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Homélie de Mgr GONSALLO : Voeux 2016 SARC

Frères et sœurs en Christ,

Dans la liturgie catholique, le 25 mars est traditionnellement consacré à l’Annonciation de Marie. Or, cette année, le 25 mars tombait le Vendredi Saint qui relève du Triduum Pascal. Or le Triduum Pascal fait partie des célébrations obligatoires et prioritaires dans l’Eglise du fait qu’elles sont liées au Seigneur lui-même. C’est pourquoi la solennité de l’Annonciation a été reportée à une date ultérieure, non pas dans l’octave de Pâques qui relève aussi des célébrations de préséance, mais le lundi de la deuxième semaine de Pâques. Après le Fils, nous célébrons la mère dans une communion intime entre eux. L’Eglise aurait pu se passer de cette célébration mariale mais elle y tient absolument parce que nous fêtons à l’Annonciation le commencement de notre salut. Et je voudrais ici saluer la mémoire de Monseigneur Vincent Mensah qui a eu la profonde sagesse et la belle intuition de recevoir en cette fête de l’Annonciation les vœux des profès temporaires de l’Institut des Servantes de l’Amour Rédempteur du Christ (SARC).Oui, nous célébrons le commencement de l’histoire du salut car aujourd’hui le Verbe prend chair dans le sein de la Vierge. Aujourd’hui l’amour rédempteur de Dieu prend chair en Marie. Aujourd’hui, trois de nos filles, Jacqueline, Rolande et Judith, vont dire oui au Seigneur dans un engagement libre et spontané à la suite de Marie.

En cette année du Jubilé de la Miséricorde divine, les trois filles que nous entourons aujourd’hui veulent répondre aux mystérieuses et mystiques avances du Seigneur, par le oui propre à faire d’elles des épouses du Christ. Il convient que nous leur adressions les salutations coutumières aux nouvelles mariées, en n’oubliant pas de les féliciter pour le choixdu plus bel Epoux du monde, Christ, Seigneur de gloire et de tendresse. Nous les appelons les élues du jour tout simplement parce qu’elles sont choisies du Seigneur, en tant que fraîches épouses, pour nous véhiculer la grâce de ce jour. Et une des grâces en question, c’est qu’elles nous convient à cette Eucharistie pour notre communion avec Dieu, et nous font entendre les lectures de la solennité de l’Annonciation qu’elles ont maintenues bien évidemment.

Certains se demandent pourquoi émettre des vœux temporaires ? La réponse est toute simple. Puisque que l’engagement de la novice dans la vie consacrée implique un choix de vie radicale et une alliance définitive, la novice a droit à une période d’essai. Et comment entrer dans l’économie de cet engagement temporaire si nous ne recourons pas à la Parole de Dieu ? Le oui que nos filles vont prononcer s’inspire des lectures de ce jour et y prend appui. En effet, dans l’histoire de notre salut, c’est Dieu qui prend l’initiative de créer des liens durables avec les hommes. Mais la réponse de l’homme n’allait pas loin comme le révèle la première lecture (Isaïe). Dieu cherche à créer des liens avec le roi Acaz. Mais le roi se rebiffe.C’est alors que le Seigneur lui annonce que la jeune femme enfantera un fils. Dans la deuxième lecture tirée de la lettre aux Hébreux, cette relation que Dieu tente de nouer avec l’homme prend une couleur déterminante en Jésus, le fils promis et annoncé. Jésus donne une réponse très claire et manifestement évidente qui reprend et actualise le psalmiste : « Me voici, je viens, pour faire ta volonté. »Dans la même perspective, l’évangile dévoile à nos yeux la jeune femme annoncée par le prophète. C’est Marie qui, elle aussi, répond à l’initiative de Dieu et au nom de toute l’humanité « Me voici, je suis la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi selon ta parole. » Dans les temps anciens, une proposition de mariage passe par des médiateurs et des messagers.Si, autour de nous aujourd’hui, les données ont changé parce que les jeunes s’arrangent entre eux, il faut reconnaître que c’est encore des messagers qui accomplissent cette mission sous d’autres cieux. C’est ce que nous livre l’évangile. Dieu se sert de son propre messager pour faire sa proposition d’amour. Voilà la délicatesse infinie de Dieu. En effet, en agissant ainsi, Dieu laisse à sa créature toute la liberté de répondre comme elle le veut sans lui imposer les conditions de réponse.

