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MARIA TOKPA 2012 : HOMELIE DE MGR EHOUZOU

Réception solennelle de "Africae Munus" par l’Eglise de Porto-Novo : L’engagement de notre famille diocésaine

Chers confrères dans le sacerdoce,

Chers religieux et religieuses,

Chers fils et filles bien-aimés,

Nous voici réunis aux pieds de notre Mère, Marie, Notre-Dame des Lagunes en ce lieu de rendez-vous privilégié qu’elle donne chaque année à notre Eglise-Famille de Dieu qui est à Porto-Novo. En votre nom à tous et ensemble avec vous je veux la saluer et la remercier mais surtout la prier de toujours nous garder dans son affection et son amour pour nous assurer les bienfaits de son Fils Jésus. En novembre dernier Le Saint-Père était venu signer l’exhortation apostolique qui indiquait à notre Continent les orientations et les options pastorales des Pères synodaux au cours du dernier synode spécial pour l’Afrique. Ce document, Africae Munus, signé en la Basilique de Ouidah, et remis officiellement à l’Afrique est un véritable mandat pour l’engagement de l’Église qui est en Afrique au service de la Réconciliation, de la Justice et de la Paix. En vous le rappelant le 31 décembre je faisais ressortir le vœu personnel du Pape que nos peuples africains deviennent par le Christ et par l’Esprit Saint, lumière du monde et sel de la terre (cf. Mt 5, 13. 14). J’avais en effet pris appui sur ce document à la veille de la nouvelle année pour nous indiquer ce défi majeur que nous recevions comme une grâce d’engagement et de bénédictions.

L’exhortation a dit clairement qu’il revient aux Eglises particulières de traduire ces axes en « fermes propos et en lignes d’action concrètes ». En effet, c’est « dans les Églises locales que peuvent se fixer les éléments concrets d’un programme – objectifs et méthodes de travail, formation et valorisation du personnel, recherche des moyens nécessaires – qui permette à l’annonce du Christ d’atteindre les personnes, de vivifier les communautés, et d’agir en profondeur par le témoignage des valeurs évangéliques sur la société et sur la culture africaines ».(AM 14)

C’est dans une telle perspective que nous avons voulu prendre rendez-vous avec la Vierge aujourd’hui pour la réception solennelle de Africae Munus par notre Diocèse de Porto-Novo. Chaque composante de notre Église famille est invitée à travailler le document par cette identification des éléments concrets à traduire dans la vie de nos communautés paroissiales. Je demande solennellement à tous de lire ce document et de rechercher les propositions concrètes dans les champs d’activités mis en lumière par le Saint Père. Il nous faudra trouver des moyens de mise en commun et d’authentification diocésaine de cette appropriation de Africae Munus que je demande aux prêtres et aux agents pastoraux de promouvoir et de superviser. Nos propositions concrètes doivent enrichir l’orientation de notre pastorale diocésaine en traduisant par des actes et dans la vie de nos communautés cet engagement que nous venons prendre aujourd’hui sous le regard de Marie notre Mère.

Nous nous mettons déjà à l’école de Marie pour prononcer notre "oui" à cet engagement de l’Afrique à la suite du Christ en qui tout a été oui comme nous le dit saint Paul dans la deuxième lecture de ce dimanche. Et grâce à lui toutes les promesses de Dieu sont devenues un oui. Aussi bien nous disons Amen ! Oui ! Pour rendre gloire à Dieu par lui. Vous comprenez avec moi que venir recevoir ce document aux pieds de Marie participe d’une spiritualité de communion fraternelle qui est le creuset de l’engagement qui nous est demandé comme chrétiens africains parAfricae Munus. Cela participe également d’une d’écoute et de docilité à la Parole de Dieu et son explicitation par le Magistère de l’Église. Le Saint Père nous le dit dans l’exhortation post synodale : « Pour réussir une véritable réconciliation, et mettre en œuvre la spiritualité de communion par la réconciliation, l’Église a besoin de témoins qui soient profondément enracinés dans le Christ, et qui se nourrissent de sa Parole et des Sacrements. [...] Marie, Mère de l’Église, qui a su accueillir la Parole de Dieu, est leur modèle : par son écoute de la Parole, elle a su entendre les besoins des hommes et intercéder pour eux dans sa compassion » (AM 35).

