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Homélie du Père Modeste DOHOU : Jubilé des 40 ans de presbytérat de Mgr Gnambode

« Je te rends grâce, Père, Seigneur du Ciel et de la terre, ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (MT 11, 25-27)

Il y a 40 ans, j’appris de mon Feu Père Henri, qu’on venait d’ordonner prêtre à Missérété, un homme dont le nom était le même que le prénom de mon petit frère. Et je commençai ce jour à m’amuser à appeler celui-ci « mon père », loin d’imaginer que c’est de moi-même que le Seigneur voulait faire le prêtre qui, 40 ans plus tard, irait chanter, à Missérété, avec Mgr Jean-Benoît GNAMBODE, les merveilles de la fidélité de Dieu.

Excellence Mgr Antoine GANYE, Archevêque de Cotonou et Président de la Conférence des Evêques du Bénin,

Excellence Mgr Pascal N’KOUE, Archevêque de Parakou et Secrétaire Général de la Conférence des Evêques du Bénin,

Révérendissime Mgr Jean-Benoît, Administrateur Apostolique du diocèse de Porto-Novo et Heureux Jubilaire,

Révérendissime Père André DESSOU, jubilaire dans trois semaines,

Révérends Pères Vicaires Généraux et épiscopaux,

Révérends Pères Recteurs de nos Séminaires et chers Professeurs et formateurs,

Révérends Pères Curés doyens, Curés, Administrateurs paroissiaux, Pères Vicaires,

Chers frères diacres et séminaristes,

Révérendes Mères générales des Instituts religieux ici représentés,

Chères Sœurs Religieuses et Novices,

Excellence Monsieur le Médiateur de la République,

Excellence Messieurs les Ministres, Honorables députés, et Messieurs les Maires,

Majestés, Honorables invités, en vos titres, grades et qualités,

Chers frères et Sœurs membres du Conseil Pastoral et du Conseil pour les Affaires Economiques de Missérété,

Chrétiens mes frères,

Si j’ai pris le temps d’évoquer la respectueuse présence de chacun de vous, ici, en cette célébration, c’est parce que je crois profondément que vous en avez tous, plein le cœur et les lèvres, à chanter, à dire et à exprimer à Dieu de ce que vous croyez que son Amour a réalisé, d’une part, dans la vie de l’heureux jubilaire, et d’autre part, dans la vie de chacun de nous tous qui l’avons connu à travers l’exercice du ministère sacré dont Dieu l’a revêtu, il y a 40 ans. Nous en avons tous et chacun à dire, mais c’est dans la célébration de l’Eucharistie que le chrétien est éloquent, non pour parler et bien parler, mais pour laisser Dieu, la Parole, parler à travers sa personne ; pour laisser l’Esprit qui nous fait appeler Dieu « Abba », chanter notre Action de grâce. C’est dans cette foi en l’éloquence éternelle de Dieu qu’après avoir perdu le sommeil à l’idée de parler ce jour, j’ai fini par retrouver ma quiétude, car Celui qui parle en nous, dans l’Eucharistie, quel que soit notre âge, quelle que soit notre expérience sacerdotale, Celui qui parle, c’est l’Esprit de Jésus. Ecoutons donc ce que dit l’Esprit de Dieu à notre Eglise, nous qui sommes venus dire merci à Dieu avec Mgr Jean-Benoît !

Le sacerdoce de Jésus-Christ est le socle de l’édifice bâti par le Christ en trois ans de ministère public. De tout le dispositif sacramentaire, richesse de l’Eglise catholique, le sacerdoce occupe une place centrale. En effet, si le Baptême est la porte de tous les sacrements, si l’Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne, si la Pénitence est célébration de la Miséricorde (et on pourrait continuer d’évoquer ainsi la spécificité de grâce de chaque sacrement), ni le Baptême, ni l’Eucharistie, ni la Pénitence, rien ne serait à notre portée sans le sacrement de l’ordre. Oui, le sacerdoce est le don que le Christ a fait de sa personne à son Eglise pour demeurer en elle et avec elle jusqu’à la fin des temps (Mt 28, 20). Ce que Dieu a caché aux sages et aux savants et qu’il a révélé aux tout-petits, c’est cela ; c’est le mystère insondable du sacerdoce auquel Dieu associe des êtres fragiles, frêles et faibles… En ce sens, toute ordination sacerdotale est une révélation :

-  Révélation de ce que Dieu continue d’aimer son peuple en choisissant en son sein et pour son Eglise des prêtres : ce fut la merveille d’il y a 40 ans, ici, à Missérété.