C’est cette même délicatesse de Dieu qui transparaît dans l’attitude de l’ange Gabriel au moment de faire à Marie la proposition d’amour de Dieu : « Je te salue... tu es pleine de grâce... Le Seigneur est avec toi... Ne crains pas... ». L’ange Gabriel va jusqu’à donner à Marie un exemple en lui annonçant l’amour de Dieu manifesté à Élisabeth : « Vois ta cousine... elle a conçu un fils dans sa vieillesse. » Et quand Marie manifeste expressément son acceptation, l’ange s’en va car sa mission est achevée. La proposition a été acceptée. Les amants peuvent se rencontrer. L’union entre Dieu et l’humanité peut avoir lieu et elle sera féconde puisqu’elle permettra la naissance de l’Emmanuel, Dieu avec nous.

Prenons conscience que nous sommes témoins d’un changement fondamental. Avant le consentement de Marie et le oui de son Fils à cette proposition d’amour, les hommescomprenaient leur relation à Dieu en termes de domination. Pour eux, Dieu est un maître puissant et dangereux qu’il fallait apaiser par toute sorte de sacrifices. En témoignent les multiples sacrifices aux carrefours de nos routes aujourd’hui. Mais en Jésus, tout change. Non seulement, Jésus donne une réponse d’amour à son Père, mais aussi il vient pour nous transmettre et confirmer une déclaration d’amour au nom de notre Dieu.

Chères filles, Jacqueline, Rolande et Judith, la déclaration d’amour de Dieu est venue vous rejoindre dans nos vies respectives. Je ne sais pas si au cours de votre noviciat ou depuis votre naissance, vous avez eu l’apparition d’un ange qui vous a parlé. De toute façon, je l’aurais découvert en parcourant vos dossiers et je me serais fortement inquiété avant de vous admettre aux vœux temporaires. Mais, votre présence ici aujourd’hui devant nous témoigne que vous et chacun de nous,nous avons, nous aussi, des annonciations.Déjà au jour de votre baptême, Dieu vous a appelées par votre nom. Mais un jour, vous avez entendu Dieu qui vous invitait à l’aimer et à le servir dans la vie religieuse. Sachez-le ce n’est pas vous qui vous consacrez mais c’est Dieu qui prend l’initiative de vous mettre à part. Aujourd’hui, lors de votre profession temporaire, vous allez répondre« Me voici », comme Marie et à la suite de Marie. Ce qui est clair, c’est qu’un baptisé qui répond à l’appel divin d’anticiper ici-bas la vie du Royaume, est du fait même, témoin et prophète de la proximité de Dieu. Il n’est pas nécessaire pour vous et moi de lire longtemps vos constitutions et normes, (dans le chapitre sur la Vierge Marie), pour comprendre ce désir profond qui vous anime vous et toutes les sœurs de l’Institut des SARC. Chaque jour, nous avons des annonciations dans la Parole de Dieu que nous entendons et que nous méditons. Nous avons des signes par milliers, des traces de la gloire du Seigneur dans les événements que nous vivons quotidiennement.Encore faut-il ouvrir les yeux et les oreilles pour entendre le Seigneur passer. Votre seule richesse, c’est le désir de faire la volonté de Dieu et de vous perfectionner dans la charité. Si un certain avoir est utile, sachez que c’est l’être qui prime. La chasteté consiste à établir une juste relation avec vos frères et sœurs dans le Christ. La continence, témoigne que l’amour du Seigneur suffit à remplir votre vie. L’obéissance consiste à vous mettre à l’écoute du projet de Dieu comme Marie vous en donne l’exemple dans l’Evangile du Jour. A ce sujet, je voudrais vous demander de bien vouloir maîtriser les moyens de communication pour ne pas être dispersées au point de manquer le rendez-vous de Dieu et la réponse à lui donner en temps opportun. Je demande pour vous la grâce d’être épargnées de la dispersion provoquées par ces moyens de communication et de savoir répondre spontanément et au bon moment comme le Fils bien-aimé et sa Mère Marie :« Me voici, pour faire ta volonté ».

