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Homélie du Nonce Apostolique S.E. Mgr Brian UDAIGWE

Cher Mgr Jean Benoît, Mesdames et Messieurs les Autorités civiles, les Leaders religieux, les Chefs traditionnels et coutumiers, Chers Ordinands, Révérends Pères Concélébrants, Frères et Sœurs membres de la Vie consacrée, Chers parents des ordinands, Frères et Sœurs dans le Christ,

1. Dans le psaume 133, nous lisons : « Ah ! Qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères d’être ensemble » (Ps. 133, 1). C’est avec ces paroles du psalmiste que je voudrais vous exprimer ma joie de répondre à l’invitation de votre Administrateur Apostolique à présider cette eucharistie d’Ordination des abbés Clétus, Fides, René, Romain Pierre, Symphorien et Toussaint. Le 15 août de l’année dernière, le jour de l’Assomption de la Vierge Marie, j’ai aussi eu la joie d’ordonner prêtres, 14 fils de ce Diocèse, qui sont les premiers prêtres ordonnées par moi, mes fils ainés. Par cette ordination, ma première comme évêque, je me suis senti, et je me sens encore lié de façon particulière à ce Diocèse.

En fait, je remercie Monseigneur Jean Benoît et toute l’Eglise Famille de Porto-Novo pour la sollicitude dont je bénéficie depuis ma première visite dans le diocèse. C’est aussi l’occasion de vous féliciter et remercier, Cher Monseigneur, et tous vos collaborateurs pour tous les soins pastoraux que vous apportez et consacrez à ce diocèse.

2. En effet, ce jour où nous célébrons la solennité des apôtres Pierre et Paul, est un grand jour pour l’Eglise universelle, et cette année particulièrement pour votre diocèse. Jour de grâce et d’action de grâce ! Jour de fête et de joie ! Comme dit Saint Paul, dans sa Lettre aux Philippiens : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ! […] et garde[z] vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus. » (Ph. 4, 4.7). Ainsi, vous vous réjouissez en ce jour tant attendu où Dieu vous donne de vivre une fois encore un des plus grands mystères dans la vie de l’Eglise Catholique : la consécration de vos fils en vue du ministère presbytéral. Au cours de cette Eucharistie, ils confirmeront leur réponse à l’appel du Seigneur, par le don total et définitif de leur vie pour le service du Christ, de son Eglise et du Peuple de Dieu.

C’est le Christ qui est le Grand Prêtre de l’Alliance nouvelle et éternelle. Il est Celui que le Père a oint et envoyé, pour accomplir l’œuvre de la rédemption du monde. Ainsi, en donnant son fils unique, à cause du grand amour qu’il a pour les hommes, Dieu réalise son projet de sanctification et de salut pour toute l’humanité. C’est un projet qui subsiste d’âge en âge et pour lequel il continue aujourd’hui encore d’associer les hommes. C’est pour cela, qu’Il a choisi vos fils pour leur conférer le pouvoir divin et infini du sacerdoce de son Fils, afin que son œuvre, qui est une œuvre de miséricorde, se perpétue de génération en génération, jusqu’à la fin des temps. En effet, de même que le Fils de Dieu a été envoyé par le Père, de même le Fils envoya à son tour dans le monde d’abord les Apôtres et ensuite leurs successeurs, les Évêques, et les collaborateurs de ces derniers, les prêtres, qui sont appelés au service du Peuple de Dieu. Aujourd’hui, vos fils entrent dans cette chaîne des collaborateurs qui participent à la mission du Christ, le Grand Prêtre.

Au nom de l’Eglise, je vous remercie, chers parents et familles des ordinands, d’avoir donné vos fils à l’Eglise, d’avoir accepté et respecté cette vocation du Seigneur qui les a appelé de vos familles, de vos villages, hors des projets familieux, et qui leur confie une autre mission. Je sais que ce n’est pas facile pour la famille de lâcher prise et de laisser partir le propre fils. Au nom de l’Eglise, je vous demande de leur donner, la liberté nécessaire de vivre l’appel pour qu’ils puissent suivre le Seigneur dans le sacerdoce, avec tout leur cœur et sans entrave familiale.