-  Révélation de ce que Dieu fait confiance à des hommes, dans son Eglise, comme il l’a fait, vis-à-vis de Pierre : « Pais mes agneaux ». Dieu a fait et continue de faire confiance à notre Révérendissime Père Jean-Benoît GNAMBODE.

-  Révélation, enfin, de ce que toute vie de prêtre est canal de grâces pour que Dieu comble de ses bienfaits une foule innombrables de ses fils et filles. Cela, Dieu le fait depuis 40 ans de la vie de Mgr Jean-Benoît. Oui, toute ordination, et par conséquent, toute vie de prêtre est une révélation et en tant que telle il nous faut savoir l’accueillir et en rendre grâce, comme Jésus rendant grâce à son Père, auteur de toute révélation. Ce que nous accueillons aujourd’hui et dont nous voulons témoigner et rendre grâce, c’est ce que nous cueillons donc de 40 ans de vie sacerdotale : une vie d’homme épanoui, une vie de témoin infatigable de l’Evangile et une vie de formateur accompli.

1. Une vie d’homme épanoui…

Depuis notre jeune âge, nous avons connu le Père GNAMBODE. Grand, rayonnant, imposant dans une démarche qui semble dire que la terre est fière de le porter ; nous qui avons eu le bonheur de le côtoyer et d’avoir été ses étudiants, nous l’avons aussi aimé. Vous n’étiez pas difficile, Mgr Jean-Benoît. Vous étiez, et vous êtes simplement exigeant ; vous ne l’êtes pas qu’avec les autres, vous l’êtes d’abord vis-à-vis de vous-même ; vous transmettez facilement ce que vous portez ; vous communiquez aisément et sentimentalement. Vous ne savez pas dissimuler votre état d’âme. Avec vous, il est aisé de savoir si l’on est ou pas dans la bonne direction ; pour tout dire, vous êtes simple de cœur et ce n’est pas négatif d’affirmer que vous avez un cœur d’enfant. Dans la nouvelle encyclique Lumen Fidei, nous apprenons de sa Sainteté le Pape François que « Le cœur, dans la Bible, est le centre de l’homme, le lieu où s’entrecroisent toutes ses dimensions : le corps et l’esprit ; l’intériorité de la personne et son ouverture au monde et aux autres ; l’intellect, le vouloir, l’affectivité. Eh bien, si le cœur est capable d’unir ces dimensions, c’est parce qu’il est le lieu où nous nous ouvrons à la vérité et à l’amour, et où nous nous laissons toucher et transformer profondément par eux. » Je conclurais en disant que c’est la qualité du cœur qui dit la qualité d’homme que nous sommes, notamment quand nous sommes appelés à êtres des serviteurs de l’Evangile, des prêtres selon le cœur de Jésus…

2. Vous êtes un témoin infatigable de l’Evangile

Pendant 40 ans, vous avez mis l’Evangile de Jésus-Christ au cœur de votre vie de prêtre, l’annonçant dans les chapelles et églises du Bénin, de la France, du Canada, des Etats-Unis, avec la même conviction que Jésus-Christ est vivant. Aujourd’hui encore, à l’heure de la nouvelle Evangélisation, vous voici éveillé aux nouveaux défis du contexte culturel et globalisé qui est le nôtre. Ces défis ont pour nom : pluralisme religieux et résurgence d’une religiosité sauvage et hybride, relativisme moral, syncrétisme, offensive ravageuse des mouvements philosophico-religieux et ésotériques, individualisme, « mondialisation de l’indifférence », crise de la famille, crise de la transmission des valeurs et donc crise de l’éducation ; mais ce n’est pas l’apocalypse ; il y a chez plusieurs une quête de repères éthiques et de sens, de grandes attentes spirituelles auxquelles vous voulez que, ensemble, nous apportions une réponse. Mais la seule réponse qui vaille, c’est encore l’évangélisation. Qu’elle soit ou non appelée nouvelle… Il nous faut affirmer l’authenticité de la foi et vous aimez à dire « une foi pure et disciplinée » ; c’est la foi au Dieu Un et Trine qui se révèle et se donne dans son Eglise, celle de Jésus-Christ dont le seul et légitime Pape, quand il s’agit de l’Eglise Catholique, est notre Pape François. Merci Mgr, d’être la locomotive pour nous entraîner avec vous à être ainsi témoins de l’Evangile, prêts à mourir pour notre foi. C’est ce sens du témoignage qui, à mon avis, donne une grande crédibilité au formateur que vous êtes. Cela aussi, nous le cueillons de vos 40 ans de vie sacerdotale.

