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JMJ 2013 : A bord de l’Airbus A330 d’Alitalia

Les plateaux du petit-déjeuner sont à peine débarrassés que caméras, appareils photo, enregistreurs et blocs-notes se mettent en position. Le pape va arriver. L’Airbus A330 d’Alitalia, transportant la délégation papale vers Rio de Janeiro pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) survole le Sahara quand le pape François se rend au fond de l’appareil, à la rencontre des 70 journalistes l’accompagnant pour son premier voyage apostolique. « Bonjour à tous », salue-t-il en italien, debout, micro en main, après un propos liminaire du P. Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège. « Je me sens devant vous comme parmi les lions », poursuit-il en souriant.

Commentant les JMJ qu’il vient présider, le pape explique qu’il ne faut pas opposer les jeunes aux personnes âgées mais montrer comment chacune de ces composantes de la société doit y être pleinement insérée. « Les jeunes sont l’avenir d’un peuple parce qu’ils ont la force », déclare-t-il, mais « les personnes âgées sont aussi le futur d’un peuple parce qu’elles transmettent la sagesse de la vie ». « Les personnes âgées ont la sagesse de l’histoire, de la famille », poursuit-il, estimant qu’un « peuple a un avenir, va de l’avant avec ces deux faces ». Dénonçant une « culture du rejet » frappant tant les jeunes que les personnes âgées, le pape François plaide pour une société inclusive où, en particulier, « les jeunes sont insérés dans le tissu social ».

Évoquant « la crise mondiale (qui) ne fait pas de bonnes choses aux jeunes », le pape redoute que survienne « une génération qui n’a pas eu du tout de travail ». Celui-ci est inséparable « de la dignité de la personne », insiste-t-il, reprenant un principe que le pape jésuite a déjà exprimé lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires (Argentine). « Vous n’êtes pas des lions féroces »

C’est autour d’une « culture de l’inclusion, de la rencontre » que le pape François indique donner le « sens de son voyage », qui se déroule en pleine crise sociale au Brésil, sans que le pape ne cite explicitement ce pays. Il n’a d’ailleurs abordé aucun thème lié aux mœurs contemporaines.

Ce premier voyage à l’étranger du pape est aussi sa première rencontre directe avec la presse dans la promiscuité d’une cabine d’avion. Après avoir d’emblée fait valoir qu’il n’accorde jamais d’interview – « C’est ainsi, je ne sais pas pourquoi, je trouve cela fatigant pour moi » – le pape François reste près d’une heure, debout, à rencontrer un par un chacun des journalistes du monde entier. Une file se forme rapidement dans l’allée, comme pour une audience. Bénissant les uns à leur demande, plaisantant avec d’autres, recevant un drapeau brésilien, le pape offre surtout une oreille attentive à chacun et, d’emblée, une chaleureuse poignée de main.

Apprenant que La Croix fête cette année ses 130 ans, il répète – en français – l’âge de notre quotidien, comme impressionné. « Priez pour moi », conclut-il, toujours en français, ce très bref échange personnel. « Vous n’êtes pas des lions féroces », estime-t-il, se distanciant ainsi du prophète Daniel. « Collaborez avec moi pour le bien des jeunes et des personnes âgées », lance-t-il avant de regagner l’avant de l’appareil sous les applaudissements, laissant la cabine des journalistes s’improviser en bourdonnante salle de presse au-dessus de l’Atlantique.

Sébastien Maillard, dans l’avion du pape

Source : www.la-croix.com