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La sanction de Parfaite et de l’Abbé Mathias VIGAN est-elle légitime ?

Nous venons avec cet article donner une réponse à ceux qui critiquent la sanction de l’Évêque d’Abomey et de la dernière déclaration de la Conférence des Évêques du Bénin par rapport au phénomène de Banamè.

LA CEB DECLARE L’excommunication, comme la suspense et l’interdit, est une censure ou une peine médicinale : elle est infligée ou déclarée comme un remède ou moyen de guérison du délinquant. Son inflixion doit être le dernier recours pour le bien du sujet. C’est pourquoi, en cas de délit, avant l’ouverture d’une procédure judiciaire ou administrative pour punir d’une censure, il faut d’abord utiliser tous les moyens de la sollicitude pastorale de la correctio (correction paternelle et fraternelle) ou de la correptio (la réprimande).

Ainsi avant l’excommunication de Vicentia TCHRANVOUKINI dite Parfaite et de l’Abbé Mathias VIGAN, l’évêque du diocèse d’Abomey avait personnellement rencontré les intéressés. Il leur avait fait des avertissements devant le Collège des Consulteurs le 04 janvier 2010. Ensuite, selon les dispositions du droit, après l’avertissement, l’ordinaire du lieu, doit laisser aux coupables un temps convenable pour qu’il vienne à résipiscence (c. 1347 § 1). Ne voyant aucun signe d’amendement, il a fait, un an après, une autre monition (avertissement), à traves l’Instruction du 20 janvier 2011 car l’avertissement doit être écrit (c. 1339 §§ 1.3)

Après toutes ces mesures et précautions et devant « l’obstination dans les erreurs » et « l’absence totale de repentir et d’amendement et de soumission » des coupables, car l’Abbé Mathias VIGAN a violé la sanction canonique de suspense a divinis et aggravé son cas « en permettant à Parfaite de lui conférer, sans qualité et compétence une charge épiscopale et papale, l’autorité compétente a été obligée de porter le décret d’excommunication le 25 janvier 2013, soit un an après l’Instruction ci-dessus mentionnée. Dans le cas des délinquants, il y a eu les deux éléments objectif et subjectif constitutif de tout délit (l’apostasie et le schisme pour le cas en étude) à savoir : la violation externe d’une loi et l’imputabilité des sujets après les enquêtes (Cf. c. 1321 § 1). Il n’y a eu aucune cause excusant d’imposer la peine (c.1323), aucune circonstance atténuante (c. 1324) ou pouvant adoucir la peine ou la remplacer par une pénitence canonique.

Au regard de tout, nous pouvons aisément conclure que le décret d’excommunication porté par l’évêque du diocèse d’Abomey est légitime car il est ad normam iuris et sans aucun vice de procédure. Il a été motivé en fait et en droit. Mais la cause n’est pas perdue car pour Dieu aucun homme n’est perdu. Si les sanctionnés reviennent dans la fidélité à la foi de l’Église, l’excommunication peut être encore levée

Père Jacques Mahougnon AGOSSOU,

Docteur en droit canonique