3. Chers Clétus, Fides, René, Romain Pierre, Symphorien et Toussaint devenir prêtres dans l’Eglise signifie suivre le Christ à travers le sacrement de l’ordre et entrer dans le sacerdoce du Christ avec tout son être. Jésus a donné sa vie pour tous, mais il s’est consacré de manière particulière à ceux que le Père lui avait donnés, pour qu’ils puissent parler et agir en son nom, le représenter, prolonger ses grâces dans les sacrements. Il s’agit d’une mission unique qui se réalise surtout quand vous allez célébrer les sacrements de l’Eglise : En son nom, vous allez baptiser et faire renaître des fils de Dieu pour la vie éternelle ; en son nom, vous allez pardonner les péchés et purifier les âmes des fidèles ; en son nom, vous allez célébrer le sacrifice eucharistique et distribuer aux croyants le pain de la vie ; en son nom, vous allez accompagner et fortifier les malades et les mourants ; en son nom, vous allez confirmer l’alliance de l’amour dans le mariage des fidèles à vous confiés.

N’oubliez pas que vous n’êtes pas des fonctionnaires du temps partiel. Conformez-vous à la vie sacerdotale. Dans son homélie, le 4è dimanche de Pâques dernier – Journée mondiale des vocations – le Pape François l’a signifié aux jeunes ordinands, en ces termes : « Ayez conscience de ce que vous faites ; conformez votre vie à ce que vous célébrez, afin qu’en participant au ministère de la mort et de la résurrection du Seigneur, vous portiez la mort du Christ dans vos membres et marchiez avec lui dans une vie nouvelle. » (Homélie Messe d’ordination presbytérale, Rome, le 11 mai 2014). Le fondement de l’identité sacerdotale est l’union sacramentelle et personnelle avec le ministère de la mort et de la résurrection du Christ, l’amitié privilégiée avec le Seigneur. Le Concile Vatican II a rappelé que l’union avec le Christ est la source et le principe de la vie du prêtre. « Les prêtres réaliseront cette unité de vie en s’unissant au Christ dans la découverte de la volonté du Père, et dans le don d’eux-mêmes pour le troupeau qui leur est confié. » (Concile Vatican II, Presbyterorum Ordinis, 14). Le même Concile a expliqué à ce propos que dans les occupations quotidiennes de la vie pastorale, heure après heure, l’unité de la vie, l’unité de l’être du prêtre se trouve justement dans cette source d’amitié profonde avec Jésus, dans la relation intérieure avec Lui.

Que chacune de vos actions, chers ordinands, soit stimulée par votre amitié avec le Seigneur et que toutes vos activités conduisent les fidèles à l’union avec Dieu et fassent ainsi grandir la communion ecclésiale pour le salut du monde. N’oubliez pas les mots que le Saint Pape Jean Paul II a adressés aux nouveaux prêtres, en février 1993, lors de la messe de leur ordination à Cotonou : « Que l’amour sauveur du Christ vous anime dans tous vos actes parce qu’on ne peut être un vrai témoin du Christ que si l’on aime ses frères avec générosité et avec désintéressement. »

4. La liturgie de la Solennité des saints Apôtres Pierre et Paul, piliers de l’Eglise, patrons principaux de l’Église de Rome, nous invite à la méditation d’un passage-clé pour l’Eglise. Jésus s’adresse à Pierre en disant : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église. » (Mt 16,18) Nous l’entendons : le Christ bâtit son Église. Ce n’est pas l’homme qui fonde l’Eglise, c’est le Christ, le Seigneur Jésus qui ne cesse d’être l’artisan de l’Église. Il ne cesse d’être présent dans l’Eglise. C’est lui qui affirme : « Je bâtis mon Église. » Quelle assurance, quelle certitude, quelle paix pour nous en entendant cette affirmation du Seigneur. Nous pouvons bien le comprendre. En regardant tout simplement l’histoire et les tumultes qu’a traversés l’Église, nous pouvons reconnaître facilement cette phrase de l’Évangile : « Je bâtirai mon Église. » Impossible à une institution humaine de traverser 2000 ans de difficultés et d’être là, vivante aujourd’hui !

