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Maria Tokpa (Notre Dame des Lagunes) et son histoire

Nous tenons cet article du Père DAGNON Gilbert. Il nous l’a produit en juin 2005 lors du cinquantenaire de l’érection du diocèse. Nous le reproduisons tel qu’il nous a été donné. Il a été publié dans le bulletin diocésain "Eglise de Porto-Novo" paru à cette occasion.

Sur la berge de la lagune de Porto-Novo, Face au soleil couchant, Marie surgit comme Maîtresse et gardienne de la nature de L’homme.

Les flots de l’Ouémé obéissent à ses ordres. Vigile de notre Capitale, elle veille sur chacun de ses habitants. Elle protège les voyageurs qui se confient à elle ou la saluent au passage.

De jour et de nuit les malades affluent à ses pieds, Ainsi que les possédés, Pour lui demander guérison ou libération.

Personne ne vient à elle Sans emporter quelques fruits D’ordre spirituel ou naturel.

Sa statue a été placée là Il y a 46 ans Par la dévotion de son Excellence Monseigneur BOUCHEIX et de ceux qu’elle a sauvés d’un cruel naufrage.

Depuis lors elle est la protectrice assurée De tous ceux qui ont recours à elle.

Nous te saluons Vierge de Maria Tokpa, et proclamons ta tendresse maternelle pour chacun de nous.

Ce lieu où tu habites est pour nous un lieu de grand pèlerinage, Dont nous nous permettons de rappeler l’histoire en ce 50ème anniversaire de la création du diocèse où tu résides.

C’était en 1954, Monseigneur Taylor, Vicaire Apostolique du Vicariat de Lagos, a eu l’idée géniale de lancer un Congrès Mariale, afin d’entretenir et de développer dans le cœur des Africains la dévotion à Marie Immaculée, Mère de Dieu et des hommes. Dans notre sous-région, l’évènement était inédit et si important que le Grand séminaire de Ouidah, le séminaire Saint Gall qui ne laissait pas facilement sortir ces étudiants eut l’idée d’y envoyer tous les séminaristes et tous les professeurs.

C’était une aventure, car la route était unique et périlleuse qui conduisait à Awonli (Lagos, pays de rassemblement des morts). On s’y rendait habituellement par de petits bateaux dont les deux plus importants s’appelaient Zado et Suwangni. En 1954 ces nacelles étaient désaffectées et des commerçants de la place avaient tant bien que mal affrétés quelques barques à cet effet. Le convoi des pèlerins que nous étions comptait trois « boats » dont deux pouvaient porter 50 à 60 passagers et l’autre une trentaine. C’est dans ce dernier que par désignation j’eus le malheur avec l’abbé VIEYRA Bonaventure de prendre place. Nous étions une dizaine de séminaristes et moult laïcs. Il était trop chargé.

A vrai dire ce bateau se portait mal avec des fissures cachées dans sa coque et un moteur problématique. Nous vîmes partir les deux premiers vers 13h. Quant à nous, nous ne réussîmes à démarrer que vers 15h risquant ainsi d’être surpris par la nuit. De temps en temps le moteur pétait et s’arrêtait polluant l’atmosphère d’une noire fumée, le bateau se penchait d’un côté ou de l’autre. Les passagers criaient au danger. L’abbé VIEYRA, responsable du groupe, invitait les pèlerins à redoubler de confiance envers la Sainte Vierge : nous récitions chapelet sur chapelet, nous chantions les gloires de Marie tout en portant au cœur beaucoup de crainte. Nous avions à peine fait 30km que la nuit tomba. En fait nous courrions un grand danger. Imperceptiblement l’eau remplissait le dessous du pont sur lequel nous étions installés. Je m’en rendis compte et lançai un avertissement. Personne ne voulait me croire. L’eau progressait et progressait encore ; de plus en plus le bateau penchait.

Vers 2 heures du matin j’exigeai du conducteur de me descendre tout seul au besoin dans la brousse qui bordait la côte. Sur ma détermination, il accosta. O stupeur ! Nous étions à un doigt de couler. A l’extérieur l’eau était à peu près à 5 cm de la bordure de la barque. Tout le monde s’en rendit compte et précipitamment descendit de l’embarcation. Nous étions à une quinzaine de km de Lagos. Vers 5h du matin on vint nous chercher. Le Congrès se passa avec beaucoup de ferveur et d’action de grâce à Marie pour nous avoir sauvé la vie. Le voyage de retour se passe dans d’excellentes conditions.

En 1955, un autre évènement nous fera mieux comprendre toute la portée de la grâce que la Sainte Vierge nous avait obtenue de Dieu. En 1955 donc, nos frères les musulmans se rendant à Lagos en vue de leur pèlerinage à la Mecque ont connu la mort dans un naufrage sur cette même lagune.

C’est alors que surgit avec plus d’ardeur dans les cœurs des congressistes de 1954 l’idée d’immortaliser en rendant hommage à l a Mère de Dieu, protectrice de ses enfants. On convoqua une réunion chez Monsieur Ligan. Monsieur Alphonse HAZOUME était de la partie. Monsieur DURAND qui lui aussi avait pris part au Congrès rappela alors l’histoire de la statue de Saint Joseph érigée dans la cour de la Paroisse de Notre Dame à Porto-Novo. Cette érection avait été faite disait-il, parce que Saint Joseph avait sauvé d’un grave danger le Père qui venait de Tokpli desservir Notre Dame. Il fallait qu’on réalise quelque chose dans ce sens.

