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Homélie du Vicaire général à la Messe des 40 ans de Mgr GNAMBODE

Serviteur de Dieu,

Serviteur des hommes,

Excellence révérendissime, Mgr Clet FELIHO, Evêque de Kandi

Bien très cher Révérendissime, Monseigneur Jean-Benoît GNAMBODE

Heureux Jubilaire

Révérendes sœurs

Chrétiens mes frères et chers amis,

Il y a quarante ans jour pour jour, son excellence Mgr V. Mensah de vénérée mémoire conférait le sacerdoce ministériel à l’Abbé Jean-Benoît GNAMBODE sur cette terre bénie de Missérété. On pouvait dire en ces premières années de l’Episcopat de ce distingué Prélat que fut Mgr Mensah que un miracle se produisait car l’événement rare était singulier en son genre et le mystère qu’il était se laissait apprécier pour les croyants et les non croyants. Dieu a visité ce peuple, Dieu nous a visité disaient les uns et les autres. La manifestation de Dieu Amour était visible à travers la consécration d’un prêtre, fils du terroir. Cette grande célébration mettait fortement en lumière la pathétique histoire de Dieu qui rejoint l’homme dans sa nature et dans sa condition afin de l’associer au mystère du salut pour son propre bien et le bien de toute l’humanité. Cette sollicitude de Dieu contraste malheureusement avec la conception qu’a l’homme du bonheur et de sa vie. Vivre, c’est s’assurer une autonomie financière, une progéniture, une sécurité religieuse telle que l’homme veut et non pas comme Dieu veut. C’est alors que la vocation, l’entrée au séminaire, la vie et l’ordination du Jeune lévite Jean-Benoît GNAMBODE vont interpeller les cœurs et la vie des hommes et femmes de ce village. Ceux-ci s’entendront dire comme dans l’évangile de ce 19ème dimanche du temps ordinaire : « sois sans crainte, petit troupeau, car Dieu a trouvé bon de vous donner le royaume » On peut alors sans aucun risque de se tromper, affirmer que à partir de l’ordination du Père Jean-Benoît il y a 40 ans que l’évangélisation a pris une autre allure et la vie des hommes s’est améliorée. Le Prélat consécrateur Mgr Mensah ne prophétisait-il pas lorsqu’il disait « une lueur radieuse s’élève en cet après midi sur Akpro-Missérété ? » Oui, c’est le don ineffable du sacerdoce que Dieu fait à l’humanité, à chaque pays, à chaque région et pourquoi pas à chaque communauté chrétienne en temps opportun. Le sacerdoce, comme vous l’affirmiez Mgr dans votre message adressé à tout le Diocèse hier à la fin de la Messe d’action de grâce ici à Missérété, c’est le sacrement qui fait de l’appelé un Prêtre, un homme apostolique, un être envoyé, comme l’ont été les Apôtres pour actualiser la mission du Christ… Par l’exercice du sacerdoce ministériel, le Prêtre configuré au Christ Souverain Prêtre, sanctifie le temporel et offre à l’homme déchu et en instance d’être sauvé la grâce de la réconciliation avec Dieu, de la vérité avec lui-même, la reconquête de sa splendeur première de fils et fille de Dieu qui immanquablement retrouve le chemin d’éternité. Il n’y a donc pas de vie spirituelle et matérielle ni de salut ni de développement réel pour les peuples sans le sacerdoce accepté et vécu avec fruits. C’est le moyen le plus sûr que Dieu nous offre aujourd’hui, que dis-je ? Que Dieu offre aujourd’hui à l’Afrique pour qu’elle se libère du carcan de la pauvreté et du sous-développement. C’est bien ce qu’affirme le Pape Benoît 16 dans son Exhortation Apostolique Post Synodale "Africae Munus n°109" lorsqu’il dit « En vous consacrant surtout à ceux que le Seigneur vous confie pour les former aux vertus chrétiennes et les conduire à la sainteté, non seulement vous les gagnerez à la cause du Christ, mais vous en ferez aussi les protagonistes d’une société africaine renouvelée ». On comprend aisément que selon la vision papale, le sacerdoce donné gratuitement à l’humanité et que l’Eglise exerce avec foi et respect est la voie sure et un moyen incontournable pour sortir et libérer l’Afrique et le monde entier des maux qui les minent. Refuser Dieu c’est refuser le sacerdoce. Refuser le sacerdoce, c’est refuser Dieu et par conséquent le développement et le Salut.

