de l’esprit, silence de tout l’être » (Y. Raguin). Marie savait bien dans le même temps qu’elle ne pouvait être jamais assez écoute et silence pour recevoir la Parole de Dieu dans toute sa profondeur. C’est pourquoi, elle n’a dit qu’un mot : « Oui » - « Fiat » ; que tout m’advienne selon ta Parole ».

Chère sœur Edwige,

Viens, le Seigneur t’appelle comme il a appelé Marie pour continuer son œuvre de salut. Aujourd’hui, le Seigneur a besoin de tes mains pour continuer les siennes. Il a besoin de tes lèvres pour prononcer ses paroles. Il a besoin de tes yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Quelle que soit la question qu’il te pose, il t’invite à lui dire oui. Et à l’instant où tu dis oui, c’est comme un raz de marée qui emporte tout sur son passage. Aujourd’hui, c’est une grande aventure qui commence pour toi. Il n’y a pas de plus grand bonheur pour une femme consacrée que d’être la servante du Seigneur, la servante de l’amour. Marie n’a pas suivi d’autre chemin. « Elle est celle qui n’a jamais refusé à Dieu la plus petite preuve d’amour » (Mgr Thomas). Marie s’est laissé pénétrer par l’amour de Dieu qui l’a rendue immaculée. Marie t’oriente vers l’adoration, la reconnaissance, le goût d’une vie entièrement donnée. Elle a été et demeure la servante du Seigneur. Aujourd’hui, elle te dit : « Fais tout ce que mon Fils Jésus te dira ».

En ce temps de l’Avent et en cette solennité de l’Immaculée Conception, la question t’est posée bien simplement : Accepterais-tu la venue du Christ en toi et dans ta vie ?Sache-le aujourd’hui : Porter Dieu en toi et l’offrir au monde est une démarche extraordinaire. Tu y trouves une joie que personne ne pourra te ravir. Avec Marie, tes visites deviennent des visitations. C’est à cela que tu es appelée quand tu te rends auprès d’une personne malade ou dans le besoin selon le charisme de ton Institut. Tu seras peut-être conduite sur des chemins que tu n’avais pas prévus. Mais nous savons que l’amour de Dieu ne te décevra pas. Comme le disait un missionnaire : « S’il y a des risques à suivre Jésus-Christ, il n’y a jamais de déception ».

Comme Marie, Dieu t’appelle pour te confier une mission, une responsabilité. Il compte sur toi dans ta paroisse, dans ta famille religieuse et dans ta famille de sang, sur tes lieux de vie et de travail pour être le témoin et le messager de son amour. Quand tu réponds « oui », tu deviens porteuse de lumière. La réponse t’appartient car personne ne saurait répondre à la place de l’autre. Le Seigneur a besoin de ton accord personnel. Ne crains pas. Ta mission est tournée vers le bonheur, le tien et celui de toute l’humanité. Tu peux compter sur Marie Immaculée, Sainte patronne de ton Institut, la première en chemin, la première à répondre « oui » à l’appel de Dieu qui vient dans ce monde. « Marie est mère des hommes pour pouvoir tout demander, et elle est mère de Dieu pour pouvoir tout obtenir » (cardinal Pie).En ce temps de l’Avent, temps d’espérance, je demande à Dieu de te rendre accueillante à l’appel et à la venue de son Fils dans ta vie et dans notre vie à tous. Dieu vient habiter ton Nazareth d’aujourd’hui. Comme Marie, ose Lui ouvrir la porte de ton cœur.

Que la Vierge Immaculée t’aide à prononcer ton « oui définitif » - ce « oui définitif » que tu vas déclarer aujourd’hui. Ce « oui » n’est jamais asservissant, car il reste libre et trouve sa source dans ce « oui » sincère et généreux que tu as prononcé jadis en réponse à l’appel du Christ, ce « oui » des premiers vœux qui reste dans ta vie comme un moment d’éternité que le Seigneur saura consacrer. La seule question que pose Marie « comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? », cette question n’est pas une objection. Marie accorde à Dieu son consentement total. Marie ne réclame pas des preuves. Elle ne demande pas les pièces d’identité de l’Ange et de celui qui l’a envoyé. Mais Marie rattrape pour ainsi dire l’ange par ses ailes – comme l’écrit plaisamment un théologien-.Elle l’oblige en quelque sorte à en dire davantage. Elle demande une explication. A la question de Marie, l’Ange lui répond que Dieu sera avec Elle et qu’il la couvrira de son ombre ». L’ombre rappelle la nuée de l’Exode et évoque également une présence discrète de l’Esprit qui nous couvre de son ombre. C’est dire que dans notre marche à la suite du Seigneur, nous recevons l’Esprit. Ce lien est important. Ici encore, Marie nous apprend à ne pas avoir peur de l’Esprit Saint. Vivons de l’Esprit, en nous ouvrant à la Vierge Marie.

