jeudi 23 novembre 2017



A c t u a l i t é s
mardi 21 novembre 2017
Le pape nomme un rapporteur et deux secrétaires

vendredi 3 novembre 2017
Après la rentrée pastorale au plan diocésain, (...)

samedi 21 octobre 2017
Le missionnaire n’est jamais seul et la (...)

lundi 16 octobre 2017
Le weekend des 07 et 08 octobre 2017 restera (...)


En vrac !
mercredi 22 novembre 2017
Dans l’eucharistie, le Christ « communique » (...)

vendredi 17 novembre 2017
C’est la seconde catéchèse sur la messe

mardi 17 octobre 2017
Monsieur le Directeur Général, Mesdames et (...)

mercredi 9 août 2017
L’euthanasie est le « meurtre délibéré moralement

vendredi 4 août 2017
Le pape François invite les religions à « prier (...)

mercredi 2 août 2017
Radio Vatican en français salue le 100e (...)

lundi 31 juillet 2017
A l’occasion de la « Journée mondiale de la (...)

lundi 31 juillet 2017
L’engagement de l’Eglise pour la promotion des (...)

mercredi 14 juin 2017
N’aimons pas en paroles, mais par des actes (...)

mardi 21 février 2017
Ils étaient tous au rendez-vous, les mouvements et


V a c a n c e s
vendredi 11 juillet 2014
La communauté des sœurs Salésiennes Missionnaires de

jeudi 27 juin 2013
Pour marquer l’Année de la foi, l’aumônerie (...)

Aller à : Accueil du site > Autres articles > MESSAGE SPECIAL (...)

MESSAGE SPECIAL DE L’ADMINISTRATEUR POUR EPIPHANIE 2013

AUX

  • PRETRES, RELIGIEUX, RELIGIEUSES,
  • FIDELES CHRETIENS,
  • ET HOMMES DE BONNE VOLONTE

1. La révélation de Dieu a atteint, pour nous, sa plénitude dans la manifestation de son Fils dont nous avons célébré la Nativité il y a seulement quelques jours. En effet, « dans le passé, Dieu a parlé à nos pères par les prophètes, sous des formes fragmentaires et variées ; mais, dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes, Il nous a parlé par un Fils qu’Il a établi héritier de toutes choses, et par qui Il a créé les mondes. » Ce qu’il a ainsi plu à Dieu de réaliser se dévoile progressivement à l’intelligence de notre foi à travers les mystères de la vie de Jésus comme l’Epiphanie que la Liturgie dans notre Eglise catholique nous donne de célébrer en ce jour du 6 Janvier 2013.

A l’occasion de cette fête, si chère et particulière à notre diocèse de Porto-Novo, en vous réitérant mes vœux de Joyeux Noël et d’une heureuse et sainte Année, je voudrais partager avec vous tous, chers frères dans le sacerdoce et vous, fils et filles de Porto-Novo, ma méditation sur le sens de cette fête pour notre Eglise.

2. En Grec, « Phainô » signifie « faire briller », « rendre visible », et de là « porter à la connaissance » ; tandis qu’ « epi » renvoie à l’idée de surface. « Epiphanie », c’est donc faire apparaître, manifester quelque chose qui était auparavant scellé. Le mouvement propre à l’épiphanie, c’est le passage de ce qui était caché à ce qui est désormais connu : c’est en somme un synonyme de révélation. Pour dire vrai, c’est tout l’Evangile qui est épiphanie, en ce qu’il réalise progressivement et la manifestation de l’identité réelle de Jésus et la révélation du Père en son mystère. Aussi tout le cycle liturgique devient-il épiphanie en ce que, non seulement il nous fait apparaître, mais encore nous rend présent le mystère de l’Economie divine dans sa miséricordieuse dispensation. Pour qui est familier de la Bible, l’Evangile des mages que nous méditons en cette fête renvoie à une foule de textes de l’Ancien Testament relatifs au Messie annoncé et attendu. Et voici que celui à qui sont offerts les trésors des nations païennes est indiqué comme ce Messie. Que des païens viennent le voir, se prosterner devant lui et lui offrir un tribut, c’est un signe éloquent pour les juifs : oui, en cet enfant, c’est bien le Messie attendu qui est adoré.

