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POUR MIEUX CONNAITRE LE PERE THOMAS HOUESSOU MOULERO DJOGBENOU

Témoignage sur la vie et l’œuvre du Révérend Père THOMAS Houéssou Mouléro DJOGBENOU

Il y a des témoignages difficiles à faire. C’est le cas lorsqu’il s’agit pour moi de témoigner de la vie, de l’œuvre et surtout de la spiritualité du Révérend Père Thomas Mouléro Djogbénou. La raison en est simple. Je suis le neveu du Père Mouléro. J’ai grandi sous sa bienveillance ’’paternelle’’ et surtout sous sa conduite spirituelle. Mon témoignage pourrait être altéré par l’admiration sans borne que j’avais pour mon oncle. Mais je ne me laisserai guider que par le seul souci de rapporter fidèlement ce que j’ai vécu auprès de lui.

Sur le plan Spirituel.

Il n’est pas aisé de porter un jugement sur la vie spirituelle d’un homme et sur ses rapports avec Dieu. Mais il est permis d’imaginer à travers sa pratique de la Parole de Dieu et de l’enseignement de l’Eglise les relations qu’il entretient avec son Seigneur.

Le Père Mouléro était un homme de foi. Il manifesta cette foi par une intense vie pastorale, une vie de prière, de mortification, de pénitence et de grande dévotion au SAINT SACREMENT.

Tous les matins à 5 h 15, il était sur pieds. Il réveillait les internes pour la prière du matin et pour la Messe à 6 heures. Après la célébration eucharistique, il restait en contemplation et en prière devant le Saint Sacrement jusqu’à 8 heures environ.

Il lui a fallu cette foi pour braver tous les obstacles et pour annoncer l’Evangile dans des conditions parfois très difficiles, acceptant toutes sortes privations pour vivre sa part de la souffrance du Christ.

Il nous parlait de l’omniprésence et de l’éternité de Dieu par rapport à l’homme et aux choses qui passent, de son amour infini et de la providence. Il nous faisait chanter tous les matins : ’’ Le Seigneur est mon Père mon seul appui, je me repose et j’espère toujours en lui...’’ !

Je me suis toujours posé une question, à laquelle je n’ai jamais pu trouver de réponse. Le Père posé a été ordonné Prêtre en 1928 à 40 ans. Un âge auquel les hommes ont déjà fondé une famille. Surtout à son époque. Il a fallu un appel puissant de Dieu, une vocation irrésistible pour que cela s’accomplisse.

Le Père Thomas Mouléro était un ardent serviteur de Dieu à travers le service de son prochain. Sa vie spirituelle était indissociable de sa pratique de la charité et du don de soi. Il était foncièrement bon envers tous. A pied, à vélo, de jour comme de nuit, sous le soleil ou sous la pluie, il allait rendre visite aux malades et leur apportait le réconfort des Sacrements de la Réconciliation, de l’Eucharistie ou de l’Onction des malades.

Tous les médecins qui ont exercé à Savè pendant qu’il y était ont connu de nombreuses nuits blanches à cause de lui. En effet après avoir apporté aux malades le réconfort de Dieu, le Père Mouléro se rendait au domicile du médecin pour l’inviter à aller s’occuper d’eux. Quelle que soit l’heure de la nuit. Ce qui m’a frappé chez lui, et m’intrigue encore aujourd’hui, c’est sa grande vénération pour Saint Jean Marie Vianney, Curé d’Ars, et les similitudes entre sa vie spirituelle et pastorale et celle de ce Saint...

Au dessus de son bureau de travail, il y avait une bibliothèque. Sur les étagères, il avait placé un ostensoir contenant des reliques du Saint Curé d’Ars. Sa vie de prêtre était à l’image de celle de ce Saint.

- Une vie austère faite de prière et de charité. Comme le Curé d’Ars, il se réveillait de très bonne heure, vers 5 heures. Il disait la Prière du matin avec ses internes et célébrait la Messe. Comme lui, il avait institué le catéchisme tous les lundis à l’Eglise de 11 heures à 12 heures pour les écoliers du CM2 et les filles de chez le soeurs.

Le Père Mouléro mangeait très peu. Il se nourrissait surtout d’igname bouillie ou de ragoût, de légume, particulièrement des haricots et des pois d’angol. Il ne prenait qu’un repas par jour. Son régime était encore plus sévère pendant le carême.

Je me souviens qu’en 1975, j’étais allé lui rendre visite à Kétou. Au moment du repas il sortit de son garde-manger un plat de haricot ; des restes d’il y avait deux ou trois jours. Il me dit d’un air amusé “ C’est ça qui est doux”. Le père Mouléro vivait pour ses paroissiens et tous ceux qui avaient besoin de lui. Il donnait tout ce qu’il avait. Il dormait très souvent sur une natte et parfois en soutane pour être prêt au moindre appel.

Comme le Curé d’Ars le Père Mouléro était d’une grande humilité. Premier Prêtre du Dahomey, il aurait pu aspirer à tous le honneurs, tous les privilèges. A ma connaissance, il n’avait jamais rien recherché de tel. Il avait toujours servi dans des paroisses de brousse. En lisant la vie du Saint Curé d’Ars, j’ai relevé certaines coïncidences troublantes. Jean-Marie Vianney a été ordonné prêtre le 13 août 1815. Thomas Mouléro est devenu Prêtre de Jésus Christ le 15 août 1928.