En cette fête du sacerdoce, il urge pour nous Prêtres et pour tous les fidèles de reconsidérer les acquis de notre Chère Eglise, les dons faits à notre humanité pour notre salut. La liturgie de ce jour est particulièrement belle pour ce qu’elle nous offre et l’occasion est propice pour revoir nos motivations et notre détermination pour l’accueil et la sauvegarde d’un tel trésor en Eglise. Il y a 40 ans, Mgr Mensah de vénérée mémoire disait du peuple d’Akpro Misséreté « Malgré ce qui se dit et malheureusement ce qui se fait autour du sacerdoce en notre temps… Vous avez su accueillir cette grâce et créer le climat de foi vivante où s’est épanoui et grandi le germe posé au cœur de votre fils Benoît » Que pouvons-nous dire 40 ans après ? Prêtres, chrétiens, fils et filles de Dieu ? Le sacerdoce a-t-il encore une place de choix et est-il exercé convenablement dans un climat de foi pour le bien du peuple de Dieu ? Que faisons-nous pour contrecarrer les actes malveillants et jaloux qui tentent de le confondre aux falsifications modernes et aux singeries quelconques et bizarres. Notre réponse à l’amour du cœur aimant de Dieu "Pastores dobo vobis » ne doit souffrir d’aucune hésitation ni ingratitude. Selon l’Epitre aux hébreux, le Prêtre est toujours choisi parmi les hommes pour le bien des hommes. Sa finalité de l’action du Prêtre doit toujours tendre vers le bien pour tous sans aucune distinction ni de race, ni d’ethnie, ni de culture.

Monseigneur Jean-Benoît, permettez-moi de vous dire quelque chose que je ne vous ai jamais dit. Nous étions encore séminaristes et il vous revenait de diriger nos sessions de traduction à Ouando. Il s’est fait qu’un jour, Mgr Mensah nous faisait des remarques en votre absence. Il nous invitait à prendre la vraie mesure des choses et à avoir des modèles de prêtres. Il disait notamment parlant de vous, que si nous voulons un bon Prêtre en voilà un. C’était vous. Vous être un bon Prêtre. Je vous ai toujours observé et j’ai vu les choses telles que l’Evêque l’avait dit. C’est parce que vous êtes bon que vous avez cheminé dans la vérité et la loyauté sans trébucher et sans prétention aucune de vouloir telle ou telle chose ou d’être chef à tout prix depuis 40 ans qui nous rappelle la marche d’Elie, les 40 années du peuple de Dieu, les 40 jours passés sur terre par Jésus après sa résurrection etc.… et vous voici au milieu de nous prêt encore à rendre compte de ce sacerdoce à vous confié par l’Eglise depuis 40 ans. Je suis tenté de vous demander comment cela s’est passé et de me donner votre secret. Vous avez dépassé largement le temps réglementaire du service officiel d’un fonctionnaire d’Etat et vous êtes prêt pour continuer d’arpenter les pistes de toutes les paroisses et stations du Diocèse, les pistes sinueuses des collines de Dassa jusqu’au jour où vous remettrez entre les mains du Père Eternel l’œuvre accomplie. Voici à travers vous un sacerdoce accompli pour le bien de tous jeunes gens, vieilles gens, enfants, riches et pauvres. De bons et loyaux services aussi bien à l’Eglise qu’à la nation. Il n’y a personne ici en ce jour (grand chancelier de l’ordre national) pour vous décorer et vous décerner le mérite de commandeur ou de grande croix etc.