3. La nature des dons infléchit tout de même l’idée qu’on pouvait faire de ce Messie et ce, en deux sens tellement opposés qu’il est à craindre que la figure n’en sorte inintelligible. Comme l’affirme, en effet, la Liturgie, « le trésor proclame le roi, le parfum odorant de l’encens de Saba s’adresse à Dieu, tandis que la myrrhe annonce la poussière du sépulcre » (Hymne). Que l’or soit offert au Messie, descendant du roi David et appelé de ce fait à régner sur Israël, quoi d’étonnant ! Mais qu’on lui offre simultanément cet encens qui ne brûle que sur l’autel du Dieu vivant et cette myrrhe qui sert à embaumer les corps, c’est à la fois scandaleux et contradictoire. Scandaleux, car le Roi n’est tout au plus que « Lieutenant » de Dieu et non pas Dieu lui-même. Contradictoire parce que Dieu n’a pas de corps et qu’en conséquence, il ne peut mourir. POURTANT, C’EST BIEN DE CELA QU’IL S’AGIT. Le Christ Jésus reçoit l’offrande d’or en tant que Roi messianique, l’encens en tant que Dieu et la myrrhe en tant que mortel, solidaire de ceux qu’il vient sauver par l’étrange cohabitation de l’Incarnation. La venue des mages éclaire donc le « Mystère du Christ » dont parle Saint Paul dans sa lettre aux Ephésiens.

4. Comme sacrement et instrument de salut aujourd’hui, l’Eglise accueille et manifeste Dieu aux hommes ; autrement dit, l’Epiphanie rappelle à l’Eglise son être et sa mission. Le Pape Benoît XVI nous l’a d’ailleurs bien notifié à l’occasion de l’Epiphanie 2006 : « Dans le contexte liturgique de l’Epiphanie, disait-il, se manifestent également le mystère de l’Eglise et sa dimension missionnaire. Celle-ci est appelée à faire resplendir dans le monde la lumière du Christ en la reflétant en elle-même comme la lune reflète la lumière du soleil. » L’Eglise est donc cette communauté qui, continuellement, au cours de son Histoire, doit rendre manifeste le Mystère de Jésus et donc le Mystère de Dieu et le Mystère de l’Homme. C’est pour accomplir efficacement cette mission que le Concile Vatican II, il y a cinquante ans, a encouragé l’annonce de l’Evangile dans l’esprit même de l’Incarnation . On y a compris la nécessité de l’enracinement culturel du message de salut, sous la responsabilité des Conférences Episcopales de sorte que toute apparence de syncrétisme soit repoussée et que la vie chrétienne soit « ajustée au génie et au caractère de chaque culture. »

Nous pouvons croire que c’est ce souci qui a animé le Père Francis Aupiais lorsque, devenu en 1919, Père Supérieur de la mission de Porto-Novo et vicaire général de Mgr STEINMETZ , il entreprit de faire de l’Epiphanie un « cérémonialisme » . La fête de l’Epiphanie devrait lui fournir « l’opportunité de réaliser à propos d’un épisode de l’histoire sainte une sorte de mise en scène théâtrale aux vertus pédagogiques, où la caractéristique de la dramaturgie consistait en une audacieuse ‘africanisation’ de l’adoration des rois mages » Ceci fut considéré comme la première tentative d’inculturation. Et pour ce faire, le Père Aupiais a bénéficié de la collaboration originale de son ami Zounon Mêdjè, conteur très réputé. C’est avec ce non-chrétien, qu’il écrivit sa pièce de théâtre « Solennité de l’Epiphanie : le mystère de la Nativité » . Le Père Joseph HUCHET, témoin de cette fête en 1947, alors qu’on la célébrait déjà depuis 25 ans, dit qu’elle était bien adaptée pour « attirer les païens, en particulier les ‘Gouns’ fortement ancrés dans le fétichisme » . Cette célébration, hier plus qu’aujourd’hui, attirait du monde devant les représentations des acteurs choisis et entraînés. Les longues processions dans les rues de la ville dans la soirée donnaient l’occasion de chanter et de danser à la gloire du Messie Sauveur.

