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Homélie de l’administrateur aux voeux des SSA le 27 août 2013

Chers confrères concélébrants,

Chères Religieuses,

Chers frères et sœurs, fils et filles bien- aimés du Seigneur,

Et vous Sylvie, Juliette et Marie Mélaine,

L’heure de vos Noces est arrivée, heure préparée par l’Epoux depuis et longtemps avec tant de jalousie et d’épreuves, heure appelée par sa petite épouse mille et une fois de tous ses vœux. La table du festin est dressée. Votre Epoux vient vous chercher, votre époux Verbe Eternel, le Fils bien aimé du Père, « Image de sa substance », le Verbe fait Chair, le Fils chéri de la Vierge Marie « qui a passé parmi les hommes plein de grâce et de vérité ».

Mais qu’a t- il fait de l’éclat de sa divinité, des charmes de son humanité ? Pour s’unir à vous mes chères filles, il a tout abdiqué et il vient aujourd’hui solliciter votre main cachée sous les voiles de la Sainte Eucharistie. Quel spectacle et quel enseignement pour vous et pour nous ? Comment devez-vous aller à lui, mes filles ? Voyez comme il vient à vous. Il vient à vous avec son corps, son sang, son âme, sa divinité et par la plus belle des merveilles de sa puissance et son amour, l’Eucharistie, don suprême de sa présence.

Vous aussi vous vous donnez à lui sous des apparences modestes, bien obscures, sous le regard de Sainte Monique, la Mère de Saint Augustin pour qui Dieu seul est la source de tout Amour. Qu’est votre vie aux yeux charnels ? Inutile, oisive ! Mais qu’elle est grande, féconde, aux yeux éclairés par la foi. Que la foi imprègne votre vie, la plus humble, la plus convaincue qui abaisse les mesquines élévations de votre esprit propre ; la foi la plus pratique qui nous découvre les merveilles cachées de sa présence, une foi chaque jour humble, plus ferme qui resserre l’alliance. Mais aujourd’hui c’est celle du Centurion Corneille qui nous est proposée. Voyez, Corneille n’a pas voulu mettre Jésus dans l’embarras en l’amenant à entrer dans une maison telle que la sienne habitée par des païens. Luc ne laisse pas croire qu’une telle délicatesse explique l’attitude du Centurion qui tient Jésus à distance, dirait – on. D’abord le Centurion ne se juge pas digne d’entrer en contact avec Jésus, d’où la double délégation des anciens des juifs et des amis. De plus il n’est pas nécessaire que Jésus vienne auprès du malade pour le guérir lui, Centurion qui a « des soldats et un esclave sous ses ordres. Il lui suffit de commander pour que sa volonté soit exécutée, à plus forte raison peut – il se contenter d’exprimer en un mot sa volonté d’opérer une guérison, pour que celle – ci soit effectuée. Oui, humilité et foi s’unissent ainsi dans le Centurion.

La foi doit imprégner votre vie, disions –nous. Votre Dieu vous épouse dans la foi. Que chaque jour votre vie religieuse cherche par la foi l’union avec votre époux comme l’exprime si bien Saint Jean de la Croix en écho à Saint Augustin qui dit qu’il est en vous – même plus que vous – même fidèle à sa devise « Aime profondément les choses de l’Esprit ». « Vous faites bien, ô mon âme de la chercher toujours dans le secret ; vous glorifiez aussi grandement votre Dieu et en le jugeant plus élevé, plus parfait que tout ce que vous pouvez en pénétrer, vous approchez davantage de son Etre infini. Ne vous arrêtez donc à rien de ce que vos puissances peuvent comprendre. Je veux dire : ne cherchez jamais à vous contenter de ce que vous comprenez de Dieu, mais nourrissez-vous plutôt de ce que vous ne comprenez pas en Lui. Ne mettez jamais votre bonheur et vos délices en ce que vous pouvez entendre ou sentir de Lui, mais plutôt en ce que vous ne pouvez ni sentir, ni entendre. » C’est là en vérité le chercher par la foi, et alors votre oui d’aujourd’hui deviendra lumineuse, et Dieu vous donnera ce qu’il vous a promis par la bouche de son prophète : Le courage de la mission : « Partout où je t’envoie, tu y vas » Le courage de la parole : « Tout ce que je te commande, tu le dis, n’aie peur de personne, je suis avec toi pour te libérer, oracle du Seigneur. » L’autorité sur les nations, sur le peuple : c’est le pouvoir du responsable qui n’est que serviteur ou servante inutile. Tout cela est fruit de la foi et de l’humilité.