Votre décoration c’est votre action de grâce, c’est cela le Prêtre. Votre héritage dans ce sens, c’est bien ce que disait le Pape Benoît XVI lorsqu’il affirmait en 2007 à l’occasion de la Journée Mondiale de prière pour la sanctification des prêtres. Il disait « Le Prêtre peut et doit dire aujourd’hui également avec le lévite « Dominus pars héreditatis meae et calicis mei » Oui, Dieu lui-même est ma part de terre, le fondement extérieur et intérieur de mon existence. Mgr Jean-Benoît, c’est ce théocentrisme de l’existence sacerdotal, cette simplicité et cette sobriété dans l’avoir et le vouloir que vous faites ressortir aujourd’hui comme la fine fleur de vos noces de Rubis dans un monde totalement fonctionnel dans lequel tout est fondé sur des prestations qui peuvent être calculées et vérifiées. Mgr, vous avez été très tôt éduqué par vos parents surtout Papa, aux valeurs humaines et évangéliques. Vous disiez hier dans cette même Eglise que vous avez servi comme boy chez les Pères, vous étiez soumis et obéissant. C’est bien la somme de tout cela et la référence régulière à la parole de Papa, de Maman qui vous on façonné et vous ont épargné le goût exagéré des grandeurs et les désirs immodérés. Votre seul espoir c’est la providence. Elle ne vous a pas fait défaut le lendemain même de votre ordination où après la Messe de prémices, votre bien aimé feu Père, vous remit une mobylette motobécane neuve pour le service de Dieu et le service des hommes. Mgr, savez-vous que vous avez beaucoup de qualités ? Ce n’est pas sûr que vous le sachiez. L’évangile de ce jour nous parle du service, de la tenue de service, ce qu’il faut en faire, ce que le serviteur doit faire et la récompense qui est la sienne.

Le service. En faisant une relecture de votre vie à la lumière de ce que vous faites et vivez aujourd’hui on se rend compte que votre objectif était depuis lors clair et très clair. Vous êtes convaincu que la vie du Prêtre, c’est le service et un service désintéressé. Mgr GANYE le rappelait encore hier. Vous vous êtes rendu toujours disponible et prêt à servir. Est-il besoin que je rappelle votre début de ministère comme Professeur au séminaire de Ouando ? Vous n’avez nullement couru comme on le dit ni chercher à passer par des personnes ressources ou amis pour occuper tel ou tel poste. Vous vous êtes plutôt préparé à chaque fois, essayer d’avoir la formation nécessaire pour relever le défi et être à même d’exercer le ministère à vous confié. Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement lorsqu’on sait que vous avez été à l’école des grands baobabs dans la foi à savoir les Pères Zérringer, Chopard, Lalande, Houngbédji, Shanu, Adéyemi, Mouléro, Mgr Mensah, Mgr Gantin celui-ci dont d’ailleurs la devise était « A ton Saint Service ». Vos études supérieures chez les Pères de Saint Sulpice vous ont formé et vous ont donné la force, le caractère et la compétence nécessaire pour former de nombreuses générations de prêtres et d’Evêques confiés à vos soins en France, au Canada, au Benin en Propédeutique au grand séminaire St Gall de Ouidah sans parler de vos nombreuses recollections et retraites dans les maisons religieuses et votre ministère en milieu carceral. A tout ceci, il faut ajouter votre pastorale de qualité en tant que Curé fondateur de la Paroisse de Tokpota et Curé Doyen de Dangbo vous avez exercé vraiment la diaconia c’est-à-dire, vous vous êtes mis au service du peuple de Dieu, au service de l’Eglise est pourquoi pas de vos Supérieurs ? Vous n’avez jamais cherché à être chef. C’est édifiant pour nous et pour la Jeune Génération. A peine avons-nous pensé que vous reviendriez travailler avec nous dans le Diocèse que la conférence Episcopale du Bénin vous a confié la mission de ressusciter et de développer le sanctuaire Marial de Dassa. Sans tambour ni battant, vous avez obéi comme Abraham. Un coup d’essai, ce fut un coup de maître, Dassa est complètement rené et brille aux vives couleurs de la vierge Marie. Vous êtes vraiment vous, le servus, le fils de la Vierge Marie. En 40 années de vie sacerdotale, vous n’avez jamais abandonné la Vierge. Elle vous est très chère, nous l’avons remarqué. Lorsque le Saint Siège dans un passé récent s’est demandé "qui vais-je envoyer ? La question qui loin d’être une offre a semblé avoir des répondants même s’ils sont voilés. C’est légitime a priori puisqu’on répond à une question. La polémique avait tout prévu sauf vous car vous vaquiez à vos occupations légitimes importantes, nécessaires et utiles pour le peuple de Dieu. Oui serviteur véritable de Dieu, serviteur des hommes. David caché par ses frères était enfin retrouvé pour la mission à lui destinée. Vous êtes devenu par le ministère pétrinien du Pape Benoît 16 l’Administrateur Apostolique du Diocèse de Porto-Novo. Vous souvenez-vous ? Votre première phrase à l’endroit du peuple était qu’il faut désormais une foi disciplinée.

