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Partir au loin n’est pas une solution

« Partir au loin n’est pas une solution. » Dimanche 29 novembre au soir, le pape François a averti sans détour les jeunes de Centrafrique qu’ils devaient « avoir le courage de lutter » pour leur pays plutôt que de le fuir. Un appel à préférer « la route de la résistance » lancé depuis le parvis de la cathédrale de Bangui, où le pape s’exprimait au début d’une veillée pénitentielle pour la jeunesse.

« Ayez le cœur disposé à lutter pour la paix, disposé à pardonner, à la réconciliation, à aimer cette belle patrie », a-t-il insisté, improvisant son propos en italien traduit au fur et à mesure en sango, langue du pays.

Jorge Bergoglio a décidé d’aborder en toute franchise le problème de l’émigration, qui a déjà poussé plus de 400 000 personnes à quitter ce pays de 4,7 millions d’habitants, l’un des plus pauvres de la planète et meurtri depuis près de trois ans par une guerre civile.

« Aimer l’ennemi »

Dans le style de prédicateur qu’il affectionne, interpellant son auditoire, l’invitant à répondre et à répéter à voix haute ses conseils formulés avec simplicité, le pape argentin, qui ne cachait pas sa joie d’être là, a rappelé que prier Dieu était essentiel à ce travail de résistance. Il avait fait ce même rappel la veille devant les jeunes en Ouganda.

Dans une ville de Bangui frappée de nouveau depuis fin septembre par de violentes exactions entre organisations rebelles rivales, le pape a aussi abordé l’exigence évangélique difficile du pardon et celle d’« aimer l’ennemi ».

De même dans son homélie juste auparavant dans la cathédrale, où il a célébré la messe du premier dimanche de l’Avent, il a mis en avant dans son homélie « l’amour des ennemis, qui prémunit contre la tentation de la vengeance et contre la spirale des représailles sans fin. » Geste de paix

L’occasion pour lui, ici aussi, d’inviter les fidèles à avoir « la force de persévérer dans le bien face aux pires adversités ». « Même lorsque les forces du mal se déchaînent, les chrétiens doivent répondre présents, la tête relevée, prêts à recevoir des coups dans cette bataille où Dieu aura le dernier mot », les a-t-il encouragés, insistant également encore sur la force à avoir pour pardonner.

En signe manifeste d’encouragement, le pape est descendu échanger un geste de paix avec l’imam Oumar Kobine Layama et avec le pasteur Nicolas Guerekoyame-Gbangou, qui assistaient à la messe qu’il célébrait avec l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga.

Toujours aussi pour associer la parole au geste, le pape a confessé plus tard à la cathédrale cinq jeunes. Une manière d’entrer dans le jubilé de la miséricorde, que le pape a lancé en ouvrant la porte sainte de la cathédrale de Bangui proclamée « capitale spirituelle du monde ». Un titre destiné aussi à redonner fierté et espoir au pays.

Sébastien Maillard

Source : la-croix.com