jeudi 23 novembre 2017



A c t u a l i t é s
mardi 21 novembre 2017
Le pape nomme un rapporteur et deux secrétaires

vendredi 3 novembre 2017
Après la rentrée pastorale au plan diocésain, (...)

samedi 21 octobre 2017
Le missionnaire n’est jamais seul et la (...)

lundi 16 octobre 2017
Le weekend des 07 et 08 octobre 2017 restera (...)


En vrac !
mercredi 22 novembre 2017
Dans l’eucharistie, le Christ « communique » (...)

vendredi 17 novembre 2017
C’est la seconde catéchèse sur la messe

mardi 17 octobre 2017
Monsieur le Directeur Général, Mesdames et (...)

mercredi 9 août 2017
L’euthanasie est le « meurtre délibéré moralement

vendredi 4 août 2017
Le pape François invite les religions à « prier (...)

mercredi 2 août 2017
Radio Vatican en français salue le 100e (...)

lundi 31 juillet 2017
A l’occasion de la « Journée mondiale de la (...)

lundi 31 juillet 2017
L’engagement de l’Eglise pour la promotion des (...)

mercredi 14 juin 2017
N’aimons pas en paroles, mais par des actes (...)

mardi 21 février 2017
Ils étaient tous au rendez-vous, les mouvements et


V a c a n c e s
vendredi 11 juillet 2014
La communauté des sœurs Salésiennes Missionnaires de

jeudi 27 juin 2013
Pour marquer l’Année de la foi, l’aumônerie (...)

Aller à : Accueil du site > Actualités > La Conférence des

La Conférence des évêques du Bénin se prononce

SITUATION ACTUELLE DU BENIN : LES EVÊQUES SE PRONONCENT

APPEL PRESSANT

Filles et fils bien-aimés de Dieu, femmes et hommes de bonne volonté !

Serviteurs de la vérité, celle qui rend libre pour vivre en paix dans la liberté des enfants de Dieu (cf Jn 8, 32 ; Rm 8,21), nous vos Evêques et Administrateurs apostoliques de la Conférence Episcopale du Bénin (CEB), fidèles à notre souci constant d’apporter à chaque fois notre modeste contribution à l’édification de la Nation, avons décidé de vous adresser ce message sur la situation socio-politique actuelle de notre Pays et sur le projet de la révision de la Constitution.

Notre Nation vit aujourd’hui dans un climat de fortes tensions, de divisions ouvertes, de malaise profond. La clameur de l’opinion publique, toutes tendances confondues, nous parvient au quotidien, dans l’angoisse et la crainte d’une grave crise. Comme citoyens et pasteurs, en charge de l’éveil et de l’accompagnement des consciences, nous avons pris tout le temps pour observer, pour écouter les uns et les autres, en silence, dans la prière et la méditation. Pressés par le devoir de vérité dans la charité et au regard des événements et mouvements en cours, nous venons à présent lancer, à chaque fille et fils de ce Pays, aux acteurs politiques et responsables de la Société civile, et de manière particulière au tout nouveau Gouvernement qui vient d’être formé, un appel pressant au Dialogue, à la confiance réciproque et à la cohésion nationale.

L’URGENCE D’UN DIALOGUE POLITIQUE

L’une des facettes les plus critiques du malaise ambiant est le malaise politique. Le Gouvernement et l’ensemble de l’Opposition se regardent en chiens de faïence ; la communication est absente, sélective par moments, empreinte de méfiance et de suspicion. La démocratie se porterait mieux, si les règles d’une saine coopération consensuellement établies sont acceptées et entretenues. Le malaise politique actuel appelle à un dialogue qui ouvrirait à une meilleure connaissance réciproque des parties, à une appréciation objective diversifiée et par conséquent plus juste des problèmes. Le pape François déclarait récemment aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Rio : « Lorsqu’un responsable me demande un conseil, ma réponse est toujours la même : dialogue, dialogue, dialogue. Entre l’indifférence égoïste et la protestation violente, il y a une option toujours possible : le dialogue » (27 juillet 2013). Le dialogue politique est la pierre angulaire de toute vraie démocratie.

En effet, les problèmes de tout un peuple ne sauraient être cernés, compris et résolus par un seul groupe. Cela requiert plutôt l’effort et la collaboration de tous les acteurs et responsables de différents secteurs, dans un esprit constructif de vérité, d’honnêteté et de transparence, dans le respect fidèle des pactes conclus et le souci de l’intérêt général. Ce dialogue patriotique, c’est tout le peuple béninois qui le désire et l’attend impatiemment. Aussi, nous vos Evêques et pasteurs, nous le recommandons instamment, d’autant qu’il représente à notre avis un préalable à la restauration de la confiance surtout dans un Pays comme le nôtre, où les gens sont portés à la méfiance dès qu’ils ont l’impression que l’on veut se jouer des autres.

RESTAURER LA CONFIANCE

Les phénomènes et réactions de rejet ou d’exclusion que génère de plus en plus le malaise actuel sont aussi liés à une crise de confiance du peuple face à ses mandants et gouvernants, un véritable désamour. Benoît XVI, lors de sa visite au Bénin, déclarait au Palais de la République le 19 novembre 2011 : « La personne humaine… veut vivre dignement et être respectée ; elle revendique une gouvernance limpide qui ne confonde pas l’intérêt privé avec l’intérêt général… En ce moment, il ya trop de scandales et d’injustices, trop de corruption et d’avidité, trop de mépris et de mensonges, trop de violences qui conduisent à la misère et à la mort ».

