jeudi 23 novembre 2017



A c t u a l i t é s
mardi 21 novembre 2017
Le pape nomme un rapporteur et deux secrétaires

vendredi 3 novembre 2017
Après la rentrée pastorale au plan diocésain, (...)

samedi 21 octobre 2017
Le missionnaire n’est jamais seul et la (...)

lundi 16 octobre 2017
Le weekend des 07 et 08 octobre 2017 restera (...)


En vrac !
mercredi 22 novembre 2017
Dans l’eucharistie, le Christ « communique » (...)

vendredi 17 novembre 2017
C’est la seconde catéchèse sur la messe

mardi 17 octobre 2017
Monsieur le Directeur Général, Mesdames et (...)

mercredi 9 août 2017
L’euthanasie est le « meurtre délibéré moralement

vendredi 4 août 2017
Le pape François invite les religions à « prier (...)

mercredi 2 août 2017
Radio Vatican en français salue le 100e (...)

lundi 31 juillet 2017
A l’occasion de la « Journée mondiale de la (...)

lundi 31 juillet 2017
L’engagement de l’Eglise pour la promotion des (...)

mercredi 14 juin 2017
N’aimons pas en paroles, mais par des actes (...)

mardi 21 février 2017
Ils étaient tous au rendez-vous, les mouvements et


V a c a n c e s
vendredi 11 juillet 2014
La communauté des sœurs Salésiennes Missionnaires de

jeudi 27 juin 2013
Pour marquer l’Année de la foi, l’aumônerie (...)

Aller à : Accueil du site > Notre Eglise > 110 Mgr Aristide > Homélie de Mgr Aristi

Homélie de Mgr Aristide aux voeux chez les SARC : 1er Oct 2016

Frères et sœurs en Christ,

Aujourd’hui, 1eroctobre, l’Eglise fait mémoire de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, un modèle lumineux pour la jeunesse et la vie consacrée. C’est également le samedi de la 26e semaine du temps ordinaire. Il se fait aussi que c’est ce jour que nous avons choisi pour recevoir les vœux perpétuels des sœurs Claire, Isabelle et Nadine, Servantes de l’Amour Rédempteur du Christ (communément appelées SARC). La spiritualité des SARC est essentiellement inspirée de saint Vincent de Paul dont nous avons fait mémoire mardi dernier. La fête de saint Vincent de Paul est une date mémorable pour l’institut des sœurs Servantes de l’Amour Rédempteur du Christ (SARC). C’est traditionnellement le jour réservé pour la profession des vœux perpétuels mais mardi dernier étant un jour ouvrable, nous avons plutôt opté pour le samedi après la fête de saint Vincent de Paul. Et comment recevoir les vœux perpétuels de ce jour sans nous souvenir du fondateur de l’Institut des SARC, Mgr Vincent Mensah de vénérée mémoire qui s’est toujours investi pour la vie et l’existence des sœurs SARC dans le panorama flamboyant de la vie consacrée. Dans la prière eucharistique de ce jour, son nom sera mentionné au mémento des défunts. Nous savons bien qu’il intercède pour l’institut des SARC et pour notre Eglise diocésaine qu’il a servie humblement pendant une trentaine d’années.

En fondant l’institut des SARC, Mgr Vincent Mensah insistait sur l’amour effectif et agissant de saint Vincent de Paul comme communion à l’amour du Christ Rédempteur. Pour lui, les sœurs issues de cette famille religieuse sont appelées à vivre l’aventure de la foi en servant efficacement l’homme dans toutes ses dimensions comme instruments de collaboration pour la charité pastorale et l’action apostolique dans l’Eglise. Et les fruits de l’œuvre pastorale et apostolique de Mgr Mensah sont là devant nous : non seulement la trentaine de sœurs qui appartiennent aujourd’hui à l’institut des SARC mais aussi et surtout les trois d’entre elles qui vont prononcer dans un instant leurs vœux perpétuels, je veux nommer les sœursClaire, Isabelle et Nadine.

