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L’ECONOMIE SACRAMENTELLE (Suite)

II L’EXPERIENCE DU RESSUSCITE : MODE DE PRESENCE SACRAMENTELLE Les sacrements constituent le lieu de la rencontre spirituelle de l’homme avec Dieu. Puisque l’on ne rencontre pas Dieu directement, ils établissent un lien entre l’homme et Dieu, que l’on appelle médiation. Parler de médiation, c’est dire que les sacrements sont bien autre chose que des simples moyens que Dieu aurait trouvés pour entrer en contact avec l’homme. Ils sont bien autre chose que des purs intermédiaires dont on pourrait se passer. Ils sont pour nous aujourd’hui l’expression de l’Alliance que Dieu a voulu conclure avec les hommes : Médiation, Alliance, deux mots-clefs que l’auteur de l’Epitre aux Hébreux emploie pour nous faire comprendre l’originaire du mode de notre rencontre avec Dieu. A présent le Christ a obtenu un ministère d’autant plus élevé que meilleure est l’ALLIANCE dont il est le MEDIATEUR, et fondé sur de meilleures promesses… Héb.8, 6

Dans le même ordre d’idée, le Christ emploie une image très simple, belle et vraie dans sa réalité : « Je suis le chemin ». Reconnaître le Christ comme Chemin, c’est le reconnaître Médiateur entre Dieu et les hommes, c’est reconnaitre alors que, sur le chemin des hommes aujourd’hui, les sacrements, signes de la présence spirituelle du Christ, sont le lieu de la rencontre entre Dieu et les hommes. « Je bâtirai mon Eglise. »

Les Apôtres, les disciples, tous ces compagnons de la vie de Jésus, hommes et femmes, ceux que nous connaissons par les évangiles et ceux que l’Evangile ne nomme pas, tous les premiers témoins de la Résurrection firent cette expérience extraordinaire : ce Jésus de Nazareth avec qui ils avaient marché sur les routes de Palestine, ils le rencontraient maintenant d’une manière qui leur paraissait insolite au cours de ces apparitions dont ils furent témoins. Ensemble ces hommes et ces femmes ont fait cette expérience. C’est la bouleversante expérience du Christ ressuscité partagée fraternellement qui les rassemble en communauté. Voici alors que peu à peu ces petites communautés chrétiennes prennent un visage d’Eglise. Il apparaît qu’elles deviennent l’Eglise, ce lieu de l’Alliance, porteuse des sacrements qui maintenant, dans la continuité de l’histoire, les signes par lesquels les premiers témoins de la Résurrection ont pu reconnaître le Ressuscité.

Sur ce fondement, le Christ a bâti son Eglise, s’appuyant sur les Apôtre, les envoyant baptiser toutes les nations. Depuis, toute l’Eglise est signe du Christ. C’est en ce sens que l’on parle de l’Eglise-Sacrement : par tout ce qu’elle est, par tout ce qu’elle fait, par la Parole qu’elle annonce, les sacrements qu’elle célèbre dans sa liturgie, elle est toujours la médiation de cette rencontre des hommes avec Dieu. Part de l’humanité…

Que voulons-nous dire en effet lorsque nous parlons du mystère de l’Eglise et de l’Eglise sacrement du salut ? L’Eglise n’est pas le monde tout entier, mais elle est bien dans le monde ; bien plus, elle est faite de la chair du monde dans tous les sens du mot. Elle n’est pas l’humanité entière, mais elle est humaine, dans tous les sens du mot. Elle est faite d’hommes qui vivent dans l’univers et participent à l’histoire, avec leur existence et leurs projets, leurs joies et leurs espoirs, leurs souffrances et leurs déceptions, leurs solidarités et leurs luttes. Elle est « part de l’humanité », disait Mgr Coffy. Mais il ajoutait : »qui confesse que Dieu est intervenu dans l’histoire en son Fils Jésus de Nazareth, mort et ressuscité » et « qui demeure tendue vers le Royaume ». Assemblée des évêques à Lourdes, 1973

1. L’Eglise-Sacrement

En référence à l’Eglise-Sacrement, nous découvrons à travers tous les signes sacramentels, la présence du Ressuscité agissant aujourd’hui par l’Esprit. Faire cette expérience d’Eglise, c’est faire la même expérience que nos premiers frères dans la foi. Toujours à la recherche de ce Dieu caché, mais tellement là, toujours remplie de cette expérience de pouvoir rencontrer Celui que les disciples d’Emmaüs ont aperçu comme « proche et distant », l’Eglise nous révèle la nature de la foi chrétienne : elle est spécifiquement SACRAMENTELLE.

