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Homélie de l’Administrateur pour les 70 ans de la Paroisse Sainte Anne de SAKETE

Samedi 31 Août 2013

Textes liturgiques

  • 1ère lecture : Isaïe 59, 1. 6-7
  • 2ème lecture : Rom 10, 9-18
  • Evangile : Mt 28, 16 – 20

Chers Confrères concélébrants,

Chers Religieuses,

Monsieur le Ministre d’Etat

Excellence Mr le Médiateur de la République

Honorable Député

Monsieur le Maire

Autorités traditionnelles, politiques et administratives,

Chers frères et sœurs bien–aimés, fils et filles de Dieu,

Chers Invités,

Le Pape François dans sa récente lettre Encyclique enseigne que « la foi dans le Christ nous sauve parce que c’est en lui que la vie s’ouvre radicalement à un Amour qui nous précède et nous transforme de l’intérieur, qui agit en nous et avec nous » (n°20). Cette vérité apparaît avec clarté dans la mission des messagers qui ont travaillé inlassablement, prêché la parole de Dieu et ont érigé cette paroisse Sainte Anne de SAKETE voici 70 ans. Je rends hommage à ces vaillants missionnaires, artisans de l’évangélisation, réalisateurs de la Mission du Christ.

Heureux sommes – nous âmes consacrées de prêtres, de Religieuses et même de séminaristes et de chrétiens fidèles laïcs venus participer à cette célébration de la mémoire. Heureux sommes – nous qui faisons partie des chercheurs, conscients et ardents du Seigneur. Nous ne serions pas là, si nous n’avions déjà faim et soif de l’amour de Dieu. Nous sommes devant le paroxysme de l’Epiphanie du Seigneur à l’humanité et au Bénin en particulier. Une parole du prophète Isaïe nous révèle que Dieu veut que tous les hommes vivent avec lui pour toujours, mais il ne peut pas accueillir dans sa demeure quelqu’un qui commet le péché. Il déteste ces comportements lamentables qui le mettent en colère. Le Seigneur veut sauver les hommes qui se tournent vers lui. Il a envoyé des messagers de l’Evangile ici à Sakété pour amener les hommes et les femmes à se convertir à lui, obéissant ainsi à sa pressante recommandation à ses disciples parce qu’il est mort et ressuscité pour les péchés et pour le bien de tous les peuples : « Allez : de toutes les nations, faites des disciples, en les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». Il ne s’agit pas d’une option. C’est un ordre adressé à tous ceux qui appellent Jésus Seigneur. Nous avons tous reçu des dons qui nous permettent de contribuer à l’accomplissement de cet ordre de mission.

Tout a commencé ici à Sakété en 1937 avec les religieuses de la Congrégation de Notre Dame des Apôtres qui dès le départ ouvre un Noviciat pour la formation des sœurs. Mgr Louis Parisot le seul évêque du Dahomey à l’époque, détacha un prêtre de la mission de Porto–Novo pour le faire résider à Sakété. Les tout premiers qui venaient de Porto–Novo exercer le ministère apostolique étaient les Pères Aupiaire, Kuhn, Rast, Gutchnecht, Fehter, Perrin, Pichon, Bœuf, Liautaud, Boucheix, Colin, Demeyère, Leguen et Gros.

Le Père Gros devait s’occuper de sa communauté de Sakété et des stations qui gravitent autour de celle–ci. La paroisse était érigée. C’était le 23 août 1942. Le Père Gros construit la résidence de cette future station principale qui comptait 5000 habitants avec 1200 catholiques. L’Eglise était construite et dédiée à Sainte Anne, malgré la propagande des Musulmans et des Protestants.

L’intention de Jésus à ses disciples, c’est que tous les hommes doivent devenir ses disciples. Les agents de la mission devaient travailler à réaliser ce projet. Ils continuent à étendre leur action vers Pobè. C’est le Père Van Leuven qui devient Curé résident à Pobè. Entre 1920 et 1947 aucune station secondaire n’a été ouverte. Aussi le pays Holli est resté sans évangélisateur catholique. La place a été laissée aux Méthodistes et aux sectes. Le Père Van Leuven quitte Pobè et c’est le Père Henri BAROTIN, curé de Sakété qui devient Pasteur de deux paroisses. C’était un homme simple, doux, bon, patient et très respectueux des personnes ; il était très accueillant pour tous. Il se mit à l’apprentissage de la langue Yoruba alors qu’il parlait Fon à Cotonou. Tous ces missionnaires se déplaçaient difficilement à vélo et parfois à pied, visitant les stations et les familles. Ce n’est qu’en 1948 que les paroissiens et amis offrirent une voiture au Père BAROTTIN, traction avant Citroën. Quel soulagement pour lui ! Il disait qu’une voiture c’était un peu comme si on lui avait donné un vicaire.