Merci Monseigneur, infini merci Monseigneur de nous réveiller, de ranimer notre foi et d’aider le peuple de Dieu qui est au Diocèse de Porto-Novo à reprendre le bon chemin dans la foi, la réconciliation et la justice. Vous en avez donné encore une preuve jeudi passé à Dêkin.

Monseigneur en moins d’un an, vous avez osé, avec la grâce de Dieu, attaqué les grands défis du Diocèse. Comment ne pas rendre grâce pour tout cela, la cathédrale entièrement rénovée avec richesse les différentes structures canoniques, Maria Tokpa inouïe de Porto-Novo est pourvu en Prêtre et poursuit sa toilette et sa construction pour le bien spirituel des fidèles, le traitement des prêtres pour faire disparaître les frustrations et les disparités d’une région à une autre, les différentes lettres pastorales pour enseigner et former le peuple de Dieu, les maisons des sœurs SARC en construction pour abriter le Noviciat à Ekpè et une communauté à Wadon et les interminables journées de travail, d’audience. On peut à juste titre affirmer comme l’auteur du livre des hébreux, "c’était le grand Prêtre qu’il nous fallait" Toute notre vie nous confirme que le sacerdoce est service et qu’il faut laisser Dieu agir et faire place à l’Esprit de Dieu pour qu’il nous meuve et nous communique la volonté de Dieu. Cette volonté est service, elle est mission, elle est communion et humilité. C’est bien cela la tenue de service qui nous fait parler et agir in persona christi. Personne ne s’attribue quoi que se soit. On le reçoit par appel. Tenter de s’attribuer quelque chose, n’est plus la mission de Dieu, ni de Jésus-Christ. C’est Dieu qui nous responsabilise, et nous envoie. Le Pape François affirme : « Quand l’homme manque à cette responsabilité quand nous ne prenons pas soin de la création et des frères, alors la destruction trouve une place et le cœur s’endurcit » Monseigneur, votre jubilé sacerdotal est une grâce pour notre diocèse pour faire et refaire, retrouver l’équilibre spirituel, se dépouiller du vieil homme et revêtir l’homme nouveau réconcilié avec lui-même et avec son frère, son confrère dans l’unique sacerdoce de Jésus-Christ dont les liens sont plus forts que les liens de sang. Chers fidèles priez pour vos prêtres. Priez pour le sacerdoce de Jésus Christ déposé dans les vases d’argile que sont les Prêtres. L’Eglise leur confère ce grand sacrement pour vous. Aimez-les "Si vous voulez, seulement à cause de cela". Il est très précieux.

Priez pour notre Administrateur Apostolique, Mgr Jean-Benoît. Comme le dit la liturgie du Jeudi Saint, qu’il sache mieux tenir la place du christ au milieu de nous. Mgr, que Dieu vous aide à aller plus loin en administrant le diocèse selon le cœur et la volonté de Dieu.

Votre maître, vous le savez bien, c’est le Christ, votre lot et votre part d’héritage. Le matériel, l’argent et l’or, vous ne l’avez pas, le monde en a. Quant à vous, vous êtes constitué gardien et veilleur. Vous êtes gardien du dépôt révélé, la foi, la foi pure, la foi disciplinée et vous veillez sur le peuple de Dieu jusqu’au retour du Christ le maître. Pour finir, j’ai deux choses très fortes à vous dire et ce sont les paroles de l’Apôtre : « Tenez bon » Au jour d’épreuve, suppliez le Seigneur.

Que la vierge Marie Mère des Apôtre vous soutienne, qu’elle vous accompagne dans votre ministère Apostolique. Elle saura mieux que quiconque vous garder et vous conduire à bon port. Merci pour tout Monseigneur. Merci à vos parents qui vous ont donné à l’Eglise, merci à la Paroisse St Hubert de Missérété qui continue d’être fière de vous et de vous soutenir. Que Dieu vous garde longtemps encore "Ad multos et ad fautissimo annos. Heureux Jubilé. Amen.

Père Jules Carrel DOSSAH

Vicaire Général / Porto-Novo