  • Par lui, avec lui, en lui…
  • C’est en Christ que Dieu a voulu tout récapituler Eph.1, 10
  • C’est en Christ que nous ne formons qu’un seul corps Rom. 12,5
  • C’est en Christ que nous ne formons plus qu’un Gal.3, 28
  • C’est en Christ que Dieu s’est réconcilié le monde 2Cor.5, 19
  • C’est en Christ que l’amour de Dieu s’est manifesté Rom.8, 39
  • C’est en Christ que nous sommes une création nouvelle 2Cor.5, 17

2. La naissance de la foi et la rencontre du Christ Par les sacrements nous accueillons la présence de Jésus ressuscité dans notre vie quotidienne. Par eux le Christ nous appelle à revivre la découverte faite par les premiers disciples. Marie –Madeleine au tombeau reconnaît le Seigneur dans celui qu’elle avait pris d’abord pour un jardinier. Pierre et ses amis ont repris la pêche sur le lac de Tibériade lorsqu’une présence mystérieuse se manifeste sur la rive. Il leur faudra du temps pour découvrir que c’est le Maître. Il en est de même pour les apôtres réunis au Cénacle. Et les yeux des pèlerins d’Emmaüs ne s’ouvrent qu’à la fraction du pain. Cette rencontre du Christ est si importante qu’il nous faut prendre au sérieux ces hommes et ces femmes témoins privilégiés de cette réalité inouïe. Notre expérience personnelle sera sans doute différente de la leur et pourtant très proche. Jésus ressuscite ne se manifeste pas à nos yeux dans sa réalité visible et pourtant le chemin que nous avons à parcourir pour reconnaître sa présence est semblable à celui des premiers témoins. Ils ont eu un « passage » à faire. Jésus en effet est le même avant et après sa résurrection et pourtant il est aussi tout autre. Le ressuscité du matin de pâque est bien celui qui marchait sur les routes de Galilée et cependant on ne le reconnaît pas facilement. Nous sommes invités à un passage semblable en vivant les sacrements. Ils nous appellent à reconnaître la présence du Christ dans notre vie et celle-ci s’en trouve transformée. Nous ne découvrons le Seigneur qu’en l’accueillant. Nous restons les mêmes et nous devenons autres.

En relisant les pages d’Evangile qui racontent les apparitions du Christ, on découvre facilement une parenté entre elles. Pour faciliter les choses nous partirons de l’histoire des pèlerins d’Emmaüs. C’est là que se dévoile le mieux la structure sous-jacente à tous ces récits. De plus il paraît évident que Luc a conservé ce témoignage pour qu’il puisse servir à toutes les générations chrétiennes comme un enseignement sur l’eucharistie. L’eucharistie est en effet une véritable rencontre du Christ vivant, mais, d’une façon analogue, on peut en dire autant de chacun des sacrements. Dans les pages qui vont suivre, lorsque nous étudierons l’un après l’autre chacun des sept sacrements, nous aurons toujours comme ligne directrice la comparaison que l’on peut faire dans chaque cas avec l’aventure des pèlerins d’Emmaüs : pour être clair, il paraît nécessaire de nous arrêter suffisamment sur ce récit et d’en faire ressortir la structure. Entre le moment où ces hommes marchent, découragés, sur la route qui les éloigne de Jérusalem et celui où ils se trouvent rassemblés avec les autres disciples une lente évolution se fait jour. Essayons d’en repérer les étapes ; elles sont au nombre de quatre. On soulignera en même temps les ressemblances avec les autres récits d’apparitions. On verra ainsi se dessiner les étapes identiques que vit tout homme quand les sacrements viennent lui révéler la présence du Seigneur.