3. Une vie de formateur accompli

C’est du Petit Séminaire de Ouando, aussitôt après l’ordination sacerdotale, que commença votre aventure de formateur de futurs prêtres et c’est tout naturellement que la Compagnie des Prêtres de Saint Sulpice vous ouvrit ses portes en 1978. Depuis lors, vous en êtes l’un des membres les plus actifs, passionnés pour la qualité de la formation des prêtres de notre Eglise. Les divers services de responsabilité que vous avez assumés ont manifesté à quel point vous brûlez du désir de voir monter les plus jeunes prêtres pour continuer l’œuvre de la formation. Aujourd’hui, comme Administrateur apostolique de notre diocèse, vous mettez à l’honneur, comme priorité des priorités, la formation continue des prêtres et bientôt, celle des catéchistes. Merci Mgr !

Seulement, le formateur accompli que vous êtes accepterait bien ce message que je l’invite à accueillir comme venant non seulement d’un de ses frères prêtres, mais surtout de Dieu, comme un appel pressant pour un témoignage authentique des missionnaires que nous sommes. Mgr, veuillez nous engager, engagez les prêtres, plus fort encore, à une véritable spiritualité de la communion que je déclinerais en communion apostolique, ministérielle, magistérielle et fraternelle.
-  Communion apostolique, car nous sommes appelés à servir l’apostolicité de la foi de tous les fidèles de notre diocèse, et à promouvoir de la sorte, la catholicité de l’Eglise locale…
-  Communion ministérielle, car chargés de conduire le peuple chrétien, nous devons signifier que la communion est reçue du Christ. Elle n’est une tâche que parce qu’elle est d’abord une grâce reçue, dont le prêtre, sous l’autorité de l’évêque, est le ministre…
-  Communion magistérielle, car dans le contexte actuel, il nous faut mettre en valeur l’enseignement de l’Eglise, seulement l’enseignement de l’Eglise, le diffuser et en souligner, avec vous, l’intelligence anthropologique, éthique, théologique et spirituelle…
-  Enfin communion fraternelle, oui la vie fraternelle ! Elle ne repose pas sur une concordance d’opinions, ni sur une connivence de projets, des affinités intellectuelles, culturelles ou morales, encore moins sur un même style de vie, une éducation identique… La vie fraternelle dont il s’agit repose sur une commune appartenance au Christ. Notre mode de vie en frères témoigne de la paternité de Dieu. Et donc c’est une vie de famille, la fraternité. Un espace où la différence devient la richesse et où l’on apprend à endiguer, par la parole et par le pardon, les rivalités et la violence ; un foyer où chacun est accepté avec ce qu’il est et pour ce qu’il est… ; une maison où le petit mérite attention et sollicitude, et où chacun a besoin des autres. Notre presbyterium doit être cela, Mgr. Vous avez encore aujourd’hui les coudées franches pour y travailler, et vous avez commencé à le faire. « Avancez au large ! » Aidez nous, nous vous en supplions, à bâtir une spiritualité de la communion ; c’est la condition de la fécondité de la mission, je dirais, sa matrice même. Dans l’Evangile nous lisons : « voyez comme ils s’aiment » ; c’est le meilleur témoignage missionnaire que l’Eglise offre au monde. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres, que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples. » (Jn 13, 35)

Avec la Vierge Marie nous chantons pour vous « Magnificat anima mea Dominum ». Mgr, que la Vierge Marie, Notre-Dame d’Arigbo de Dassa et Notre-Dame de la Lagune de Porto-Novo, vous obtienne la paix du cœur, une santé robuste à la tâche de l’édification de notre communion et qu’elle soutienne votre marche vers votre Jubilé d’Or… Ce n’est plus loin, c’est le 11 Août 2023. Que la volonté de Dieu soit faite ! Que sa volonté soit réalisée : Que sa volonté soit joie de notre vie ! Amen !

P. Modeste DOHOU, Diocèse de Porto-Novo