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LE PAPE RENONCE A SA CHARGE : L’étude après la surprise (2)

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3. Le pape : un office ecclésiastique La sagesse humaine dit habituellement « qu’il faut savoir quitter les choses avant qu’elles ne nous quittent ». C’est donc d’une évidente logique que, toute personne, qui ne se sent plus en mesure d’accomplir une tâche pour laquelle elle a dit oui, dépose le tablier. Et cela arrive souvent dans des milieux socio-politiques ou religieux. Le Pape occupe un office ecclésiastique dans l’Église, et à ce titre, à moins d’une indication contraire, il peut s’appliquer les canons relatifs aux offices ecclésiastiques (cc. 145-197). En ce sens, le droit de l’Église a prévu qu’on peut renoncer à un office ecclésiastique, à certaines conditions : qu’on soit maître de soi et qu’on le fasse pour une juste cause (c. 187), qu’on ne subisse aucune contrainte grave injuste, qu’il n’y ait ni dol, ni erreur, ni simonie (c.188). L’acte de renonciation doit être posé par écrit ou devant deux témoins à l’autorité, s’il en existe, à qui il revient de pourvoir à cet office (c. 189 § 1). Et « aussi longtemps qu’elle n’a pas pris effet, la renonciation peut être révoquée par la personne qui l’a faite ; lorsqu’elle a pris effet, elle ne peut être révoquée, mais la personne qui a renoncé peut obtenir l’office à un autre titre » (c. 189 § 4). Comment ces normes se trouvent appliquées dans le cas de Benoît XVI ?

4. Les conditions d’une renonciation à la charge pontificale Le canon 332 §2 a prévu qu’un pape peut (et pas seulement « puisse ») renoncer à sa charge : « S’il arrive que le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu’elle soit dûment manifestée, mais non pas qu’elle soit acceptée par qui que ce soit ». Analysons un tant soit peu ce canon à la lumière de la renonciation faite par Benoît XVI : • La validité de l’acte : ce canon prévoit que le pape doit faire« librement » sa renonciation, donc sans aucune pression, ni morale, ni psychique, ni physique. Et justement dans sa « déclaration » (c’est le titre donnée au document sur le site du Vatican), le pape dit « avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises ». Son acte n’est donc pas un coup de tête. Il y a pensé, il en a analysé tous les aspects. Il en a pesé le pour et le contre. Et il précise qu’il est « bien conscient de la gravité de cet acte » et qu’il agit « en pleine liberté ». La juste cause de renonciation est : « Mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes » ; étant donné que « la vigueur du corps et de l’esprit est nécessaire » pour être pape, et que Benoît XVI reconnaît que cette « vigueur, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié », il ne lui reste donc qu’à laisser un plus apte prendre sa place.

• Qui accepte la renonciation ? Dans le cas des autres offices ecclésiastiques, c’est l’autorité à qui il revient de pourvoir à l’office qui est habilité à recevoir l’acte de renonciation. Mais dans le cas du pape, cette autorité, c’est Jésus lui-même, car la charge du pape est de droit divin (voir c. 145), le pape étant le vicaire du Christ. C’est pourquoi le pape n’a à présenter sa renonciation à personne, dans le but qu’elle soit acceptée ou non. Il doit juste « manifester dûment », c’est-à-dire, dans une situation précise, soit en écrivant, soit en parlant devant au moins deux témoins officiels. Dans le cas du pape, la meilleure façon est sans doute de rassembler le collège des cardinaux (qui ont la fonction, entre autres, d’élire le Pape), pour leur « manifester » qu’il renonçait à sa charge. Il aurait pu aussi faire une simple déclaration publique à la Place Saint Pierre à Rome, ou envoyer une lettre aux fidèles catholiques du monde entier.

• Quand le Siège devient-il vacant ? Dans tous les offices ecclésiastiques, l’office devient vacant à la date indiquée par le renonçant. Dans le cas du Pape, il affirme lui-même : « Je déclare renoncer au ministère d’Évêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire ». En d’autres termes, Joseph Ratzinger cesse d’être pape seulement à partir du 28 février 2013 à 20heures, heure de Rome (lieu où l’office s’exerce principalement et où habite le renonçant).

5. Et ensuite ? Avec la situation actuelle créée par l’annonce de la renonciation de la charge papale par Benoît XVI, l’Église n’est pas dans une situation de crise sans normes pour la guider. Nous avons deux scénarii possibles. Le premier scénario, peu probable dans le cas de Benoît XVI, mais possible théoriquement en droit, est celui-ci : avant le 28 février à 19h59m59s, Benoît change d’avis et revient sur sa décision ; il ne veut plus renoncer ! Certes, nul ne s’attend à ce qu’il le fasse. Mais le canon stipule clairement : « Aussi longtemps qu’elle n’a pas pris effet, la renonciation peut être révoquée par la personne qui l’a faite ; lorsqu’elle a pris effet, elle ne peut être révoquée, mais la personne qui a renoncé peut obtenir l’office à un autre titre » (c. 189 § 4). En vertu de la première partie du canon, on ne peut pas exclure que le pape puisse rester. Certes, il y aurait une question de crédibilité à son endroit. Cependant, à 20h, le jeudi 28 février, si le pape ne revient pas sur sa décision, alors le siège devient vacant. Tout donne lieu de penser que c’est ce scénario que nous aurons. Deuxième scénario : Le Siège vacant, que faut-il faire ? On n’a plus de pape ! Donc il faut en élire un autre. Cela se fera par les cardinaux, conformément aux normes du droit ecclésial, spécialement contenues dans la Constitution apostolique Universi dominici gregis promulguée par Jean-Paul II le 22 février 1996 (dont le paragraphe 75 a été modifié par Benoît XVI le 11 juin 2007,dans le motu proprio De aliquibus). Et comme tout conclave a son lot de surprise, les cardinaux peuvent bien élire encore Joseph Ratzinger (qui reste cardinal et fidèle catholique) comme le prochain pape ! Mais supposons que les cardinaux penseront à choisir un autre, pour laisser Joseph Ratzinger prendre un peu de repos bien mérité. Il nous faut donc, à nous peuple de Dieu, rester en prière, pour que l’Esprit Saint guide les cardinaux, et qu’ils choisissent (qu’Il choisisse) le Pasteur selon le cœur de Dieu.

A suivre

Gaspé (Canada), le 12 février 2013.

Abbé Serge Danialou TIDJANI, Ph. D.-JCD

Docteur en droit canonique