En les voyant devant moi, après avoir suivi leur parcours, prié et écouté les voix autorisées, je me pose une question que je veux bien partager avec vous tous ici rassemblés :Certes, elles sont appelées à émettre leurs vœux perpétuels et nous les en félicitons mais qui est assez armé et préparé pour dire "oui" à Dieu, le "oui" de toute la vie ? Personne, dirions-nous. Mais le "oui" qui va être prononcé dans un instant est le fruit de toute une histoire sacrée, le fruit d’un dialogue mystérieux entre Dieu et l’homme. Dieu parle au cœur de toute créature. La réponse de l’homme peut être un vœu ou une promesse. Elle a la nature d’un balbutiement qui devient certitude avec la grâce de Dieu. Si, dans le sacrement de mariage, le « oui » passe par la réponse donnée au conjoint, dans la vie consacrée, par contre,le "oui" est directement promis à Dieu, bien évidemment en présence de la communauté religieuse et de la communauté chrétienne. Il faut de l’audace et du courage pour oser répondre directement à Dieu. Et où pouvons-nous puiser cette confiance et cette fermeté si ce n’est dans les Ecritures et dans les témoignages donnés par les saints en l’occurrence saint Vincent de Paul, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et Mère Térèsa récemment canonisée.

Les lectures de ce jour tirées de la Sainte Ecriture ont été choisies par les sœurs en fonction des événements qui marquent cette célébration et nous les en remercions. Comment ne pas se sentir touché par la densité et la teneur spirituelle de ces textes qui viennent à point nommé ?

La première lecture tirée du livre du Cantique des Cantiques (2, 8-14) se prête bien à une célébration de mariage. Tant de générations ont choisi ce texte pour célébrer leur mariage. Et c’est bien une alliance que nous célébrons aujourd’hui, l’alliance entre Dieu et l’homme, l’alliance entre Dieu et les sœurs Claire, Isabelle et Nadine. Si notre âme demeure en communion avec le Seigneur, elle s’attache à lui et désire plus ardemment son retour. Aujourd’hui, les sœurs Claire, Isabelle et Nadine distinguent sans peine une voix aimée. Elles n’entendent plus une autre voix que la voix charmante du Seigneur après lequel elles soupirent jour après jour. Les sœurs Claire, Isabelle et Nadine courent après le Seigneur car elles éprouvent le besoin d’être tout près de lui, d’être en lui.Comme la bien-aimée, chaque sœur voudrait dire au Seigneur : « Montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix ; car ta voix est douce, et ton visage est agréable ». Elles désirent marcher avec le Seigneur et être heureuses en lui. C’est le Seigneur lui-même que les sœurs Claire, Isabelle et Nadine ont attendu avec impatience. Aujourd’hui, il se révèle à elles afin qu’elles entrent dans l’amour et l’allégresse de l’époux. Alors, elles connaissent la sollicitude du Seigneur et apprécient la valeur de son amour. Le Seigneur remplit leurs cœurs de joie en se révélant plus clairement encore, en leur manifestant une nouvelle assurance de son amour. Par conséquent, elles doivent se séparer de tout ce qui est opposé et contraire à la sainteté, ce grand projet de Dieu sur nous.

Le chemin vers la sainteté nous est justement explicité par saint Paul dans la deuxième lecture (Rm 8, 12-17). L’Esprit du Christ et l’esprit de la chair s’affrontent en nous dans le combat en vue de la sainteté. Le choix de la vie consacrée est un chemin de sainteté. Aussi Paul encourage-t-il les chrétiens à accueillir pleinement l’Esprit de Dieu, à se réjouir de sa présence, à le laisser produire ses fruits en eux et à se laisser conduire par lui.Si nous sommes conduits par l’Esprit, les actions de la chair sont anéanties. Nous sommes maintenant dans l’Esprit, et non plus dans la chair. Mais la chair est encore en nous. Il est donc nécessaire d’être vigilants pour que la chair ne se manifeste pas par ses actions.Nos trois sœurs qui optent pour la vie consacrée comme chemin de sainteté mènent ce combat contre la chair pour dire « oui » à Dieu en se laissant conduire par lui à tous les moments de leur vie. C’est à ce prix que l’enfant de Dieu qui est en elles prend consistance et atteint sa maturité.

Ainsi, nos trois sœurs peuvent comme le Fils appeler Dieu « Abba », « Père ». Ainsi, sur le fondement du baptême qui fait d’elles des enfants de Dieu, nos sœurs entrent aujourd’hui dans leur héritage et vivent leur identité véritable dans la relation à Dieu notre Père. Jadis étrangères à la vie divine, aujourd’hui sur la foi du baptême et de la vie consacrée, elles deviennent les enfants bien-aimés et ses héritiers afin qu’elles jouissent par l’Esprit de cette relation privilégiée avec Dieu connu comme Père.

