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Le Sacerdoce de Jésus-Christ

Message de L’ADMINISTRATEUR APOSTOLIQUE

Mgr Jean Benoit GNAMBODE

AUX PRETRES, RELIGIEUX, RELIGIEUSES,

SEMINARISTES, FIDELES CHRETIENS,

ET HOMMES DE BONNE VOLONTE

1. Le sacerdoce de Jésus-Christ, don de l’Amour de son Cœur Sacré, est spécialement honoré et célébré, dans notre diocèse au mois d’Août, à l’occasion de la solennité de l’Assomption, notre fête diocésaine. Depuis qu’en cette fête mémorable de l’an de grâce 1928, notre pays accueillit son premier prêtre, fils de notre diocèse, en la personne de Feu Père Thomas D. MOULERO, Dieu n’a cessé de faire don, à notre Eglise, des ministres sacrés pour gouverner, enseigner et sanctifier son peuple. Cette année encore, nous accueillons dans le presbyterium diocésain14 prêtres qui reçoivent leur consécration des mains du nouveau Nonce Apostolique près le Bénin et le Togo, Mgr Brian UDAIGWE.

Comment ne pas évoquer ici ma propre action de grâce et reconnaissance à Dieu (11 Août 1973) et celle de mon frère, Père André DESSOU (1er Septembre 1973), pour 40 ans de vie sacerdotale ! Dieu est merveilleux qui, en son Fils Jésus-Christ, s’est donné à notre humanité pour lui rendre sa dignité à travers le mystère de sa mort et de sa résurrection renouvelé dans chaque célébration eucharistique par le ministère sacré du prêtre. En rendant grâce à Dieu de ce qu’Il a fait de nous pour notre Eglise et notre pays, je voudrais profiter de notre fête diocésaine de cette Année de la Foi pour nous proposer une méditation sur le sacerdoce de Jésus-Christ, dans les circonstances actuelles.

2. A l’occasion de mes précédents messages, j’ai souvent eu une adresse particulière à mes frères dans le sacerdoce, nous rappelant que « la croix est le chemin incontournable de la suite du Christ » qui nous appelle à être « responsables du devenir de notre culture » , à l’école de Marie qui doit plus que jamais nous « servir de pédagogie pour annoncer l’Evangile aux hommes d’aujourd’hui. »

C’est là un programme de vie de prêtre qui appelle de notre être des exigences de foi radicale au Christ à qui l’ordination sacerdotale configure tout prêtre catholique que son Eglise envoie pour une mission qui s’inscrit toujours dans la mission des Apôtres. Je veux donc insister sur le caractère ontologique de la configuration du prêtre à Jésus-Christ, Souverain Prêtre et sur le caractère apostolique de la mission.

3. Dans l’Epître aux Hébreux, nous avons une lumière resplendissante sur la nature du sacerdoce de Jésus-Christ. Tout est, en effet, référé à Jésus-Christ, Souverain Prêtre : il est « le Grand Prêtre » . Jean-Jacques Olier, fondateur de la Compagnie des Prêtres de Saint Sulpice, réfléchissant sur le mystère du Sacerdoce, notamment la configuration du prêtre au Souverain Prêtre Jésus-Christ, écrivit ceci : « Il n’y a que l’Esprit de Dieu qui puisse rendre Jésus-Christ présent sur les autels. Il n’y a que la personne de Jésus-Christ qui, avec le Père puisse envoyer le Saint Esprit, le donner à l’Eglise et produire la grâce dans les cœurs. Il n’y a que la personne de Jésus-Christ qui puisse remettre les péchés. En un mot, Jésus-Christ seul peut faire dans le prêtre et par le prêtre ce que le prêtre fait tous les jours dans l’Eglise. » La foi du prêtre en ce que Dieu a fait de lui est donc foi au Christ dont la puissance se révèle dans la faiblesse et la fragilité de l’être humain. Il est peut-être intéressant de recueillir de la vie de l’Apôtre Pierre la transformation intérieure de foi qui l’a préparé à sa mission.

• A Césarée de Philippe, alors qu’il vient de déclarer ce qu’il croit de la personne de Jésus, « tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » , il s’entend dire par Jésus : « Heureux es-tu Simon, fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux » … La foi du prêtre comme connaissance de Jésus-Christ est don de Dieu.

• Après le discours sur le pain de vie, alors que « beaucoup de ses disciples se retirèrent et n’allaient plus avec lui » , les Douze, eux, restent auprès du Maître qui leur demande : « voulez-vous partir vous aussi ? » et Simon-Pierre répond ; « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous, nous croyons et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu » … La foi du prêtre doit être attachement indéfectible au Christ. Car entre connaissance de foi et connaissance d’amour il y a un lien indivisible qui donne à voir que la foi naît de l’amour, ainsi que nous pouvons le comprendre dans la première lettre encyclique du Pape François.

• Après l’épreuve de la passion qui fut épreuve personnelle de foi pour Pierre (« Non, cela ne t’arrivera pas » , « non je ne connais pas cet homme » ), Pierre trouve les ressources de manifester la vérité de son amour à Jésus qui lui demande par trois fois : « Pierre, m’aimes-tu ? » Il répond : « Seigneur tu sais tout, tu sais bien que je t’aime » … La foi du prêtre est vie d’union au Christ dont la grâce de la miséricorde est source de renouvellement entier de sa personne pour la mission.

4. En effet, le prêtre est un homme apostolique, un être envoyé, comme l’ont été les Apôtres, pour actualiser la mission du Christ : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » . Configuré au Christ dans et par l’Esprit, le prêtre poursuit la mission du Christ qui est de sauver les hommes en les conduisant vers la connaissance de la vérité : « voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu notre Sauveur, lui qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. »

Pour accomplir cette mission, le prêtre n’a d’autres ressources que celles de son être-prêtre. C’est ce qu’il est ontologiquement qui rend possible sa mission apostolique. C’est pourquoi je voudrais me référer ici essentiellement, et encore, à l’Epître aux Hébreux, pour souligner deux termes très significatifs que l’auteur sacré associe au titre de « Grand Prêtre » qu’il attribue au Christ : « miséricordieux et digne de foi ». Ces deux qualificatifs ne se rapportent pas à deux vertus individuelles, comme seraient par exemple le courage, la patience, la prudence, mais ils concernent, tous les deux, les relations entre les personnes. Pour cette raison, ils désignent vraiment deux qualités sacerdotales, nécessaires pour exercer la médiation sacerdotale entre les hommes et Dieu.

• « Digne de foi » concerne la capacité de mettre le peuple en relation avec Dieu.

• « Miséricordieux » exprime la capacité de la compréhension et d’aide fraternelle pour les hommes qui en ont tellement besoin. Ce qui est fondamental pour la médiation sacerdotale est l’union de ces deux capacités de relation, « digne de foi » et « miséricordieux ».

Chers frères dans le sacerdoce, en cette Année de la Foi, en contemplant la grandeur du don que Dieu nous a fait, convainquons-nous que la crédibilité des ministres sacrés que nous sommes tient fondamentalement à ceci que nous soyons remplis de foi, vivant dans la foi et de la foi, « portant partout et toujours, en notre corps, les souffrances de mort de Jésus » . A cette condition, nous pourrons vraiment transmettre la Parole de Dieu : « j’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé. »

5. Mais notre responsabilité de prêtres ne se limite pas aux tâches immédiates visibles d’édification du Corps du Christ. De la même manière que la mission du prêtre s’enracine dans la mission première du Christ et la mission reçue des Apôtres, elle s’étend à la mission future dont le Christ porte la préoccupation : « la moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. » Comme à des hommes de prière ‘Yèxwenon’, c’est à nous, prêtres, que le Christ demande de prier pour que le Père envoie des ouvriers à sa moisson. Nous comprenons quelle doit être notre grande préoccupation pour la pastorale des vocations dans notre diocèse. Les statistiques révèlent, malheureusement, une tendance baissière des effectifs de séminaristes. C’est pourquoi, à l’occasion de ce message, je demande à chaque prêtre de soigner l’impact que son être est appelé à avoir sur les enfants et les jeunes à qui Dieu fait toujours des signes par nous. Le Concile Vatican II nous a bien notifié les contours de notre responsabilité en déclarant que « tous les prêtres feront preuve du plus grand zèle apostolique pour cultiver les vocations, et ils attireront vers le sacerdoce les âmes des jeunes par leur vie personnelle humble, laborieuse, vécue d’un cœur joyeux, par des rapports mutuels empreints de charité sacerdotale ainsi que par une coopération fraternelle. » Nos évêques Mgr BOUCHEIX, SMA, 1er évêque de Porto – Novo, Mgr MENSAH, Mgr AGBOTON, Mgr EHOUZOU ont considéré la question des vocations comme la « prunelle de leurs yeux ». C’est ici le lieu de leur rendre hommage. Nous continuons de moissonner, aujourd’hui, le fruit de leur labeur. Je souhaite que, dans un esprit de reconnaissance et de devoir ecclésial, les Curés et Administrateurs paroissiaux animent, mieux encore, les Groupes des aspirants et aspirantes, et encouragent les Associations de prière et d’aide pour les vocations. En œuvrant à éveiller chez plusieurs enfants et jeunes le désir de se consacrer au Seigneur dans le sacerdoce, ouvrons leur cœur à la générosité, au don de soi par le sacrifice de nous-mêmes, dans une loyauté parfaite et dans un esprit de désintéressement absolu. Nous devons pouvoir dire comme Saint Paul : « Nous ne sommes pas comme la plupart qui trafiquent la Parole de Dieu ; non, c’est en hommes sincères, c’est en envoyés de Dieu que, devant Dieu, nous parlons dans le Christ » .

6. Les événements graves et tristes de déviations sectaires que connaît notre Eglise, depuis peu, plongent leurs racines dans le goût du lucre, l’attachement à la gloire vaine de ce monde et le refus de l’obéissance. Il s’agit là du chemin inverse de celui emprunté par Notre Seigneur et Sauveur à qui l’ordination nous configure. En effet, « Jésus-Christ, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant la condition d’esclave et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort et à la mort sur une croix. »

Notre diocèse, avec l’aide de tous les fidèles chrétiens, devra s’attacher à soigner chez les futurs prêtres l’esprit de l’obéissance filiale et du détachement. Nous en avons des modèles : Père Thomas MOULERO et Père Dominique ADEYEMI pour ne citer que ceux-là. Ce n’est jamais donné ou gagné d’avance. C’est le fruit d’une « formation limpide et forte à la liberté qui prend les traits d’une obéissance convaincue et cordiale à la ‘vérité’ de son être propre, au ‘sens’ de son existence, c’est-à-dire au don sincère de soi, comme route et contenu fondamental de l’authentique réalisation de soi ». De cette formation, la spiritualité occupe le cœur, pour unifier et vivifier l’être et l’agir du futur prêtre. Notre responsabilité est grande et nous ne devons pas faillir dans le discernement.

Ma longue expérience au service de la formation des prêtres me permet de dire aujourd’hui qu’il nous faut éprouver les candidats , par un temps sérieux d’épreuves permettant de s’assurer de leur vie et de leur doctrine. En évoquant, tantôt, l’aide de tous les fidèles chrétiens, je veux préciser que cette aide passe spécialement par la famille. En effet, chaque famille est une école du Christ, un sanctuaire pour l’apprentissage de l’amour, de l’écoute, de l’obéissance et de la vraie liberté. Les enfants et les jeunes doivent découvrir, en famille, le mystère de l’Amour de Dieu. Jean-Paul II soulignait, à ce sujet en 1981, la responsabilité des parents : « Il faut que, par la parole et par l’exemple, les parents soient pour leurs enfants les premiers hérauts de la foi au service de la vocation propre de chacun et tout spécialement de la vocation sacrée. » L’avenir de notre Eglise et de notre société dépend de la qualité de nos familles.

