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Homélie de l’Administrateur lors du Jubilé des 30 ans de sacerdoce du Père Nicolas

Chers Pères Concélébrants,

Chères Religieuses,

Autorités Politiques et Administratives

Notre rassemblement ce matin dans cette Eglise dédiée à Notre-Dame de Lourdes veut exprimer et manifester dans la figure du prêtre le prolongement permanent du Grand et unique Pasteur pour chacun de nous tous, membres de ce peuple racheté par son sang.

Comment alors ne pas d’abord rendre grâce en Eucharistie autour de cette table de la miséricorde et du partage pour ceux qui ont collaboré à la réalisation de cette action de grâce du Christ dans la foi et la générosité, l’amour et le don ! Le Père Nicolas HAZOUME a certainement le cœur plein de souvenirs : souvenir du souci et du dévouement de ses parents que Dieu a associés à ce projet d’amour de faire de leur fils un prêtre de Jésus-Christ, souvenir du souci de ses formateurs, de ses amis et bienfaiteurs, de ses confrères, tous rassemblés autour de lui en ce jour le cœur rempli de gratitude pour célébrer le Dieu de toute bonté et de tout don qui veut par son Fils sauver l’homme et qui proclame : « Allez dans le monde entier : proclamez l’évangile à toute la création » (Mc 16,15). Il dit encore à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux… ». Il nous envoie en mission « deux par deux », c’est-à-dire en communauté de collaborateurs, en équipe. Ne l’oublions jamais : C’est nous tous baptisés qu’il envoie en mission pour confesser un Père qui aime infiniment chaque être humain et qui lui accorde par cet amour une dignité humaine ; confesser que le Fils de Dieu a assumé notre chair (nature) signifie que chaque personne humaine a été élevée jusqu’au Cœur de Dieu ; confesser que l’Esprit-Saint agit en nous implique de reconnaître qu’il cherche à pénétrer dans chaque situation humaine et dans tous les liens sociaux. Le Pape François dira que : « l’Esprit – Saint possède une imagination infinie qui sait dénouer les nœuds même les plus complexes et les plus inextricables de l’histoire humaine. »

Chers amis, l’évangélisation cherche à coopérer à cette action libératrice de l’Esprit dans nos familles, chacun de nos frères et sœurs, nos collègues de travail, nos camarades syndicalistes et membres des partis politiques. Tous ceux-là sont à évangéliser, à transformer. Cette tâche de la mission n’est pas de tout repos ; on a besoin de lâcher beaucoup de choses pour avoir le cœur libre et éviter d’être pris en otage par les biens matériels qui, parfois confisquent nos cœurs et nous empêchent de libérer et de prêcher cette parole de Dieu qui est Parole de vie et de renaissance. Jésus nous appelle à la vigilance, à être éveillé, à nous laisser appuyer et accompagner par des équipes, en association pour collaborer à la saine diffusion de la Parole et ne jamais faire cavalier seul.

Le mystère même de la Trinité nous rappelle que nous avons été créés à l’image de la communion divine pour laquelle nous ne pouvons nous réaliser ni nous sauver tout seuls. A partir du Cœur de l’évangile, nous reconnaissons la connexion interne entre évangélisation et promotion humaine, qui doit nécessairement s’exprimer et se développer dans toute action évangélisatrice.

Dans son premier ouvrage le Père Nicolas a d’ailleurs montré la nécessité de cette connexion. Il s’agit en réalité de se laisser aimer de Dieu et l’aimer avec l’amour que lui-même nous communique, de désirer, chercher et avoir à cœur le bien des autres. Par exemple, quand Jésus donne ses consignes pour la mission, il ne s’agit pas d’être impoli ou distant. La consigne de Jésus s’éclaire par le texte de l’Ancien Testament où Elisée envoie son serviteur en mission et lui dit : « si tu rencontres quelqu’un, tu ne le salueras pas ; et si quelqu’un te salue, tu ne lui répondras pas. » (2R4, 29). Dans une civilisation où les salutations sont importantes et durent parfois longtemps, la consigne de Jésus met en relief l’urgence de la mission. Rien ne doit détourner un chrétien de sa mission essentielle ; il doit se garder libre de tout ce qui l’en écarterait. Par ailleurs, nous avons un écho des scrupules que se faisaient certains chrétiens d’origine juive qui hésitaient à manger des mets interdits par la loi ou apprêtés autrement qu’à la manière Juive. L’envoyé qui travaille, a le droit d’être nourri. En Israël, on ne devrait pas museler le bœuf pendant qu’il foulait le grain ; il pouvait ainsi se nourrir. Paul reconnaissait à l’apôtre le droit à être nourri par ceux qu’il évangélisait ; mais il ne voulut pas s’en prévaloir, par crainte de nuire à l’Evangile dans certains milieux.