Chère Sœur Edwige,

La fidélité et la miséricorde de Dieu sont infinies comme le chante Marie dans son Magnificat. Ton appel s’est confirmé au fil du temps. Non sans épreuves, ton appel s’est affiné, qualifié et purifié. La prière et les sacrements t’ont aidée à percevoir l’appel du Seigneur. Puis la certitude est venue de te remettre entre les mains du Seigneur. Jésus a été pauvre, chaste et obéissant. Il est devenu pour toi le chemin à suivre et tu vas le manifester dans un instant en prononçant pour toujours les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Ta seule richesse, c’est le désir de faire la volonté de Dieu et de te perfectionner de jour en jour dans la charité. Si un certain avoir est utile, si posséder quelque bien est utile, c’est d’abord l’être qui prime. La chasteté consiste à établir une juste relation avec tes frères et sœurs dans le Christ. La continence consiste à faire de l’amour du Seigneur le seul bien qui remplisse ta vie. L’obéissance consiste à te mettre à l’écoute du projet de Dieu sur toi et sur le monde.

Le vœu d’obéissance est un vœu qui, loin de t’inciter à la servilité, te rend au contraire libre pour la mission à la suite du Christ. Le vœu d’obéissance te demande tout à la fois d’être responsable de tes frères et de tes sœurs avec qui tu vis, responsable du monde où tu es insérée. Le vœu d’obéissance est un vœu qui fait appel à l’adulte en toi. C’est pourquoi il est un vœu libérateur, qui vient chercher ce qu’il y a de meilleur en toi. Mais le vœu d’obéissance, à cause du droit de regard de tes sœurs sur ta manière de vivre avec eux le projet de votre institut et la suite du Christ, devient aussi un lieu de vérité, de croissance et de libération vis-à-vis de tes limites et de tes pauvretés. Le vœu d’obéissance est un lieu d’interpellation et de libération qui ne peut faire de toi qu’une vraie religieuse plus heureuse et plus engagée.

Je voudrais maintenant achever cette homélie par des salutations adressées à toutes les personnes qui t’ont ouvert la voie du don total de Dieu. Elles se comptent par centaines. Il y a tes parents, les familles CHIDIKOFAN et DJIDONOU car les familles croyantes et chrétiennes sont de véritables pépinières de vocations .Il y a ceux et celles qui ont déjà rejoint la maison du Père céleste. Il y a ceux et celles qui sont passées parmi nous en faisant le bien et celles qui sont encore à l’œuvre. Chère sœur Edwige, tu leur dois une gratitude particulière dont je me fais l’interprète. Je n’oublie pas ceux et celles qui ont accompagné tes premiers pas sur les chemins de l’appel de Dieu de même que tous les fidèles qui, d’une façon ou d’une autre, t’ont encouragée par leur générosité et leur prière. Tel un relayeur dans une course d’équipe, tu as reçu d’eux un témoin à transmettre. Tu es la première béninoise à émettre les vœux perpétuels chez les SMMI. Puisse le Seigneur t’aider à passer le témoin en appelant d’autres jeunes filles à ta suite dans la vie consacrée et plus particulièrement dans l’Institut des Salésiennes Missionnaires de Marie Immaculée.

Je t’adresse enfin une demande paternelle. C’est toujours en revenant à la source qu’est l’eucharistie que tu fais un pas en avant. En faisant de l’eucharistie le point d’orgue qui unifie ta vie, en puisant l’énergie nécessaire dans les Écritures et la prière, prie pour nous tous ici rassemblés et prie pour moi ton évêque car j’ai aussi besoin de tes prières de professe perpétuelle pour ma conversion et l’accomplissement de ma mission. Le Seigneur soit avec vous.

+Mgr Aristide GONSALLO