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MESSE CHRISMALE A PORTO-NOVO : HOMELIE DU NONCE MGR BLUME

La proclamation faite par Jésus dans la synagogue de Nazareth doit nous toucher de façon particulière, surtout en ce moment de l’histoire de l’Eglise en Afrique, qui s’engage à mettre en œuvre l’Exhortation Apostolique, Africae Munus.

« L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. » Oui, Jésus est « l’oint » de Dieu par excellence, celui sur qui l’Esprit Saint est descendu et y est demeuré, celui qui inaugure les temps messianiques et partage le même Esprit avec l’Eglise. Nous avons part à cette onction, depuis le baptême, par l’huile des catéchumènes et le saint chrême, et à notre confirmation. « Et vous, vous serez appelés : ‘Les prêtres du Seigneur’, on vous nommera : « ‘les serviteurs de notre Dieu’ », dit le prophète Esaïe. Voici la dignité du Peuple élu de Dieu. « C’est lui – proclame la préface de cette messe – le Christ, qui donne à tout le peuple racheté la dignité du sacerdoce royal. » Ensuite, la préface continue : « c’est lui qui choisit, dans son amour pour ses frères, ceux qui, recevant l’imposition des mains, auront part à son ministère. »

Voici, chers frères dans le sacerdoce ministériel, la grâce que nous avons reçue, qui est accompagnée par l’onction de saint chrême, signe d’une nouvelle action du même Esprit Saint, qui nous envoie ensemble avec Jésus Christ annoncer l’évangile à toutes les nations et célébrer la mémoire du Seigneur jusqu’à sa venue dans la gloire. Jésus-Christ est toujours le même Seigneur. Mais nous savons aussi que l’annonce de son évangile répond aux signes du temps, à ces grandes aspirations humaines et spirituelles qui caractérisent notre âge. Dans les circonstances de l’Afrique d’aujourd’hui, le Synode de 2009 propose comme cadre d’évangélisation, « l’Eglise dans son rôle pour la réconciliation, la justice et la paix. » Dans Africae Munus, le Saint-Père a confirmé cette direction et demande à chacun de nous de s’y engager avec la pleine dévotion d’un disciple qui quitte tout, tout ce qui nous encombre, pour suivre notre unique Sauveur.

La lecture d’Esaïe et l’Evangile nous montre le champ où le Messie agit pour « porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur ». Cette déclaration de Jésus nous rappelle tant de questions en relation avec la justice qui est nécessaire pour la paix et la réconciliation durables, qui touchent non seulement l’extérieur de l’homme et de la société mais surtout son cœur, dans le sens biblique, c’est-à-dire, le centre d’émotions, de sentiments, d’humeurs et de passions. La réconciliation, la justice et la paix sont aussi des mots importants dans le discours politique et humanitaire de notre continent, mais attention : quand ils sont déracinés et employés hors de leurs origines bibliques et chrétiennes, ils ne sont plus que des slogans qui de temps en temps suscitent un certain enthousiasme mais qui finalement ne produisent pas de fruits qui durent. Quand ils sont divorcés de leurs origines, ils peuvent même devenir les pires dictateurs. Par exemple, considérez ce qui se passe là où la justice humaine ne connaît pas le pardon de l’Evangile.