La parole prophétique ici annonce ces événements, les appelle, amène leur réalisation. Celui qui est envoyé doit annoncer des châtiments pour tout restaurer, tout renouveler, en un mot travailler à sa propre conversion et à la conversion des enfants de Dieu. Le Seigneur nous appelle tous à cette mission. La vie religieuse consacrée rappelons-le, est une discipline par laquelle on parvient à la perfection de la charité. Pour cela il faut détacher son cœur des choses de ce monde. Comme dit Saint Augustin « l’aliment de la charité est la diminution de la cupidité, qui ne peut se trouver dans la perfection. » Car la possession des biens matériels nous porte à les aimer et à vouloir les accroître. C’est ce qui arrête le jeune homme riche dans la marche vers la perfection à laquelle le Sauveur l’appelle.

La pauvreté volontaire porte à ne plus rechercher que Dieu Seul. L’abandon des biens temporels porte l’âme à désirer vivement les biens éternels. Il est bien difficile dit Saint Thomas de conserver le véritable esprit de détachement au milieu de l’abondance des biens terrestres. Ici, il nous faut être vigilants : lorsque les ordres religieux deviennent trop riches, ils deviennent pauvres en biens spirituels et le Seigneur permet la persécution pour qu’ils reviennent à leur ferveur première et se convertissent. Je vous invite à suivre strictement ce que prescrivent vos constitutions à ce sujet. La parfaite chasteté n’est pas moins nécessaire à la perfection religieuse. Les joies de la vie conjugale empêchent la créature humaine de se donner totalement au service de Dieu, et lui enlève quelque chose de sa force et de son élan spirituel. De plus tous les soucis d’une famille à maintenir sont un obstacle à la perfection de l’amour de Dieu, comme le dit Saint Paul. Ils divisent l’âme et l’empêchent d’être totalement au Seigneur.

Enfin, l’attachement à notre volonté propre qui n’est pas conforme à la volonté divine est le plus grand obstacle à l’amour de conformité que nous devons avoir au Seigneur. Obéir saintement à une règle approuvée par l’Eglise et bien obéir aux supérieurs religieux comme à Dieu même qu’ils représentent assure cette conformité progressive avec la volonté divine. L’obéissance nous conserve dans cette conformité divine. Elle est supérieure aux deux précédents vœux, car c’est la meilleure part de nous – mêmes que nous lui offrons, parce que nous renonçons à notre liberté par un plus grand amour de conformité à la sienne, selon Saint Thomas, le plus grand théologien de tous les temps.

Chères religieuses, chers frères et sœurs, si nous renonçons aux biens terrestres et matériels, c’est à cause de notre connaissance du Christ Jésus, notre Seigneur. Il s’agit de connaître le Christ, d’être trouvé en Lui, c’est-à-dire d’être introduit dans les événements du passé dont la présence demeure active. La résurrection du Christ demeure actuelle et nous chrétiens consacrés, en Lui, y avons vraiment part. Nous devons pouvoir dire « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » La foi permet de connaître le Christ et de vivre le renoncement parce que comme dit le Pape François « la foi transforme la personne tout entière, dans la mesure où elle s’ouvre à l’amour. ». La foi connaît dans la mesure où elle est liée à l’amour, dans la mesure où l’amour même porte une lumière, la lumière qui éclaire nos choix et nous soutient dans la fidélité à l’époux auquel nous sommes configurés.

Chers frères et sœurs, prions et aidons nos sœurs à resserrer leur union avec leur unique Epoux et comprenons bien ceci : « celui qui a créé toutes choses par sa Parole a paru dans le monde pauvre et nu, sans avoir une pierre pour reposer sa tête. Celui qui est « la forme de Dieu, la splendeur de sa substance » a pris la forme de l’esclave et il s’est fait obéissant jusqu’à la mort de la croix.

Chères sœurs, il n’existe pas de vie religieuse consacrée sans la communauté, une communauté où circulent l’amour, la convivialité, la tendresse, la compréhension, la confiance, l’affection, le pardon donné et reçu, en un mot la charité fraternelle, la charité qui excuse tout, comprend tout, supporte tout. Tout cela sera toujours soutenu par la prière régulière et fidèle, l’amour de l’Eucharistie, son attachement filial à Marie. Notre vie religieuse consacrée prend racine dans cette unique vérité. Puissions – nous nous laisser saisir par elle et y demeurer fidèlement toute notre vie.

La Vierge Marie me prête ses mains pour recevoir vos vœux. Déjà elle les avait inclus dans son « me voici » donné à l’Ange de l’Incarnation. Qu’elle veille sur vous et vous maintienne avec Sainte Monique, la mère de Saint Augustin, sur le chemin de la perfection de la charité ! Amen !

Père Jean Benoit GNAMBODE, administrateur apostolique