3. Les disciples d’Emmaüs

« Et voici que ce même jour, deux d’entre eux faisaient route vers un village du nom d’Emmaüs, à soixante stades de Jérusalem, et ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils devisaient et discutaient ensemble, Jésus en personne s’approcha et fit route avec eux ; mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Il leur dit : « Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ? » Et ils s’arrêtèrent, le visage morne. Lc. 24, 13-17

  • PREMIERE ETAPE : « Jésus s’approche et fit route avec eux. » Ce n’est pas l’homme qui va à la rencontre du Christ, c’et l’inverse. On est surpris de le trouver là où on ne l’attendait pas. Chacun court à ses préoccupations et ne pense pas que le Seigneur peut venir au devant de lui. Les pèlerins d’Emmaüs rentraient chez eux, Marie-Madeleine pleurait un mort, les apôtres reprenaient la pêche sur le lac de Tibériade. Plus tard, Paul partait à Damas pour une opération de police. Au détour du chemin, le Seigneur est là. Il se mêle à notre vie quotidienne. Il parle avec les disciples d’Emmaüs. Il questionne Marie-Madeleine. Il attend sur la rive le retour de la pêche. Et pourtant, comme le soulignent les Evangiles, ses proches eux-mêmes ne le reconnaissent pas immédiatement. Aujourd’hui encore le Seigneur attend l’homme sur son chemin, et souvent nos yeux sont empêchés de le reconnaître. Les sacrements vont apparaître comme une lumière pour nous révéler la présence de Celui qui trop souvent passe inaperçu. L’un d’eux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui s’est passé ces jours-ci ! » « Quoi donc ? » leur dit- il. Ils lui répondirent : « Ce qui est advenu à Jésus le Nazarénien, qui s’est montré un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, comment nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié. Nous espérions, nous, que c’était lui qui délivrait Israël ; mais avec tout cela, voilà deux jours que ces choses se sont passés ! Quelques femmes qui sont des nôtres nous ont, il est vrai, bouleversé. S’étant rendues de grand matin au tombeau, et n’y ayant pas trouvé son corps, elles sont revenues nous dire que des anges même leur étaient apparus, qui le déclarent vivant. Quelques- uns des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses comme les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu ! » Lc. 24,18-24
  • DEUXIEME ETAPE : « Il leur interpréta les Ecritures. » Comment avancer dans la reconnaissance du Ressuscité sans accepter de confronter sa vie avec la Parole de Dieu. Ainsi fit Jésus avec les compagnons d’Emmaüs : « Il leur interpréta dans les Ecritures ce qui le concernait » (Lc. 24,17). Les disciples avaient vécu avec Jésus, ils avaient lui un passé commun. Tout ce qui le concerne, les concerne. En se révélant dans l’Ecriture, le Christ éclaire en même temps ce qu’ils sont en train de vivre avec lui. Le Seigneur fit de même avec les Apôtres réunis au Cénacle : « Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j’étais avec vous… et il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence de l’Ecriture » (Lc. 24,44-45) Pas de vie sacramentelle sans référence à la Parole de Dieu. Le Seigneur qui agit dans les sacrements est le même que celui qui nous parle dans l’Evangile. Si nous écoutons sa Parole, elle nous transforme. Transfigurée, notre vie devient révélation de sa présence.

TROISIEME ETAPE : « Il fallait que le Christ mourût. » « Ne fallait- il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? » (Lc. 24,26). Dans les récits d’apparitions, le Mystère pascale est ainsi évoqué. Entre le soir du Jeudi Saint et le matin de Pâques, Jésus a vécu un abîme : il est passé par la mort. Comment ceux qui l’avaient connu avant pourraient- ils le reconnaître après s’ils n’acceptent pas de faire le même chemin que lui ? Toute reconnaissance est à ce prix. Il en est de même pour nous. Il y aura toujours pour reconnaître le Christ sur notre chemin, un passage par la mort. C’est cela la foi. Voilà la loi du grain de blé. Tombé enterre, il meurt pour porter su fruit. Si la loi de Pâques ne s’inscrit pas dans notre vie, il nous devient impossible de rejoindre le Christ ressuscité et de le reconnaître. Chaque sacrement, on le verra par la suite, implante le Mystère pascal dans les réalités de notre vie. Il exige que nous acceptions dans la liberté ce retournement, cette conversion, qui seul ouvre à une vie nouvelle. « Celui qui perd sa vie, la trouve. » Alors il leur dit : « Esprit sans intelligence, lents à croire tout ce qu’ont annoncé les Prophètes ! Ne fallait- il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? » Et commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Ecritures ce qui le concernait. Quand ils furent près du village où ils se rendaient, il fit semblant d’aller plus loin. Mais ils le pressèrent en disant : « Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme. » Il entra donc pour rester avec eux. Or, une fois à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. Leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent… mais il avait disparu de devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était- il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin et qu’il nous expliquait les Ecritures ? » Lc.24, 25-32