Comment entrer dans cette relation privilégiée avec le Seigneur si ce n’est dans l’humilité et l’accueil qui caractérisent les vrais enfants de Dieu ? Saint Matthieu ne dit pas autre chose dans l’évangile du jour (Matthieu 18, 1-4). Après la leçon d’humilité donnée par le Seigneur, voici que les apôtres lui posent encore une question surprenante :« Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ? ». Jésus n’y va pas par quatre chemins : Il place un enfant au milieu des disciples pour qu’il leur serve de modèle de simplicité de cœur, d’innocence, d’humilité et d’obéissance, autant de vertus à promouvoir dans la vie consacrée en vue de la sainteté.Jésus nous révèle que les normes et les règles qui ont cours dans le royaume des cieux sont à l’opposé de celles du monde. Les places de choix dans le royaume ne s’obtiennent pas en soumettant les autres mais en se soumettant à eux.

La disposition de cœur à laquelle nous invite Jésus n’est pas un état. Elle est plutôt une marche et une pédagogie. C’est en cherchant toujours à devenir enfant de Dieu, en gardant toujours les yeux fixés sur Jésus, notre référence et notre chemin, que nous sommes réellement enfant de Dieu. C’est ce qu’on appelle le don de soiet nos sœurs nous en donnent un vibrant témoignage aujourd’hui. La grandeur des âmes consacrées est d’être aussi les « héritiers de Dieu », ceux qui reçoivent de lui la capacité de tout donner par amour. La parole de Dieu nous sert de guide et de lumière pour notre vie. Les saints qui nous ont précédés et dont nous portons les noms nous en donnent l’exemple en l’occurrence saint Vincent de Paul et sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

Je voudrais également mentionner Mère Térésa de Calcutta qui a été canonisée le 4 septembre dernier. C’est par leur témoignage que nous comprenons que la sainteté et la vie consacrée ne sont pas hors de notre portée. Les Saints se distinguent particulièrement par leur humilité, leur simplicité évangélique et leur confiance en Dieu.Ils nous ont transmis leur expérience évangélique dans un langage simple et vivant, afin que les chrétiens de tous pays et de toutes cultures puissent la comprendre et l’assimiler.Avec eux, nous comprenons qu’il est possible de devenir saint en accomplissant la volonté de Dieu, car la profession dans la vie consacrée est un approfondissement du baptême.Les Saints ont mis en pratique les Ecritures telles que nous en comprenons le sens en méditant les textes du jour et ils ont bien voulu synthétiser pour nous des règles précises pour ceux qui entendent vivre la vie consacrée comme chemin vers la sainteté à travers les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance.

Chères sœurs Claire, Isabelle et Nadine, vous avez cherché votre vocation et je voudrais croire que vous l’avez trouvée. Oui, comme sainte Thérèse, vous avez trouvé votre vocation : « c’est l’Amour ».Vous avez trouvé la paix.Ainsi, dans la pratique des vœux de pauvreté, de chasteté, d’obéissance qui reposent tous les trois sur l’humilité, vous serez l’amourau cœur du monde, au cœur de l’Eglise, votre Mère.Votre témoignage personnel et bien soigné doit impressionner et constituer un appel irrésistible et ravissant à « sortir de soi » pour aller vers les autres, en privilégiant les plus pauvres, avec la conscience que l’Evangile doit être annoncé partout, avec le devoir de manifester le Règne de Dieu. C’est justement par le vœu de pauvreté que je voudrais commencer mon exhortation à votre endroit.

