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La mort aurait-elle eu le dernier mot ? Homélie de L’abbé Job KOUDORHOT

LA MORT AURAIT-ELLE EU LE DERNIER MOT ?

Comme une traînée de poudre, la nouvelle du décès de Monseigneur René-Marie EHOUZOU en cette fin de matinée du Mercredi 17 Octobre a fait le tour de notre diocèse et de tout le Bénin avant d’être confirmée au journal de 20H par le secrétaire de la Conférence Episcopale du Bénin, le Père Pascal GUEZODJE. Stupeur, effroi, tristesse, déception et désarroi dans le rang des fidèles comme dans celui du clergé. Beaucoup d’interrogations sur diverses bouches ayant eu le courage de s’exprimer. Dieu n’a donc pu rien faire ? N’a-t-il pas échoué alors ? A quoi ont servi nos prières ? Que reste t-il de notre foi dans l’épreuve face à une telle issue ? Chacun y va de son interrogation face à l’énigme et au mystère de la mort qui semble avoir eu raison de nous qui croyons que Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable et qu’il ne peut abandonner ses fidèles serviteurs dans le sépulcre, ni permettre que son saint voit la corruption (cf. Ps 15, 190). La mort de Monseigneur s’ajoute à toutes ces morts face auxquelles l’homme est impuissant et s’incline cherchant refuge auprès de Dieu pour s’y soustraire, convaincu que celui-ci n’a pas fait la mort et ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants (cf. Sg 1, 13). Et pourtant ! Oui ! Pourtant, Monseigneur est mort, broyé par la souffrance d’une longue maladie qui aura été tout le temps comme une écharde dans son corps. D’Abomey à Porto-Novo, il aura connu un épiscopat dont on retient sa grande foi dans l’épreuve et son courage pour porter sa croix pas seulement à son cou mais aussi dans la réalité de la maladie jusqu’à ce mercredi où il a rendu son dernier souffle au Maître de la vie. Il ne faut pas s’en cacher ni être embêté de l’avouer. Humainement, nous pouvons crier notre amertume et libérer les sentiments de déception que nous avons éprouvés à l’annonce de la nouvelle de cette mort. Pour les uns, elle sonne comme une libération alors que les autres y voient l’expression de notre impuissance face à la mort, de la victoire du prince des ténèbres qui aura comme poursuivi le serviteur de Dieu qui a lutté jusqu’au bout. En définitive, on peut affirmer avec le Concile qu’ « en face de la mort l’énigme de la condition humaine atteint son sommet » (Gaudium et spes, n. 18). Face au drame de la mort, nous croyons que Dieu, pour ne l’avoir pas voulue dans son projet originel, éclaire l’horizon d’une espérance nouvelle qui nous guérit de la simple résignation devant la mort pour y entrevoir la semence d’une éternité de vie que nous a obtenue Jésus par sa mort à Lui-même et sa résurrection. L’homme et le pasteur que nous pleurons est un grand apôtre de l’amour miséricordieux par lequel Dieu pardonne et réhabilite ses enfants égarés en ne faisant économie d’aucun sacrifice même celui de sa vie. Il a montré l’exemple du serviteur souffrant qui accepte d’être l’holocauste de l’unité d’une église dont il faut concilier la vie avec les convictions, la réalité avec l’idéal. Irrésistible cœur de miséricorde et de douceur, il avait beaucoup de mal à prendre les décisions rationnellement évidentes qui emportaient l’adhésion de tous, mais contrariaient la brebis dont il était aussi le berger et qu’il avait la responsabilité morale et spirituelle de conduire à la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ. Et pour cela, il savait individualiser et personnaliser la pastorale qui devenait pour lui chemin de vérité et d’amour avec chacun vers sa rencontre avec le Pasteur par excellence, le Rédempteur, Jésus-Christ. On ne peut que pleurer un tel pasteur et se désoler de la mort qui l’emporte en l’arrachant à notre affection. Mais la meilleure façon de lui rendre témoignage serait pour nous de saisir le sens de cette mort et l’appel que Dieu nous y lance à parvenir à une maturité spirituelle et à nous laisser affranchir de trop grandes considérations humaines et personnelles. « Alors, nous ne serons plus comme des enfants, nous laissant secouer et mener à la dérive par tous les courants d’idées, au gré des hommes, eux qui emploient leur astuce à nous entraîner dans l’erreur. » (Cf. Ep 4, 14). Saint Paul a parlé ! Mieux, Dieu a parlé dans ce texte de Saint Paul et surtout dans l’événement de la mort de Monseigneur. Qu’attendrions-nous encore pour nous convertir à la vérité de l’amour et de la foi pour une vie chrétienne et sacerdotale authentique ? La mort de Monseigneur nous affecte beaucoup et nous sommes inconsolables aujourd’hui, mais Dieu sème dans nos cœurs l’espérance avec l’annonce par Isaïe de la résurrection des morts : « Tes morts revivront, tes cadavres ressusciteront… » (Is 26, 19) et essuiera « les pleurs sur tous les visages. » (Is 25, 8). Jésus porte cette espérance de la résurrection à son achèvement ; grâce à sa mort et sa résurrection, il a vaincu le péché et la mort qui en est la conséquence. Grâce à cette victoire, le chrétien n’a plus rien à craindre de la mort qui lui ouvre le chemin vers Dieu afin qu’il reçoive l’héritage promis au serviteur bon et fidèle appelé à entrer dans la joie de son Maître. Quelque soit la nature de la mort, le chrétien, mieux, le prêtre doit l’accueillir comme accomplissement de sa vie, couronnement de son oblation totale à Dieu. Monseigneur s’en est allé, guéri de la corruptibilité de l’être et revêtu de l’incorruptibilité, débarrassé de l’être mortel et revêtu de l’immortalité (Cf. 1 Co 15, 54) pour communier à l’éternité de la vie en Dieu. Pourrait-on encore penser que la mort a eu le dernier mot ? Non ! « La mort a été engloutie dans la victoire » (Ibid.) et Monseigneur peut enfin se reposer. « Heureux, les morts qui meurent dans le Seigneur ; dès maintenant – oui, dit l’Esprit-, qu’ils se reposent de leurs fatigues, car leurs œuvres les accompagnent » (Ap 14, 13). Monseigneur ! Nous vous laissons aller dans la joie vers la maison de Dieu. Ce diocèse, vous le connaissez bien. Obtenez-nous les qualités de cœur et les grâces dont nous avons besoin pour véritablement le servir afin de continuer à porter le flambeau de votre devise « Tibi autem omnis honor et gloria » (À Toi seul l’honneur et la gloire). Amen !

Père Job KOUDORHOT, Curé de la paroisse Saint Pierre et Saint Paul de Porto-Novo