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Messe aux Cadres et Personnalités Politiques

24/12/2013 à 20 h Noël 2013 Messe aux Cadres et Personnalités Politiques


Textes liturgiques : Is 9,1-6 ; Tite 2, 11-14 ; Lc 2,1-14 Chers confrères dans le sacerdoce, Chères religieuses, Frères et sœurs bien-aimés du Seigneur, Bonne fête de Noël à tous et à chacun ! Pour l’acte central de l’histoire du monde, la Providence de Dieu crée la constellation parfaite qu’il requiert. Le Messie doit, dans l’Evangile, non seulement descendre par Joseph de la race de David, mais aussi naître dans la ville de David. Pourtant, la lignée de David est bien humiliée, puisque ses derniers descendants sont contraints de se soumettre à un recensement par un souverain étranger. En effet, le recensement, dans la tradition biblique, (2 Samuel 24) est une impiété parce qu’il porte atteinte aux prérogatives de Dieu, seul Maître dans l’accroissement des familles et des peules. C’est dans ce contexte, dans ce moment noir pour son peuple que Dieu choisit d’intervenir. Il se souvient de la promesse faite par Nathan à David : « Ta maison et ta royauté subsisteront à jamais ; devant moi, ton trône sera affermi à jamais » (2 Samuel 7,17). C’est à cela que contribue l’ordre de l’empereur romain. Le Messie doit naître comme un enfant, car ainsi parle le prophète : « Un enfant nous est né », et c’est seulement parce qu’il est enfant que « son règne sera grand ». L’enfant doit naître dans la pauvreté du monde. Qu’il n’ait pas eu de place à l’hôtellerie pour lui n’est pas un hasard… Il devait en être ainsi pour qu’il partageât, dès le début, la pauvreté de notre humanité. Et si, sur cette extrême pauvreté, celle d’une étable et d’une auge à bestiaire, toute la splendeur du ciel se manifeste, c’est seulement pour renvoyer les gens simples, du grand chant de louange, à un signe plus pauvre encore ; pour l’heure suprême de l’accomplissement d’Israël, la seule preuve est celle-ci : « un nouveau né emmailloté et couché dans une mangeoire ». C’est comme une universalité verticale : entre la gloire la plus merveilleuse en haut et l’extrême pauvreté en bas règnent une correspondance parfaite et une parfaite unité. La grande joie messianique retentit dans la prophétie, dans la lumière resplendissant sur l’humanité qui habitait dans les ténèbres, sa jubilation s’élève à l’occasion de la naissance de l’enfant comme pour un don de fête. « Il nous est né, il nous est donné ». La joie éclate ! Tout ce qu’il sera et fera sera « pour nous ». La prophétie accomplie du Messie « sur le trône de David » nous dit que la paix inimaginable et la justice achevée de l’alliance ont définitivement commencé « maintenant et pour toujours ». Cette paix était jusqu’à présent inimaginable, parce qu’elle a le pouvoir d’éliminer la guerre ; pour cette raison, le nouveau souverain doit s’appeler « Dieu-fort » et « Prince-de-la-Paix ». Jésus dira les deux choses : il est venu pour apporter la paix et le glaive, mais un glaive dont le pouvoir et la tâche sont de détruire la guerre et d’apporter une « paix sans fin ». C’est une nouvelle universalité qui dépasse toutes les forces et toutes les capacités de l’homme : la guerre comme prise de parti et enseignement pour l’Enfant sera la voie menant à son royaume de paix. « La mort a été engloutie dans la victoire » et la guerre dans la paix. La deuxième universalité, pour ainsi dire horizontale, est proclamée dans la deuxième lecture, de la lettre de Paul à Tite, qui étend la messianité de l’Enfant au-delà d’Israël à toute l’humanité. Le peuple d’Israël, « propriété particulière de Dieu », ne sera plus un peuple isolé parmi d’autres, mais tous ceux qui se décident dans le monde entier, à passer de l’impiété à la fidélité au Christ, appartiennent désormais à ce peuple qui est « propriété de Dieu ». C’est pourquoi, de Noël, le regard se porte d’avance sur la croix, sur le don de Jésus « pour nous », « pro nobis », afin de nous racheter de toutes nos fautes. Noël comme descente de Dieu dans la pauvreté, n’est que le prélude pour ce qui s’achèvera à la croix et à Pâques, non seulement la rédemption d’Israël, mais le salut de toute l’humanité. Oui « il a été fait homme pour pouvoir mourir ». Chers frères et sœurs bien-aimés du Seigneur, le péché du monde pèse lourd sur tout homme. La situation au Moyen-Orient, en Syrie, en particulier, la drogue en Amérique, les guerres chez nous en Afrique, au Soudan, en RCA, l’oppression d’un peuple par un autre sont, l’indice d’un mal profond. Dans notre pays, la situation n’est pas rose non plus. Avec votre retraite à