Chers frères prêtres et chers amis, la vraie question c’est que la miséricorde du Seigneur veut sauver les hommes. Il envoie les hommes, car c’est le Seigneur qui a l’initiative ; la miséricorde du Seigneur est synonyme de charité. Il envoie deux par deux et donc en témoins de l’amour fraternel. Ce ne sont pas eux que les disciples proclament, mais Celui dont ils sont les annonciers. Alors seulement, ils pourront se livrer totalement à l’unique richesse : la miséricorde de Dieu. C’est de là que jaillit la Paix qui donne la mesure du Royaume tout proche.

Le Père Nicolas HAZOUME est un instrument de cette miséricorde de Dieu. Très tôt, le Seigneur l’a appelé à le suivre sur le chemin de l’amour, du sacrifice, du don. Il s’est laissé saisir et a cheminé sous le regard de Dieu et avec la force de l’Esprit-Saint jusqu’à l’autel du Seigneur. Il a assumé de nombreuses responsabilités avec une patience, une confiance et une abnégation qui l’ont préparé à de brillantes études anthropo-théologiques couronnées par une maîtrise en théologie des ministères. Nul n’ignore ici au Bénin sa justesse et son goût raffiné de la littérature et de l’écriture que toute personne averti savoure comme le bébé qui savoure avec un plaisir insoupçonné le lait maternel. Comment ne pas prêter attention à son ouvrage sur le développement.

Successivement Vicaire paroissial, Administrateur, Curé et Curé Doyen, Recteur de séminaire, il s’est employé avec un dévouement apostolique sans calcul aux tâches pastorales à lui confiées tant par son ordinaire que par la Conférence épiscopale du Bénin. C’est une fierté et une grande joie pour moi de l’avoir nommé après consultation de mes consulteurs pour me succéder dans le Doyenné de Dangbo que son Excellence Léon Honorat AGBOTON m’a fait fonder le 18 octobre 2012 alors qu’il était Curé doyen d’Azowlissè. Comment ne pas éclater en action de grâce avec vous tous, parents, amis, bienfaiteurs, confrères dans le sacerdoce et la mission autour de celui qui a été en son temps Président de l’Union du Clergé Béninois ! Il arrive, comme dit le Pape François que des agents pastoraux ne soient pas heureux de ce qu’ils sont et de ce qu’ils font ; ils ne se sentent pas identifiés à la mission évangélisatrice, et cela affaiblit leur engagement. Ils finissent par étouffer la joie de la mission par une obsession pour être comme tous les autres et pour avoir aussi ce que les autres possèdent et sont. Le risque évidemment est de vouloir s’attacher à des espaces de pouvoir et de gloire humaine qu’ils veulent se procurer à tout prix au mépris du regard à porter sur Celui qui s’est abaissé et demeure pour nous le modèle parfait du Prêtre et Pasteur. Ce n’était pas le cas de Nicolas.

Le Père Nicolas attendait tout de Dieu dans la patience, la confiance et l’abandon, toujours prêt à partir là où on l’envoie. Sa mission est d’abord disponibilité, générosité, don de soi, amour des autres…. Le Père Nicolas ne se laissera jamais voler son enthousiasme missionnaire originaire, sa disponibilité spontanée, sa qualité d’homme de foi et de culture à la plume pointue, son ambition mesurée pour le succès cultivé par son désir constant de bien faire, sa résistance à la tentation constante de s’attacher à une tristesse douceâtre et que sais-je encore ?

Chers frères et sœurs, chaque fois que nous regardons Marie, nous voulons croire en la force révolutionnaire de sa tendresse et de son affection. Nous voyons que l’humilité et la tendresse ne sont pas les vertus des faibles, mais des forts qui n’ont pas besoin de mépriser les autres pour se sentir importants. Cher Père Nicolas, Nous vous confions à Marie, avec vous avançons avec confiance et la force de l’Esprit-Saint sur le chemin où nous rejoignons Celui qui est toujours le Bon Pasteur et qui règne pour les siècles des siècles. Amen !

Père Jean Benoît GNAMBODE

Administrateur Apostolique du diocèse de Porto-Novo