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LES FUNÉRAILLES EN AFRIQUE : une réponse au Père Georges GAYET

Nous remercions le Père Georges GAYET pour le compte rendu qu’il nous fait des funérailles dont il a été témoin en Italie. Ses constats et ses appréciations sont justes : belle, simple, dépouillée et recueillie célébration liturgique sans bruits, ni tapage, sans dépenses ruineuses.

Les questions qu’il pose quant à notre manière de célébrer les funérailles en Afrique et plus particulièrement dans le sud du Bénin méritent effectivement non seulement des réflexions mais aussi des réponses et des clarifications. Il se demande : « A quoi servent nos bruits de tam-tam, de fanfare ? A qui profitent les nombreuses bouteilles de la SOBEBRA décapsulées ? Pour qui, tant de bœufs, de cabris et de porcs sont égorgés ? Pour le mort ou pour les vivants ?

Nombreux auteurs avaient aussi réfléchi à la question des funérailles en Afrique. Le Professeur AGOSSOU Bernard CAPO CHICHI dans une émission passée sur radio Vatican dans la rubrique FAITS DE SOCIETE disait entre autres : « telle famille incapable de réunir 10.000F CFA pour une ordonnance médicale pouvant sauver le malade et prolonger sa vie, se met littéralement en quatre pour rassembler des millions que coûteront les funérailles d’autant plus dispendieuses que la personne disparue est d’un rang social élevé ». Georges Yang est plus incisif et considère le deuil et les funérailles comme le deuxième fléau de l’Afrique car ils « pénalisent gravement l’économie et la productivité de l’Afrique sub-saharienne. En plus de l’aspect économique non négligeable, les rites et pratiques funéraires maintiennent l’Africain dans la peur de l’irrationnel et la dépendance psychologique. Le domaine des morts interfère de façon très négative dans le quotidien des gens au point de leur pourrir la vie et leur couter des fortunes ».

Tout en reconnaissant la pertinence de ces analyses, nous devons considérer les rites funéraires comme des faits de société. Il faut donc les placer et expliquer dans leur contexte socio-religieux. En Italie, nous nous trouvons dans une culture différente de la nôtre. Par conséquent, il est normal qu’il y ait une diversité de pratiques et de rites dans les événements qui entourent la naissance, la vie et la mort des hommes.

Ce qu’il faut condamner à notre avis, ce sont les exagérations et les différents abus et atteintes à la dignité de l’homme dans ces cérémonies qui finalement ruinent les familles et la société. Mais il faut aussi y voir l’expression de la solidarité, de la communion, de la reconnaissance, la manifestation d’une affection filiale, fraternelle, à l’égard du défunt ou envers les membres vivants de sa famille et ses alliés, le signe d’un sens religieux, une manière de se rapporter à l’au-delà. Les diverses expressions de joie peuvent être les attentes d’une foi en la vie et la joie du défunt auprès de ses ancêtres ou dans la communion des saints.

En évitant comme nous le disions les abus, nous préférons ces fortes marques de solidarité et expression de la communion entre les vivants en Afrique à l’individualisme et l’indifférence parfois virale et viscérale entre les vivants en Europe. Dans certaines grandes villes d’Europe, certains vivent sur le même étage et ne se rendent même pas compte qu’à coté d’eux, il y a un décès. Cet état de chose conduit aussi parfois, en certains endroits à une indifférence lors des funérailles ecclésiastiques. Les attitudes dissonantes et froides durant la messe des obsèques montrent parfois que les participants eux-mêmes ne venaient plus à la messe. Durant notre séjour en Europe, cela a choqué et heurté notre sensibilité religieuse C’est une indifférence au niveau même de la vie et de la foi. Tout baptisé, à moins qu’il renonce notoirement et publiquement à la foi, a droit aux funérailles ecclésiastiques. Peu importe ce qu’a été sa pratique religieuse. La culture de l’individualisme avare de l’Europe est-elle préférable à la solidarité fraternelle et communionnelle de l’Afrique, fut-elle ruineuse ? Si nous apprécions la simplicité des funérailles dans des cultures différentes des nôtres, nous ne pouvons pas non plus balayer du revers de la main toutes pratiques funéraires chez nous.

A notre avis, il s’agit de pour nous de recueillir toutes les valeurs culturelles, religieuses des funérailles en Afrique pour les dépurer, les purifier de leurs scories, de leurs tares et taches, en y introduisant la Lumière de Jésus Christ, en les ouvrant aux valeurs évangéliques. Ce faisant, nous accomplissons la tâche théologique de l’inculturation, incontournable pour que l’Evangile s’incarne dans nos cultures. Certes tout n’est pas bon Afrique, mais tout non plus n’est pas à rejeter. Comme l’affirme Georges YANG, « L’être humain a besoin de rituel pour exorciser la mort et confirmer son appartenance à une identité culturelle. Mais il y a des limites qui lorsqu’elles sont dépassées sont préjudiciables à toute la société. En particulier, les dépenses funéraires ne devraient en aucun cas prendre le pas sur les frais de santé et d’éducation ». Nous ajoutons : les dépenses funéraires doivent développer le sens de la vie et conduire à la vie et non à la ruine.

Père Jacques Mahougnon AGOSSOU