Mais la phrase est à lire en entier : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ». Pierre avait confessé sa foi dans le Seigneur, « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Maintenant c’est Jésus qui déclare sa « confession » sur Pierre. La pierre sur laquelle Jésus allait bâtir son Eglise n’est pas une pierre matérielle mais la foi, solide comme la pierre (roc) en « le Messie le Fils du Dieu vivant », que Pierre vient de confesser. Jésus jouait sur les mots Pierre/pierre – Kephas/kephas (araméen) – πέτρος - Petros/ πέτρα - petra (grec). Certainement, le premier ‘Kephas’ (Pierre – ‘P’ majuscule) se réfère à l’Apôtre Pierre. La deuxième ‘pierre’ se réfère à la foi confessée par Pierre, sur laquelle l’Eglise du Christ, le peuple de Dieu, allait être bâtie. Mais dans l’interprétation traditionnelle catholique, on l’applique aussi à Pierre même, et donc à ses successeurs. Pierre, le Prince des Apôtres, est la pierre (le roc). Sa profession de la divinité du Christ est aussi la pierre de notre foi. Il n’y a pas contradiction entre Pierre l’Apôtre et sa foi. C’est sur cette pierre que le Seigneur allait bâtir son Eglise, dont il a promis donner les clefs à Pierre. Elles sont les clefs de son autorité sur l’Eglise. Celui qui tient la clef a l’autorité d’ouvrir et de fermer. Pour cela, Jésus dit à Pierre, « tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux ». Mais ce n’est pas une autorité pour dominer mais pour servir, parce que il faut « que le plus grand parmi vous prenne la place du plus jeune, et celui qui commande la place de celui qui sert » (Lc 22,26). Pour cela, Pierre, le Pape, s’appelle « Servus servorum Dei » (Serviteur des Serviteurs de Dieu).

Chers frères et sœurs, je vous invite à prier, de façon particulière en ce jour, pour notre Saint Père le Pape François, Successeur de Pierre, pour son ministère du Pasteur universel de l’Eglise. Et j’exhorte nos frères qui seront bientôt ordonnés prêtres de bien vouloir être vraiment les serviteurs du peuple de Dieu.

Dieu compte sur l’homme et il lui demande de collaborer pour le salut du monde. C’est le combat dont Saint Paul parle dans la seconde lecture que nous avons écouté : « J’ai combattu le bon combat, j’ai terminé la course, j’ai conservé la foi » (2Tm 4,7). Le Pape François, lors de son homélie du 29 juin de l’année dernière, a parlé de ce combat, en expliquant : « De quel combat s’agit-il ? Non celui des armes humaines, qui malheureusement ensanglantent encore le monde ; mais il s’agit du combat du martyre. Saint Paul a une seule arme : le message du Christ, et le don de toute sa vie pour le Christ et pour les autres. Et c’est vraiment le fait de s’exposer en première ligne, de se laisser consumer par l’Évangile, de se faire tout à tous sans se ménager qui l’a rendu crédible et qui a édifié l’Église. » (Pape François, Homélie, 29/06/2013, Solennité des saints Apôtres Pierre et Paul, Rome)

5. Chers frères et sœurs, avant de terminer cette méditation, j’aimerais saluer de nouveau les parents et les familles des ordinands, qui les ont accompagnés pendant toutes les années de la formation. Je salue et remercie leurs formateurs, les professeurs, les directeurs spirituels et les curés, sans oublier tous ceux qui ont accompagné le chemin des ordinands dans la prière. Merci aussi aux fidèles de leurs paroisses respectives pour le soutien spirituel et matériel de leur vocation. Prions que cette fête de l’ordination sacerdotale soit un appel pour les jeunes de ce diocèse, surtout ceux de leurs paroisses d’origine.

Cher Mgr Jean Benoît je voudrais vous renouveler et à tous vos collaborateurs et fidèles mes vœux cordiaux.

Que la grâce de cette Solennité de Saint Pierre et Saint Paul vous confirme dans la foi des Apôtres !

Que la Bienheureuse Vierge Maria Tokpa, Reine des Apôtres et Mère des prêtres, intercède toujours pour vous et pour ce diocèse.

Que le Grand Prêtre de l’Alliance nouvelle, notre Seigneur Jésus Christ, soit toujours présent dans votre vie quotidienne et dans vos foyers respectifs.

Que le Seigneur bénisse l’Eglise et le peuple de Porto-Novo !

AMEN !