QUATRIEME ETAPE : « Il le reconnurent à la fraction du pain » La reconnaissance du Ressuscité s’achève par un signe donné par le Seigneur pour l’authentifier. Au soir d’Emmaüs, c’est la fraction du pain. Nous pouvons retrouver d’autres signes dans les récits d’apparitions. Ils veulent toujours dire : « C’est bien moi ! » Pour Marie, c’est simplement un mot, une intonation, une façon de dire « Marie ». Elle découvre alors que c’est le Seigneur et non pas le jardinier comme elle l’avait cru d’abord. Au bord du lac Jésus cuire des poissons, comme il avait l’habitude de le faire avec ses amis. Aussi quand il invite les disciples à manger, personne n’ose plus lui demander qui il est : « Car ils savaient bien que c’était le Seigneur » (Jn. 21,12). Au Cénacle, Jésus dit : « Regardez mes mains et mes pieds ; c’est bien moi ! » Les Apôtres ont pu relier le passé au présent car ces signes deviennent évocateurs de ce qu’ils ont déjà vécu : on se reconnaît. Par le signe sacramentel ceux qui n’ont pas vécu en Palestine avec Jésus de Nazareth vont pouvoir le reconnaître à leur tour. Dans l’Eglise, pour fonder notre foi, il n’y a pas d’autres apparitions de Jésus ressuscité. Par les sacrements, il se révèle à nous, et nous pouvons dire : « C’est bien lui ! ».

La reconnaissance explicite dans la foi à besoin de signes précis, elle a besoin de repères, ce sont les sacrements. Un autre récit de saint Luc peut nous guider pour faire le passage nécessaire entre l’expérience des premiers témoins de la résurrection et la nôtre. Il s’agit du baptême d’un haut fonctionnaire de la reine d’Ethiopie (Acte des Apôtres, ch.8). Une étude comparée de ce récit et de celui d’Emmaüs montre que l’on y retrouve la même structure. Mais cette fois, c’est un chrétien, le diacre Philippe qui tient la place du Christ. Philippe, poussé par l’Esprit va au devant de l’eunuque. Il fait route avec lui, il lui explique les Ecritures. Le texte d’Isaïe auquel il est fait allusion permet à Philippe d’annoncer la mort et la résurrection du Christ, le Mystère pascal. La rencontre se termine par un signe, le signe sacramentel, le baptême. Ainsi aujourd’hui le chrétien est appelé à être témoin pour que ses frères, les hommes, puissent reconnaître sur leur chemin la présence du Ressuscité.

La première tâche de l’Eglise La signification même de l’incarnation est que le divin entre par la porte d’étable de l’histoire humaine ordinaire et de l’expérience de tous les jours. C’est que dans un homme et en tant qu’homme que des hommes ont pu apercevoir le Fils de Dieu. La première tâche de l’Eglise dans notre génération est peut- être de rendre à nouveau possible une telle rencontre. Car l’effet du travail de l’Eglise a été de dépouiller le Christ de son incognito. Elle l’a affiché aux yeux des hommes comme Fils de Dieu sans leur permettre de le rencontrer comme Fils de l’homme. C’était une approche déductive, et non pas inductive, qui leur présentait dès le départ les réponses qu’ils devaient accepter s’ils voulaient croire. Ils n’étaient pas appelés à trouver la réponse par eux-mêmes, à découvrir la révélation dans la relation, comme les premiers disciples ont dû le faire, avant, et encore une fois après la Résurrection. Si les gens de notre époque doivent reconnaître Jésus comme « le chemin, la vérité et la vie », comme la définition et la justification de leur vie, ils doivent le découvrir comme tel « dans la rue ». Ils doivent être rencontrés par la vérité là où ils sont. John A.T. ROBINSON

