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Messe chrismale 2014 à Porto-Novo : Homélie

C’est Mgr Victor AGBANOU, évêque de Lokossa qui est venu présider la messe chrismale. Voici le texte de son homélie.

« L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction » Frères bien-aimés dans le Sacerdoce ministériel,

1- L’évangéliste Saint Luc, dans son attention toute particulière portée à la liturgie, ouvre et conclut son Evangile de Jésus-Christ, l’oint de Dieu, avec des événements advenant dans le temple, notamment l’annonce à Zacharie de la naissance de Jean-Baptiste au premier chapitre, et la mention de la présence continuelle des disciples au temple qui ferme le récit au chapitre 24 Cette perspective de grande inclusion donne au troisième évangile une connotation liturgique spéciale qui ne va pas aussi sans un clin d’œil au Sacerdoce : ce ministère sacerdotal, tout au long de l’histoire d’Israël, a été lié au service du temple et à sa liturgie. La présence de Jésus à la synagogue de Capharnaüm, haut lieu de la liturgie de la parole, nous rappelle aussi d’une certaine manière qu’il est et demeure le cœur de l’Alliance que Dieu scelle avec son peuple et avec l’humanité, Alliance dont il est le Prêtre et le Médiateur Souverain. En ce sens, il peut s’approprier à juste titre les paroles du prophète Isaïe, paroles qui, à leur plus haut point d’assimilation et d’accomplissement, débouchent sur cette annonce qui est comme une introduction au rituel de l’intronisation en même temps qu’une parole de légitimation du ministère du Grand Prêtre : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction… »

Chers frères dans le sacerdoce,

2 - En méditant ces textes de la révélation du ministère messianique du Christ, l’attention pourrait bien, si l’on n’y prend garde, se déplacer rapidement vers le contenu des promesses, notamment, la bonne nouvelle de paix et de libération, passant ainsi sous silence le socle sur lequel repose l’avènement de ces promesses, id est : l’onction et la consécration par l’Esprit. La Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres, la libération de prisonniers et des captifs et l’année de grâces et de bénédiction dépendent logiquement et chronologiquement d’une toute première affirmation : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction… ». Pour l’évangéliste St Luc, le ministère du Christ est placé au plus haut point sous le signe de la présence de l’Esprit du Seigneur. Saint Luc l’évoque déjà au baptême de Jésus, à la révélation du ministère messianique de Jésus (C’est la séquence que nous exécutons en ce jour). L’Esprit est avec le Christ pour lui faire accomplir les signes au milieu du peuple (Lc 7, 17 ; 16, 19 ; 9, 1). Il est avec lui pour le choix des disciples (cf. l’évangile et le Livre des Actes des Apôtres). Il le fortifie dans sa mission (Lc 10, 21). Sans l’Esprit, dirions-nous, rien, mais avec l’Esprit, tout, car « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction… »

Chers confrères bien-aimés,

3 - Le ministère du Christ auquel nous avons part, n’est pas le sien propre comme aussi le nôtre. C’est d’ailleurs pourquoi s’éveille à chaque instant en nous le sentiment que nous sommes revêtus d’un sacerdoce qui est plus grand que nous, et qui nous fait sans cesse donner plus que ce que nous sommes et ce que nous avons nous-mêmes. « L’on ne peut donner que ce que l’on a » disons-nous bien souvent. Mais il est une réalité où l’on donne bien au-delà de ce que l’on a. Et cette réalité, c’est bien le Sacerdoce, mes chers frères. La thématique de l’onction que l’on rencontre dans les récits de l’Ancien Testament est de nature à rappeler à l’élu (prêtre, prophète ou roi) qu’il exerce un rôle de médiation, dans lequel il doit toujours élever son regard vers autre chose que ce qu’il est lui-même. Oui, nous avons été choisis et consacrés dans l’Esprit Saint qui, à l’ordination, par l’onction du Saint-Crème dans nos mains, nous imprime de son sceau en vue du ministère sacerdotal. Ce n’est pas sans raison que notre ministère est appelé à juste titre « ministère dans l’Esprit », car sans l’Esprit, nous ne pouvons apporter au monde que ce qu’il a déjà, nous ne pouvons lui apporter que nous-mêmes et nos égoïsmes, larvés parfois sous le masque d’apostolat.

Chers frères,

4 - Je m’en voudrais en ce jour de ne pas vous exhorter à revivre notre onction dans l’Esprit, certainement pas dans la synagogue de Nazareth, mais dans le temple de notre cœur et dans l’Eglise. Le ministère sacerdotal se distinguera toujours de tout autre métier dont on arrive facilement à bout par des techniques de performance, d’efficacité et de rentabilité. Notre ministère en soi est un ministère qui prend source et racines dans l’Esprit. Et comme tel, il ne peut s’exercer que par des moyens autres que ceux que le monde nous offre. Les réformes les plus efficaces et les succès les plus significatifs que l’Eglise et notre monde attendent de nous et du sacerdoce, ne peuvent provenir que du cœur à cœur avec l’Esprit où nous prenons conscience de notre appel et de notre responsabilité vis-à-vis de cet appel. Le retour à l’Esprit, fontaine de notre appel au ministère consacré, reste assurément pour notre temps, la clé de réponse aux nombreux discrédits plus ou moins justifiés qui, sans pour autant en diminuer à l’essence notre sacerdoce, en assombrissent quand même quelque peu l’image. Alors qui suis-je, ou que suis-je, prêtre, sur qui repose l’Esprit du Seigneur, parce que le Seigneur ma consacré par l’onction, et quelles responsabilités, quelles ruptures, quelles conversions intérieures et quels engagements concrets m’impose cette perception de mon identité ? Voilà la question, mes chers frères prêtres. Question à laquelle une réponse vraie et courageuse mérite d’être donnée et sans cesse redonnée.

