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PERE THOMAS Houéssou Mouléro DJOGBENOU : UNE VIE.

Père Thomas Mouléro Houéssou DJOGBENOU, 1er fruit presbytéral de l’évangélisation au Bénin.

En célébrant le grand jubilé des 150 ans d’évangélisation du Bénin par les SMA, on ne peut pas ne pas évoquer de façon toute particulière l’illustre figure de celui qui a plus d’une épithète collé à son nom : l’aîné d’une multitude. L’évoquer pour mieux le connaître. Mieux le connaître pour davantage apprécier en lui l’œuvre de la grâce divine.

De la naissance et du nom.

Par approche et élimination, on retient que le Père Mouléro est né à Gbékandji en 1888 de Aragbadadjogoun Djogbénou et de Thérèse Ayinkè Koutèmi Alayé. Il eut vingt trois autres frères et sœurs, consanguins et utérins réunis. Il était le dernier de sa maman. A sa naissance il reçut deux noms légendaires et proverbiaux : Son père le prénomma Houessou : « poisson mâle », « roi des poissons ». Sa mère lui donna : Mouléro : ce qui s’entend : « garde la maison », « remplis-la », « fais-la grouiller de monde ». Au baptême qu’il reçut le 11 août 1909 à Kétou, il reçut un nom d’apôtre : Thomas.

Il convient donc de préciser ici que Mouléro et Houéssou ne sont donc pas ses noms de familles, mais ses prénoms béninois, Thomas étant son nom de baptême et enfin DJOGBENOU, son nom de famille. Thomas Houessou Mouléro DJOGBENOU était non pas l’unique enfant de sa maman, mais son unique garçon.

Né donc à Gbékandji, il y grandit jusqu’à l’âge de 17 ans. Il retourne à Kétou en secret, emmené par sa mère. A Kétou, il a été confié dans une ferme à la garde d’un parent, prêtre du Fa. Un jour où il se rendait au marché de Kétou au compte de son tuteur, il fut appréhendé et fait interne à la mission catholique. Seul baptisé de ce 11 août 1909 par le père Magloire, après 3 ans de catéchuménat, il est le 101ème baptisé de la paroisse Sainte Thérèse d’Avila de Kétou. Il devint alors une aide précieuse pour monsieur Paul Faly, directeur de l’école de la mission catholique.

Vocation et entrée au séminaire.

A propos de sa vocation, laissons-le plutôt parler : « Dès que le Père Gauthier m’eut interrogé sur ma vocation sacerdotale, je saisis la balle ‘au bond’ et répondis par un oui sincère et sans négligence, un oui mystérieux. Dès ce moment, le désir devint irrésistible, brûlant et impulsif, si bien que j’invitais tous mes camarades à me suivre, même les fiancés et les hommes mariés... »

Le 15 septembre 1915, âgé de 27 ans, Thomas Mouléro Houéssou DJOGBENOU fit son entrée au séminaire à Ouidah. De six, ils sont passés à 9 séminaristes. Mais seulement 3 parviendront à l’autel du Seigneur : les abbés Thomas Mouléro DJOGBENOU, Gabriel KITI et Moïse DURAND. Pendant près de 3 ans, le séminaire dut fermer ses portes à cause des restrictions de la guerre (1914 -1918). « Pendant la guerre, , nous avons dû passer deux ans et demi à la mission de Porto-Novo. »

Ordination et ministère

Voici le compte rendu qu’on en fit à l’époque : « Le 15 août 1928 restera pour tout le Dahomey un jour mémorable tant pour le grand évènement de ce jour que la pompe extérieure dont il fut entouré. Depuis de nombreuses années, on sentait le désir impatient de voir naitre dans notre pays un clergé indigène. Ce fut jour mille fois béni de l’Assomption qui nous a donné notre 1er prêtre, monsieur l’abbé Thomas Mouléro… Même avant le 3ème coup de cloche, la cathédrale était remplie d’une foule compacte et la tribune envahie ; la sacristie, le porche et la place devant l’église groullaient de monde….

Le moment venu de l’ordination sacerdotale, monsieur Thomas Mouléro Houéssou s’est avancé au pied de l’autel. Un frémissement passe dans l’assistance, les têtes se tendent pour mieux voir, ne rien perdre de cette cérémonie où l’un de nous, de notre sang, de notre race, de notre couleur va enfin être élevé à cette dignité suréminente, la plus grande, la plus haute, la plus sainte qui soit sur la terre, de prêtre du Seigneur…

Au moment de l’imposition des mains, quoi de plus saisissant, de plus beau que de voir 9 prêtres blancs, entourant l’évêque, étendant la main sur celui qui est leur fils, leur enfant noir ! C’est comme un enfantement, ils l’élèvent jusqu’à eux, le font entrer véritablement dans leur famille, désormais il sera un des leurs. »

C’est par l’imposition des mains de Mgr Cessou, alors évêque de Lomé, que l’abbé Thomas Mouléro Houéssou DJOGBENOU entra dans la longue lignée des prêtres de Jésus.

Devenu prêtre à 40 ans, il mourra à 87 ans. Comment relaté le ministère sacerdotal de celui qui est aujourd’hui pour nous l’ainé d’une multitude ? après les messes de prémices dans les différentes missions d’alors : Séminaire de Ouidah, cathédrale de Ouidah, Cotonou, Godomey, Porto-Novo, Kétou, Gbékandji, Bopa, Sahouè etc il rejoint son 1er poste en 1929 : Kétou. Un an après il est envoyé à Dassa pour desservir Savè jusqu’en 1955, année où il rejoint Kétou pour y rester jusqu’en 1970. Il écrit : « Ma résidence a été fixée à Dassa. Je suis chargée spécialement de Savè et de Kilibo, à 70 km de Savè… En arrivant à Savè j’avais trouvé une petite chapelle couverte en chaume. Elle était devenue trop petite. Il fallait agrandir ou reconstruire…. Kilibo est loin d’être aussi avancé que Savè ; la station n’a encore qu’une année d’existence. On y construit une petite chapelle si basse de toiture qu’il est impossible d’y dresser un autel ; j’ai dû prendre le parti de dire la messe en plein air sous un apatam. »

« … A Savè, Kilibo, Djabata, Kaboua, Moka, Ichada, Oke-Awo, Kandi, Kétou etc. il construisait ou réfectionnait des chapelles, fondait des chrétientés avec abnégation, zèle, au prix de sacrifices obscurs et connus de dieu seul… Il ne construisait pas seulement des églises, mais aussi des écoles. »

Par ailleurs, c’était d’abord et avant tout « un homme profondément humain », « un ascète au cœur de mère », « un homme pétri de tradition », « un chercheur », »un sage ». Mais il était aussi « un pasteur dévoué », « un grand prêtre », « un homme qui a propagé la foi et le savoir », « un saint ».

Il prend sa retraite du ministère actif en 1970. Il avait 80 ans. Il réside à Porto-Novo puis à Kétou. Le dimanche 03 août 1975, il se reposa pour toujours de l’œuvre qu’il avait faite en 87 années d’existence dont 47 de sacerdoce.

Père V. Frumence