Le Curé d’Ars a reçu l’extrême Onction le 03 avril et est décédé le 04 août 1859. Il a été inhumé le 16 août 1859.

Le Père Mouléro s’est endormi dans la paix du Seigneur le 03 août 1975 et a été inhumé dans le Caveau des missionnaires au cimetière de Porto-Novo le 15 août 1975.

Avec un décalage d’un siècle, le destin de ces deux hommes a été parallèle.

Ce qui m’a encore frappé chez le Père Mouléro, c’est qu’il menait cette vie d’ascète sans aucune ostentation. Un jour ma petite soeur Jacqueline Djogbénou, en religion Sœur Marie Paul de la Congrégation des Soeurs de la Providence de Gap, lui a dit “ Mon Père, on m’a dit que vous êtes saint”. Il lui demanda : “ qu’as tu répondu ?” “ Je ne sais pas” répondit-elle. Visiblement satisfait il conclut en disant : “ Tu as bien répondu”

L’œuvre du Père Mouléro

C’est à Savè au centre du Bénin que le Père Mouléro exerça la plus grande partie de son ministère sacerdotal. Sur ses 47 ans de sacerdoce, il en passa 25 dans cette paroisse rurale.

Le Père Mouléro fut un vrai missionnaire dans son propre Pays. Sa Pastorale était fondée sur une évangélisation sous-tendue par des actions sociales dont la finalité est l’épanouissement de l’homme. Il prêchait par l’exemple et sa foi était communicative. L’Ecole Catholique de Savè, malgré l’existence d’une école publique, recevait des enfants dont les parents étaient de très fervents musulmans.

Il installa dans les villages de Savè une communauté chrétienne à la tête de laquelle il plaçait un maître catéchiste. Il fonda des stations secondaires que ses vicaires et lui visitaient très souvent : DIHO, WOGUI, ALAFIA, KABOUA, KOKORO, KILIBO, TOUOI, ATCHAKPA, IGBODJA, EKEOWO, et DJABATA. Le secteur qu’il avait en charge s’étendait du fleuve Ouémé au Sud à ODO AKABA au Nord. Une vaste région très pauvre qu’il parcourait à bicyclette et par la suite à vélo moteur.

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Le vélo dont se servait le Père Mouléro

Le Père Mouléro attachait une grande importance à la catéchèse. Il avait une équipe de catéchistes très expérimentés. Il organisait des retraites à leur intention. Le Père Mouléro était un véritable guide. J’ai toujours été impressionné et les autres internes l’étaient autant que moi par le nombre de jeunes prêtres qui ont commencé leur sacerdoce à Savè pendant que le Père Mouléro était le Curé de la Paroisse Saint Joseph. Je lui ai connu comme vicaires.

  • - Le Père Ayatomê Julien 1946 - 1947
  • -Le Père Ignace Fally 1948 - 1951
  • -Le Père Christophe Adimou, Ancien Archevêque de Cotonou 1951- 1952
  • - Le Père Bonaventure Vieyra 1953 - 1955.

Dans notre esprit de petits garçons nous nous disions qu’ils venaient apprendre auprès de notre Oncle.

De grands Séminaristes y venaient également en probation. Ce fut le cas des Abbés Antoine Adjibogoun et de Houessou Michel qui seront ordonnés prêtres plus tard.

La dimension socio- culturelle de son Ouvre. Le Père Mouléro savait qu’une "foi sans les œuvres est une foi morte’’. C’est pourquoi il avait concilié son rôle de prête avec celui ’’d’initiateur du savoir’’ Dans les villages de Savè en même temps qu’il installait un maître catéchiste, il implantait un cours d’initiation appelé ’’Apatam’’ pour instruire les enfants. Par la suite il amenait l’administrateur colonial à s’intéresser à cet embryon d’école. Une grande partie des cadres de Savè de cette époque était issue des écoles créées par le Père Mouléro.

- Les vieux de Savè ainsi que ceux de ma génération ont gardé de lui un souvenir impérissable. Le Père Mouléro était aussi un ethnologue. Partout où il passait il s’imprégnait du mode de vie, de la culture et de la civilisation des peuples. On le voyait avec ses cahiers de notes. ll recueillait les témoignages des vieux aussi bien à Savè que dans les stations secondaires où il allait dire la messe.

Le Père Mouléro était aussi féru d’histoire. Il a laissé de nombreux documents, dont l’histoire de Savè qu’on peut encore trouver dans les archives de l’ex IFAN à Dakar et de l’ex - IRAD à Porto - Novo. Le Père Mouléro s’intéressait aussi à la pharmacopée traditionnelle. Il avait une grande connaissance des plantes et de leurs vertus. Il en avait constitué une importante collection. Lorsque l’occasion se présentait il nous soignait à l’aide de ces plantes. Je me souviens que l’une de ses préparations était particulièrement efficace contre les piqûres de scorpion.

Le Père Mouléro a laissé dans mon esprit et celui de tous ceux qui l’ont connu le souvenir d’un grand serviteur de Dieu et de l’Eglise, d’un grand prêtre communicatif, rempli d’humilité et d’amour pour son prochain.

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