Votre institut est jeune et comprend une quarantaine de religieuses. Comme moi, vous vous surprenez de temps en temps à rêver d’une grande congrégation où il y a une multitude de nouvelles postulantes et novices, une grande congrégation où il y beaucoup de religieuses compétentes pour accomplir toutes les tâches qui s’imposent, une congrégation où tout fonctionne à merveille. Vous vous posez tant de questions sur l’avenir : comment allons-nous vivre notre engagement pour deux, trois ans, une vie entière dans la chasteté, la pauvreté et l’obéissance ? Et pourtant, il y a une autre réalité qui s’impose à nous aujourd’hui.

En cette fête de l’Annonciation et de l’émission de vos vœux temporaires, l’ange Gabriel vous salue de la même manière qu’il l’a fait avec Marie : « Soyez sans crainte… le Seigneur est avec vous… vous êtes comblées de grâce… ».Avec l’Église, vous donnerez naissance au Fils de Dieu dans notre monde.« Comment cela va-t-il se faire ? … Soyez sans crainte… L’Esprit Saint viendra sur vous et vous couvrira de son ombre. » Dans un instant, devant une si grande proposition d’amour, vous direz avec Marie : « Me voici ! Je suis la servante du Seigneur. »

Chers parent de nos futures religieuses, vous vous souvenez certainement de ce jour où timidement ou courageusement votre fille vous a exprimé son désir ou sa décision de se consacrer au Seigneur. Je voudrais bien connaître les sentiments qui sont les vôtres aujourd’hui en la voyant toute parée pour le don total d’elle-même au service de Dieu et des hommes. Que Dieu lui-même vous bénisse, chers parents, de cette bénédiction dont il a béni le patriarche Abraham : A travers votre fille devant nous, vous serez vous aussi père et mère de cette multitude que la miséricorde de Dieu atteindra par le service auquel votre fille a consacré sa vie. Et vous tous qui, d’une façon ou d’une autre avez guidé, éduqué, soutenu et réconforté ces jeunes religieuses, soyez comblés de joie et de paix par celui qui a promis de récompenser ceux qui donnent un verre d’eau au plus petits des siens.

Et vous tous frères et sœurs en Christ, il y a plusieurs façons de répondre à l’amour. Les trois filles qui vont faire profession ici aujourd’hui, posent devant nos yeux une façon de répondre à l’amour de Dieu. Mais comme c’est Dieu qui le premier nous aima, elles ont pris le temps d’abord de se laisser aimer par Dieu, et de se sentir aimées de lui. C’est de là que tout part. Elles ont compris alors que cet amour dont elles ont bénéficié jusqu’à présent, il est nécessaire qu’elles le rendent pour le Seigneur en amour. Et c’est de là qu’est venu dans leur cœur ce désir de se donner au Christ, en se consacrant à son service au sein de Mère Eglise. Je confie à vos prières nos filles, nos sœurs, nos amies Jacqueline, Judith et Rolande. Je les confie à votre admiration, à votre appréciation. Je les confie à vos soins. Rendez leur la justice qui vient du fait que vous-mêmes vous êtes pris en charge par le Dieu des Miséricordes. Alors faites vous miséricordieux pour nos trois filles.Soutenez-les dans leur cheminement pour qu’elles demeurent toujours polarisées par cet amour miséricordieux qui le premier les aima et les a interpellées à répondre de cette belle manière aujourd’hui. Et que l’amour du Seigneur soit sur nous tous, maintenant et à jamais. Amen !

Mgr Aristide GONSALLO