L’évangile proposé ce dimanche vient s’accorder avec ce cadre marial pour mettre en lumière la pertinence de notre démarche diocésaine et familiale. En effet, Marc 2,1-12 que nous lisons aujourd’hui a été cité et commenté de façon très suggestive dans Africae munus. Le Saint-Père le commentait ainsi au § 98 de son exhortation : « Nous connaissons bien l’épisode de l’homme paralysé que l’on porte à Jésus pour qu’il le guérisse (cf. Mc 2, 1-12). Pour nous aujourd’hui, cet homme symbolise tous nos frères et sœurs d’Afrique et d’ailleurs, paralysés de diverses manières, et hélas, souvent dans une profonde détresse. Face aux défis que j’ai esquissés fort brièvement à la suite des communications des Pères synodaux, méditons sur l’attitude des porteurs du paralysé. Ce dernier n’a pu accéder à Jésus qu’avec l’aide de ces quatre personnes de foi, qui ont bravé l’obstacle physique de la foule en faisant preuve de solidarité et de confiance absolue en Jésus. Le Christ « voit leur foi ». Il ôte alors l’obstacle spirituel en disant au paralysé : « Tes péchés te sont pardonnés ». Il ôte ce qui empêche l’homme de se relever. Cet exemple nous enjoint de grandir dans la foi et de faire preuve, nous aussi, de solidarité et de créativité pour soulager ceux qui portent de lourds fardeaux, en les ouvrant ainsi à la plénitude de la vie dans le Christ (cf. Mt 11, 28). Face aux obstacles tant physiques que spirituels qui se dressent devant nous, mobilisons les énergies spirituelles et les ressources matérielles du corps entier qui est l’Église, sûrs que le Christ agira par l’Esprit Saint en chacun de ses membres. »

Nous sommes clairement situés dans notre mission avec les précieuses indications de solidarité et de créativité. Nous sommes envoyés vers ceux qui sont accablés par le poids de leurs multiples fardeaux pour les ouvrir à l’essentiel : la plénitude de la vie en Jésus-Christ. Nous devenons en fait les acteurs de ce renouvellement de toute chose dont parle la première lecture que nous venons d’entendre. Nous devenons les artisans de cette merveilleuse promesse que fit le Seigneur qui vient tracer un chemin dans le désert, placer des fleuves dans la terre aride. Comme il serait riche de découvrir combien la réconciliation puisée à la source du Christ dans les sacrements de l’Eucharistie et du Pardon divin ouvre un chemin dans le désert de notre solitude et de nos divisions pour nous conduire aux autres. C’est bien cette source intarissable que Dieu promettait au peuple d’Israël par la bouche d’Isaïe : « Mais moi, moi encore, j’efface tes fautes : je ne me souviendrai plus de tes péchés ». Laissons-nous donc réconciliés avec Dieu pour devenir à notre tour des sources jaillissantes dans les terres arides de notre monde déchiré et divisé. C’est la grâce de Dieu qui nous donne un cœur nouveau et qui nous réconcilie avec lui et avec les autres. Je me permets d’évoquer ici quelques lignes des indications personnalisées que le Pape donne à tous les membres de l’Église. Je m’adresse d’abord aux fidèles laïcs qui sont interpellés dans leur devoir de rendre l’Église présente au cœur du monde. Le Pape demande à ceux qui ont des responsabilités d’ordre politique, économique et social de s’armer d’une solide connaissance de la Doctrine sociale de l’Église qui fournit des principes d’action conformes à l’Évangile. Une première réponse à ce besoin de connaissance pourrait consister dans l’enthousiasme avec lequel vous allez lire et travailler Africae Munus.