Qui oserait dire qu’un tel diagnostic ne correspond pas au marasme de mal gouvernance politique et économique qui nous frappe actuellement de plein fouet et qui nous a relégués parmi les pays les plus pauvres du continent et du monde ? N’est-ce pas le moment propice d’en prendre vraiment conscience pour nous remettre sérieusement en cause et nous donner les moyens de sortir de ce drame ?

Dans notre Message du 2 octobre 2008, « Restaurer la confiance et préserver la paix », nous écrivions déjà que « restaurer la confiance aujourd’hui passe par le respect du jeu démocratique, la conformité, par tous, à la lettre et à l’esprit de la Constitution du 11 décembre 1990, par la défense du Bien Commun comme unique motivation de l’action politique » (p. 9).

La confiance constitue le ciment de toutes relations de collaboration et de solidarité. Sans la confiance, tout tourne à vide. Notre Peuple a soif de dirigeants semeurs de confiance et d’espérance, capables de mobiliser nos énergies et nos intelligences pour construire ensemble un meilleur avenir. Cette démarche s’impose à nous comme un impératif pour une vraie cohésion nationale.

OEUVRER A LA COHESION NATIONALE :

A PROPOS DE LA REVISION DE LA CONSTITUTION

La cohésion et d’abord la dignité de notre Nation sont gravement mises à mal aujourd’hui par :

- la pauvreté sinon la misère d’une large frange de la population en manque dramatique du minimum vital, face à l’opulence d’une minorité de riches ;

- le nombre croissant de jeunes sans emploi et à l’avenir incertain ;

- les pratiques manifestement régionalistes, facteurs de discrimination et de division ;

- les présomptions d’empoisonnement et de complot contre la personne du Président de la République.

Voilà le contexte de mal être dans lequel survient le projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Dès la transmission d’un tel projet par le Gouvernement au Parlement le 6 juin 2013, le Pays s’est embrasé, mettant aux prises, et de plus en plus violemment, trois catégories de concitoyens : les protagonistes de la révision au forceps, les antirévisionnistes radicaux, enfin ceux qui acceptent le principe de la révision mais n’en voient pas l’opportunité et n’en approuvent pas la méthode. Certes, ici comme ailleurs, l’Eglise n’apporte aucune solution technique et n’impose aucune solution politique. Mais elle a le devoir moral d’observer qu’en régime démocratique aucune réforme qui suscite de fortes tensions et oppositions n’a jamais profité à un peuple qu’elle divise. A qui et à quoi servirait la révision dans la division, sinon à mettre en péril la paix de la Nation ? « Pour servir la paix, respecte la liberté », disait Jean-Paul II (Message 1981). Il y a lieu de revenir à l’esprit consensuel et convivial de la Conférence nationale des Forces vives, pour, comme nous le recommandions plus haut, instaurer le dialogue politique et restaurer la confiance ; d’autant que dans plus d’un pays de la sous-région, l’on est porté à toucher à la constitution pour se maintenir indéfiniment au pouvoir. La cohésion nationale se construira autour des valeurs de vérité, de liberté, d’humilité, de justice, de solidarité et d’amour, dans un esprit de service sincère de l’intérêt général. Jésus qui allait partout en faisant le bien, nous recommande de faire le bien à chacun et à tous, même à nos ennemis (cf Ac 10,38 ; Lc 6,27). « Ne laissez personne venir à vous et repartir sans être plus heureux », commente Mère Térésa. Voilà la règle d’or d’une cohésion nationale authentique et durable qui n’est possible que par la prière permanente dans l’Esprit de discernement et de persévérance.

En ces moments difficiles où notre vivre ensemble est mise à l’épreuve, nous avons mal au coeur que notre patrie, notre premier Bien commun, présente à la face du monde l’image d’un pays de turbulences et de violences, d’empoisonnements et de complots, d’arrestations arbitraires et d’emprisonnements illégaux.

- Ce Pays est tout de même celui de la toute première Conférence nationale qui a ouvert l’Afrique aux rêves du Renouveau démocratique.

- Ce Pays est celui de notre vénéré Cardinal GANTIN, que le Vatican a récemment honoré en instituant à l’Université de Latran La Chaire Bernardin GANTIN, en présence de notre Chef de l’Etat, le Président Boni YAYI.

- Ce Pays est celui dans lequel le pape Benoît XVI, sous le regard du monde entier, nous a fait l’insigne honneur de séjourner, en signant l’inoubliable Exhortation Apostolique « Africae munus » sur la réconciliation, la justice et la paix. C’est lui Benoît XVI qui a prononcé sur notre sol ces paroles fortes qui ont tout d’une vibrante interpellation :

« Chaque peuple veut comprendre les choix politiques et économiques qui sont faits en son nom. Il saisit la manipulation, et sa revanche est parfois violente. Il veut participer à la bonne gouvernance… De cette tribune, je lance un appel à tous les responsables politiques et économiques des pays africains et du reste du monde. Ne privez pas vos peuples de l’espérance. Ne les amputez pas de leur avenir en mutilant leur présent. »

Que par l’intercession de la Vierge Marie, Mère de notre Sauveur Jésus Christ, Dieu bénisse et baigne de son Esprit de sagesse notre Pays le Bénin, ses filles et ses fils !

Fait à Cotonou, le 15 août 2013 En la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie.