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Les diaconesses : Ce que le pape a vraiment dit

Le rôle des femmes consacrées dans l’Église

Les femmes consacrées travaillent déjà beaucoup avec les pauvres et les personnes marginales, elles enseignent la catéchèse, elles accompagnent les malades et les mourants, distribuent la communion, dans de nombreux pays elles guident les prières communes en l’absence de prêtre et dans ces circonstances, elles prononcent l’homélie. Dans l’Église, il existe le service du diaconat permanent, mais il n’est ouvert qu’aux hommes, mariés ou non. Qu’est-ce qui empêche l’Église d’inclure les femmes parmi les diacres permanents, juste comme cela se passait dans l’Église primitive ?

Pourquoi ne pas constituer une commission officielle pour étudier la question ? Pouvez-vous nous donner un exemple de là où vous verriez la possibilité d’une meilleure insertion des femmes, et des femmes consacrées, dans la vie de l’Église ?

Réponse du pape François

Cette question va dans le sens du « faire » : les femmes consacrées travaillent déjà beaucoup avec les pauvres, elles font beaucoup de choses… dans le « faire ». Et cela touche le problème du diaconat permanent. On pourra dire que les « diaconesses permanentes » sont les belles-mères dans la vie de l’Église [il rit ; rires]. En effet, ceci existe dans l’Antiquité : il y avait un début…

Je me souviens que c’est un thème qui m’intéressait pas mal quand je venais à Rome pour les réunions et que je logeais à la Domus Paul VI ; il y avait là un bon théologien syrien, qui avait réalisé l’édition critique et la traduction des Hymnes d’Éphrem le Syrien. Et un jour, je l’ai interrogé sur ce point et il m’a expliqué que dans les premiers temps de l’Église, il y avait quelques « diaconesses ». Mais que sont ces diaconesses ? Avaient-elle l’ordination ou non ? Le Concile de Chalcédoine (451) en parle, mais c’est un peu obscur. Quel était le rôle des diaconesses en ce temps-là ? Il semble – me disait cet homme qui est mort, c’était un bon professeur, sage, érudit – il semble que le rôle des diaconesses était d’aider au baptême des femmes, l’immersion, elles les baptisaient, pour la bienséance, et aussi pour faire les onctions sur le corps des femmes pendant le baptême.

Et aussi quelque chose de curieux : quand il y avait un jugement matrimonial parce que le mari battait sa femme et que celle-ci allait se plaindre auprès de l’évêque, les diaconesses étaient chargées de voir les traces laissées sur le corps de la femme par les coups du mari et d’informer l’évêque. Je me souviens de ceci.

Il y a quelques publications sur le diaconat dans l’Église, mais on ne sait pas clairement comment cela se passait. Je crois que je demanderai à la Congrégation pour la Doctrine de la foi de m’informer des études sur ce thème parce je ne vous ai répondu qu’en me basant sur ce que j’avais entendu de ce prêtre, qui était un chercheur érudit et compétent, sur le diaconat permanent.

Et en outre, je voudrais constituer une commission officielle pour étudier la question : je crois que cela fera du bien à l’Église de clarifier ce point ; je suis d’accord et je parlerai pour faire quelque chose de ce genre.

Ensuite, vous dites : Nous sommes d’accord avec vous, Saint-Père, qui avez plusieurs fois rappelé la nécessité de donner un rôle plus incisif aux femmes dans les positions décisionnelles dans l’Église ». Ceci est clair. « Pouvez-vous nous donner un exemple de là où vous voyez la possibilité d’une meilleure insertion des femmes et des femmes consacrées dans la vie de l’Église ? ». Je dirai quelque chose qui vient après, parce que j’ai vu qu’il y a une question générale.

Dans les consultations de la Congrégation pour les religieux, dans les assemblées, les consacrées doivent y aller : c’est sûr. Les consacrées doivent aller dans les consultations sur tous les problèmes qui sont présentés. Autre chose : une meilleure insertion. Pour le moment, je n’ai pas en tête de choses concrètes, mais toujours ce que j’ai dit avant : rechercher le jugement de la femme consacrée, parce que la femme voit les choses avec une originalité différente des hommes et ceci enrichit : que ce soit dans la consultation, dans la décision ou dans le concret.

Ce travail que vous faites avec les pauvres, les personnes marginales, enseigner la catéchèse, accompagner les malades et les mourants, c’est un travail très « maternel », où la maternité de l’Église peut s’exprimer davantage. Mais il y a des hommes qui font la même chose, et bien : des consacrés, des ordres hospitaliers… Et ceci est important.

Sur le diaconat, donc, oui, j’accepte et une commission me semble utile pour bien clarifier cela, surtout concernant les premiers temps de l’Église.

Quant à une meilleure insertion, je répète ce que j’ai dit avant.

S’il y a quelque chose qui doit être plus concret, demandez-le moi maintenant : sur ce que j’ai dit, y a-t-il une autre question qui m’aide à réfléchir ? Allez-y !

© Traduction de Zenit, Constance Roques