3. La découverte d’un Dieu qui agit

Rencontrer Jésus Christ ressuscité, c’est découvrir la source de l’action de Dieu dans le monde : « Dieu l’a ressuscité des morts ». Ainsi les sacrements nous invitent à nous décentrer de nous-mêmes. Par eux nous accueillons la puissance de Dieu manifestée dans la résurrection de Jésus Christ. Ce qu’il a fait pour son Fils, il le fait encore pour nous. Les sacrements nous font entrer dans le monde de la Résurrection. Nous ne pouvons pas avoir une idée préconçue sur la Résurrection et l’appliquer ensuite à ce qui est arrivé à Jésus après sa mort. Nous sommes invités à découvrir la Résurrection à partir d’une démarche inverse : nous commençons d’abord par percevoir la merveille de l’action de Dieu, ce qui s’est passé pour Jésus, puis nous appelons cet acte unique : Résurrection. Ceux qui ont rencontré le Ressuscité ont été mis en face d’un agir de Dieu dans lequel ils allaient être pris eux-mêmes. Ils reçurent « l’Esprit ». Pour nous aujourd’hui, l’action de Dieu ne cesse pas. Les sacrements en sont les émergences visibles et sûres dans la foi. Le monde des sacrements est un lieu de relation entre Dieu et l’homme. C’est cette relation qui est efficace. Dieu s’engage et son engagement ne fait jamais défaut. Ni l’action de Dieu seul, ni la seul action de l’homme n’est efficace, mais celle de l’alliance entre les deux. Dans cette alliance, nous sommes incorporés à Jésus Christ, nous faisons corps avec lui. Cette relation est réalisée par l’Esprit même de Dieu, l’Esprit-Saint, source de toute efficacité. Le sacrement permet de « situer » la manière dont Dieu agit, il est le repère de cette efficacité. Toutes choses nouvelles Je vis un ciel nouveau, une nouvelle terre. La Cité Sainte descendait de chez Dieu, Belle comme la jeune mariée parée pour son époux.

Et j’entendis une voix proclamer : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Ils seront son peuple, et lui- avec- eux sera leur Dieu. Il essuiera toutes larmes de leurs yeux. Plus de cri, plus de peine, plus de mort : Le monde ancien n’est plu ! » Alors celui qui est Premier déclara : « Voici que tout est neuf. Voici que je fais toutes choses nouvelles. Oui cela est sûr et vrai. Je suis l’Alpha et l’Oméga, Je suis l’origine et la fin. A celui qui a soif je donnerai, Sans retour, une source de vie. Je serai son Dieu et il sera mon fils. » Apoc. 21,1-7

4. Cette rencontre du Ressuscité nous ouvre à une vie nouvelle En ressuscitant son Fils, Dieu inaugure un monde nouveau dans l’Esprit-Saint, un monde nouveau déjà là et annoncé comme une promesse par le sacrement. Tout est là, tout viendra, rien n’est encore joué. Vivre les sacrements nous invite à découvrir la richesse de nos expériences humaines quand elles sont vécues avec le Christ ressuscité. Quand nous confessons notre foi, nos questions d’hommes deviennent signes du sens de nos vies. Le sacrement est alors affirmation de l’œuvre de Dieu dans le monde, annonce de salut universel, participation actuelle à l’acte de Dieu ressuscitant Jésus. Désormais, pour le chrétien, il n’y a plus de désespérance possible : l’échec, la souffrance, le mal, la mort ne sont plus le dernier mot des choses. « Morts avec le Christ nous ressusciterons avec lui. » C’est le temps de l’Esprit. …L’Espérance aspire au face à face : un jour la vision rendra tout signe, tout sacrement inutile. Celui-ci n’est qu’un chemin. La louange, l’action de grâce, seront alors plénières. Dès aujourd’hui, d’eucharistie en eucharistie, de sacrement en sacrement, le corps du Christ se construit dans le monde. Tant que le monde ne refusera pas l’espérance, les chrétiens célèbreront les sacrements de leur foi. La raison d’être de l’Eglise est de laisser transparaître à travers son action, ses paroles et ses célébrations, le visage de Celui qui rend l’homme fidèle à lui-même parcs qu’il lui donne d’accomplir ce qu’il est en vérité : image et ressemblance. Jésus en a institué Sept que nous allons parcourir à travers l’Enseignement doctrinal du Catéchisme de l’Eglise Catholique

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Sources  : La Bible de Jérusalem ; La Bible des Peuples ; Le Catéchisme de l’Eglise Catholique et son Compendium ; Le Vocabulaire de Théologie Biblique ; Dossiers de Catéchèse sur les sacrements ; La célébration des Sacrements ; Le livre des sacrements.