Le comité paroissial de Notre Dame, sous la présidence de Monsieur Paul MIHAMI, se mit à collecter des fonds. Monsieur Damien PADONOU offrit volontiers le terrain. Quelques années passèrent. Le diocèse de Porto-Novo ne tarda pas à avoir son premier évêque, son excellence Monseigneur Noël BOUCHEIX, de vénérée mémoire, précédemment évêque en Egypte. C’est à lui qu’échut l’honneur de la création de Maria Tokpa le 12 Décembre 1959 où la statue fut érigée. Il faut noter ici l’apport du Rd Père PERRIN, alors curé de la Cathédrale de Notre Dame et dont la prestation n’a pas été négligeable dans cette affaire. Il faut aussi saisir ici l’opportunité de remercier tous les fidèles qui par leurs contributions ont aidé à la réalisation de ce projet.

Statue de Maria Tokpa : expression de la gratitude. Elle est tout d’abord l’expression de la reconnaissance du peuple de Dieu envers Marie pour avoir sauvé du naufrage les pèlerins congressistes de 1954.

Ensuite, puisque entre autres gloires de Marie, le congrès a surtout célébré l’Immaculée Conception et l’action missionnaire, la statue de Maria Tokpa se veut être la représentation de Marie Immaculée dans sa naissance et dans toute sa vie afin de nous la proposer comme un modèle permanent de fidélité envers Dieu ; elle se veut être l’expression de la tendresse ineffable d’une Mère qui, soucieuse de salut de tous les humains, invite sans cesse tous les fidèles à partager leur foi en découvrant à tous par la parole et le témoignage d’une vie chrétienne authentique, la Bonne Nouvelle du salut annoncé par le Sauveur.

Elle nous redit le prix de la confiance à Marie dont selon Saint Bernard « On n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à Elle ait été abandonné » Puisque Marie a sauvé ses fidèles d’un naufrage, cette statue se dresse comme la représentation de la Vierge Protectrice des voyageurs et en particulier de ceux qui voyageaient sur l’eau et de tous ceux qui ont recours à elle.

Puisque Marie a préservé ses dévots de la mort, à travers cette statue, Elle se présente comme étant le secours de ceux qui risquent de mourir, les malades, les infirmes : « Salus infimorum » Cette statue se présente enfin comme l’icône commémorative de cet événement historique majeur du 1er Congrès Marial en terre d’Afrique Occidentale et qui nous rappelle tout haut l’importance capitale pour les chrétiens d’une dévotion authentique envers la Mère de Dieu.

Le peuple chrétien l’a bien compris ; aussi sans tarder et très spontanément a-t-il commencé d’aller prier en ce lieu pour l’obtention de diverses grâces et en particulier de grâce de protection. Les malades physiques ou psychiques, les personnes en proie à diverses vexations y accourent pour se confier à la maternelle tendresse de la Madone. Peu à peu des groupes de personnes s’y rendent, des pèlerins s’organisent venant de toute part.

Bientôt on lui dédie le 11 Février, fête de Notre Dame de Lourdes de sorte que chaque année, à cette date, une grande célébration s’y opère, rassemblant beaucoup de malades, un peu comme à lourdes, venant non seulement du diocèse de Porto-Novo, mais aussi d’autres diocèses du Bénin. Il y a des personnes qui s’y rendent même à pieds de Cotonou en guise de pénitence.

Lieu de souvenir et d’actions de grâces, Maria Tokpa est ainsi devenu peu à peu, lieu de prière, de pèlerinage, de pénitence.

Ne pourrait-il pas devenir aussi lieu de ressourcement et d’exercices spirituels ?

En réalité, seules les circonstances providentielles suscitent et consolident les vrais lieux de pèlerinage. Le cas de Maria Tokpa semble répondre à cette donne. En effet en plus des significations qui portent, sa situation géographique elle-même le plaçant à l’orée de la villee et au bord d’une lagune jouxtant une végétation toujours verdoyante, semble constituée un cadre idéal de recueillement susceptible d’unir l’utile à l’agréable, le spirituel au naturel. Maria Tokpa, postule donc un aménagement plus adéquat à un lieu de pèlerinage authentique. C’est pourquoi je me permettrais de formuler les vœux suivants :

1. Installer là à demeure des aumôniers qui puissent accueillir les pèlerins, écouter ceux qui le désirent, les encadrer, leur assurer les sacrements de Réconciliation et l’Eucharistie.

2. Y instituer l’adoration perpétuelle.

3. Autant que possible, doter le lieu d’une hôtellerie pour l’hébergement des pèlerins.

4. Offrir la possibilité d’y procéder à des exercices spirituels (récollection, retraite…)

5. Et pourquoi pas à l’instar de Lorette y avoir un exorciste.

Notre joie est grande, de rappeler en ce 50ème anniversaire de la création de ce diocèse, le souvenir inoubliable de geste de la Reine des cieux en faveur de ses humbles dévots ; Elle les a sauvé de la noyade. Puisse t- elle nous préserver tous du naufrage irrémissible de la damnation éternelle. Nous chantons ses meilleurs ici bas. Elle est si belle, Elle est si bonne ! Que sa grâce nous inonde afin que nous demeurions constamment fidèles à la volonté du Père.

« Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ! »

Père DAGNON Gilbert, alors curé de Saint Jean Baptiste / Cotonou