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Homélie de Mgr aux Vœux Perpétuels chez les Sœurs de la Médaille Miraculeuse à Malanwi.

Vœux Perpétuels chez les Sœurs de la Médaille Miraculeuse à Malanwi. Textes liturgiques

1) Isaïe 41, 8-10.13 – 14

2) 1 Jan 5, 1 – 5

3) Luc 14, 25 - 33

Chers confrères concélébrants,

Chères Religieuses

et vous qui allez vous engager définitivement à la suite du Christ,

Chers frères et sœurs bien aimés du Seigneur,

Les vœux de religion pour lesquels nous sommes rassemblés aujourd’hui veulent nous rappeler qu’ils sont de nature à nous montrer combien la vocation à la vie religieuse consacrée est élevée, pressante et exigeante. On y voit la splendeur d’une vie consacrée à Dieu lorsqu’elle est vraiment fidèle et chaque jour davantage. La parole de Dieu que nous venons d’entendre nous éclaire une fois de plus sur la valeur élevée de cet état de vie qui ne cherche qu’à rendre gloire à Dieu qui nous aime et nous a faits pour lui.

Israël n’avait aucun mérite. Pourtant Dieu l’a choisi à travers Abraham parce qu’il l’a voulu, parce qu’il a voulu qu’il le représente dans le monde. Mais les enfants d’Israël ont échoué, s’exposant aux sanctions et à l’exil mais Dieu les a assistés.

Aujourd’hui, nous qui croyons au Christ, le Fils du Dieu Vivant, le visage resplendissant de Dieu, l’image parfaite du Père selon la lettre aux Hébreux, et faisons partie du nouveau peuple de Dieu, sommes envoyés dans le monde pour refléter ce visage de Dieu, et rayonner sa présence. Nous n’avons aucune raison d’avoir peur, car Dieu est avec nous comme il l’était avec Abraham et son peuple ; il établit une relation personnelle et intime avec nous en son Fils. Il nous promet sa force, son aide et la victoire sur le péché et même sur la mort. Il nous faut être conscient des moyens qu’il a mis et met en œuvre pour nous aider. Il nous le dit avec des paroles très fortes : « Ne crains pas, je suis avec toi, je t’affermis et je t’assiste, je te soutiens de main victorieuse. Ne crains pas, répète – t – il, je viens à ton secours, ne crains pas faible vermisseau, misérable mortel, je viens à ton secours. »

Oui, mes sœurs, voilà des paroles sûres sur lesquelles nous pouvons compter pour mettre nos pas dans les pas de Jésus dans le renoncement, l’amour, le sacrifice, en un mot le don total de vos personnes que vous voulez faire aujourd’hui. On voit Jésus faire route avec de grandes foules. Il se retourne, dit l’évangile. Personne ne s’attend à ce brusque mouvement. C’est que ce qu’il va dire lui tient à cœur, a du prix à ses yeux : « si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, femme, enfants, ses frères et sœurs et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne peut pas porter sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. » Jésus en parlant ainsi met à l’épreuve l’enthousiasme des foules à le suivre. Il oblige ceux dont l’engagement est encore superficiel à persévérer encore et encore et toujours à rebrousser chemin. Suivre Jésus, c’est se plier à sa volonté jusqu’à la mort. Si un constructeur n’établit aucun devis ou fait une mauvaise estimation des coûts, sa construction risque de ne jamais être terminée. Il s’agit d’aller jusqu’au bout de ce qui est entrepris.

La décision de suivre le Christ entraîne des ruptures pénibles et courageuses. L’évangéliste nous rappelle que l’attachement à la famille peut être un obstacle à notre fidélité. Luc ajoute qu’il faut même être prêt à risquer sa propre vie pour le service de Jésus, si l’on veut vraiment être son disciple. Remarquons qu’il y a plusieurs manières d’être disciples de jésus. Il nous invite à nous convertir, c’est-à-dire à laisser la vie de péché pour nous soumettre à la volonté de Dieu que la foi révèle. Cette vie exige par exemple la pratique de la charité fraternelle, le respect de la justice ; déjà le Baptiste le demandait à ceux qu’il baptisait. Jésus appellera à une telle vie de disciple quand il s’écriera : « Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle. » Cette invitation est adressée à tous les hommes, car Jésus désire les sauver tous. Par ailleurs, Jésus a voulu s’associer certains disciples d’une manière exclusive et définitive, pour qu’ils se consacrent aux ministères que lui – même remplit. De la part de tels disciples qu’il appelle à mener une vie consacrée aux intérêts du Royaume, ou qui prennent l’initiative de venir vers lui avec l’intention de « le suivre partout où il ira », Jésus demande davantage. Qu’ils s’assoient et considèrent s’ils acceptent les conditions de l’engagement, à commencer par le renoncement à tous ses biens.

