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LE PAPE RENONCE A SA CHARGE : L’étude après la surprise (3)

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6. Les leçons d’une « démission » J’en viens maintenant à une question : que nous apprend la renonciation de Benoît XVI ? Benoît XVI nous a montré qu’il est un homme franc, consciencieux, et surtout courageux. D’abord, il n’a pas eu peur de « créer un précédent » éventuel. Il est resté vrai avec lui-même ; ses forces l’abandonnent, il ne veut pas que cela rejaillisse sur la vie de l’Église et soit préjudiciable, alors il s’éclipse dignement, pour le bien de l’Église. Comme Jean-Baptiste, il aura dit : « Il faut que l’Église croisse et que moi, je diminue ». Ce que j’admire personnellement, c’est qu’il n’a pas attendu d’être couché, grabataire, au risque de mettre en péril la vie dans l’Église et la vitalité de l’Église. De plus, je vois dans le geste de Benoît XVI la preuve qu’il avait vécu sa « dignité » ou son « élévation » au rang de souverain pontife comme un service et juste comme un service au sein de l’Église. Il n’a pas besoin de la mort pour dire « mission accomplie ». En cela, Benoît XVI nous interpelle tous, dans le monde ecclésial, politique ou civil. En politique, nombreux sont chefs d’État ou hommes politiques qui pourraient l’imiter. En Église, il enlève le fardeau à un autre pape qui n’aurait plus la peur de créer un précédent. Mais bien plus, il nous interpelle, nous laïcs et membres du clergé : aux laïcs dans nos communautés, Benoît XVI fait réfléchir les personnes qui ne savent pas qu’il est possible de passer le flambeau à d’autres, même si elles sont encore vivantes ; Benoît XVI vient de montrer aux curés qu’ils peuvent bien démissionner s’ils ne sont plus en mesure d’assurer la charge pastorale qui leur est confiée ; il vient de confirmer les évêques diocésains dans la pratique déjà établie de la démission pour raison d’âge (75 ans), ou pour toute raison grave (comme la santé par exemple). Il ne s’agit de déclencher une vague de démissions, mais de reconnaître humblement lorsque le corps ne suit plus. Désormais, démissionner ou renoncer à une charge est un acte digne et courageux ! Les personnes responsables qui ne veulent pas que l’institution qu’ils défendent,tombe à cause d’elles, peuvent comprendre cela. Benoît XVI a préféré quitter le siège pontifical avant que lui-même ne puisse devenir un problème pour l’Église. En cela, sa renonciation est un acte d’amour de l’Église et du Seigneur, Tête de l’Église et Berger du troupeau. Quelle leçon d’humilité !

7. Merci les Medias ! J’en viens à présent à ce qui est paru dans certains médias. Nous avons entendu dire que le pape a démissionné parce qu’il y eu des scandales dans l’Église, surtout les scandales de pédophilie : remarquons que les scandales dont on parle ont eu lieu il y a plusieurs années et pas sous le pontificat de Benoît XVI. On prétend qu’il n’a pas fait assez pour les victimes de pédophilie : j’aurais voulu qu’on nous précise ce qu’il aurait pu faire d’autres, après avoir ordonné des commissions d’enquêtes, demandé des pardons en public, rencontré des victimes, réduit à l’état laïc les clercs concernés encore vivants ! On nous a dit aussi que le bilan de Benoît XVI est négatif, parce qu’il n’a pas réglé certaines questions comme le monde d’aujourd’hui l’aurait voulu ; il n’a pas autorisé le mariage des prêtres, ni l’ordination des hommes mariés ou des femmes, il n’a pas permis le mariage homosexuel, ni l’avortement, il refuse l’usage du préservatif. S’il faut réduire le bilan d’un pontificat à ces critères, j’ai peur que tous les papes aient un bilan négatif : l’Église a le droit d’avoir ses valeurs basées sur l’Évangile qu’elle prêche ! Je ne pense pas qu’on est élu pape pour plaire au monde. On nous a aussi dit que le pape a démissionné parce qu’il a été affecté par le scandale de Vatileaks, trahi par son majordome. Qui ne serait pas affecté d’avoir été trahi par les personnes en qui il a mis une confiance absolue ! Mais comment penser qu’il puisse démissionner pour cette raison, puisqu’il n’est même pas éclaboussé par les prétendues révélations de ces documents ?On prétend qu’il ne se sent plus en sécurité au Vatican ! J’aurais été d’accord. Mais est-ce un argument suffisant pour renoncer à une charge aussi grave ? Je ne pense pas. Ce serait comme si le pape quittait parce qu’il y a « turbulence à bord ». Si tel était le cas, sa renonciation ne serait plus un acte de bravoure, mais un acte de peur ! » Or, retenons que le pape lui-même, dans son livre Lumière du monde, disait qu’on ne quitte pas la barque en période de tempête, mais en période de calme (je cite de mémoire). Par ailleurs, nous apprenons que des prophéties avaient annoncé que Benoît XVI allait mourir ou démissionner : je ne pense pas qu’on ait besoin d’être prophète pour le prévoir ! Quand on a 86 ans et qu’on est pape, il y a juste deux façons de cesser sa fonction pontificale : soit en démissionnant, soit en mourant. Rien de plus simple ! À ces prophéties qui prétendent que le successeur de Benoît XVI sera le dernier pape, je réponds : « Wait and see ». Ce ne sont pas les prophéties qui manquent. Pour ma part, je veux rendre grâce à Dieu, pour cet homme de science et de foi, d’amour et d’espérance, qui aura consacré toute sa vie au service du Christ et de son Église. Il est encore vivant ; je ne veux pas le canoniser. Mais je vois en lui un modèle à imiter !

Gaspé (Canada), le 12 février 2013. Abbé Serge Danialou TIDJANI, Ph. D.-JCD Docteur en droit canonique