Sègbohoué, il y a quelques jours, vous avez réfléchi et prié à partir du contexte socio-politique qui est le nôtre : la vive querelle publique affectant la gestion de l’économie cotonnière, le désert qui s’observe dans les établissements bancaires et financiers, la récente montée en première ligne des forces armées et des forces de sécurité dans un conflit à caractère économique et commercial, le schisme religieux de Banamè, source de trouble social… Tout cela inquiète nos populations, suscite des interrogations et génère des doutes dans le cœur de nos compatriotes. La situation actuelle appelle, sans nul doute un dialogue de vérité et de relance. Le mal est là et il nous faut y faire face courageusement pour en libérer notre nation. C’est de la responsabilité première des chrétiens. Dans le triomphe apparent de ce mal, nous avons besoin de quelqu’un qui nous dise : « Espoir ! La porte s’ouvre pour le Prince-de-la-Paix » 1. Croyants, disciples du Christ, nous sommes porteurs de cet Evangile de vérité, de justice et de paix. Le vrai problème partout me semble-t-il, c’est de travailler avec foi et détermination pour la réhabilitation des droits de chacun, afin que personne ne vive plus dans l’indigence. Chaque citoyen, chez lui, doit pouvoir dire, chaque jour : « j’ai bien mangé, j’ai bien dormi ». Cela ne doit pas rester un rêve, mis une réalité. Les biens que Dieu a créés ne sont pas au profit de quelques personnes mais pour tous également. Voilà la vérité. Et il ne nous suffit pas de prier seulement, il faut encore passer à l’action avec la conviction que les biens temporels sont crées par Dieu (1Tm 4, 4) et doivent être considérés comme dons de l’amour de Dieu (Mt 5, 45 ; Act 14, 17). Ils sont placés sous la domination de l’homme (1 Co 7, 29-31), mais il faut que nous apprenions à en faire usage pour ne pas perdre les biens éternels. Alors, comment sortir des institutions économiques et financières mensongères qui ne respectent pas le plan de Dieu ? Le Pape Pie XI disait cette belle phrase : « La richesse économique d’un peuple ne se mesure pas dans l’abondance des biens de la terre, mais dans le développement humain de ses membres. » Dieu multiplie le pain, à nous de le distribuer. Le Pape François à peine élu Pape a parlé de la tyrannie de l’argent qui est à la source de ses inégalités, « Ce qui commande aujourd’hui, dit le Pape, c’est l’argent ; c’est l’argent qui commande. Les personnes sont mises au rebut comme si elles étaient des déchets. » Dans une lettre du Pape François pour le sommet du G8 récemment, nous lisons cette belle pensée qui pourrait aussi nous inspirer : « La préoccupation pour le bien être matériel et spirituel fondamental de chaque personne humaine est le point de départ de toute solution politique et économique et la mesure ultime de son efficacité et de sa validité éthique. » Pour ce qui est spécifiquement des déviations sectaires que connaît notre Eglise, comme je l’écrivais dans mon message aux fils et filles de notre diocèse à l’occasion du quarantième anniversaire de mon ordination sacerdotale, les racines de ces événements graves que nous observons sont « dans le goût du lucre, l’attachement à la gloire vaine de ce monde et le refus de l’obéissance ». Or celui qui naît à Noël, le Fils de Dieu, c’est justement Celui qui ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu ; c’est Celui qui naît pour mourir, d’une mort sur la croix. Ce chemin d’humilité est celui par lequel nous sommes tous invités à marcher. Marchons donc sur le chemin de l’Emmanuel, « Dieu-avec-nous ». Chers frères et sœurs, C’est, en effet, Lui et Lui seul, le Fils de Dieu, nouvel Adam et divin Messie, qui peut rassembler toutes les générations. Il n’est pas contenu dans la chaîne des générations comme un maillon, qui disparaitrait après avoir transmis une vie éphémère, mais il est Celui qui porte au contraire toute l’humanité, en faisant de lui-même un espace immense, un espace illimité où chacun peut être accueilli par ce Dieu complètement désapproprié de lui-même qui nous apprend ce qu’est la vraie grandeur de la personne humaine. Chers frères et sœurs, quel abîme de bonté et d’amour pour les hommes ! Béni soit celui qui est descendu et a habité en Marie, et qui est sorti d’elle pour nous sauver ! Béni soit ce fruit qu’a enfanté la Vierge ! Et que nos cœurs jubilent, que nos esprits débordent de joie. Puissions-nous être transfigurés de gloire en gloire par la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ et son amour des hommes. Amen

Père Jean Benoît GNANBODE,

Administration Apostolique du diocèse de Porto-Novo