5. L’initiative du Révérend Père Aupiais devait être poursuivie par tous les évangélisateurs, en particulier par le clergé autochtone. C’est ici le lieu de rendre hommage à nos Pères dans la foi et à nos aînés dans le sacerdoce qui ont œuvré dans ce sens : Les Pères Michel HOUNGBEDJI, Antoine DOSSOU, Laurent SAH, Michel AHODANTIN, Mgr Noël BOUCHEIX et Mgr Vincent MENSAH à qui nous devons d’avoir réussi, non sans peines, à toujours faire célébrer la fête populaire de l’Epiphanie au jour d’incidence fixée par la sainte Liturgie de notre Eglise. Nous ne saurions oublier le zèle et l’abnégation de tant de fidèles laïcs qui n’avaient, à la limite, d’autres raisons d’être chrétiens que leur engagement pour la fête de l’Epiphanie.

Après tant d’années d’organisation et de célébration de l’Epiphanie à Porto-Novo, et en cette Année de la Foi, il me paraît utile de nous exhorter à revenir sur l’essentiel de cette fête afin de faire des réjouissances populaires auxquelles elle donne lieu une occasion de grande évangélisation. Ceci est d’autant plus urgent que dans son Exhortation Apostolique post-synodale Africae munus, le Saint Père a grandement insisté sur « l’inculturation de l’Evangile et l’évangélisation de la culture » déjà évoquée dans Ecclesia in Africa. Ceci passe par une identification rigoureuse des « aspects de la culture qui font obstacle à l’incarnation des valeurs de l’Evangile tout comme ceux qui les promeuvent » . Bien entendu, nous rejoignons ici le sens donné au mot culture par le dictionnaire des mots de la foi chrétienne : « l’on nomme couramment culture, en Sociologie, l’ensemble des modèles de comportement et d’expression, des schèmes de pensée, des normes morales et des échelles de valeurs qui sont admis dans une société ou un groupe donné et qui règlent l’interaction des individus qui les composent » . Ce sens a été synthétisé et approfondi par le Concile Vatican II qui a désigné la culture comme « tout ce par quoi l’homme affine et développe les multiples capacités de son esprit et de son corps ; s’efforce de soumettre l’univers par la connaissance et le travail ; humanise la vie sociale… »

C’est à la culture de Porto-Novo que le message de « l’Evangile de l’Epiphanie » est adressé pour la transformer de l’intérieur, c’est-à-dire pour la rendre capable de structurer pour Dieu des hommes et des femmes « à son image et à sa ressemblance » . Percevoir ainsi la mission de l’évangélisation de notre culture accroît notre responsabilité de pasteurs et de fidèles laïcs appelés au dialogue d’interculturalité où le Christ Jésus doit être reconnu et adoré comme le seul universel concret. C’est grâce à Lui que se fait, avec la certitude de la victoire, le combat contre les forces négatrices et inhibitrices des valeurs culturelles qui développent l’homme. La fête de l’Epiphanie le révèle ainsi quand, par la puissance du Saint Esprit, les mages sont guidés à retourner chez eux sans passer chez Hérode qui avait le vil dessein de tuer le Nouveau-né.