Comme membres de l’ordre des prêtres, nous avons reçu du Seigneur une identité particulière qui constitue notre contribution distinctive au grand projet d’Africae Munus, dont parle le n. 108 : « Collaborateurs proches et indispensables de l’Évêque, les prêtres ont la charge de poursuivre l’œuvre d’évangélisation. » C’est la communion ecclésiale qui est en jeu, sans laquelle l’unité de l’Eglise dégénère en des milliers de fragments, dont chacun prétend posséder la vérité et tous se contredisent. Notre pays déborde de tels groupes. Ce n’est pas l’unité pour laquelle Jésus s’est sacrifié, et nous avons l’obligation de dépasser nos idées et nos projets particuliers pour le bien de l’Eglise. Dans le même numéro, le Saint-Père rappelle que le Synode pour l’Afrique a eu lieu pendant l’Année sacerdotale. Pour cela il faut comprendre la mission du prêtre à la lumière de la spiritualité de saint Jean-Marie Vianney dont le Saint-Père a fait un résumé et une interprétation dans sa lettre d’indiction de l’année sacerdotale du 16 juin 2009. A ce regard, l’Exhortation Apostolique continue : « Chers prêtres, souvenez-vous que votre témoignage de vie pacifique, par-delà les frontières tribales et raciales, peut toucher les cœurs. » Le Saint-Père rappelle, toujours dans le même numéro, le lien essentiel entre la sainteté, comme nous voyons en saint Jean-Marie Vianney, qui ne doit jamais nous manquer, et la vocation sacerdotale. C’est la sainteté dont le Saint-Chrême, qui sera consacré pendant cette action liturgique, est le symbole et presque le sacrement. Il dit : « L’appel à la sainteté nous invite à devenir des pasteurs selon le cœur de Dieu, qui font paître le troupeau avec justice (cf. Ez 34, 16). » On entend dedans un écho du Curé d’Ars dans l’image biblique du cœur. Il continue : « Céder à la tentation de vous transformer en guides politiques ou en agents sociaux, serait trahir votre mission sacerdotale et desservir la société qui attend de vous des paroles et des gestes prophétiques. » Oui, les fidèles ont le droit d’attendre de nous le ministère sacerdotal selon la tradition de l’Eglise et le témoignage de saints prêtres. Parmi eux se trouve le Père Thomas Mouléro que le Saint-Père lui-même a mentionné comme exemple pendant son discours au Grand Séminaire Saint Gall, à Ouidah. Enfin Africae Munus cite le grand Saint Cyprien de Carthage, martyr nord-africain du 3e siècle : « Ceux qui ont l’honneur du divin sacerdoce […] ne doivent prêter leur ministère qu’au sacrifice et à l’autel, et ne vaquer qu’à la prière ».

Nous comprenons mieux la sainteté de la consécration sacerdotale si nous rappelons qu’elle suppose la spiritualité de transformation de la société que AM enseigne. Elle commence avec la Parole de Dieu, qui est toujours en lien intime avec l’Eucharistie et le mystère de l’Eglise. La Parole nous provoque, nous dérange, parce qu’elle est un glaive à deux tranchants qui pénètre nos cœurs et demande un changement, une conformité toujours plus parfaite au Christ. Je parle de la conversion au niveau de notre intelligence, de nos attitudes, de notre foi, de nos habitudes. Elle nous appelle à ce que saint Paul disait : non pas moi mais le Christ qui vit en moi. La conversion nous ouvre plus profondément à Dieu, à l’Eglise et à notre prochain. Elle nous permet de regarder notre prochain dans la lumière de la Sainte Trinité, de reconnaître et d’honorer le Christ en lui ou en elle. Cela veut dire de l’aimer. C’est juste la multiplication des actions et des attitudes de charité qui changent le monde de façon durable parce que cela commence de l’intérieur, de nos cœurs, du siège de nos sentiments les plus intimes envers Dieu et notre prochain. Voici le lieu où la conscience écoute la Parole qui ne cesse d’appeler à la perfection. L’Esprit Saint n’arrête pas de nous conduire pendant toute notre vie à la pleine vérité du Christ, non seulement au niveau intellectuel mais aussi au niveau de la charité qui aime la vérité de Dieu et de notre prochain. Soyez saints, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

C’est pour cela que le Saint-Père nous implore d’édifier nos communautés par l’exemple « en vivant dans la vérité et la joie vos engagements sacerdotaux » (n. 111), à partir du célibat, engagement radical pour le Royaume de Dieu que nous renouvelons publiquement aujourd’hui comme « le don total et exclusif au Christ, à l’Église et au Règne de Dieu. »

« Investissez-vous intensément – continue le Pape — dans la mise en œuvre de la pastorale diocésaine pour la réconciliation, la justice et la paix, notamment par la célébration des sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie, la catéchèse, la formation des laïcs et l’accompagnement des responsables de la société. Tout prêtre doit pouvoir se sentir heureux de servir l’Église. » Voici ce que je souhaite pour vous, chers frères dans le sacerdoce : la joie dans votre vocation, dans la consécration que l’onction de vos mains symbolise, l’onction qui touche non seulement vos mains mais toute votre personne. Saint Jean-Marie Vianney, en parlant de la grâce du sacerdoce, disait : « Si l’on comprenait bien le prêtre sur la terre, on mourrait non de frayeur, mais d’amour », et on peut ajouter « de joie ». Que la joie d’être prêtre, ce fruit de l’Esprit Saint, soit toujours avec vous.

+Michael A. Blume, SVD Nonce Apostolique.