Luc parle de tout abandonner et il est plus sensible que Mathieu à la pratique de la pauvreté qui implique la privation de biens, et non seulement une attitude intérieure de détachement à l’endroit des biens matériels, ce qui est la pauvreté d’esprit. De quoi s’agit – il quand nous parlons ici de conseil évangélique de pauvreté ? La possession des biens extérieurs nous porte à aimer et à vouloir les accroître. C’est ce qui a arrêté le jeune homme riche dans sa marche vers la perfection à laquelle le sauveur l’appelait. Rappelons – le encore une fois aujourd’hui. La pauvreté évangélique porte à ne plus rechercher que Dieu. L’abandon des biens temporels porte l’âme à désirer vivement les biens éternels. La pratique effective de cette pauvreté évangélique n’est pas absolument nécessaire à la perfection, mais pour être parfait, il faut avoir l’esprit des conseils évangéliques, comme nous l’ont montré les fondateurs et fondatrices de nos Instituts qui ont défini dans nos Constitutions la manière concrète de vivre cette pauvreté. Et c’est à ce document précieux que je vous renvoie.

Quant à la parfaite chasteté, elle n’est pas moins nécessaire à la perfection religieuse. Les joies de la vie conjugale empêchent les créatures humaines que nous sommes de se donner totalement au service de Dieu ; l’amour humain, même s’il est légitime empêche l’âme de tendre parfaitement à l’amour de Dieu, et lui enlève quelque chose de sa force et de son élan spirituel. De plus, tous les soucis d’une famille à maintenir sont un obstacle à la perfection de l’amour de Dieu comme le dit Saint Paul (1Cor 7,33). Ils divisent l’âme et l’empêchent d’être totalement au Seigneur. Enfin, l’attachement à notre volonté propre qui n’est pas conforme à la volonté divine est le plus grand obstacle à l’amour de conformité que nous devons avoir pour le Seigneur. Obéir saintement à une règle approuvée par l’Eglise et bien obéir aux supérieurs religieux comme à Dieu même qu’ils représentent, assure cette conformité progressive avec la volonté divine. L’obéissance religieuse nous fait sortir de notre volonté propre et d’abord arriver à cette conformité nécessaire à la perfection, et ensuite, elle nous y conserve.

Mes sœurs, cette oblation de votre liberté faite au Seigneur, par amour pour Lui, lui est très agréable. Elle est supérieure aux deux précédentes, car c’est la merveilleuse part de nous-mêmes que nous lui offrons ; non pas seulement les biens extérieurs à notre corps, mais nos facultés supérieures et cela d’autant plus que nous renonçons à notre liberté par un plus grand amour de conformité à la sienne. C’est ainsi que Saint Thomas d’Aquin le grand théologien de tous les temps nous explique les conseils évangéliques. Les chrétiens ne doivent pas s’affaiblir et devenir tièdes dans leur réponse à l’appel de Dieu. Et c’est pour le signifier nettement que Luc a placé ici cette courte parabole.

Chers frères et sœurs, mes chères filles, après tout ce que nous venons de rappeler, est-il exagéré de dire que la vie de l’âme de toute personne consacrée vraiment fidèle est un sacrifice parfait qui mérité le nom d’holocauste ? A propos de ce terme, Saint Thomas répond avec Saint Grégoire : « Si quelqu’un offre à Dieu tout ce qu’il a sans rien réserver pour soi, il offre à Dieu un holocauste. Or c’est ce que fait tout religieux qui offre à Dieu les trois espèces de biens qu’il peut posséder : les biens extérieurs par le vœu de pauvreté volontaire, son propre corps par le vœu de chasteté absolue, sa propre volonté par le vœu d’obéissance. Il offre ainsi au Seigneur un sacrifice parfait qui mérite le nom d’holocauste. Mes sœurs, la vie religieuse consacrée ne se vit pas individuellement ou en autarcie. Elle se vit ensemble en communauté dans un esprit de convivialité, de partage d’affection mutuelle, de tendresse, de pardon donné et reçu, de compréhension mutuelle, d’amitié fraternelle et de confiance réciproque, en un mot de charité fraternelle qui comprend tout, excuse tout, supporte tout. Elle se vit dans la prière régulière, une prière régulière, fidèle et confiante.

Mes sœurs, appuyez – vous sur la Vierge Immaculée, l’Epouse de l’Esprit Saint, Mère du Rédempteur. Avec elle, les vœux ne seront jamais pour nous un fardeau, parce que nées de Dieu et choisies par Lui pour témoigner de sa présence ici-bas et dans le monde à venir, vous parviendrez à la plénitude de la vie éternelle. Amen !

Malanwi, Samedi 24 Août 2013

Mgr Jean Benoit GNAMBODE,

administrateur apostolique du diocèse de Porto-Novo