Le Père Henri BAROTTIN fait la promotion du mariage chrétien. La polygamie coutumière était très courante. A l’époque, c’était presque obliger un homme à être adultère ou à obliger sa femme à faire un enfant 6 mois après une naissance. Cette situation posait de sérieux problèmes moraux. Le concubinage aussi n’était pas rare. Les parents chrétiens collaboraient avec le prêtre pour que leurs filles raptées, ou qui volontairement ou clandestinement avaient rejoint leurs fiancés acceptent de recevoir dans les meilleurs délais le sacrement de mariage. Et les filles et leurs parents cessaient d’aller à la table sainte jusqu’à ce que le mariage soit célébré. A nos yeux cette discipline semble désuète. Et pourtant, c’est ce qu’il sied de faire pour respecter le dessein de Dieu sur le mariage et le sacrement qui le consacre. Ceux qui ont vécu ces expériences, dans une grande proportion ont tenu jusqu’en 1990. Le Père Henri BAROTTIN était fier des nombreux mariages célébrés dans sa Paroisse. A cause de ceux – ci Mgr Louis Parisot a dit un jour que Sakété était la meilleure paroisse de tout le Vicariat du Dahomey, vers 1954. C’était environ 70 % des jeunes gens qui célébraient leur mariage religieux, même si c’était après un certain temps de concubinage. En 1996, c’était à peine 16% de la population chrétienne. Au milieu de ces populations païennes et musulmanes, le mariage chrétien ne va pas de soi. Le fait que les prêtres de Sakété se soient beaucoup investis pour la promotion du mariage chrétien a fait que les fidèles aient eux – mêmes donné de l’importance à ce mariage qui est le fondement de la famille. On ne peut pas évangéliser sans faire la promotion de la famille chrétienne.

Le prêtre missionnaire était très proche de ses fidèles. Il les considérait comme des personnes humaines, comme de vrais enfants de Dieu, des frères et des amis. Leur bureau était ouvert à tous. Malgré les nombreuses activités pastorales, ils prenaient le temps de prier le bréviaire, le chapelet, visitaient le Saint-Sacrement etc.… C’était de véritables pasteurs à l’image de Jésus Christ et de l’Apôtre Saint Paul en particulier. Leur premier souci, c’était de sanctifier les fidèles et ils mettaient tout en œuvre pour y parvenir. Ces fils de Mgr Melchior Marion de Brésillac ont mis résolument en pratique, cette parole de Jésus : « Consacre–les dans la vérité. Ta parole est vérité. » Ils savaient organiser le catéchuménat pour que tous entendent la parole de Dieu et la vivent surtout en ce qui concerne le mariage. De vaillants catéchistes aidaient à enseigner la parole de Dieu tel que TEVOEDJRE Joseph, papa du Médiateur de la République, Victor MESSE, Hubert SODJINOU. Ces messagers de l’évangile étaient des prophètes, des hommes de Dieu, poussés par l’Esprit. A l’origine de la vocation du prophète, il y a le choix de Dieu. Le prophète n’a pas de demeure fixe, il va où l’Esprit le pousse, reste là où il le fixe. Vivant avec Dieu, il transmet sa parole.

Il y avait une particularité à Sakété. L’école publique existait depuis 1913. Les maîtres étaient des chrétiens qui souvent encourageaient les élèves à fréquenter le catéchisme. Les premiers catéchumènes venaient de l’Ecole Publique. Cette situation n’existait pas partout dans la colonie du Dahomey. Mgr Louis Parisot et son conseil avaient demandé que dans chaque mission où résidait un prêtre, une école catholique soit ouverte. Le Père BAROTTIN a ouvert cette école par obéissance et par solidarité avec les autres missions en Octobre 1946. Quelle humilité du missionnaire !

L’esprit chrétien circulait dans tous les cœurs. Même les musulmans qui venaient à l’école catholique apprenaient le Catéchisme et leurs parents les y encourageaient. Notre ministre d’Etat, son Excellence Mr ABIOLA François était même enfant de chœur du Père BAROTTIN qui était ami des musulmans. Les enfants étaient baptisés à la naissance. Les Religieuses NDA ouvrirent leur école en 1952. A leur supérieure générale qui demandait au père BAROTTIN si c’était utile, celui–ci lui répondit : « Ce n’est pas seulement utile, mais nécessaire et indispensable. » N’est – elle pas en effet le lieu d’acquisition de la culture et aussi d’évangélisation de la jeunesse, lieu de développement.

Le 19 Septembre 1951, le Père Marcel MAHY arriva à Sakété comme Vicaire. Il n’avait que 26 ans. Le presbytère fut agrandi pour loger ce jeune venu seconder le père BAROTTIN. Il apprit vite le Yoruba et se mit tout de suite à converser avec les habitants et à traduire le catéchisme en Yoruba. C’est à lui et au Père BAROTTIN que revient la grande œuvre d’évangélisation de Sakété et régions.

Comment ne pas rendre grâce aujourd’hui pour la Mission accomplie ici, mission continuée par nos confrères béninois Noël HOUNTON, Charlemagne KOUDHOROT, Georges LAILO, Job KOUDHOROT, Emile OKPEIFA, l’actuel curé doyen !

La mission, chers frères et sœurs, c’est l’œuvre de l’Esprit Saint par qui le salut est réalisé. Si nous croyons dans notre cœur et déclarons de notre bouche que Jésus – Christ est le Seigneur ressuscité, nous sommes sauvés. C’est le message que nous tous, baptisés et disciples avons la vocation et la mission de communiquer à nos frères et sœurs, par la parole et le témoignage de vie. Les missionnaires nous ont tracé le chemin. Puissions-nous avec le secours de la Vierge Marie, la Première Missionnaire, nous rendre disponible pour ce service ! Amen !

Père Jean Benoît GNAMBODE,

Administrateur Apostolique