6. En nous engageant dans notre responsabilité à faire de l’Epiphanie, à Porto-Novo, une occasion d’évangélisation authentique, nous donnerons une nouvelle impulsion à une initiative vieille de 90 ans. Nous rejoindrons sur le chemin de leur quête « de nombreuses personnes qui, bien que ne reconnaissant pas en soi le don de la foi, sont quand même dans une recherche sincère du sens ultime de la vérité définitive sur leur existence et sur le monde. » Je suggère alors que tous les Comités d’organisation de la fête de l’Epiphanie sur les paroisses du diocèse fassent l’objet d’une plus grande attention des prêtres et que les acteurs des représentations soient choisis parmi les chrétiens pour redonner à ce qui est dit et fait la révérence due à la Parole de Dieu et aux Mystères de la vie de Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Je souhaite particulièrement que, pour toute adaptation, l’on se souvienne qu’en matière d’inculturation dans notre diocèse, il existe une réglementation encore en vigueur. Et à cet effet, il serait bienfaisant de se référer au décret et aux décisions du premier Synode diocésain de Porto-Novo. 7. Mais comme le dit le Saint Père, c’est l’Esprit Saint qui est « l’authentique protagoniste de l’inculturation. C’est lui qui préside de manière féconde au dialogue entre la Parole de Dieu qui s’est révélée dans le Christ, et les requêtes les plus profondes qui jaillissent de la multiplicité des hommes et des cultures. » C’est la puissance de ce même Esprit que j’invoque sur nous tous afin que dans la préparation des futures célébrations de l’Epiphanie, nous osions « séparer le bon grain de l’ivraie » pour, d’une part, présenter à Dieu les éléments culturels porteurs de valeurs et, d’autre part, laisser le feu de l’Esprit Saint brûler tous les germes contraires à l’Evangile. C’est là également une exigence de la foi au Christ que nous soyons responsables du devenir de notre culture qu’il nous appartient d’ordonner à l’annonce du salut de sorte que la connaissance graduelle que nos enfants, élèves et catéchumènes, acquièrent du monde, de la vie et de l’homme, soit illuminée par la foi.

8. Dans la personne de la Vierge Marie dont la profonde attitude de foi est caractérisée par la méditation de la Parole de Dieu, nous avons un modèle. Toute vraie inculturation est manifestation, révélation du sens profond des saintes Ecritures. Comment pouvons-nous y parvenir si nous-mêmes ne sommes imprégnés de la Parole de Dieu ? Comme je l’écrivais dans mon message pour le temps de l’Avent, « la lecture, l’écoute, la méditation de la Parole de Dieu donnent au chrétien d’asseoir sa vie sur le Roc qu’est le Christ et d’avoir un Guide sûr dans le discernement quotidien qu’exige chacune de ses décisions. »

En observant la Vierge Marie devant l’Enfant Jésus dans la crèche, on est touché par son silence. Ce silence est caractéristique de sa vie. C’est dans ce silence qu’elle adore la Parole éternelle. En voyant devant ses yeux, en ses bras, la Parole substantielle du Père être muette et réduite au silence par l’état de son enfance, elle rentre en un nouveau silence et y est transformée à l’image du Verbe incarné qui est son Fils et son Dieu. Et « la vie de la Vierge Marie se passe ainsi de silence en silence, de silence d’adoration en silence de transformation, son esprit et ses sens conspirant également à former et à perpétuer en elle cette vie de silence » Voilà notre modèle en cette Année de la Foi, à Porto-Novo. Voilà tracé, par elle, le chemin de notre transformation pour réussir l’évangélisation de notre culture. C’est à elle que je nous confie, reprenant la prière de la consécration de notre diocèse à son Cœur Immaculé. Qu’elle nous accompagne et nous soutienne. Amen !

Joyeux Noël 2012

HEUREUSE ANNEE 2013

Sainte Année de la Foi

Porto-Novo, le 06 Janvier 2013, en la fête de l’Epiphanie de Notre Seigneur.

Père Jean-Benoît GNAMBODE, Administrateur Apostolique