5 - « Le Seigneur m’a envoyé proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté, proclamer une année d’accueil par le Seigneur ». Jésus, accomplissement parfait des promesses du Seigneur à son peuple, scelle en termes concrets une Alliance entre Dieu et son peuple. Pour le prophète Isaïe, l’Alliance de Dieu avec son peuple impliquait, outre l’entrée en possession de la Terre Promise, la paix et la joie sans fin, la bénédiction pour tous les peuples, sans exclure la revanche et la vengeance de Dieu sur, sans doute, les ennemis d’Israël. Avec Jésus, nous nous retrouvons en face d’une médiation plus parfaite et universelle, au point où Saint Luc, dans sa reprise du prophète Isaïe, laisse de côté la mention du « jour de revanche pour notre Dieu » pour tout reposer sur l’année de grâce accordée par le Seigneur. Les temps nouveaux, le Kairoj dont nous sommes, dans le Christ, les prêtres, c’est-à-dire médiateurs, sont un temps de grâces et de miséricorde. Aussi voudrais-je, chers confrères Prêtres, entrevoir en ce jour notre ministère de médiation comme un ministère de grâce et de miséricorde.

Il s’agit d’une expérience que nous vivons au plus profond de nous-mêmes, dans les services liés à ce ministère et plus particulièrement encore dans le sacrement de réconciliation. La grâce, id. le don gratuit que le Seigneur nous accorde, et à travers nous, à nos frères et sœurs, ne peut laisser nos cœurs indifférents. Bien au contraire, elle nous engage sur le chemin de la rencontre, les uns avec les autres, et avec l’Eglise, avec dans le cœur, l’humble reconnaissance de nos manquements, de nos faiblesses, de nos égarements et de nos abandons. Annoncer l’année de grâce que le Seigneur accorde c’est pour nous aujourd’hui, très chers frères, nous engager aussi sur le chemin qui nous conduit jusqu’au pardon les uns envers les autres, pardon qui nous porte à nous surpasser nous-mêmes pour porter notre regard sur l’Esprit, en qui nous sommes oints, et sur le Christ et l’Eglise que nous sommes appelés à servir. Oui, il s’agit d’un véritable chemin de pardon pour tous : moi-même envers vous, frères bien-aimés dans le sacerdoce, vous envers votre évêque, et vous et moi tous ensemble envers le peuple des fidèles qui nous est confié. Le ministère auquel le Christ nous associe est un ministère de grâces et de miséricorde qui doit toujours nous élever au-dessus de notre moi et de nos simples vies humaines. N’y manquons pas, afin que l’Eglise ne souffre jamais de l’absence de notre précieuse pierre à la construction de son édifice.

Et vous fils et filles bien-aimés, prêtres de Seigneur, serviteurs et servantes de notre Dieu.

6 - C’est avec joie que je vous désigne par ces beaux termes du prophète Isaïe que nous avons entendu tout à l’heure en première lecture. Ils rappellent si vous le voulez, votre onction et notre onction baptismale dans l’Eglise. Dans l’A.T., l’onction est le signe de la prise de service, de l’entrée en fonction pour des hommes que le Seigneur a choisis pour des ministères qui requièrent d’autres considérations que celles humaines. De par notre baptême, nous sommes devenus, selon les mots de la liturgie baptismale, prêtres prophètes et rois avec le Christ, pour prendre part à sa fonction d’annoncer la Bonne Nouvelle, de proclamer et de faire advenir l’année de grâces accordée par le Seigneur. Par l’onction du Saint-Crème, nous affirmons avec le Christ que l’Esprit du Seigneur est sur nous (est # vient) et que le Seigneur nous a consacrés.

Déjà dans les simples rapports humains, il est évident qu’à la prise de fonction doit succéder l’assiduité à la tâche, pour répondre, disons-nous, aux exigences du nouveau poste. De même, pourrions-nous dire, notre sacerdoce royal dans le Christ est un don en même temps qu’un engagement, avec cependant cette spécificité que le Seigneur nous dote déjà, contrairement à un administrateur qui peut manque parfois de compétence, de toutes les potentialités nécessaires à l’exercice de notre ministère ou de notre fonction. Pour nous, dans le régime de la grâce que le Christ nous accorde, il n’y a pas lieu de craindre un défaut de capacité ou de compétence. Le Christ nous a tout donné et il donne toujours tout. Vous savez combien notre diocèse a besoin de votre contribution aux cotés des prêtres pour faire avancer le règne de Dieu. Appelés à la suite du Christ, allons et que notre vie tout entière proclame par son exemplarité :

« Cette parole de l’Ecriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit » Amen.