7. Chers confrères, nous-mêmes devons vivre continuellement dans le combat spirituel. N’arrêtons pas de nous exercer. Exerçons-nous par le renoncement, la discipline de soi, l’esprit de sacrifice, l’ascèse, la maîtrise des passions, la formation de la volonté. C’est cet entraînement qui fait vivre et exercer le ministère sacerdotal selon le désir de Dieu. Car configurés au Christ Prêtre, nous sommes configurés au « Serviteur souffrant de Dieu ». Il sera impossible de séparer l’existence du prêtre, la Parole de Dieu et les Sacrements. Aussi voudrais-je, dans la ligne de nos exercices spirituels, nous engager à raviver en nous les bienfaits de la Direction Spirituelle. Le Bienheureux Pape Jean-Paul II disait « qu’elle conserve une importance bénéfique à tout âge de la vie quand, aux lumières et à la charité d’un conseiller pieux et prudent, nous demandons la vérification de notre rectitude ainsi que le réconfort dans l’accomplissement généreux de nos devoirs. »

8. Enfin, je nous recommande à la Vierge Marie, elle que nous appelons notre « Avocate ». Notre vision de l’intercession mariale ne doit pas, cependant, être superficielle. Car la Vierge Marie ne fait pas qu’intercéder sans cesse en notre faveur ; elle nous précède en tout. Sa fonction d’avocate n’est pas que juridique ; elle est ontologique parce que, en Marie, grâce au mystère incomparable de l’Immaculée, quelque chose commence qui s’achève au-delà d’elle-même et ce qui se fait avec son aide reçoit de Dieu son total accomplissement. Dans mon message « A l’Ecole de Marie », j’ai montré comment, dans le miracle de Cana, la foi de Marie précède le signe de son Fils. Marie, en devançant l’ « heure » de Jésus, a devancé aussi les hommes, prenant fait et cause pour eux. A travers cet événement, le Christ a révélé son mystère de Dieu ; et voilà pourquoi les disciples ont cru. Désormais les hommes s’adressent au Fils de Dieu parce que Marie, la première de tous, a parlé.

Nous sommes les fils de prédilection de Marie. Nous sommes configurés, par l’ordination, à son Fils, Unique et Souverain Prêtre. Comme Jésus l’a écoutée pour faire advenir son « heure », à Cana, apprenons aussi à écouter Marie. Dans l’ordre de la grâce, elle précède tous les hommes, non seulement dans l’accueil des dons de Dieu, mais aussi dans la distribution de ces dons ; elle sait bien ouvrir des chemins nouveaux aux œuvres de l’Esprit dans l’homme. Je puis dire que la Vierge Marie a besoin des prêtres d’aujourd’hui pour sa mission d’avocate en faveur de nos frères et sœurs.

Prions-la à tout instant pour nous-mêmes. Faisons prier la Vierge Marie pour les prêtres en reprenant cette prière de notre Bienheureux Pape Jean-Paul II :

Marie, Mère de Jésus-Christ et Mère des prêtres, Reçois ce titre que nous te donnons pour célébrer ta maternité Et contempler près de toi le Sacerdoce de ton Fils et de tes fils, Sainte Mère de Dieu !

Mère du Christ, Tu as donné au Messie Prêtre son corps de chair Par l’onction de l’Esprit Saint Pour le salut des pauvres et des hommes au cœur contrit, Garde les prêtres dans ton cœur et dans l’Eglise, Mère du Sauveur !

Mère de la foi, Tu as accompagné au Temple le Fils de l’homme, Accomplissant des promesses faites à nos pères, Confie au Père, pour sa gloire, les prêtres de ton Fils, Arche de l’Alliance !

Mère de l’Eglise, Au Cénacle, parmi les Disciples, Tu priais l’Esprit Pour le Peuple nouveau et ses Pasteurs, Obtiens à l’ordre des prêtres la plénitude des dons, Reine des Apôtres !

Mère de Jésus-Christ, Tu étais avec Lui au début de sa vie et de sa mission, Tu l’as cherché, Maître par mi la foule, Tu l’as assisté, élevé de terre, Consommé pour le sacrifice unique et éternel, Et tu avais près de toi Jean, ton fils, Accueille les appelés du Seigneur, Lors de leurs premiers pas sur leur chemin, Protège leur croissance, Accompagne dans la vie et dans le ministère ceux qui sont tes fils, Ô toi, Mère des prêtres ! Amen !

Porto-Novo, le 10 Août 2013

En la fête de Saint Laurent, diacre et martyr,

En ce 40ème anniversaire de notre ordination presbytérale

Père Jean-Benoît GNAMBODE,

Administrateur Apostolique du Diocèse de Porto-Novo

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