En saluant et en remerciant une fois encore nos vaillants catéchistes, je leur rappelle, à la suite du pape, de se souvenir que, pour un grand nombre de communautés, ils sont le visage concret et immédiat du disciple zélé et le modèle de la vie chrétienne. Ils sont attendus sur ces chantiers de la réconciliation, de la justice et de la paix. Nos séminaristes que nous accompagnons de toute notre sollicitude doivent être au cœur de tous les engagements de l’Église, comme dans une propédeutique à leur vie future. Le chargé des vocations et les curés ont un travail urgent à faire pour nous aider à rendre visible et efficace leur participation au niveau paroissial comme diocésain. Quant aux personnes consacrées, elles vivent, par les vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance, une vie qui apparait comme un témoignage prophétique. Elles peuvent être ainsi des modèles en matière de réconciliation, de justice et de paix, même dans des circonstances de fortes tensions. Je les invite à s’investir, par la prière et un accompagnement discret, dans la résolution des conflits ouverts ou latents que vivent parfois nos communautés.

J’insisterai surtout sur la place des prêtres. Je m’applique en premier lieu ce qui est indiqué aux évêques pour la communion presbytérale et diocésaine. A vous tous, mais de façon privilégiée à mes prêtres je redis, aux pieds de notre Mère, mon affection et mon admiration. C’est dans la grande communion du presbyterium que se déploient l’identité et la mission du prêtre. C’est dans la chaleur de la charité sacerdotale vécue dans la vérité que le prêtre peut mener une vie pacifique au-delà des frontières de tout genre. C’est pourquoi au-delà de tout, notre devoir spirituel est de le rappeler en le vivant non seulement par nos choix mais surtout par notre enracinement dans le Seigneur. Pour le prêtre, la plus précieuse indication de l’exhortation se situe donc dans le soin que le Pape l’invite à donner pour l’édification de son identité sacerdotale. C’est à partir de la source de l’autel du Christ et en puisant dans les richesses de sa miséricorde que le prêtre pourra former les chrétiens aux vertus chrétiennes, les conduire à la sainteté, non seulement pour les gagner à la cause du Christ, mais aussi en faisant d’eux les protagonistes d’une société africaine renouvelée. Au sein de l’Église et notamment au contact de ses prêtres, tous les hommes de bonne volonté doivent avoir accès à cette paix authentique qui vient du Christ (cf. Jn 14, 27), qui n’est donc pas comparable à celle du monde. Il s’agit en effet de la paix de l’humanité réconciliée avec elle-même en Dieu et dont l’Église est le sacrement (cf. AM 30) Africae Munus rappelle au prêtre cette nécessité incontournable d’une vie de prière et d’une formation continue, à la fois intellectuelle et spirituelle pour ne jamais s’éloigner de cette source divine.

Dans son rôle prophétique, l’Église joue le rôle "de veilleur", prête à rendre raison de l’espérance qu’elle porte en elle (cf. 1 P 3, 15) en indiquant l’aube nouvelle qui pointe à l’horizon (cf. Ap 22, 5). En gérant les trésors spirituels de l’Église, les prêtres constituent en fait les vaillants soldats d’élite de cette sentinelle spirituelle qui veille à cet engagement demandé à l’Afrique.

Pour finir, c’est à notre Maman, notre Dame des Lagunes que je m’en remets en lui confiant, une fois de plus, ce Diocèse, tous les prêtres, les Religieux et Religieuses, les Agents pastoraux et tous les fidèles. Elle a su, à l’aube des temps nouveaux, frayer avec docilité un chemin vers la réconciliation à Dieu devenant la Nouvelle Eve. Qu’elle intercède pour nous et que par le salut à nous obtenu par son Fils, nous soyons un peuple réconcilié, une Eglise réconciliée avec Dieu et avec nos frères et sœurs. Amen !

Mgr. René Marie EHOUZOU, Évêque de Porto-Novo.