La pauvreté : de par votre charisme inspiré de saint Vincent de Paul, vous convenez avec moi que la canonisation récente de Mère Thérèsa est une grâce pour vous en cette année du Jubilé de la Miséricorde qui coïncide fort heureusement avec l’année de vos vœux perpétuels.Car, comme l’affirmait le pape François dans son homélie pour la canonisation de Mère Térésa, « suivre Jésus est un engagement sérieux et en même temps joyeux ; cela demande radicalité et courage pour reconnaître le divin Maître dans le plus pauvre ainsi que dans le marginalisé de la vie et pour se mettre à son service ». En effet, le pape François a reconnu en Mère Térésa « une généreuse dispensatrice de la miséricorde divine, en se rendant disponible à travers l’accueil et la défense de la vie humaine, la vie dans le sein maternel comme la vie abandonnée et rejetée ». Chères sœurs, à la suite de saint Vincent de Paul et Mère Térèsa, c’est votre esprit de pauvreté qui vous permettra d’aller vers les plus pauvres, les marginalisés de notre société. Ce sont ceux qui se trouvent à la périphérie de l’existence et que le Pape décline ainsi à l’attention de chacune de vous comme suit : « ceux qui ont perdu la foi ou vivent comme si Dieu n’existait pas, […] les jeunes sans valeurs et sans idéaux, […] les familles en crise, […] les malades et les détenus, […] les réfugiés et les migrants, […] les faibles et […] ceux qui sont sans défense corporellement et spirituellement, […] les mineurs abandonnés à eux-mêmes, ainsi que […] les personnes âgées laissées seules » (homélie canonisation Mère Térésa). Vous êtes aussi attendues sur ce champ d’apostolat sans rien espérer en retour car cela vous sera rendu à la résurrection des justes. C’est votre témoignage de pauvreté qui donnera vie et lumière à votre vœu de chasteté.

La chasteté est une droiture du regard sur le monde ambiant,sur ses richesses, sur les productions de l’imagination notamment les technologies de l’information et de la communication. Mais la chasteté est davantage encore une qualité de la relation à Dieu : « bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu ». A la chasteté je voudrais associer L’humilité comme une des vertus attendues pour la promotion de la vie consacrée. Nous savons combien l’orgueil se manifeste quand nous sommes préoccupés de nous-mêmes, quand nous dénigrons systématiquement les autres et quand nous nourrissons en nous-mêmes des pensées de supériorité. La Parole de Dieu nous enseigne à ne pas nous comparer les uns aux autres (cf. 2 Cor 10, 12-13), à ne pas nous estimer au-dessus des autres pour les mépriser (cf. Rm 12, 3). Cela ne signifie pas qu’il faut être de nature petite ou simple, limité ou non dans ses capacités. Il s’agit plutôt de renoncer à la grandeur passagère et dangereuse pour demeurersans risque au niveau des humbles et des simples. L’humilité est un véritable chemin de sainteté comme nous y exhorte la « petite Thérèse » en s’adressant à ceux qui veulent découvrir la « petite voie » : « Consentez à être ce petit enfant. Par la pratique de toutes les vertus, levez toujours votre petit pied pour gravir l’escalier de la sainteté. Vous n’arriverez même pas à monter la première marche, mais le bon Dieu ne demande de vous que la bonne volonté. Bientôt vaincu par vos efforts inutiles, il descendra lui-même et vous prenant dans ses bras, vous emportera pour toujours dans son royaume ». Oui, c’est votre obéissance qui sera la preuve de votre humilité.

L’obéissance : Le vœu d’obéissance consiste avant tout à écouter Dieu et à lui obéir. Mais ce vœu en lien avec la pauvreté et la chasteté vous conduit aussi à écouter les luttes et les détresses de vos frères et sœurs en humanité. Alors vous vous engagez à avoir l’oreille et le cœur tendus vers eux afin d’identifier les points de convergence entre ce que vous portez comme aspirations et ce que le monde attend de vous, ce que vos frères et sœurs en communauté attendent de vous, ce que Dieu lui-même attend de vous.

Chères sœurs Claire, Isabelle et Nadine, je vous invite à l’ouverture confiante à Dieu, le Père miséricordieux qui vous aime et vous comprend. Je vous exhorte à marcher à la suite de Jésus, le visage miséricordieux de Dieu. Je vous convie à la docilité à l’Esprit Saint qui conduit votre histoire, celle de vos familles de sang que je salue ici, celle de votre famille religieuse que je remercie et votre propre histoire sacrée. Acceptez votre pauvreté et votre faiblesse en reconnaissant que rien ne peut vous séparer de l’amour du Christ. (cf. Rm 8, 37-39). En ce mois du rosaire, je vous confie à la sollicitude maternelle de Marie, Notre Dame du Rosaire et Notre Dame des Victoires. Puisse-t-elle vous conduire et guider sereinement vos pas de même que ceux de toute l’assemblée de ce jour. Amen.

Mgr Aristide GONSALLO, Evêque de Porto-Novo